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Caractéristiques et présentation des enjeux

L’océan Indien est parcouru par les grandes espèces de thonidés (albacore, listao, patudo…). Ces poissons sont pêchés par des flottilles asiatiques et européennes, ainsi que par des pêcheries artisanales côtières. Le caractère pélagique des espèces amène les flottilles à les poursuivre dans les eaux internationales et dans les eaux sous juridiction. C’est le cas des ZEE des îles Éparses.

Deux flottilles industrielles se partagent la majeure partie des prises : les européens pêchent à la senne tournante et les asiatiques à la palangre. Les captures de thons sont estimées à 1,5 millions de tonnes en 2011 dans l’Océan Indien (source : CTOI).

Jusqu’à ce que les îles Éparses soient intégrées dans les TAAF (loi du 21 juillet 2007), les pêcheurs français y pêchaient librement. La pêche de navires étrangers y est interdite, sauf accord particulier.

C’est le cas des pêcheurs espagnols, qui se voient délivrer des licences de pêche par l’administration des TAAF en vertu d’arrangements bilatéraux. Trente senneurs espagnols sont ainsi licenciés pour l’année 2007. Les senneurs espagnols sous licence ont capturé un peu moins de 3000 tonnes en 2006 dans les Éparses.

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Le thonier senneur Franche-Terre © SAPMER

La gestion de la ressource des thonidés est surveillée par l’administration des TAAF, comme pour la légine. En prenant appui sur les expertises scientifiques, des prescriptions techniques sont entrées en vigueur dès 2008. La pêche est ainsi soumise à une autorisation concrétisée par la délivrance d’une licence de pêche annuelle.

Il n’existe pas de total admissible de captures dans les ZEE françaises des îles Eparses (contrairement aux ZEE françaises dans les australes). A ce jour, la pêche dans les Eparses n’est donc pas soumise à quotas. L’exercice de la pêche est encadré par des règles spécifiques. Le contrôle à bord des thoniers senneurs est effectué par des observateurs de pêche embarqués, formés par les TAAF.

Depuis 2009, la flottille thonière tropicale pêchant dans l’océan Indien a été victime d’attaques fréquentes de pirates. Face à ce phénomène de piraterie, des équipes de protections embarquées (EPE), composées de militaires spécialement entraînés, embarquent régulièrement à bord des navires français afin de les protéger contre ce risque.

La surveillance des eaux contre la pêche illégale est assurée par les services de l’Etat. Dans le cadre de l’action de l’Etat en mer, des moyens militaires et civils sont mis en œuvre. Au cours de la campagne de pêche et selon le risque de piraterie observée, le suivi scientifique est réalisé par les observateurs de pêche qui embarquent à bord des thoniers senneurs.

A l’issue de la campagne, les données récoltées à bord des senneurs sont transmises aux TAAF puis sont traitées ultérieurement par l’Institut pour la Recherche et le Développement de Sète.

D’une manière générale, l’administration des TAAF applique les principes de gestion suivants :

  • prescriptions techniques destinées à préserver l’environnement marin (tortues, requins, gestion des déchets…) ;
  • observation embarquée généralisée destinée à améliorer la connaissance et affiner la gestion des stocks ;
  • renforcement de la surveillance par le financement de patrouilles de l’OSIRIS ;
  • coopération avec Mayotte pour une homogénéisation des règles de gestion d’eaux voisines et comparables.
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© TAAF / Patrick Gaspard

Le marché français du thon

(www.franceagrimer.fr)

La pêche au thon tropical est réalisée par 25 thoniers senneurs congélateurs sous pavillon français, regroupés dans l’organisation de producteurs Orthongel, dans les océans Atlantique et Indien. La très grande majorité de la production est débarquée directement dans les pays transformateurs, principalement sur le continent africain.

La pêche thonière française se décompose en différents segments :

  • la pêche au thon tropical congelé saumure destiné à la fabrication de conserves (espèces albacore, patudo, listao et germon) ;
  • la pêche au thon tropical congelé non saumuré frais (espèces albacore, patudo et listao) ;
  • la pêche au germon frais ;
  • la pêche au thon rouge frais.
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La consommation de thon en France : avec environ 220 000 tonnes disponibles en 2010 sur le marché français, les thons sont les premières espèces aquatiques consommées.

La consommation de thon se fait essentiellement en conserves (environ 94 % de la valeur des achats des ménages de thons). La consommation au rayon frais représente 4 % et 2 % au surgelé. La consommation de conserves porte principalement sur du thon au naturel (53 % des parts de marché volume), puis viennent les miettes de thon (21 %), et les salades au thon (15 %).

L’entrée en vigueur du décret n° 2009-1039 et de l’ordonnance n° 2010-462 du 6 mai 2010 créant un livre IX du code rural relatif à la pêche maritime et à l’aquaculture marine fixe le cadre juridique de la pêche dans les ZEE françaises des îles Eparses.

Vingt-et-un senneurs espagnols et seychellois ont été ainsi licenciés au cours de l’année 2011. En 2011, ces derniers ont pêché environ 1665 tonnes de thons dans les Éparses.

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