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Impacts et menaces sur la biodiversité

Impacts et menaces sur la biodiversité

Plusieurs catégories d’agressions menaçant la biodiversité et certains habitats de la réserve naturelle des terres australes françaises sont à ce jour bien identifiées.

Si certaines relèvent de facteurs externes qui ne peuvent être traités qu’à l’échelle de la planète (changements climatiques, polluants atmosphériques, UV-A et -B liés à la dépression des concentrations en ozone stratosphérique en bordure du continent Antarctique, etc.), d’autres sont d’origine locale et généralement liées aux activités humaines passées et/ou présentes.

La première de ces menaces est constituée par le vaste cortège d’espèces végétales et animales qui ont été introduites au cours du temps et continuent de l’être aujourd’hui. Les relations qu’entretiennent certaines de ces espèces entre elles et avec la flore et la faune locales sont relativement bien connues. C’est le cas, entre autres, des mammifères introduits (rongeurs, lapins, ongulés, félins).
Ces connaissances sont à même de permettre l’élaboration à brève échéance de stratégies de gestion pertinentes à leur égard.

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Impact des moutons sur l’île Longue à Kerguelen

Cependant, pour beaucoup de taxons, ces connaissances demeurent imparfaites. Or, elles sont indispensables à l’appréciation rigoureuse du risque que comportent les mesures de gestion envisagées et à l’élaboration des indispensables protocoles de suivi permettant d’en apprécier la portée. Par ailleurs, en amont de ces mesures de gestion, il importe de mettre en œuvre des mesures visant à réduire la probabilité de nouvelles introductions.

La seconde menace relève des effets des activités humaines en dehors des bases. Elles sont susceptibles de provoquer des perturbations dans les colonies d’oiseaux ou de mammifères marins, de dégrader des milieux par piétinement et d’augmenter l’aire de répartition d’espèces allochtones.

Des mesures réglementaires et une solide sensibilisation de l’ensemble des personnes séjournant sur les bases devraient permettre de réduire ces perturbations et une réelle réflexion sur la biosécurité devra être menée durant le premier plan de gestion afin de réduire efficacement la menace grandissante que constitue l’introduction et la dispersion d’espèces exogènes.

La troisième menace est à mettre en rapport avec le fonctionnement des stations permanentes qui génèrent des déchets et nécessitent une production d’énergie. Pour les déchets, il va s’agir d’en réduire la quantité à la source, d’en améliorer le tri, le traitement sur place et l’évacuation des phases ultimes.

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Exemple d’agencement de l’espace déchetterie sur l’archipel de Kerguelen

Pour l’énergie, il s’agira d’en réduire la consommation autant que faire se peut et de privilégier les énergies renouvelables, quand cela est possible et n’occasionne pas de perturbations significatives du fonctionnement des écosystèmes. De telles mesures n’auront de portée effective qu’à la condition de se voir appropriées par le personnel des bases, ce qui nécessitera information, éducation et formation.

Une quatrième menace est liée aux activités de pêche qui se déroulent dans la partie marine de la réserve. Il s’agit là exclusivement des eaux des îles Saint-Paul et Amsterdam. Outre le prélèvement qui est cependant rigoureusement contrôlé se pose le problème de la perte d’engins de captures tels les casiers à crustacés qui constituent une éventuelle pollution des habitats.

Améliorer les connaissances et quantifier l’importance de l’impact généré devrait permettre de le réduire en proposant des mesures adaptées et de faire évoluer les mesures réglementaires déjà existantes.

Enfin, si des mesures de protection peuvent être apportées efficacement sur des sites de reproduction terrestres d’espèces marines, elles peuvent se révéler vaines si la situation en mer de ces espèces se dégrade. Dans ce cas, l’attention du gestionnaire devra dépasser la limite stricte de la réserve.

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Impact du piétinement sur les sols