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30 mars 2010

Conférence sur les TAAF à la Cité des Sciences le 22 octobre 2010

Les Terres australes et antarctiques françaises (Taaf) et l’Institut polaire français Paul-Emile Victor (Ipev) ont organisé le vendredi 22 octobre une conférence inédite sur : « Les îles subantarctiques : un laboratoire naturel à ciel ouvert sur la biodiversité » dans l’auditorium de la Cité des Sciences à Paris dans le cadre de sa programmation Fête de la Sciences.

Allain BOUGRAIN DUBOURG a animé cette conférence-débat afin de découvrir ces terres françaises du bout du monde où sont menées des recherches passionnantes notamment sur les albatros, ces oiseaux mythiques mais menacées de l’océan Austral. Il était entouré de :

  • Yves Frenot, directeur de l’Ipev,
  • Henri Weimerskirch, directeur de recherches au CEBC-CNRS,
  • Cédric Marteau, directeur de la Réserve naturelle des Terres australes françaises,
  • Rollon Mouchel-Blaisot, Préfet, administrateur supérieur des Taaf


Les TAAF s'exposent par universcienceTV

Les îles Éparses

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Les îles Éparses sont qualifiées de « sanctuaires océaniques de la nature primitive », disposant d’un patrimoine biologique terrestre et marin remarquable. Certaines îles ont une végétation quasi intacte et des habitats endémiques. Ces îles coralliennes ont une importance majeure en milieu tropical où elles abritent des écosystèmes parmi les plus diversifiés et complexes de la planète, comme les mangroves ou les récifs coralliens fossiles. Chacune des îles possède des caractères exceptionnels en termes de richesse et de diversité spécifique. A titre d‘exemple, l’île d’Europa abrite 8 espèces d’oiseaux nicheurs et 2 sous espèces endémiques, Juan de Nova héberge la plus grande colonie de sternes fuligineuses de l’océan indien (plus d’1 million de couples). La diversité biologique marine y est aussi unique. Les récifs coralliens en cours d’étude montrent un état de conservation quasi intact, ce qui fait de ces espaces des stations de référence au niveau mondial. Les plages des îles Eparses sont des lieux de pontes importants pour les tortues marines (tortue verte, tortue imbriquée) qui sont des espèces menacées et protégées au titre de conventions internationale. Le Canal du Mozambique, et plus particulièrement dans les Zones Économiques Exclusives des îles Éparses, est également fréquenté par des mammifères marins relativement sédentaires (différentes espèces de dauphins ou de baleines à bec), mais également par de grands cétacés migrateurs (Baleines à bosse).

Les îles australes

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Au sein de l’océan Austral, la faune et la flore présentent des adaptations originales développées au cours de plusieurs millions d’années d’évolution dans un isolement total à des milliers de kilomètres de tout continent. Du fait de la faible perturbation anthropique, les milieux naturels terrestres sont considérés comme « presque intact ». L’endémisme prononcé, la très forte relation trophique entre le domaine marin et terrestre, l’isolement extrême et l’éloignement de sources de contamination font de ces îles subantarctiques des milieux originaux qui n’ont pas leur équivalent dans l’hémisphère Nord. Elles présentent un intérêt exceptionnel pour la conservation de la biodiversité. Les archipels de Crozet et de Kerguelen abritent les communautés d’oiseaux marins les plus riches et diversifiées au monde. Les effectifs reproducteurs atteignent plusieurs millions d’individus, soit les biomasses d’oiseaux les plus importantes que l’on connaisse avec 60 tonnes au km² à Crozet. Les manchots royaux qui se regroupent pour se reproduire peuvent former des colonies pouvant atteindre plus d’un million d’individus, soit les concentrations jamais égalées. Autre espèce emblématique, l’albatros d’Amsterdam, endémique à l’île d’Amsterdam, ne compte plus que 30 couples. L’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN) considère cet oiseau comme gravement menacé d’extinction, ce qui représente aujourd’hui un enjeu majeur de conservation pour la France. Situées à proximité du front polaire et de la convergence subtropicale, les eaux sont particulièrement riches en espèces pélagiques (crustacés, calmars, poissons,) qui elles-mêmes alimentent les oiseaux de mer et les pinnipèdes (éléphants de mer, otaries etc.). De nombreux cétacés sont également présents. Crozet et Kerguelen accueillent notamment une population de grandes baleines bleues, espèce ayant un statut de conservation très défavorable. Les orques qui s’alimentent et se reproduisent dans les eaux subantarctiques viennent chasser les jeunes éléphants de mer et les manchots le long des côtes. Par un phénomène d’apprentissage, elles se nourrissent également sur les palangres qui remontent les légine australes des eaux profondes. Au niveau végétal, les îles subantarctiques françaises comptent 70 espèces de plantes vasculaires indigènes dont 24 espèces endémiques à la région subantarctique. Seul un arbre endémique, le Phylica nitida, est présent sur l’île d’Amsterdam.

La terre Adélie

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Le continent antarctique est à lui seul une des huit écozones (régions biogéographiques terrestres du globe), ce qui démontre la particularité de son écosystème. La terre Adélie abrite de fortes concentrations d’espèces protégées d’oiseaux et de mammifères marins. Les pétrels, manchots, éléphants de mer et phoques viennent se reproduire sur cette partie de territoire en très grande quantité. Parmi les cétacés, différentes espèces de baleines et d’orques fréquentent la zone. Le manchot Empereur, cousin proche du manchot royal de nos îles subantarctiques, est certainement aujourd’hui une des espèces les plus emblématiques des régions froides. Parmi la trentaine de sites de reproduction de manchots empereurs répertoriés en Antarctique, celui de la terre Adélie est le seul à se situer à proximité immédiate d’une base permanente, ce qui en fait un site privilégié pour l’étude de cette espèce et de son environnement. Les phoques de Weddell, espèce protégée ayant un statut de conservation défavorable, sont également bien représentés sur ce territoire. Enfin, il est nécessaire de mentionner l’existence de près de 300 espèces de poissons dans les eaux bordant le continent. Certains, façonnés au fil des millénaires par les conditions polaires, ont développé des facultés étonnantes. Le sang du poisson des glaces par exemple ne contient pas d’hémoglobine, celui du « Notothenia » secrète des molécules antigel. Le patrimoine animal de l’Antarctique est donc extrêmement précieux. Outre les espèces emblématiques, le continent et ses alentours abritent nombre d’espèces moins connues (Skuas, pétrels..) mais contribuant dans toute leur mesure à faire de ce territoire un sanctuaire environnemental unique dans un cadre somptueux.