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27 mars 2010

Avant-première du film Oceans le 29 janvier 2010 à La Réunion

Le 29 janvier, dans le cadre de l’ouverture de l’année internationale de la biodiversité, les Taaf ont organisé l’avant première du film Océans à la Réunion (le film est programmé à la Réunion à partir du 10 février).

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Quatre années de tournage ont été nécessaires pour la réalisation du film Océans. Ces quatre années ont mené les équipes de tournage en des lieux bien particuliers de notre planète que l’on pourrait classer en deux grandes catégories : ceux où la vie semble s’exprimer telle qu’elle le fit pendant des milliers, voire des millions d’années et ceux où manifestement l’ordre de la nature a sérieusement changé. Comme une poignée de confettis jetés sur la planète, il reste ça et là des sanctuaires ; des espaces protégés où la vie s’exprime, ou bien renaît, avec ténacité et vigueur.

C’est dans les Terres australes et antarctiques françaises que l’équipe de Jacques Perrin a découvert et filmé deux sanctuaires de la biodiversité : la terre Adélie en 2007 et Europa en 2008.

Le préfet, administrateur supérieur des Taaf, Rollon MOUCHEL-BLAISOT, a rappelé dans son discours de bienvenue les liens entre ce film et les Taaf, les enjeux de préservation du 2ème espace maritime de notre pays au cœur de l’océan indien, les politiques de gestion responsable qui y sont menées depuis de nombreuses années et, plus généralement, la forte implication des Taaf sur ces questions, dans le prolongement des travaux du Grenelle de la mer.

Il a aussi annoncé les nombreuses actions et manifestations prévues cette année dans le cadre de l’année internationale de la biodiversité, tant en métropole qu’à La Réunion.

Le tournage en terre Adélie (Antarctique) en décembre 2007

Les Taaf et l’Institut polaire Paul Emile Victor (Ipev) ont permis à une équipe de tournage de se rendre en terre Adélie fin 2007 à bord de l’Astrolabe, navire qui assure le ravitaillement et la relève du personnel de la base Dumont d’Urville en Antarctique.

La demande de Galatée Films pour les besoins du film Océans était de : pour les plans extérieurs :
• filmer les manchots empereurs et les phoques de Weddell sur la glace autour des trous de mise à l’eau ;
• filmer des images aériennes, notamment les paysages de glace (icebergs..) en profitant de la présence d’un hélicoptère sur la base pour les plans sous-marins :
• filmer les manchots empereurs plonger et nager sous la glace ;
• filmer les décors de glace ;
• filmer la première mise à l’eau des jeunes phoques de Weddell

Cinq personnes composaient l’équipe de tournage : le chef-opérateur sous-marin et chef de l’expédition, le plongeur sécurité n°1 et chef de plongée , le plongeur sécurité n°2, posté en surface, l’opérateur vision et assistant caméra et enfin le chef-opérateur extérieur (35mm) et sous-marin.

Un collaborateur Ipev-Taaf assurait le rôle de guide ainsi que celui de responsable de la sécurité pour lors des déplacements de l’équipe.

La plongée sous la glace, sous haute sécurité

L’équipement de plongée :

Les plongées ont été réalisées avec des recycleurs, des engins de respiration subaquatique fonctionnant en circuit fermé : ils n’expulsent pas de bulles dans l’eau (permettant une plus grande discrétion) et recyclent l’air expiré par le plongeur (plus grande autonomie) en fixant le CO2 au travers d’une cartouche de chaux sodée et réutilisent l’O2 après en avoir augmenté la pression partielle grâce à une bouteille d’O2.

Par éthique professionnelle, par respect des personnes engagées et par obligation imposée la réglementation, Galatée Films a mis en place plusieurs niveaux de sécurité :

  • tous les plongeurs possédaient les brevets de plongée professionnelle requis et validés par l’Institut National de la Plongée Professionnelle,
  • avant chaque tournage, tous les plongeurs ont passé une visite médicale professionnelle spécifique au travail sous-marin,
  • tous les plongeurs ont respecté le manuel de sécurité rédigé conjointement par Galatée Films et le ministère du Travail,
  • un plongeur sécurité veillait en permanence sur le chef-opérateur sous-marin au cours de chaque plongée ; c’était un plongeur-instructeur formé à l’utilisation professionnelle des recycleurs, appareils de respiration à circuit fermé,
  • un plongeur sécurité était posté en surface afin d’intervenir immédiatement en cas de problème ; il plongeait « à l’air », en circuit ouvert (plus simple, plus léger et plus rapide à mettre en œuvre),
  • un médecin urgentiste hyperbare était présent sur chaque site de plongée ; il était formé et agréé pour intervenir sur tout type d’incident et notamment ceux liés à la pratique de la plongée ; il été équipé d’un brancard hyperbare thérapeutique permettant de traiter sur place tout accident de décompression (matériel américain homologué par les marines américaines et britanniques),
  • un plan de sécurité spécifique a été rédigé à l’occasion de chaque tournage ; il permettait de mettre en lumière les contraintes et les dangers spécifiques à chacun des sites de tournage.

En ce qui concerne spécifiquement la plongée à Dumont d’Urville :

  • les plongeurs étaient reliés à la surface par une ligne de vie – fil d’Ariane,
  • les plongées ont été effectuées dans la couche superficielle de l’eau, juste sous la banquise, donc les 20 premiers mètres, ce qui permettait d’éviter au maximum les problèmes de décompression (pas de pallier de décompression),
  • l’équipe disposait de radio VHF lui permettant d’être en liaison constante avec la base,
  • l’équipe disposerait également de 2 quads et d’un skidoo permettant un retour rapide à la base en cas d’alerte météo.

Le strict respect de ces conditions de sécurité était la condition pour que l’équipe de tournage puisse filmer sous l’eau. Par ailleurs, des précautions particulières ont été prises vis-à-vis des manchots. L’équipe s’est engagée à ne pas approcher la colonie de reproduction et à ne pas croiser la piste qu’empruntent les manchots entre la mer et leur colonie.

Le séjour en terre Adélie

Les cinq membres de l’équipe de Galatée Films sont restés environ un mois, entre la première rotation de l’année nommée RO (début novembre) et la seconde R1 (mi-décembre). Au cours de ce séjour, l’équipe de tournage partageait le quotidien des hivernants de la base et participait, au même titre que n’importe quel hôte de la base, à la vie quotidienne collective (repas, ménage…).

Le chef de district (représentant du préfet des Taaf sur place) était le seul à pouvoir autoriser les sorties hors de la base et la circulation sur la glace de mer, au vu des relevés météo et des sondages de banquise.

L’Ipev a mis à disposition de Galatée Films, pour la durée du séjour, des installations pour entreposer le matériel, du matériel et des consommables (carburant des véhicules, huile moteur et eau douce).

Les déchets produits par le tournage du film (le calcaire CaC03 produit par la fixation du C02 par la chaux sodée) ont été rapatriés par Galatée en métropole.


Le tournage à Europa (îles Éparses) en avril 2008

Les Taaf ont autorisé la société de production Galatée Films à accéder à l’île d’Europa à deux reprises.

Un repérage a tout d’abord été réalisé en mars 2008, au cours d’une relève militaire en Transall, afin de valider les lieux potentiels de tournage avec le régisseur, prendre contact avec le terrain et mieux appréhender les conditions de vie particulières sur Europa.

L’équipe de tournage est ensuite arrivée sur Europa le 6 avril pour en repartir le 20 avril.

L’objectif du tournage sur Europa était de filmer l’émergence de tortues vertes et la prédation de frégates sur ces jeunes tortues. La difficulté majeure résidait dans le fait que les œufs, enfouis sous le sable ont une durée d’incubation variable. Il était donc difficile d’entreposer le matériel (plusieurs tonnes de caméras et grues) à l’endroit et au moment précis des éclosions.

Quand la recherche apporte son soutien au cinéma

Les tortues marines sont sensibles au changement climatique en raison de leur biologie (la température détermine le sexe des bébés et la ponte a lieu sur les plages très vulnérables à la montée du niveau des océans).

Kélonia et Ifremer ont donc lancé en 2008, un programme de suivi de la température d’incubation et de la survie des nouveaux-nés dans les nids des sites de ponte des îles Éparses et Mohéli.

Les dates de tournage ont coïncidé avec la présence sur l’île d’un scientifique de Kélonia dont la mission consistait à repérer quotidiennement les nids (d’après les traces de tortues), les identifier et assurer le suivi de température des nids. Ces données ont permis à l’équipe de tournage d’entreposer le matériel aux endroits où les nids étaient en plus grand nombre où les éclosions étaient imminentes. Une attention particulière a été portée afin de ne pas déranger le milieu naturel.

Ces recherches scientifiques ont donc apporté un soutien précieux à la réalisation de ces séquences.

Le séjour sur l’île

Outre l’apport important du monde scientifique, la réussite de cette mission n’aurait pu être complète sans le soutien des Fazsoi, qui assurent la souveraineté française sur Europa. L’aide du détachement militaire en place s’est traduite par la mise à disposition, pour la durée du séjour, d’installations pour entreposer le matériel, de matériels et de consommables (carburant des véhicules, huile moteur et eau douce). Les repas étaient également assurés par les militaires.

Le personnel de Galatée était présent sur l’île comme tout personnel civil, soumis aux règles en vigueur en matière d’environnement, de sécurité, de discipline, de vie commune et sous l’autorité du gendarme, représentant du préfet des Taaf.

Les huit personnes de l’équipe ont séjourné dans les anciens bâtiments météo situés à 300 m du détachement, où vivent le gendarme et l’infirmier. Le confort y est sommaire mais tout le nécessaire est présent : lits superposés ou lits picots, douche, WC…et les moustiques !

L’ensemble des déchets produits lors de cette opérations ont été évacués notamment les déchets particuliers (batteries sèches, câblerie, …).