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27 décembre 2009

Hommage à l’aviateur Marcel Goulette à Juan de Nova

Une cérémonie d’hommage à l’aviateur Marcel Goulette et à son équipage a été célébrée le jeudi 23 décembre à Juan de Nova. A cette occasion, Christian Gaudin, préfet des Taaf et les autorités présentes (le général Jean-Marc Nébout, le préfet de la Réunion Michel Lalande et les colonels Le Moël et Beaudouin) ont inauguré la stèle et la sculpture dédiées aux trois héros : le capitaine Marcel Goulette, l’adjudant chef René Marchesseau, et le sergent-chef Jean Michel Bourgeois. La sculpture qui pèse plus de 2 tonnes a été réalisée par Marco Ah-Kiem.

Extraits de l’article d’Alain Dupuis paru dans le Journal de l’île du 27 décembre :

Au temps héroïque de l’aviation, Juan de Nova aura sauvé la vie à de nombreux équipages en leur offrant un terrain d’atterrissage de fortune. Le 8 décembre 1929, un Farman 190, décolle de Tananarive pour faire route vers Quelimane, sur la côte du Mozambique. A bord trois hommes : le capitaine Marcel Goulette, l’adjudant chef René Marchesseau, et le sergent-chef Jean Michel Bourgeois.

Partis du Bourget le 17 octobre 1929, ils avaient atterri à Tananarive au bout de 10 jours 8 heures et 40 minutes. Le 26 novembre 1929, le Farman réalisait la première traversée aérienne entre la Grande Ile et la Réunion. En ce début du mois de décembre 1929, l’heure du retour vers la France a sonné. Une fuite d’essence oblige l’équipage à poser l’appareil à Juan De Nova. Trois jours plus tard, le Maréchal Gallieni embarque Goulette et Marchesseau. Bourgeois reste pour surveiller l’avion. Il séjourne deux mois sur place et en profite avec l’aide des habitants pour aménager une piste de fortune. Le 28 janvier 1930, un bateau ramène ses collègues. Le 1er février 1930, le Farman 190 redècolle en direction de Tananarive pour consolider les réparations avant un nouveau départ pour la France. Le vol s’achèvera dans le Sahara.

Le 9 avril 1932, Maryse Hilsz, en compagnie du mécanicien Maurice Dronne, après avoir décollé de Tambohorano sur la côte ouest de Madagascar pose son Farman 291 à Juan de Nova sur la piste sommaire aménagée deux ans plus tôt et redécolle dans la foulée. Une stèle aujourd’hui disparue a longtemps entretenu la confusion entre Maryse Hilz et Maryse Bastié qui ne s’est jamais posé à Juan de Nova. Dans L’Air du 15 novembre 1932 Maryse Hilsz confie ses souvenirs. "Mon séjour forcé dans l’île Juan de Nova, en plein Mozambique fut un enchantement. Je vous dois le récit de cette immobilisation sur cette mince bande de terre longue de 3 kilomètres et large d’à peine 1.500 mètres.Je volais très haut au-dessus des flots verts et écumeux du canal de Mozambique, je distinguais à peine l’île, presque invisible à l’horizon. lorsque j’éprouvai quelques difficultés de stabilité. Je résolus de me poser, c’était presque un miracle pour moi d’apercevoir au loin cette planche de salut, digne par sa forme, de ce nom. Cette île peu fréquentée, se trouve en dehors des routes empruntées par les aviateurs. Je me posai sans mal, et je n’eus pas, par la suite, à regretter ce séjour forcé dans cette île. Je lui dois d’avoir vu un site enchanteur, et aussi de ne pas avoir été le régal des nombreux requins que nous vîmes en repartant, sillonner les eaux, squales rapides et argentés."

Un trimoteur de la Régie Air Afrique le 21 décembre 1934, neuf Chipmunk le 2 novembre 1953, les Piper Navajo de Réunion Air Service et aujourd’hui les Transalls de l’armée de l’Air, Juan de Nova a plus que les autres îles éparses du Canal de Mozambique une vocation aéronautique.