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Caractéristiques et présentation des enjeux

Les Terres australes françaises composées des îles Kerguelen, Crozet et Saint-Paul et Amsterdam disposent de zones économiques exclusives (ZEE) de 200 milles, soit une superficie totale de 1,6 millions de km2, égale à trois fois celle du territoire métropolitain, comportant des ressources halieutiques importantes et diversifiées.

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© TAAF/Jean-Luc Aubert

L’éloignement de ces îles de la métropole (12.000 km) et de l’île de la Réunion (3.000 km), leur isolement et leurs conditions climatiques extrêmes caractérisent la pêche australe qui y est exercée.

Cette pêche cible principalement une espèce de poisson, la légine, dans les zones de Crozet et de Kerguelen. Ce poisson vit dans les grands fonds et peut mesurer plus de 2 mètres. Très apprécié sur les marchés asiatiques, il a une forte valeur marchande.

Les accords de pêche avec des pays étrangers (Japon, Corée, URSS puis Ukraine) ont pris fin en 1998. La pêche est désormais exercée par des entreprises françaises basées à la Réunion.

A l’heure actuelle, six armements sont autorisés à pêcher dans les eaux australes : Armas Pêche, Armements Réunionnais, Cap Bourbon, SAS Comata, Sapmer et Pêche Avenir, sous le contrôle strict du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN).

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L’Albius

Les campagnes de pêche à la légine sont réglementées par des arrêtés de l’administrateur supérieur. Le total admissible de capture (TAC) de légines est de de l’ordre de 6300 tonnes sur les zones de Kerguelen et de Crozet.

• Sapmer Navires : Albius et Cap Horn 1
• Cap Bourbon Navire : Cap Kersaint
• SAS Comata Navire : Ile de la Réunion
• Armements Réunionnais Navire : Ile Bourbon
• Armas pêche Navire : Mascareignes III
• Pêche-Avenir Navire : Le Saint-André

Cette pêche est exercée à la palangre, méthode sélective et respectueuse des fonds marins.

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© TAAF/Alain Beaujean

Autour des îles de Saint-Paul et Amsterdam situées plus au nord, se pratique la pêche à la langouste. Cette pêche est effectuée par un unique navire autorisé, l’Austral, qui dispose de petites embarcations, appelées "doris" et de petits caseyeurs qui pêchent chaque jour autour du navire au moyen de casiers.

Les règles encadrant la pêche à la langouste sont établies chaque année par un arrêté du Préfet, qui fixe notamment le total admissible de capture (TAC). Pour la campagne 2015-2016 ce TAC a été fixé à 330 tonnes de langoustes à pêcher en mer territoriale et dans les zones économiques exclusives (ZEE) des îles Saint-Paul et Amsterdam.

Une pêche accessoire de poissons (rouffe antarctique, cabot, Saint-Paul, bleu, sériole) et de poulpe est effectuée en parallèle de la pêche à la langouste.

En coopération avec le Muséum national d’Histoire naturelle et la Réserve naturelle des TAAF, la réglementation a pour objectif de permettre l’exploitation de ces ressources (poissons et langoustes), tout en préservant l’environnement (interaction avec les autres espèces de l’écosystème).

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© Nicolas Gasco / MNHN

La légine australe - L’engouement des marchés asiatiques et des Etats Unis pour la légine date d’environ quinze ans. Il constitue pour les armateurs autorisés à pêcher une manne financière très importante. En effet, le prix de vente de la légine au débarquement avoisine 27 euros le kilo.

Les retombées économiques (transport du poisson, transformation, exportation) et sociales (environ un tiers des marins sont réunionnais), sont dès lors très importantes pour l’île de la Réunion.

Un droit de pêche instauré par l’ordonnance n° 2010-462 du 6 mai 2010 créant un livre IX du code rural relatif à la pêche maritime et à l’aquaculture marine alimente le budget des TAAF. Celui-ci, fixé annuellement par arrêté de l’administrateur supérieur, correspond à environ 10% du prix de vente moyen des espèces pêchées.

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© TAAF

Ce droit de pêche constitue pour les TAAF une ressource propre qui lui permet de moins dépendre de subventions. Les droits liées à la pêche à la légine et aux langoustes sont utilisées entre autre pour la gestion des bases et le soutien aux activités scientifiques, le suivi scientifique de la pêche autorisée et la lutte contre la pêche illicite.

La pêche dans les eaux australes permet de concrétiser la souveraineté française sur les zones économiques correspondantes. Le concept de gestion des eaux placées sous juridiction française se veut cohérent. Il conjugue pêcherie raisonnée avec l’appui scientifique du Muséum national d’Histoire naturelle et sanctuarisation des ZEE par les moyens d’action de l’Etat en mer.

Les opérateurs privés développent une activité profitable aux TAAF et à la Réunion. Cette activité motive aussi pour une large part l’engagement des moyens régaliens contre les braconniers.


La pêche australe, préservation des espaces et… par TAAF

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