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25 mars 2010

Campagne ORCASAV en janvier-février 2010

La campagne ORCASAV vise à développer et à tester l’efficacité d’une technique de pêche alternative ou complémentaire à celle de la palangre – la pêche aux casiers – afin d’éviter le phénomène de déprédation c’est-à-dire lorsque les orques et les cachalots prélèvent les légines qui remontent des palangres.

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photo Stefano Unterthiner

La campagne ORCASAV se déroule actuellement dans la ZEE de Crozet. Elle a débuté le 14 janvier 2010 pour 45 jours au départ du Port sur un navire australien d’une cinquantaine de mètres, l’Austral Leader II. L’équipage rassemble 14 personnes. Il est complété de deux scientifiques de l’Ifremer (1 spécialiste en technologie des engins de pêche et 1 ingénieur en système de mesures et d’observations sous‐marines), d’un chercheur du CNRS travaillant au Centre d’études biologiques de Chizé (CEBC), de deux contrôleurs de pêche, de quatre représentants des armements et d’un représentant de la société Le Drezen, spécialiste du matériel de pêche. Au cours de la campagne, 11 prototypes de nasses vont être testés : des modèles cylindriques, rectangulaires, tronconiques, rigides, pliables, à une ou deux chambres, avec des entrées sur le côté ou par en dessous. Trois cent nasses vont être mises à l’eau pour déterminer et sélectionner les engins les plus performants. Des tests comparatifs avec les palangriers présents sur la zone sont aussi prévus.

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photo Sylvain Duvacher

L’enjeu est de taille pour les armateurs et cette expérience de pêche aux casiers devrait permettre de : ‐ éviter de modifier les comportements alimentaires des orques et des cachalots ; ‐ limiter la mortalité aviaire liée aux palangres (pétrels) ; ‐ échapper à la déprédation des orques et des cachalots ; ‐ préserver la ressource en poissons en ne prélevant que les quotas autorisés ; ‐ maintenir la pêcherie et la production commerciale autour des îles Crozet ; ‐ permettre une meilleure gestion des stocks de légines en sélectionnant mieux la taille des poissons pêchés.

Les résultats de la campagne devront permettre d’évaluer la viabilité économique de ce type de pêche.

ORCASAV est un projet exemplaire car il illustre la volonté des professionnels de la pêche, des industriels, des administrations et des scientifiques d’unir leurs compétences pour une solution alternative à un mode de pêche qui ne parait pas optimal. Cette concertation a abouti à un projet répondant aux intérêts de chacun et qui rassemble au sein d’un consortium coordonné par Cap Bourbon, le SARPC (Syndicat des armements réunionnais de palangriers et congélateurs), l’Ifremer, le Muséum national d’Histoire naturelle, le CNRS (via le CEBC, une unité propre du CNRS) et l’entreprise de matériel de pêche Le Drezen. Un navire australien, affrété pour l’occasion par le SARPC, sera utilisé. Dans cette recherche de solutions, les Taaf ont instruit les procédures administratives nécessaires à l’attribution des autorisations requises pour l’exercice de la campagne d’expérimentation dans la zone économique exclusive de Crozet. L’administration des Taaf illustre par cette campagne l’application de l’un des engagements (135f) du Grenelle de la mer : « Faire des Terres australes et antarctiques françaises un espace de recherche et d’excellence en matière de pratiques maritimes durables ».

Le GME‐SARPC (groupement momentané d’entreprises créé par le Syndicat des armements réunionnais de palangriers congélateurs) a désigné Cap Bourbon pilote du projet. Il est coordinateur général du Consortium. Il a aussi permis qu’un navire caseyeur, adapté aux conditions de navigation de l’océan Austral et armé par un équipage expérimenté dans cette technique de pêche, réalise la campagne d’expérimentation. L’Ifremer, coordinateur scientifique du projet, et la société Le Drezen ont mis en œuvre les moyens nécessaires pour concevoir des prototypes de casiers répondant aux contraintes d’utilisation d’ORCASAV, la construction étant assurée par Le Drezen. Le Muséum national d’Histoire naturelle et le CNRS se sont engagés à contribuer à l’élaboration du protocole de recueil des données halieutiques de la campagne de pêche d’expérimentation pour le premier et des données relatives à la déprédation exercée par les orques et les cachalots pour le second. Les données feront l’objet d’une analyse conjointe.

Ce projet collaboratif a été financé par le GME‐SARPC, les régions Réunion, Bretagne, les Conseils Généraux du Finistère, du Morbihan et les Fonds Unitaires Interministériels, labellisé par le pôle de compétitivité « Qualitropic » et co‐labellisé par le pôle de compétitivité « pôle mer Bretagne ».