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7 décembre 2014

Journal de bord OP4-2014

Mercredi 03 décembre 2014

OP4-2014, la dernière expédition australe a bien des niveaux… D’abord celle de l’année 2014, particulièrement intense si l’on compte les dizaines de milliers de kilomètres parcourus par le Marion Dufresne cette année et enfin, la fin de toute une époque pour ce fier navire qui passera l’année prochaine à sa version 2.1 lors de la jouvence technique scellant 20 ans de loyaux services et lui promettant un nouveau départ.
Cette OP très riche en navigations engagées (notamment dans des fjords reculés) sera également celle du plein été austral avec plus de 16h de soleil par jour dans un monde pourtant froid et battu par les vents.
Enfin, sous les cieux de la croix du Sud nous célèbrerons Noël en pleine mer ajoutant ainsi la festivité et l’amitié à toute cette aventure.

Philippe Mistral

Embarquement vers 14h30, appareillage à 17h00 précise non sans une certaine émotion. Accueil fort sympathique par Philippe MISTRAL, notre accompagnateur. Visite guidée du bateau pour prendre quelques repères, prise de possession de nos cabines, présentation de l’équipe des TAAF, apéritif, dîner, dodo.

Robert L.

Nous appareillons du Port à 17h00 comme prévu.
Une cinquantaine de personnes regarde depuis le quai partir le Marion Dufresne en particulier les copains et les familles de 8 collégiens du collège Albert Lougnon qui participent à cette rotation avec 2 enseignantes : émotion assurée pour tous.
Nous assistons ensuite à l’atterrissage de l’hélicoptère qui assurera les transferts sur les bases. Il rentre dans le hangar après démontage des pâles.
Philippe Mistral, notre accompagnateur TAAF, fait visiter le bateau aux 8 « touristes voyageurs ». Il nous faudra certainement un peu de temps pour se repérer et retrouver les différents lieux stratégiques comme le restaurant ou la buanderie. Pour le restaurant, pas de problème car il est situé pont E comme Estomac.
Les personnels des TAAF nous sont présentés par le directeur de cabinet du Préfet Sébastien Mourot dans le forum-bar attenant au restaurant.
Le tutoiement est de rigueur sur le bateau quelle que soit l’âge ou la fonction, il faudra s’y habituer.

Véronique V.

Jeudi 04 décembre 2014

Démonstration pour enfiler la combinaison de survie en cas d’abandon du navire. Je suis le cobaye. Le plus difficile est de passer la tête car il faut « plonger » dans le noir. Après je suis malhabile pour boucler le harnais et rouler le coussin de flottage sur la nuque : les moufles sont au moins 5 pointures au-dessus. Il fait très chaud dans la combinaison prévue pour flotter plusieurs heures dans une mer froide. Dans la foulée nous effectuons une simulation d’abandon du navire mais sans avoir à enfiler la combinaison ce dont se réjouissent les claustrophobes.

Véronique V.

Réveil tardif et hâtif pour assister à la projection d’un film sur la rotation que nous allons faire. Très intéressant dans la mesure où cela nous permet de mieux réaliser vers quoi nous nous dirigeons. Après un peu de sport (vélo et marche) déjeuner fort sympa en compagnie du médecin de bord, d’un chirurgien ayant pour mission d’inventorier le matériel opératoire dans les différentes bases et Lucie, une scientifique travaillant pour une organisation dépendant de l ‘ONU, chargée dans le cadre du traité de non prolifération des armes nucléaires, de faire des repérages en vue de l’implantation de stations de détections de toutes les explosions illégales et de toutes contaminations. Ambiance chaleureuse et, comme tout ce que nous aimons, simple et décontractée.
15h30, informations liées à la sécurité et démonstration de l’utilisation de la combinaison de survie. Un exercice plutôt laborieux à en juger par la difficulté rencontrée par la membre du groupe des V.T.A (Visiteurs en Terres Australes) qui s’est portée volontaire pour la démonstration.
16h15, nouvel exercice : l’évacuation du bateau. Cela consiste à rejoindre, avec notre combinaison de survie, un point précis sur le pont et être pris en charge par un membre de l’équipage.
18h45, Pot de bienvenue du Commandant, ambiance super décontractée, un délicieux punch accompagné d’excellents samoussas, nems, et bouchons. Nous dînons ensuite et là, nouvelle rencontre avec un couple, initialement basé en Suède, chargé de rédiger un rapport pour déterminer s’il y a lieu de maintenir ou non la présence des Rennes sur l’île de Kerguelen pour la sauvegarde de la flore, passionnant.
A l’issue du dîner, nous sommes invités à une projection du film « Capitaine PHILLIP » ambiance maritime non sans rappeler la notre mais fort heureusement sans pirate, très bon film.
Côté météo, nous avons une grande chance, ciel bleu, mer belle, nous naviguons à 13 nœuds, tout baigne.

Robert L.

Jour et nuit, sans efforts apparents, l’étrave fend les eaux de l’océan à la vitesse de 15 nœuds, créant à bâbord comme à tribord une écume blanche telle la sueur sur le front de certains randonneurs non habitués au roulis et au tangage.
C’est l’amarinage qui se fait sans trop de symptômes, tout en douceur. Un peu moins pour Véronique pendant l’essayage de la combinaison de survie, Michelle compatissant et Catherine tenant le coup.

Roger S.

Vendredi 05 décembre 2014

Ce matin le commandant Georges Marjak nous fait visiter la passerelle avec moult explications sur les différents appareils de navigation. Je retiens que tout est automatisé sauf en cas d’alarme où l’intervention humaine est nécessaire. Petite déception la barre est petite et en plastique et pas en bois comme sur les bateaux de pirates. La vue est belle à 180° mais le ciel est bas et gris ce matin, la température commence à baisser : 23°C sous 30° de latitude. Il n’y a pas encore d’oiseaux à observer, les ornithologues du CNRS en mission de comptage ont cependant vu 3 pétrels.

Véronique V.

Samedi 06 décembre 2014

Au pont D comme Docteur, l’infirmerie et l’hôpital : dans des locaux assez exigus mais bien équipés exerce Etienne Bon, le nouveau médecin.
Soyons rassurés, sa première radio est une réussite ! Philippe, notre accompagnateur TAAF sait de quoi nous parlons.
Michelle S.

J’ai passé une grande partie de la matinée à la passerelle et à l’arrière du bateau. Deux ornithologues faisaient le comptage des oiseaux pendant 10 minutes par heure.
Ma patience a été récompensée, j’ai vu des pétrels à menton blanc, des albatros à bec jaune et un albatros timide.
Petit plus, nous avons vu des orques repérées par Jérôme.
Ce n’est qu’un petit avant-goût de ce que nous verrons par la suite, nous ont dit les ornithologues.

Véronique V.

9h00. Nous faisons la découverte de la passerelle où nous sommes accueillis par le Commandant qui très aimablement nous présente le bateau sur le plan technique performances et plus particulièrement tout ce qui concerne les instruments liés à la navigation et à l’organisation du personnel de bord. Très bonne ambiance, une visite particulièrement intéressante dans la mesure où l’on a quelques notions mêmes rudimentaires de navigation. La perspective de la visite de la salle des machines prévue au programme m’enchante particulièrement.
De retour à la cabine je m’attèle à la rédaction du journal de bord comme demandé par Philippe. Petit exercice auquel je me plie volontiers d’autant plus que je tiens également un journal de notre voyage.
Déjeuner toujours aussi sympa où l’on élargi toujours nos rencontres avec les personnes embarquées en tant que scientifiques ou autres qui nous permettent, pour nous profanes, de découvrir des activités incroyablement diverses et variées.
A peine le temps de déguster notre café que dès 14 heures nous sommes invités à une conférence portant sur l’organisation du TAAF. Superbe présentation par Sébastien et information sur toutes les terres reliées au TAAF que ce soit les Australes et Antarctiques que les Eparses. Dès que possible nous décidons d’aller découvrir ces dernières au climat plus clément peut être même un peu trop proche de celui sous lequel nous vivons.
16h00. Nous nous rendons sur le pont arrière pour l’exercice d’embarquement dans l’hélicoptère. Informations par le pilote sur la sécurité et notamment le gonflage du gilet de sauvetage qui doit avoir lieu uniquement après avoir été au contact de l’eau BRRRRRR. Prise de photos individuelles de l’ensemble des participants pour nous identifier sur un trombinoscope général.
17h00. Suite de la présentation des TAAF par Sébastien portant sur l’ensemble de l’organisation, fonctionnement, rôle, mission parsemées de petites anecdotes donnant une excellente vue d’ensemble des travaux effectués. Fin de la conférence vers 18h30.
Nous dînons en des membres de groupe Roger, Michèle, Catherine, Véronique. Une visite au Bar où nous dégustons un vieux rhum et sommes rejoins par Philippe. Jérôme, pâtissier de son état en partance pour son troisième hivernage nous offre gentiment un autre verre. Ambiance super chaleureuse où tout le monde est souriant et décontracté.
Côté météo, ciel plutôt gris avec ondées passagères pas encore froides, mer quelque peu moutonneuse mais peu agitée. Tout est pour le mieux.

Robert L.

La journée débute au départ de la passerelle par une visite guidée par Sébastien, l’officier mécanicien de la machinerie du MARION DUFRESNE.
Présentation des logiciels informatiques permettant de contrôler tous les éléments machines de la passerelle. Carburant, eau, vapeurs etc. Explications détaillées du traitement du fuel lourd avant l’utilisation dans les groupes électrogènes alimentant les moteurs électriques ainsi que le propulseur d’étrave. Explication également de l’impact environnemental du système, considérant que nous sommes sur un bateau à vocation scientifique.
Départ pour la visite des machines en commençant par la partie électrique, une batterie impressionnante d’armoires. Nous nous enfonçons de plus en plus dans les entrailles du navire pour découvrir les moteurs ainsi que les arbres d’hélices au nombre de deux. Un vrai labyrinthe qui nous fait passer par les ateliers de maintenance, les réserves de matériel ainsi que l’endroit où sont entreposées les deux hélices et l’ancre de secours. Assez impressionnant je dois dire. Nous traversons au pas de charge le terrain de basket ainsi que le terrain de foot où notre jeune toubib Etienne à failli se blesser. C’est je pense la raison pour laquelle il a shifté sur le baby foot beaucoup moins dangereux.

10h30, fin de la visite, après laquelle nous nous adonnons à quelques exercices de bicyclette jusqu’à 11h45.
Très bon déjeuner en compagnie d’un américain de Santa Barbara en Californie, faisant partie de la rotation dans le cadre de l’organisation du contrôle de la non prolifération des armes nucléaires. Encore une rencontre intéressante qui nous a permis de découvrir un autre volet de cette organisation.
Pour l’anecdote, le premier Albatros observé était à la Latitude 37° 01 Sud, Longitude 53° 13 Est.
A 15h00. toujours sur le même sujet une conférence nous est proposée par Lucie qui représente l’organisation basée en Autriche et qui fait cette rotation pour repérer le lieu de la future station à Crozet. Explications quelques peu techniques mais très instructives notamment au niveau de l’installation des capteurs et de l’immersion des câbles capteurs par des bateaux très spécifiques.
Break jusqu’à 16h15 pour une nouvelle conférence dirigée par le représentant du CEA qui travaille en étroite collaboration avec l’organisation de Lucie. Cela nous permet de réaliser qu’il existe tout un réseau scientifique étudiant en permanence tout ce qui se passe sur notre vieille terre que ce soit au niveau atmosphérique, sismique, et notamment la technique des infrasons dont apparemment les animaux en général sont dotés et les éléphants en particuliers, puisse qu’ils avaient détectés une heure à l’avance l’arrivée du tsunami de 2004 qui avait fait tant de dégâts et de victimes en Indonésie. Fin de la conférence à 17h30.
Nous avons ce soir l’honneur de dîner à la table du Commandant, autant ce dernier est très convivial et enclin à créer un sujet de conversation que le reste des officiers sont restés égaux à eux mêmes ce que je comprends parfaitement.
Petit arrêt à la salle de conférence où est projeté le film Last Vegas, sympathique comédie sur l’amitié.
Côté météo, ciel couvert, mer toujours aussi calme, c’est le pied.

Robert L.

Dimanche 07 Décembre 2014

Réveillés par le réveil une horreur, nous découvrons un ciel bleu et une mer d’huile. Certes, la température est déjà beaucoup plus basse, mais c’est tellement agréable de voyager dans ces conditions.
9h00 – Conférence sur la Bio Sécurité, informations sur les méthodes de tri et de recyclage des déchets. Là encore, nous découvrons une facette de tout ce qu’implique la préservation des sites que nous allons découvrir. Dès la fin de la présentation, nous nous rendons dans la sale de décontamination où nous procédons au nettoyage systématique de tous les vêtements que nous serons amenés à porter sur CROZET, notre première escale à laquelle nous devrions vraisemblablement arriver demain matin lundi aux alentours de 5h du matin. Les choses se précisent.
Déjeuner en compagnie de Yoan responsable justement de la gestion des déchets et souffrant d’un petit mal de mer, ainsi que Nelly, chargée de la communication avec qui nous passons un très agréable moment. Il faut souligner que toutes les personnes qui participent à cette aventure sont avant tout des passionnés.

Robert L.

Lundi 08 décembre 2014

Arrivée à Crozet après 5 jours de mer. La brume se dissipe soudain et l’île de la Possession apparaît avec les bâtiments colorés de la base Alfred Faure sur les hauteurs de la falaise qui surplombe la baie des Marins.
Le pilote de l’hélico, Pascal, nous transporte sur la baie américaine (dîtes BUS) en un coup d’aile malgré un vent soufflant à plus de 100km/h. Nous atterrissons sur une plage de sable noir en effrayant les manchots royaux. Le spectacle est magique : les éléphants de mer se prélassent sur la plage près de la cabane accueillant les scientifiques de l’IPEV lors de leurs missions sur le terrain.
Les manchots, curieux, viennent nous voir. Nous partons à pied, traversons la plage et la rivière Moby Dick : heureusement nos bottes étaient assez hautes. Nous arrivons au col du Morne rouge en luttant contre le vent dont les rafales à 150 km/h menacent de nous faire tomber à chaque instant ce qui arrivera d’ailleurs à certains. Puis nous faisons une pose au-dessus de la petite manchotière.
Sur le retour nous apercevons des orques reconnaissables à leurs ailerons. Un sandwich accompagné de vin nous requinque avant une petite balade sur la plage. Le vent est toujours très fort et le Marion Dufresne est venu se positionner dans la baie pour permettre à l’hélico de nous récupérer ; nous avons même cru un instant que cela ne serait pas possible… Le vent, le soleil et un petit crachin furent au programme de ce premier jour à terre.

Marguerite M.

Nous prenons notre premier petit déjeuner depuis le départ, débarquement à Crozet oblige.
Nous mettons en pratique les consignes de sécurité d’embarquement et par groupe de 5 nous sommes héliportés au dessus d’un paysage extraordinaire jusqu’à un endroit de l’île de la Possession situé dans la Baie Américaine (BUS) au lieu chargé d’histoire puisque c’est dans cette baie que les phoquiers ont séjourné fin 19ème début 20ème pour l’exploitation des graisses d’éléphants de mer et de baleines afin de transformer les dites graisses en huile destinée à l’éclairage notamment et quelques autres utilisations cosmétiques etc…

Nous avons effectué une petite marche pour le moins facile mais assez éprouvante du fait d’un vent glacial et très violent dépassant parfois les 60 nœuds.
De retour à la cabane point de départ de notre expédition pour aller découvrir notre toute première manchotière, nous déjeunons d’un sandwich accompagné d’un très bon Juliénas entre autre, qui nous a quelque peu réchauffés.

Deuxième petite marche vers les vestiges du village des pêcheurs et c’est là que l’on réalise dans quelles conditions ces gens survivaient. Un moment très fort en émotion chargé d’impressions très particulières.
Nous revenons à la Cabane aux alentours de 15h30 et le vent étant toujours violent et là, merveille, nous constatons non sans un certain soulagement que le bateau est venu nous rechercher afin de limiter le temps de transfert en hélicoptère.

17h30 tout le monde est de retour à bord, frigorifiés et ravis de pouvoir prendre une douche bouillante.
Petit passage sur la passerelle où nous en profitons pour remercier le Commandant de nous avoir récupérés.
Petit apéro au champagne pour le groupe auquel nous avons convié le Commandant. Ambiance très chaleureuse et fort sympathique avant de passer à table pour le Dîner.
Petite partie de baby foot et fin de soirée bien arrosée en compagnie des jeunes.
Météo : Brouillard au réveil balayé par un vient violent et glacial d’Est se maintenant toute la journée à notre grand regret. Fin de journée plus clémente avec quelques éclaircies très passagères.
Robert L.

Mardi 09 décembre 2014

Nous sommes accueillis sur la base Albert Faure par un soleil radieux et le discro ; nous descendons à la manchotière où vivent 20 000 couples reproducteurs et leurs poussins d’un an. C’est fascinant d’observer cette multitude couver, nourrir les poussins, se déplacer en se dandinant. Les skuas et les pétrels géants lancent des attaques parfois victorieuses contre la colonie pour voler des œufs. Il y a aussi des éléphants de mer sur la plage ou au milieu des manchots ; ils se disputent, dorment ou observent les manchots d’un air de supériorité mais ces gros animaux paraissent cependant placides.

Marguerite M. 

Notre deuxième journée à Crozet s’annonce sous les meilleurs hospices, ciel bleu, soleil radieux, vent modéré un temps idéal pas trop froid, le rêve enfin.
Nous débarquons à l’île de la Possession et entamons une marche sur une piste nous conduisant directement à la manchotière de la baie du Marin. Petite anse située à 1,400 Km après un dénivelé de 140m.
Nous nous retrouvons au beau milieu d’une foule de manchots avec ça et là quelques éléphants de mer. Malgré une odeur quelque peu particulière, nous sommes fascinés de voir le comportement des ces oiseaux aussi singuliers.

Les petits tout d’abord, vêtus de leur duvet entièrement ou partiellement qui évoluent au milieu de cette foule. Nous avons droit à un exposé d’une scientifique spécialisée dans l’étude ces animaux. Elle nous reçoit dans son bureau qu’elle nomme observatoire et nous explique que pour étudier le comportement de ces animaux, des capteurs sont placés sous leur peau en différents endroits ce qui leur permet de voir à terre la façon dont ils se déplacent, des antennes sont implantées sur le site et de les suivre dans leur migration. Ils peuvent parcourir plus de 3000 kms et se retrouver près de la calotte glacière et plonger jusqu’à 300 mètres de profondeur en apnée de 10 minutes. Fascinant.

Nous prenons le chemin de retour pour la base, non sans quelques petits arrêts pour admirer les points de vue ce lieu si exceptionnel.
Nous retrouvons l’ensemble des membres de la rotation et sommes accueillis par le Chef de district un homme absolument charmant avec qui nous sympathisons immédiatement. Passage au Bar où nous sommes accueillis par un joyeux drille heureux de son sort comme un poisson dans l’eau.
Superbe buffet de déjeuner, ambiance très décontractée, quelques uns s’improvisent musiciens et nous gratifient de quelques notes, nous dégustons notre déjeuner sur nos genoux, les installations ne pouvant pas accueillir autant de monde à table, qu’importe nous trouvons cela super.
Nous croisons Philippe A, chargé de la logistique de toute la nourriture des bases qui nous convie à la visite des chambres froides. Un vrai petit Rungis, une chambre pour chaque catégorie d’aliments, le tout parfaitement orchestré par notre ami le barman.
Visite guidée du Biomar par un jeune scientifique qui nous fait une superbe présentation des activités pratiquées dans ce bâtiment. Nous croisons deux chercheurs penchés sur leur microscope, l’un étudiant les pissenlits, l’autre observant des vers de terre et de minuscules escargots. C’est un autre monde pour nous profanes. Nous sommes reçus ensuite chez les spécialistes des Albatros qui nous font un exposé sur leurs activités, l’une des plus anciennes de la mission, ainsi qu’une démonstration de la façon de capturer les oiseaux par une jeune et charmante sévillane. Là encore, tous ces jeunes sont animés d’une passion extraordinaire, ils vont jusqu’à s’isoler dans les cabanes plusieurs jours dans des conditions plus que spartiates.
Nous finissons par les électroniciens et informaticiens en charge entre autre d’observer tous les mouvements sismiques de la planète. Là aussi une présentation très intéressante.
Accompagnés de Tania, une jeune Suisse, nous partons à la rencontre des Albatros en un lieu situé pas très loin de la base. Le temps est magnifique et nous pouvons écouter les commentaires et suivre les évolutions de ces immenses oiseaux. Ils ne se reproduisent que tous les deux ans, sont fidèles, et parcourent des distances phénoménales. Ils avaient été menacés dans les années 80 par les bateaux pratiquant la pêche à la Légine. En effet, ils venaient manger l’appât flottant à la surface et s’accrochaient aux hameçons avant d’être précipités vers le fond et mourir noyés. La mise en place de technique et notamment la pêche de nuit a sensiblement ralenti la mortalité de ces merveilleux oiseaux.
Retour à la base, petit crochet par la chapelle Notre Dame des Oiseaux, en attendant l’heure du retour à la base par l’hélicoptère prévu et réalisé à 17h30.
18h30 nous rejoignons le groupe au Bar conviés par Catherine et Véronique à un apéritif au champagne. Superbe ambiance, tout le monde est ravi de sa deuxième journée à Crozet.
Dîner toujours aussi relax, suivi d’un pot en compagnie d’un jeune électronicien venu passer la soirée sur le bateau, avant de participer à l’opération de déchargement des matériaux et provisions dans les cabanes situées à l’opposé de la Base 17 km. Face aux roches des Moines. Encore un passionné.
Météo : Temps incroyablement beau, soleil, mer bleu, vent modéré, température idéale, le pied, pourvu que cela dure.
Robert L.

Mercredi 10 décembre 2014

Pour notre 3ème jour nous sommes montés au Mont Branca, peu élevé (383m). La promenade est rendue un peu plus délicate par le terrain : chemin non tracé dans les scories et en plein vent. Malheureusement l’absence de soleil n’a pas mis en valeur l’exceptionnel panorama sur l’île.
Nous quittons Crozet en longeant l’île de l’Est au soleil couchant.
Nous l’avions vue le matin émergeant d’une mer de nuages aux formes changeantes en descendant à la manchotière.
Nous sommes plusieurs à admirer ce paysage de montagnes dont les parois tombent à pic dans la mer, paysage magnifié par les nuages éclairés par le soleil. Nous sommes arrachés à ce spectacle car il faut aller dîner.

Marguerite M.

Derrière la base Alfred Faure, le mont Branca, petite balade sommitale qui permet d’avoir une vue encore élargie sur l’horizon.
Après les oiseaux extraordinaires de Crozet, la végétation australe si particulière, voilà ici une particularité qui sort de l’ordinaire vivant : les formations géomorphologiques issues de la géliturbation (alternance du gel et du dégel structurant les sols).
Crozet est réputée pour ses sols polygonaux que l’on trouve dans la vallée de l’Au-delà près du Lac Perdu. Mais lorsque le terrain est en pente, comme ici sur les flancs de ce cône volcanique, des sols striés particulièrement esthétiques apparaissent.
L’explication scientifique casse donc la magie de ce décor : lorsque l’eau contenue dans le sol gèle, elle repousse les graviers sur les côtés entrainant par là même un tri granulométrique. La multiplication des ces alternances de gels et dégels modèle avec le temps des sillons parallèles alignés dans le sens de la pente comme si une armée d’hivernants étaient venus ratisser la zone !

Philippe M.

Après une navigation très matinale, bercés par un doux roulis, nous nous réveillons et découvrons la fameuse pointe des rochers aux Moines. Un éperon de pics qu’on dirait taillés par la houle et le vent avec un petit ilot vis-à-vis : la Roche-percée.
Haut lieu pour notre bateau puisque c’est là qu’en 2012 il a touché un haut fond, heureusement par l’avant ouvrant une brèche de 60 mètres dans la coque. Non sans quelques frayeurs, il a pu rejoindre la Baie du Marin et débarquer tous ses passagers. Doté d’un équipage réduit de 20 personnes, il a rejoint la cale sèche à Durban en Afrique du Sud, escorté par un remorqueur alors que les passagers eux, ont été récupéré par un navire câblier (poseur de câbles sous marins). Une belle aventure que nous a raconté Sébastien qui a vécu cette odyssée.
Petite matinée relax étant donné que notre transfert Hélico est prévu à 11h10.

Nous atterrissons à l’ile de la possession vers 11h45 ayant quelques retards dans les rotations.
Dès notre arrivée nous allons rendre visite au gérant postal pas le facteur, qui nous accueille très gentiment et complète notre formation en philatélie, un domaine que nous ignorons complètement tout au moins en ce qui concerne Anne et moi-même.
Nous faisons tamponner nos deux livres et rejoignons la salle commune pour déjeuner.
Petit accident au départ de l’agence postale où notre Ami Roger a raté la dernière marche de l’escalier et qui, sans tomber, à un peu aggravé l’état de son pied.
Il serait souhaitable de signaler ou de poser un nez de marche à ce niveau car ce n’est absolument pas évident de le voir dans l’état actuel des choses.
Déjeuner buffet à l’identique de la veille. Nous nous installons confortablement dans la salle de billard, même ambiance si ce n’est que nous sommes arrivés trop tard au Bar pour prendre notre Pastis 51.
14h00 nous commençons l’ascension du Mont Branca, point culminant à 380 mètres d’après les informations de Philippe. Après une heure nous atteignons le sommet balayé par un vent pas trop violent mais très présent tout de même.
Nous sommes rejoins par quelques hivernants dont notre ami Jérôme le pâtissier de Kerguelen avec qui bien évidemment nous parlons bouffe.
Après une petite demi-heure et pour ne pas trop se refroidir, nous entamons la descente vers la base que nous atteignons quelques 45 minutes plus tard.

Nous rendons visite au laboratoire de Suzanne notre accompagnatrice, spécialisée dans l’étude des espèces introduites qui nous présente deux collections extraordinaires de minuscules insectes classés, répertoriés, référencés par un précédent agent de la Réserve Naturelle. Suzanne nous a également présenté une autre chose très intéressante, c’est un poster de tous les ailerons d’orques photographiés, référencés et baptisés. Le travail consiste donc à repérer, à la jumelle ou à la photo, à travers la forme de l’aileron à quel individu cet aileron correspond et essayer ainsi de comprendre leur comportement ou leur migration.
17h30 : Retour à bord par les bons soins de Pascal le pilote de l’hélicoptère qui le malheureux n’a pas arrêté de faire des rotations base-bateau depuis cinq heures du matin. Bravo et un grand merci.

18h30 : Le groupe se retrouve au Bar pour un apéritif Champagne aimablement offert par Michèle et Roger qui a également convié Pascal. Très sympathique moment d’échange, de plaisanterie et de partage.
Diner en compagnie d’un des enfants du groupe d’écoliers, un peu timide. Nous découvrons qu’il est le plus jeune du groupe. Ainsi donc vis à vis à la même table le doyen et le plus jeune de la rotation, la photo s’impose.
Fin de soirée autour d’un verre et partie de baby-foot.
Météo : Temps superbe, ciel bleu, vent modéré, température idéale, le pied.

Robert L.

Jeudi 11 Décembre 2014

Un tiers du chemin parcouru, comme le temps passe vite, et me voilà baptisé par Robert : doyen du navire.
Cette ambiance si conviviale fait que Michelle et moi sommes « chouchoutés » ; la devise « Tous pour un et un pour tous » est appliquée.
Quelle chance avons-nous ainsi, hors du temps, sur ces terres aussi lointaines, aussi envoutantes, dans un contexte aussi magique, de repousser encore plus loin notre horizon.
Le plus jeune compagnon de route, d’un collège de La Réunion n’a que 11 ans.

Michelle et Roger S.

Vendredi 12 Décembre 2014

Nous naviguons depuis une vingtaine d’heures et bercés par une douce houle nous voguons en direction des Iles Kerguelen.
9h00. Après une brève intervention de Sébastien nous expliquant qu’une équipe de photographes va refaire les mêmes prises de vues que celle du film pour déterminer l’avancement de la détérioration des vestiges des installations réalisées par les différents pionniers, nous sommes conviés à la projection d’un film sur la découverte des Iles australes et sur la présence de l’homme sur ces iles depuis l’origine à savoir la pseudo découverte par le Sieur de Kerguelen jusqu’aux derniers exploitants.
L’intérêt de ce document, chargé d’émotion, tourné en 1997 a l’avantage de présenter les témoignages des descendants directs ou indirects de ces pionniers partis pour maintes raisons à la découverte du continent perdu appelé également iles de la désolation, tout en donnant une dimension toute particulière au fait que nous nous dirigeons vers ces lieux dont nous allons fouler le sol et ressentir des ambiances dans peu de jours.
Après un déjeuner toujours aussi délicieux que copieux nous retrouver dès 15h00 en salle de projection pour une conférence sur les éléphants de mer.
Susan Gallon, Docteur ayant travaillée plusieurs années à Glasgow nous fait une excellente présentation, sur les performances, le temps de séjour en milieu marin, les déplacements, la plongée, la capacité a trouver son alimentation de cet étrange animal. Toutes ces informations relayées par satellites au moyen d’instruments capteurs et autres antennes fixées sur l’animal non sans avoir auparavant présenté la méthode de capture de ces énormes animaux pouvant peser pour certains males la tonne voir plus.
17h00, toujours à la salle de Projection, Keen artiste plasticienne en art contemporain, a commencé sa conférence en présentant son parcours et autres péripéties lui ayant permis de se situer par rapport à « l’art moderne ». En présentant quelques une de ses œuvres, allant de la photo à la sculpture en passant par la marqueterie avec un détour par la céramique et le travail de la porcelaine elle a su captiver l’assistance qui pour une fois pouvait comprendre et interpréter la démarche d’une artiste. De l’étincelle révélatrice, à la définition de l’œuvre, du choix des matériaux jusqu’à la réalisation et l’aboutissement. Elle a terminé son exposé en nous expliquant sa recherche sur le son des fluides, vents et autres mouvements qu’elle est venue capter en ces lieux uniques et s’imprégner toutes ces émotions pour en exprimer une œuvre unique et exceptionnelle.
Encore un moment très fort où une incroyable quantité de choses on été exprimées qui nous ont profondément touchés.
Bravo, et un grand merci à tous les intervenants.
Apéritif et diner toujours aussi sympa. Michelle et Roger, sont conviés à la table du Commandant. Le hasard faisant bien les choses, au cours de leur conversation il s’est avéré que ce même Commandant a convoyé en 2001 l’expédition à laquelle leur fils avait participé et réussi l’ascension du Mont ROSS d’une altitude de 1850m.
Pour finir cette journée, petite soirée Cinéma avec le Film MISSION.
Robert L.

Samedi 13 Décembre 2014

Après un changement d’heure ayant décalé notre réveil d’autant, nous sommes toujours en train de naviguer sur une mer d’huile et bercé par une douce houle quelque peu capricieuse.
10h. Nous assistons à la projection d’un film réalisé par Scotto Production et autres organismes sur l’OP4-2013 soit pratiquement un an jour pour jour.
Rien à voir avec ce que nous avons vu hier, ce documentaire est beaucoup axé sur la vie et les démarches des hivernants et scientifiques faisant la rotation. Retour en arrière pour nous puisque nous avons revu la Base Alfred Faure de l’ile de la possession.
Petit casse pose avant le déjeuner.

Robert L.

Nous voguons, vers les cinquantièmes.
L’escale à l’île de la Possession, dans l’Archipel de Crozet, fût notre première approche de ces îles Australes.
La baie Américaine (BUS) est un endroit magique, terre aride façonnée par le vent, bienvenue chez les manchots et les éléphants de mer.
Assise sur la plage de sable noir, je regardais un petit groupe de manchots, l’un d’eux se tourna vers moi et vint à ma rencontre avec sa démarche chaloupée, ses ailes écartées comme un funambule, il étirait son cou dodelinait la tête, pointait son long bec, m’observait, comme un être venu d’ailleurs, sans la moindre peur.
Mercredi matin le Marion nous emmena vers pointe basse et la pointe aux moines ou la queue du dragon, c’est la découverte de la partie Ouest de l’île, nous ravitaillons une cabane par hélicoptère.
La base Alfred Faure dominant la baie du marin, petite cellule ou la vie s’organise, ces jeunes passionnés par leur mission au bout du monde, nous découvrons la vie des manchots, la collection d’insecte, l’étude des plantes, le travail du médecin, et les « Playmobiles », qui agitent les bras de couleur rouge et jaune et qui nous aident à sortir de l’hélicoptère. Tous sont polyvalents sur la base, heureux de nous faire partager leur quotidien.
Jeudi nous ramenions un groupe d’hivernant sur le pont, les adieux sont émouvant, la sirène du bateau signale le départ, port Alfred se perd dans la brume ; la mer est calme le ciel est bleu, à quelques miles de la Possession nous longeons l’île de l’Est, gros cailloux alignés surmontés de crêtes acérés et baignés par le soleil du soir. Ile inexplorée rarement ensoleillée, qui nourrit les rêves les plus fous des hivernants de la base Alfred Faure ; le moment est unique.
Ce soir les quarantièmes n’ont pas rugit les cinquantièmes hurleront ‘ils.

Marguerite M.

Dimanche 14 Décembre 2014

Comme prévu mais aussi grâce au réveil, nous nous extirpons de la couette dès 5h30 pour rejoindre la passerelle et admirer la fameuse Arche de Kerguelen.
Malgré un brouillard plutôt dense nous apercevons le site que notre Commandant tente d’approcher au maximum afin que nos photographes puissent optimiser leur travail malgré les conditions météo.
Petit déjeuner somptueux avec de très bons croissants au beurre humm……
Le MD reprend sa route pour se rendre en un lieu pour ravitailler une cabane et, pour se faire, se fraye un chemin dans un fjord assez étroit mais bordé de falaises d’où s’écoulent une multitude de cascades conséquence de la fonte des neiges que l’on aperçoit sur les hauteurs. Ambiance soutenue au niveau de la passerelle où notre sympathique Commandant, tel un chef d’orchestre nous dirige avec maestria dans se dédale de fjords. Côté météo, la chance nous sourit toujours car le temps, sans vraiment se dégager, nous offre quelques percées et arcs en ciel qui ravissent les amateurs de photos.
12h15 : Rappelés à l’ordre par l’éternelle annonce pour le déjeuner, nous nous installons pour un excellent déjeuner dominical, coquille Saint Jacques, suivi d’un rôti de bœuf pommes sautées délicieux. Le tout, toujours après le fromage de Belzebut, couronné par un soufflet au chocolat succulent. Bravo et Merci chef.

Robert L.

Comme prévu mais aussi grâce au réveil, nous nous extirpons de la couette dès 5h30 pour rejoindre la passerelle pour admirer la fameuse Arche de Kerguelen.
Malgré un brouillard plutôt dense nous apercevons le site que notre Commandant tente d’approcher au maximum afin que nos photographes puissent optimiser leur travail malgré les conditions météo.

Petit déjeuner somptueux avec de très bons croissants au beurre hum…
Le MD reprend sa route pour se rendre en un lieu pour ravitailler une cabane et, pour se faire, se fraye un chemin dans un fjord assez étroit mais bordé de falaises d’où s’écoulent une multitude de cascades conséquence de la fonte des neiges que l’on aperçoit sur les hauteurs. Ambiance soutenue au niveau de la passerelle où notre sympathique Commandant, tel un cher d’orchestre nous dirige avec maestria dans ce dédale de fjords. Côté météo, la chance nous sourit toujours car le temps, sans vraiment se dégager, nous offre quelques percées et arc en ciel qui ravissent les amateurs de photos.
12h15 : Rappelés à l’ordre par l’éternelle annonce pour le déjeuner, nous nous installons pour un excellent déjeuner dominical, coquille Saint Jacques, suivi d’un rôti de bœuf pommes sautées délicieux. Le tout, toujours après le fromage de Belzebut, couronné par un soufflet au chocolat succulent. Bravo et Merci chef.

Robert L.

Lundi 15 Décembre 2014

Après deux jours et demi et trois nuits de navigation sur ce MARION DUFRESNE adorant le roulis et le tangage que lui inflige dame nature et qui, vers 5h30 ce matin, commence a déchirer son grand voile de brouillard et de brume pour nous laisser entrevoir non pas l’Arc de Triomphe mais la Grande Arche des Kerguelen tout aussi triomphante.
Arche veillant sur un territoire immense où nous ne serons à tout jamais que des visiteurs émerveillés.

Roger S.

Aujourd’hui début d’une nouvelle aventure. Dès 8h30 nous sommes héliportés par notre fidèle Pascal toujours en deux rotations, la Cabane Laboureur où nous sommes accueillis par deux charmantes guides de la Réserve Naturelle Anna et Lucie. Transbordement des bagages par un chemin escarpé et découverte de notre cabane qui peut s’apparenter à un petit chalet de montagne si ce n’est qu’il n’y a pas d’eau, pas d’électricité, le retour aux sources, nous sommes enchantés. Prise de possession de nos couchettes, quatre par chambre et découverte du paysage qui s’étale à nos pieds.
Le cadre est magnifique, au bord de l’eau avec une vue sur quelques îles, difficile à décrire tellement c’est saisissant de beauté.

Petite tasse de thé et café avant le départ de notre excursion en un seul groupe ayant décidé que si certains veulent faire demi tour ou un tour plus court que celui prévu, il y aura toujours possibilité.
Nous avons encore une fois une chance extraordinaire, il fait un temps magnifique, pas trop de vent, soleil, ciel quasiment bleu. Nous faisons la halte pique-nique au niveau d’un petit col d’où nous pouvons admirer un panorama sublime.
Nous reprenons notre progression et redescendons vers notre cabane pour y parvenir aux alentours de 15h30.

Après une courte pause, nous décidons d’aller à la pêche à la truite et au ramassage des moules à la pelle. Pour ce qui est des moules c’est chose faite en quelques minutes. Pour les truites après quelques lancers à l’endroit où Anne avait cru voir une énorme truite qui n’était autre qu’un manchot papou entrain de s’ébrouer dans l’onde pure, la perte d’une cuillère a mis fin à notre tentative. Pour sa part Jérôme s’est mis en caleçon pour tenter que récupérer l’outil mais réalisant la profondeur a rapidement fait demi tour.
Retour à la Cabane vers 17h et là, sous nos yeux ébahis, Jérôme en maillot de bain ne fait ni une ni deux et plonge dans l’eau glacée sans sourciller, s’ébattant tel un phoque sur le dos plongeant même entièrement.

Dès notre arrivée, Roger s’affaire dans le nettoyage des moules que nous avons ramenées pour le dîner pendant que Catherine et Michelle préparent les ingrédients, persil, oignons etc… Très bonne ambiance.
17h30, Contact radio avec la Base qui nous donne également le point météo pour demain à savoir, vent, ondées passagères, ciel couvert. Michelle va devoir redoubler d’énergie dans ses prières pour arranger tout cela.
18h30, nous passons à table où nous découvrons le menu qui nous a été envoyé par la cuisine du MD, salade de fruits de mer, bœuf créole haricots vert. L’oubli du pain contrarie quelque peu pour les inconditionnels du fromage mais sans gravité.
Petite atmosphère bougies, avant de rejoindre nos couchettes pour une bonne nuit réparatrice, le réveil pour le rangement et le nettoyage de la Cabane étant prévu pour 6h.

Robert L.

Mardi 16 décembre 2014

Proche de cette terre de l‘éternel, sous la main ferme du Commandant, le MARION DUFRESNE pénètre dans les baies et fjords où la côte nous offre un merveilleux spectacle de dentelles.
Puis Pascal et son hélico nous fais contempler de là haut le paysage aride fait de roches et de lacs splendides ; il nous dépose près de la cabane Laboureur où un accueil charmant nous est fait par Anna et Lise.

En d’autres temps et lieux, Yves Montand nous chantait « Les feuilles mortes » ici ce sont les moules qui se ramassent à la pelle ; à la manœuvre, Robert bien sur.
Le ton est donné, le souper très animé puis chacun trouve son nid.
C’est alors une étrange mélodie qui s’élève que le meilleur musicien ne saurait composer. Demain la journée va être rude.
Midi au soleil sur la terrasse de la cabane Jacky ; discussion sur les effets de la souille dont a été victime Michelle, pensant sans doute aux bains de boue de sa cure thermale. Mais non c’est dans la souille qu’elle se trouve enlisée jusqu’au genou ; vite la troupe vole à son secours et débrouille l’embrouille… ouf.

Roger S.

Réveil quelque peu délicat pour certains, Anne pour sa part a du mal à s’extirper de son duvet et de son installation nocturne. Certains ont eu du mal à trouver le sommeil du fait de quelques sérieux ronfleurs. Philippe nous avait prévenu et avait même conseillé les boules QUIES. Bref globalement tout s’est bien passé et c’est sous un ciel gris et quelques gouttes de pluie que nous rejoignons l’aire d’atterrissage de l’hélico qui doit nous amener dans une deuxième Cabane du nom de Jacky. Après une dizaine minutes de vol nous atteignons la dite cabane où Pascal nous dépose quasiment sur la terrasse avec toute la maestria que nous lui connaissons maintenant. Lise et Anna continuent vers la base tandis que nous sommes par deux autres agents de la Réserve Naturelle : Julie et Baudoin. Toujours aussi sympa et attentifs, nous sommes accueillis par un deuxième petit déjeuner avec pain et viennoiserie, la classe. Deux skuas assistent à nos ripailles.
Deux options nous sont offertes, pêche ou petite marche à la découverte de l’entrée d’une superbe vallée à deux heures de marches aller et retour.

L’option pêche est retenue par Anne, Michelle, Marguerite et moi même et nous voilà partis direction la petite rivière qui déboule en torrents et cascades encore un lieu absolument féérique. Le matériel de pêche dont dispose Baudoin est tout a fait d’un autre calibre, sans pour autant nous permettre de prendre de grosses pièces, nous nous sommes limitées à deux petites choses que nous avons bien évidemment rejetées à l’eau. Sans regret car la balade était superbe ayant permis même à Michelle de tester une souille, sorte de mousse mouvante dans laquelle elle s’est enfoncée jusqu’au genou et d’où nous avons eu quelques difficultés à l’en retirer tellement elle riait.
Retour à la cabane pour le déjeuner que nous prenons sous un soleil radieux à l’abri du vent, Michelle a été exhaussée.
Vu le temps et à l’unanimité la décision de rentrer à pied jusqu’à la base a été approuvée. L’hélicoptère annulé plus moyen de faire machine arrière.
Nous prenons joyeusement et vaillamment la route de la Base de PORT AUX FRANÇAIS. Le vent modéré nous est favorable et après avoir traversé des zones de pierrailles, de terrains humides pouvant dissimuler des souilles, nous rejoignons la côte où nous croisons éléphants de mer, manchot et autres oiseaux. Un petit crochet à la Chapelle de Notre Dame des Vents, sa statue face à la mer est effectivement battue par le vent, nous avons tôt fait de comprendre pourquoi elle avant été baptisée ainsi.

Nous retrouvons avec joie notre ami Philippe quelque peu fatigué par les activités liées à la relève des hivernants. Conduits à l’héliport nous sommes rapatriés quelque peu frigorifiés mais heureux d’avoir vécu encore une fois une expérience unique.
Nous retrouvons nos esprits après une douche brulante et réparatrice avant de nous installer au Bar avec Vincent le chef d’expédition, Pascal et Yoann et l’équipe du bord dans un calme exceptionnel. Le Barman se prépare au rush de demain soir quand tout le monde aura rejoint le bord pour faire route sur Port Jeanne d’Arc et Saint Paul puis Amsterdam.
Chose exceptionnelle, Roger, Marguerite, Anne Jérôme et moi même après quelques parties de baby foot où même Anne s’est prise au jeu. L’excitation et quelques gorgées de potions magiques ont inspiré à notre ami Roger de quelques envolées poétiques et notamment « Si Brel avait connu Kerguelen il n’aurait jamais écrit Dans le Port d’Amsterdam » Jérôme n’est pas en en reste grosse rigolade. Nous faisons la fermeture et regagnons joyeusement nos cabines.

Robert L.

Mercredi 17 Décembre 2014

Tiré de mes douces rêveries par un réveil dès 6h30, nous nous apprêtons à passer une journée sur la base de PORT AUX FRANÇAIS.

Dès 8h30, nous rejoignons l’héliport et arrivons quelques minutes après accueillis par Philippe, toujours souriant malgré ses nombreuses activités nocturnes.
Nous commençons par la visite de la serre, pour nous réchauffer mais aussi lieu de loisir pour les hivernants, terrain de boules, bar, chaises longues bref un excellent lieu de détente. Nous nous rendons ensuite à la coopérative pour quelques achats pour certains et sommes reçus par le Chef de District dans sa résidence. Un moment fort, chargé d’émotion traduisant la passion et l’enthousiasme d’un homme réalisant un rêve d’enfance dans toute sa dimension. Nous retrouvons les mêmes motivations et la même démarche que celle d’Alain RICCI chef de district de Crozet que nous avions rencontré. La visite de la Base se poursuit par la Maison de la Réserve Naturelle, tout nouvellement installée et croisons Antoine qui nous fait un exposé succinct qui rejoint celui que nous avions eu à bord du MD.

Déjeuner buffet assis, plus que somptueux arrosé à l’eau de source suivi d’un arrêt au Bar jusqu’à 14h, heure à laquelle nous sommes conviés à la visite du Bio Mar où chose extraordinaire pour nous pauvres profanes, nous rencontrons un plus que passionné Marc, un Canadien de Montréal qui a consacré ses études au placenta humain et au système immunitaire de la moule.
Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, Marc à su en quelques minutes nous faire partager sa passion et nous informer des perspectives et des apports que ces études peuvent apporter à la science. La séance de vivisection de la moule se rapprochait plus à une dégustation qu’à une recherche approfondie de la morphologie de la moule. Encore une fois, un grand moment de découverte d’un univers fabuleux.
La visite suivante nous conduit au Centre Météo France où non content d’avoir une explication parfaitement adaptée à nos piètres connaissances, nous avons assisté au lancement d’un ballon sonde gonflé à l’hélium équipé d’un émetteur transmettant toutes les données scientifiques jusqu’à une hauteur de 30 000 mètres. Sur écran nous suivons l’évolution de l’appareil, avant l’arrivée précipitée de notre Philippe qui nous informe du départ avancé de notre retour sur MD.

C’est le moment des au revoir, nous croisons Caro et Gilles, spécialistes des rennes ainsi que notre Jérôme pâtissier, qui vient pour son troisième hivernage. Un garçon très attachant comme tous les membres de cette merveilleuse épopée.
Retour à bord où je m’empresse de rattraper le retard prit sur mon journal en rédigeant les dernières 72 heures.
Jacques nous invite à rejoindre les tables pour le deuxième service où nous rencontrons des nouveaux arrivants et notamment en la personne de Jean Pierre, un biologiste, océanographe et plongeur de surcroît avec lequel nous partageons un très agréable moment d’autant plus que nous nous trouvons des origines territoriales similaires le Languedoc. Nous sommes rejoins par une des ses équipiers originaire de Banyuls. Encore un grand moment.
En prévision d’un réveil plus que matinal du fait que nous rejoignons Port Jeanne d’Arc, par une voie aux multiples panoramas, nous rejoignons notre cabine pour un dodo réparateur.

Robert L.

Jeudi 18 décembre 2014

Récapitulons :
Arrivée par l’arche que nous apercevons à travers la brume : vision conforme à l’idée qu’on se fait du climat dans les 50èmes hurlants.
De nombreux oiseaux volent autour du bateau dans un incessant ballet : pétrels géants, cormorans, damiers du cap, pétrels, prions…

Un arc en ciel apporte un peu de couleurs sur la mer grise.
La fin de cette première journée réserve une surprise : vue sur le Mont Ross avec en prime un coucher de soleil coloré.

Le lendemain nous partons en hélico pour dormir à la cabane Laboureur. Le cadre est magnifique. Nous montons un peu pour découvrir les superbes paysages de lacs et montagnes qui paraissent très hautes alors qu’elles ne dépassent pas 1000m. Le soleil est bien présent mais aussi le vent violent en altitude.
Le soir pêche aux moules, visite de manchots papous et d’un « bonbon », jeune éléphant de mer aux grands yeux ronds et au regard expressif et doux sous ses longs cils.

Le matin suivant l’hélico nous transfère à la cabane Jacky où certains marchent vers l’entrée de la vallée Studer pendant que les autres vont pêcher dans la rivière du Sud. Là aussi le soleil bien présent nous permet de pique-niquer devant la cabane avant de rentrer à la base en traversant des plateaux rocailleux et désertiques ou en marchant sur des tapis d’acaena et de mousses. Nous passons la nuit sur le Marion.

Le dernier jour à Kerguelen est consacré à la visite du village phoquier de Port Jeanne d’arc. J’apprécie le trajet en bateau au lever du jour à travers un chapelet d’îles : c’est magnifique, peu de soleil mais des éclairages superbes sur les nuages et les falaises vertes qui tombent dans la mer. Le trajet du retour vers la base se fait sous le soleil et nous montre sous un autre aspect ce que nous avions vu le matin dans les nuages. Seul regret : le Mont Ross est resté dans les nuages.

Je garderai de Kerguelen le souvenir de la brume et du soleil, des merveilleux nuages aux formes sans cesse changeantes, de la lumière, du vent…

Véronique V.

Jeudi 18 Décembre 2014

Nuit quelque peu agitée du fait qu’Anne a décidé de voir dès l’aurore de la passerelle le voyage en direction de Port Jeanne d’ Arc, notre prochaine destination.
Haut lieu de la pêche à la baleine, développée par les frères Bossière, dont le père dernier armateur de baleinier avait obtenu la concession à la fin du 19ème siècle.
Pour ce faire ils firent appel à des Norvégiens qui installèrent cette unité de dépeçage et de récupération de l’huile très rapidement suivie par celui des éléphants de mer.
Les vestiges des installations entièrement pré-fabriquées importée en kit et remontée non sans avoir auparavant été transbordée du ou des bateaux témoignent d’une extraordinaire organisation. Le choix du site pour l’accessibilité, les besoins en eau, la topographie du terrain tout a été scrupuleusement pensé et analysé. De plus tout le système de production d’énergie à l’aide de machine à vapeur pour le fonctionnement des treuils, hachoirs, machines outils, tours et autres, encore visible aujourd’hui, témoignent de la performance de la technologie de l’époque et de la volonté de ces pionniers hors du commun.

Grâce aux informations avisées de Luc agent de la Réserve Naturelle, nous faisons une visite fort intéressante avec anecdotes et estimations des évènements qui se sont déroulés en ses lieux avec le contraste entre ces installations devant générer des odeurs et pollutions et la conceptions des locaux d’habitation construits avec des matériaux originaux et dans la pure tradition Norvégienne.
La réhabilitation en cours permet de mieux comprendre quelle était la vie de ces gens qui durant une vingtaine d’années ont assuré le bon fonctionnement de cette usine.
Après un frugal déjeuner composé d’un sandwich et de fruits, nous prenons la direction de la rivière et remontons jusqu’à une superbe cascade d’où l’on peut admirer encore un autre magnifique panorama. Jérôme de son côté ne peut résister au plaisir de prendre un bain dans le bassin sous la cascade.

Nous retournons vers le hameau usine ravi de notre petite escapade et rentrons à bord toujours grâce aux bons soins de Pascal, pendant qu’une autre partie dont Philippe brave les éléments avec le Zodiac du bord.

L’air est vif mais le temps est très beau, soleil radieux Michelle a été exhaussée.
14h30, nous faisons route vers PORT AUX FRANÇAIS, pour déposer Nina, quelques membres du IPEV avant de prendre la direction des îles Saint Paul et Amsterdam.
Cheminant sur des fjords, c’est un défilement de sites les uns plus beaux que les autres dont tout le monde se délecte installé de la proue au pont en passant par la passerelle pour les plus frileux car, si le soleil est radieux et le ciel bleu, une bonne bise d’une trentaine de nœud vient tout de même chatouiller les oreilles.
Nous arrivons vers 17h. Pascal reprend sa ronde pour les transferts bateau base des différents personnel.
La passerelle est bondée d’hivernants en partance qui, jusqu’au dernier moment, vont garder le contact VHF avec leurs amis restés à terre. Moment de joie et de grande émotion ponctué par la sirène MARION DUFRESNE pour un ultime au revoir.
Il faut souligner la gentillesse du Commandant et de ses Officiers qui stoïques au milieu de tout brouhaha exécutent les manœuvres pour l’appareillage.
Chance supplémentaire, toujours de la passerelle nous assistions à un magnifique coucher de soleil en conclusion d’une journée encore une fois exceptionnelle.
Dîner, en compagnie des scientifiques californiens, arrosé d’un bon Bordeaux Côte de Blaye de Frère Jacques, que nous avons terminé à la passerelle avec l’autorisation du Commandant à la condition de ne pas en offrir à l’officier de quart.

Robert L.

Vendredi 19 Décembre 2014

Réveillés par une houle un peu plus formée, le MD vogue fièrement vers Saint Paul à son allure habituelle et nous berce du ron ron de ses moteurs. Que c’est dur de s’extirper de sa couette.
Après s’être fait violence en s’infligeant une de séance de bicyclette, nous sommes dès 10h en salle de conférence pour un reportage sur le langage des manchots.
Un exposé extrêmement clair avec à l’appui photos films notamment de la manchotière de Crozet que nous avons revu avec plaisir. Encore une fois le sujet est passionnant et l’on réalise l’évolution et la performance des travaux facilités par l’arrivée de l’informatique.
Farniente jusqu’au Déjeuner, extra.
Une deuxième conférence nous est proposée à 16h par Paco Bustamante portant sur l’évolution de l’intoxication à travers de la chaîne alimentaire de la faune marine et des oiseaux marins par le mercure, les pesticides et autres polluants.
Malgré les efforts déployés par notre sympathique intervenant, le suivi de la lecture des différents graphiques et tableaux nous a paru quelques peu complexes à l’exception bien sur, de quelques scientifiques, qui ont posé des questions auxquelles nous n’avons guère compris grand chose. Merci pour tous vos efforts car c’est tout de même rassurant de savoir qu’il y a des personnes qui consacrent autant d’énergies pour suivre l’évolution de l’état de santé de notre bonne vieille terre.
Nous nous retrouvons pour la troisième de la journée en salle de conférence pour la projection de courts métrages réalisés par des hivernants.
Un concours inter îles est même organisé dont les règles sont de réaliser sous 48 heures un film à partir de mots ou d’expressions.
Le résultat est pour le moins surprenant quand on découvre la qualité tant des scenarios que dans le performance des acteurs, la réalisation, le montage, la musique etc…Bluffant et encore bravo.
Nous nous rendons directement au Bar où Marguerite nous a très aimablement conviés à un apéritif auxquels se joignent Sébastien, Vincent, Lucie et Marion. Toujours aussi pétillant, comme le champagne qui nous est servi, Sébastien ne peut se retenir de dire un petit mot avec l’humour que nous lui connaissons.
Encore sous l’influence de la magie des sites visités, de la déjà longue route parcourue et du bien être que nous ressentons, le terme de V.T.E. Voyageurs des Terres Extrêmes, nous semble unanimement beaucoup plus approprié que celui de touristes.
Nous sommes également pêcheurs pour preuve, nous dégustons avec plaisir les moules que nous avions pêché à Laboureur dans une ambiance de joie et de bonne humeur.
Dîner en excellente compagnie, fin de soirée relax où l’on retrouve le bercement d’une paisible houle accompagnée, par le doux ron ron des moteurs.

Robert L.

Samedi 20 décembre 2014

Deux tiers du chemin parcouru, mer, montagne, cascades, déserts, vestiges du passé, hélico ; ce n’est plus du tourisme ; aussi, tout comme les meilleurs ouvriers de France ont droit au titre de compagnons, nous avons aussi gagné le titre de « Compagnons des Terres Australes ».

Roger S.

Dimanche 21 Décembre 2014

L’arrivée aux abords de l’île Saint-Paul nous sort de notre douce torpeur vers 6h00. Les opérations prévues ont déjà commencé depuis fort longtemps à en juger par la vedette que nous apercevons face à la passe du lac formé par le cratère. Le plafond est relativement dégagé ce qui nous permet d’espérer pour le survol en hélicoptère qui nous a été gentiment proposé par Vincent et Sébastien que je remercie vivement au passage.

Petit tour sur la passerelle en tenue d’été et même à l’extérieur où règne une douce température qui permet d’apprécier encore mieux le magnifique panorama
Dès 7h00, petit déjeuner au cours duquel Philippe nous informe du décollage imminent pour notre tour d’hélico.
Une quinzaine de minutes suffisent pour faire le tour de cette minuscule île de 8 Km², qui de par sa forme peut faire penser à un bijou genre pendentif ou boucle d’oreille. Ce n’est pas une hallucination et qui plus est, je suis à jeun.
Superbe survol avec la maestria de Pascal qui nous fait apprécier doublement ce moment. Merci encore.

Retour à bord, nouveau regard sur cette petite île mystérieuse aux souvenirs tragiques et, escortés par quelques otaries et Gorfou sauteurs nous faisons route direction Amsterdam comme prévu à 8h30.
Nous profitons du beau temps, installés sur le pont extérieur au niveau de la passerelle. La mer agitée d’une douce houle nous promène doucement.
Nous mettons la dernière main à la préparation de nos sacs en vue de l’excursion et de la nuit en cabane sur l’île d’Amsterdam.
Le déjeuner terminé, nous nous harnachons suivant les recommandations de Philippe. C’était sans compter sur les caprices de Dame Nature car subitement la brume s’est abattue rendant tout décollage impossible. Michelle n’a pas suffisamment prié Notre Dame Météo car cette fois ci c’est la purée de pois.
Vers 15h. il nous est confirmé que le programme initialement prévu est annulé.
Grosse paresse dans la cabine, finalement c’est pas mal non plus.
Rendez-vous est pris pour un nouveau Bio Apéro avec le groupe au cours duquel Philippe nous confirme le départ pour Amsterdam dès 6h15 demain matin.
Petite soirée cinéma avec la projection du film de Mike Horn, récit de son tour du monde au niveau de l’équateur par bateau, à pied, en pirogue et en bicyclette… ouf un vrai malade. C’est sur ces exploits que nous nous réfugions dans les bras de Morphée.

Robert L.

Sur le pont à 4h30 du matin, après 2 jours de mer, les contours de St Paul se dessinent avec un léger brouillard sur son sommet ; nous apercevons les lumières d’un bateau, c’est le langoustier « l’Austral » ; AAAAh le plat de langouste dont nous rêvons.

Nous mouillons devant l’entrée de ce volcan immergé ; 5 personnes débarquerons à la recherche de quelques vestiges de la langousterie et des « oubliés de St Paul », ces marins de Concarneau dont une femme enceinte qui devaient rester 3 mois et qui en passèrent 7, une histoire touchante qui mérite d’être connue et reconnue.

6h la brume s’estompe, le soleil est levé nous attendons dans la coursive le moment où nous pourrons survoler cette île magique. A peine fini les trois tours d’hélicoptère, que les nuages recouvrent St Paul, nous partons vers Amsterdam que nous avions deviné à l’horizon. A 13h nous sommes devant la base Martin de Vivies, nous ne voyons rien tellement la brume est épaisse, nous ne pourrons débarquer aujourd’hui.

Marguerite M.

Arrivée à St Paul dans la brume. Une courte éclaircie nous permet d’effectuer le survol de l’île dont nous pouvons admirer la caldeira, les hautes falaises rouges. Une de ses côtes rappelle la découpe de la côte ouest de la France.

Véronique V.

Lundi 22 Décembre 2014

Déception l’après-midi : l’hélico ne peux pas nous déposer sur la base car le plafond de nuages est trop bas.
Nous nous couchons en espérant que cela sera possible demain vers 6 h. Nous ne dormirons pas en cabane ce soir mais en cabine sur le Marion.
A 7h nous sommes sur la base pour prendre le petit déjeuner. Nous partons sous la pluie pour aller à la pointe Bénédicte en traversant des « champs d’otaries » parfois agressives. Puis nous montons au cratère Antonelli dans la brume. Nous le devinons à peine et redescendons sous la pluie…

Un buffet langoustes somptueux nous réconforte après notre randonnée sous la pluie.
Nous dormons le soir à la cabane Ribaud qui surplombe une crique qui abrite une colonie d’otarie. Je peux observer les premiers pas d’un pup qui vient tout juste de naître et qui ne parvient pas à monter rejoindre sa mère. La nuit tombe, l’apéro m’appelle, suivi d’un carry langoustes aux chandelles (je verrais le lendemain que le pup a rejoint sa mère et qu’il tête).
Et dire que c’est l’île la plus chaude et le plus ensoleillée de notre voyage !!!
Dans le port d’Amsterdam,
y’à des otaries qui gueulent.
Qui gueulent encore et encore
sous l’crachin d’Amsterdam…

Véronique V.

Un créneau, ce matin nous pourrons fouler le sol d’Amsterdam. Accueil par le disams et les playmobils à l’arrivée de l’hélicoptère, nous enchaînons, un programme chargé avec pluie et brouillard direction pointe Bénédicte (là où se trouve les appareils de mesure de l’air, le plus pur du monde) en passant sur le territoire des otaries, certaines ne sont pas contente et nous pointons nos bâtons, nous ne voulons pas nous faire mordre comme Philippe, notre gentil GO, il y à un an.

De pointe Bénédicte nous nous dirigeons vers le cratère Antonelli, toujours dans la purée de pois, il y a des marguerites, des roses, des géraniums, de la cabane nous distinguons le fond du cratère. De retour à la base pour déjeuner, un magnifique buffet nous attends, pyramide de langoustes et plats de toute sorte bien décoré et appétissant.
L’après-midi nous découvrons la base et les otaries que nous prenons le temps d’observer, c’est la saison où les pups naissent, les harems sont formés et c’est très amusant de voir le mâle surveillant ses femelles. Gare à l’imprudent qui désire faire trempette dans la mer et qui passe sur son territoire.
Quelques minutes de repos à la « vie com » nous avons eu à peine le temps de nous sécher que nous repartons pour la cabane Ribault, à une demi-heure de marche avec nos sacs à dos, la nuit va tomber la brume ne s’est pas levée et la silhouette des marcheurs que nous sommes, à des allures fantomatique ; nous n’avons pas emprunté le chemin habituel car les otaries sont nombreuses et agressives.

Trempés mais heureux d’être arrivés, nous n’avons pas le temps de nous installer car les cris et aboiements des otaries, sur les rochers, retiens notre attention et nos regards, des bébés otaries ( pups ) naissent sous nos yeux .

Marguerite M.

5h15, nous sommes sortis de notre torpeur par le son éraillé d’un klaxon de vieux tacot qui n’est n’est autre que notre réveil.
A la hâte, nous nous préparons à affronter les éléments et partir à la conquête de l’Île d’Amsterdam. Le décollage est prévu à 6h15, nous rejoignons le sas de l’héliport où sont déjà installés les membres de notre groupe et surtout en première ligne Bip Bip et Ben dom dans les starkings blocs pour ne surtout pas rater la première rotation.
Trois minutes de vol suffisent à Pascal pour nous déposer sur la Base encore enveloppée d’un presque brouillard.
Conduits à la Salle Commune, nous sommes accueillis par le Chef de District qui nous fait un discours de bienvenue avant de nous inviter à prendre un petit déjeuner.
Une longue journée commence, dès 8h30 nous prenons, sous un petit crachin et non sans avoir auparavant traversé un parterre de otaries quelques peu belliqueuses, la route de la station de pompage d’air située à une petite heure de marche de la base.
Visite et commentaires des deux techniciens en charge de la station. Le travail consiste à analyser la teneur en CO² et Mercure dans l’air considérant que, du fait de son isolement, Amsterdam est l’île la mieux appropriée pour effectuer ce type de contrôle.
Toujours malheureusement dans le brouillard bruinant nous continuons notre périple direction la Cabane Antonelli. Un vrai petit bijou que malheureusement nous ne pouvons apprécier à sa juste valeur du fait que nous distinguons à peine le cratère au bord duquel elle est installée.

Quel dommage mais dame nature a toujours le dernier mot. Sur le chemin du retour pour pouvons distinguer de magnifiques parterres de marguerites en fleurs, de fougères à trous, nous laissant imaginer ce que doit être cette île sous le soleil.

De retour à la Salle Commune, un somptueux buffet froid nous attend, montagne de langoustes, carpaccio de fausse morue, charcuteries, crudités, viandes froides fromages et desserts waouh !!! Tout est parfait.

Philippe nous invite à le rejoindre à 14h pour une visite de la Base. Nous commençons par la coopérative où nous recevons un très sympathique accueil.
C’est là que nous découvrons une cave bien achalandée où nous aurions pu trouver notre bonheur pour accompagner notre, encore une fois, somptueux déjeuner. Nous nous rendons ensuite à l’agence postale, excellent accueil également. Philippe nous invite à visiter la caserne des pompiers et nous fait une parfaite démonstration avec essais de casques, explications des diverses lances tuyaux et techniques de lutte contre le feu pour finalement nous avouer qu’il a été pompier volontaire une bonne douzaine d’années durant. Un Grand Bravo.

Sous un préau à l’abri de la pluie qui commence à se préciser, une hivernante, spécialiste des otaries nous invite à la suivre pour voir quelques spécimens et notamment la mare aux éléphants de mer. Arrivés sur le premier site, la pluie redoublant, nous décidons de nous rabattre vers la Salle Commune laissant le reste du groupe.

Qu’il est bon de se retrouver au sec et de déguster un bon café bien chaud. Nous retrouvons quelques rescapés qui, comme nous, attendent de meilleures conditions météo.
En attendant le départ pour la Cabane Ribault, prévu vers 18h, confortablement installée dans la salle de cinéma et rejoins par le reste du groupe complètement trempés, Nelly nous diffuse un excellent documentaire sur la pêche à la langouste et à la légine. Petit mouvement d’humeur de Bip Bip et Ben dom du fait de la soi-disant disparition d’un appareil photo. Tout rendre dans l’ordre quelques instants après.
Accompagnés d’Arnaud et Mathilde nous prenons la route de la Cabane Ribault que nous atteignons sans grande difficulté, sauf les derniers mètres de descente à l’arrivée, après une quarantaine de minutes de marche.
Par chance la pluie a cessé et là nous sommes tous scotchés par la beauté du lieu. De sur un promontoire dominant la mer, juste au dessous de nous nous pouvons observer une colonie de otaries dont certaines viennent juste de mettre bas. Accompagnées par les cris de petits semblables à ceux des petits agneaux, nous restons tous là un long moment, complètement sous le charme.

Sortis de notre contemplation, nous organisons notre bivouac pour la nuit. Aucune réaction, nous sommes tous dans la même pièce qui tient lieu également de salle à manger.
Après un apéritif, ti punch, sangria d’Amsterdam, plus quelques gorgées de ma potion magique pour animer un peu l’atmosphère un très bon dîner avec entrée, carry de langouste, dessert, le tout arrosé d’un chinon rouge bien apprécié.
Certains fourbus par cette longue journée se vautrent dans leur lit dès la fin du dîner tandis que Roger, Jérôme, nos deux accompagnateurs et moi même devisons gaiement en finissant tranquillement les bouteilles.
Une façon pour nous de nous associer à la fête qui se déroule à la base pour fêter deux anniversaires dont celui de Yoann notre rugbyman et le départ des hivernants en fin de mission.

Robert L.

Nous naviguons vers Amsterdam, pas le Port bien sûr mais l’île australe que Jacques Brel n’aurait pas chanté s’il avant connu les Îles Kerguelen.
Au passage, l’île Saint Paul très restrictive, nous permet son survol. C’est alors que nous découvrons les couleurs étonnantes de ce grand bol à moitié plein qu’est son cratère formé il y a 100 000 ans.
Nous atteignons enfin Amsterdam, le chant des sirènes ? Non, pardon je rêve. Ce sont les otaries nous regardant d’un air si doux avec leurs grands yeux noirs qui nous accueillent le soir à la Cabane Ribault.
Peu après le coucher ce n’est plus cette douce mélodie mais les roulements de tambours et cuivres de la fanfare de la Garde Républicaine qui nous donnent une aubade… Quelle nuit !!!!!

Roger et Michelle S.

Mardi 23 décembre 2014

Ce matin levé à 4h, nous devons rejoindre la base et embarquer sur le Marion ; la nuit fut courte bercé, en bruit de fond par le « chant » des otaries que dominait la sérénade des dormeurs.
Nous regagnons la base puis le bateau, une bonne douche chaude et au sec. Il fallait bien connaître quelques moments plus difficiles et avoir du mauvais temps. En route pour l’île Maurice le voyage touche à sa fin, la chaleur revient, je range les pulls, les chaussettes, vive les tee shirts et les tongs.

Marguerite M.

Tous les records de réveil sont battus puisque c’est à 4h15 que nous sommes invités à nous préparer pour prendre le chemin du retour à la base.
Belle surprise matinale, nous avons une visiteuse dans le jardin en la personne de Mademoiselle Otarie barrant l’accès à la porte d’entrée.
C’est donc vers 5h que la colonne s’ébranle, Bip bip affolée ne retrouve pas ses bâtons ; nous nous étions simplement trompés et comme toujours très aimablement, elle nous a invité à les lui rendre.
Nous quittons la Cabane Ribault pour rejoindre la Base quarante minutes plus tard.
Tout le monde est déjà réveillé, certains fêtards n’ont même pas dormis à en juger par leurs petits yeux et l’ambiance de la fête est encore palpable.
A peine installés pour le petit déjeuner, nous sommes invités à rejoindre l’aire de départ étant les premiers désignés pour rejoindre le bateau. Bip bip et Ben dom sont en première ligne pour enfiler les brassières de sécurité et se précipiter dans l’hélico.
Comme à l’aller trois minutes suffisent à notre fidèle Pascal pour nous déposer sur le MD que nous retrouvons toujours avec le même plaisir.
Ouf au sec, nous sommes imbibés de cette humidité pénétrante. Le salut est dans la sieste, ce que nous ferons pratiquement toute la journée.
Après le déjeuner, nous visualisons le film de François le fils de Michelle et Roger sur la traversée de la Cordillère des Andes au niveau du mont Darwin.
Expédition de 30 jours sans assistance en complète autarcie. Comme toutes les expéditions extrêmes un film fort en suspense et émotion. Roger m’a simplement dit que les rushs étaient du même niveau, on peut l’imaginer aisément. Encore une fois chapeau à ces passionnés de l’extrême qui pour moi ne sont autre que des extra terrestres.
Après un petit dîner calme et tranquille nous nous réfugions dans le calme de la passerelle pour déguster quelques gorgées de ma potion magique.
Pas de cinéma, gros dodo bien mérité.

Robert L.

Mercredi 24 décembre 2014

C’est l’agitation sur le bateau ce soir c’est Noël, les cuisines sont en effervescence depuis 2 jours. Menu de ce soir BUFFET DE NOËL, nous n’en saurons pas plus. Nous avons tous fait un effort pour nos tenues, l’apéritif et le buffet sont somptueux, les inévitables langoustes d’Amsterdam, le foie gras et la bûche glacée ; à 9h le père Noël arrive avec la mère Noël, la distribution des cadeaux peu commencer, avec surprise c’est mon nom qui est en tête de liste, j’ai du être très sage cette année pour avoir cet honneur. La soirée s’éternise dans la bonne humeur, tous conscients de passer un Noël exceptionnel, sur ce bateau unique, au milieu de l’océan Indien.

Marguerite M.

Merveille, pas de programme si ce n’est la soirée, car c’est Noël et je suis impatient de voir ce que les enfants nous ont préparé.
Matinée de farniente pour certains, sport pour d’autres, je dois dire que les coursives sont plutôt calmes. Il faut dire que la deuxième édition Anniversaire de Yoann a eu lieu à bord hier soir.
Philippe, toujours aussi gentil, nous invite à voir un film réalisé en terre Adélie en 2005 par un hivernant. Très bien conçu il décrit parfaitement l’atmosphère de la base dans, là aussi, des conditions extrêmes. C’est tellement réaliste que l’on ressent la fraîcheur dans la salle de projection.
Nous sommes conviés à déjeuner par notre fidèle Frère Jacques et rejoignons le salon où nous partageons un excellent moment avec deux des enfants du groupe scolaire et Thibaud, formateur de contrôleur de pêche à bord des bateaux. Quoique quelque peu fatigué il nous parle avec passion de son métier. Encore un excellent moment de partage.
15h en salle de projection, les enfants et leurs deux accompagnatrices nous convient à la présentation de toutes les initiatives et manifestations mises en place dans le cadre de partenariat d’échange avec les divers districts Crozet, Kerguelen, Amsterdam et Terre Adélie. Avec beaucoup d’humour nous avons eu droit à deux émissions du JT des Givrés, remarquable par les qualités de ces comédiens, scénaristes, et metteurs en scène en herbe. Grosse impression par l’organisation du Cross où chaque district était représenté et le clou c’est le rassemblement de mille enfants tous déguisés en manchots, les costumes réalisés par les enfants, pour accueillir le Préfet des TAAF, son Directeur de Cabinet que l’on entrevoit dans le film, complètement bluffé. Nous apprendrons également que le Chef de District anciennement principal du Collège, que nous avons rencontré à Kerguelen non content d’’être l’initiateur du projet, à travers son rêve d’enfance vivre dans les terres australes et antarctiques, était également de la partie. Un grand bravo à Dominique et Monique pour la démarche et l’énergie pour la réalisation de cette opération.
18h30, nous sommes invités à un cocktail offert par Vincent chef des Opérations. Beaucoup d’effervescence règne autour de la mise en place du Buffet. Un excellent planteur nous est proposé avec en accompagnement une multitude de snacks, samossas, bouchons, canapés.
Les enfants, sous la direction d’un jeune stagiaire du bateau, nous proposent un programme de chants de Noël accompagnés à la guitare par un hivernant de Crozet et notre ami Etienne qui a troqué sa blouse de médecin contre un accordéon. Reprise en cœur du public, un très bon moment très fort en émotion en particulier pour ceux qui vivent cette soirée si particulière séparés des êtres qui leur sont chers.

Félicitation à tous les enfants qui avaient également fabriqués la Crèche et installés Père Noël gonflable et sapin.
Dans la foulée les membres de l’équipage d’origine Malgache nous ont chanté des chants de Noël ; remarquable démonstration a capella, superbement interprétés.

Grosse ambiance à l’arrivée des vrais Père et Mère Noël qui dans un brouhaha général distribuent à chaque passager un cadeau sous les applaudissements du public en scandant le nom de chaque nominé.
Sans faillir à ce qui est maintenant une tradition, Frère Jacques nous demande de nous approcher du somptueux buffet qui a été dressé d’une main de maître. Langoustes, foie gras, saumon, et tout et tout, un vrai grand Dîner de Noël.
La soirée se poursuit, le champagne coule abondamment suivi de quelques autres divers breuvages faisant monter de quelques crans l’ambiance déjà bien établie. Tout le monde est radieux, heureux, la piste de danse est envahie une queue leu leu s’improvise. Une très belle fête tout aussi exceptionnelle que tout ce que nous avons vécu tous ces derniers jours.

C’est à une heure avancée de la nuit que nous rejoignons, quelques peu fourbus pour ne pas dire autre chose, notre Cabine pour une nuit réparatrice.
« JOYEUX NOEL A TOUS »

Robert L.

Alors que déjà s’estompent ces îles australes si extraordinaires et pourtant si peu connues, presque aux antipodes de la métropole, il nous appartient de remercier tous ceux qui, intimement liés, ont fait la réussite de cette expédition qui restera gravée au plus profond de nous-mêmes : ce vieux MARION et son équipage ainsi que les TAAF, l’IPEV et les passagers spéciaux.

Roger & Michelle SAVARY (Voyageurs des Terres Extrêmes)

Jeudi 25 décembre 2014

La soirée commence par le pot offert par l’OPEA, Vincent : punch accompagnés de bouchons, samoussas et canapés…
Les élèves du collège Lougnion donnent un concert de chants de Noël.
A nouveau des langoustes pour le superbe buffet préparé par l’équipe de la cuisine.
Le père Noël et la mère Noël distribuent à tous des cadeaux.
La soirée se poursuit avec le groupe malgache Kisikiska.
Certains se sont couchés tard, ou plutôt tôt car il y avait peu de monde au petit déjeuner du 25.

Véronique V.

Un réveil à étapes, révélateur de l’ambiance de cette magnifique soirée de Noël passée en plein Océan en si bonne et charmante compagnie, nous voit faire surface vers 11h30, que c’est dur !!!!
Nous retrouvons les rescapés et les sages pour partager le déjeuner de Noël dans la pure tradition de la gastronomie française. Foie gras poêlé, chapon aux champignons et pomme fruit, plateau fromage et bûche.
L’ambiance est au calme et rapidement le forum se vide, le mode sieste et au programme de tous les passagers.
A 16h00, Yves scientifique spécialiste des manchots et des casses têtes à base de roche et pointes, nous a convié à une conférence sur les manchots en général et le manchot royal en particulier. Au passage, il fête le 30ème anniversaire de son premier hivernage à Crozet. Présentation très complète et fort intéressante accessible à nous pauvres profanes.
Le temps est au beau fixe, mer plate, ciel bleu, nos passons un long moment à la proue du bateau qui glisse nonchalamment en nous berçant au passage.
Un magnifique coucher de soleil vient conclure ce jour de Noël et nous gratifie même de son fameux mais trop rare rayon vert.
Le dîner est tout aussi calme que le déjeuner et, faisant l’impasse sur la découverte des étoiles australes que nous propose Philippe, je me précipite dans ma cabine pour un gros dodo réparateur.

Robert L.

Vendredi 26 Décembre 2014

Début de notre quatrième journée de navigation. Le petit train train s’installe, un petit passage par la salle de Gym, remise en forme oblige.
La météo quoique moins ensoleillée qu’hier nous gratifie d’une mer d’huile entrecoupée de gros grains sans conséquence sur le confort de notre progression.
Une journée conférences et documentaires commence par la présentation de l’organisation des TAAF au niveau de la pêche faite par Vincent. Tous les aspects sont abordés, zones, techniques, quotas, réglementation, contrôle et piraterie, un débat très intéressant suivi par l‘intervention de Thibault, chargé de mission auprès des TAAF, pour l’encadrement des contrôleurs embarqués sur les bateaux de pêches opérant sur les zones. Un sujet sur la pêche à la langouste portant sur les campagnes de pêche, les techniques et leurs améliorations pour réduire la capture des petits spécimens.
Cela nous amène pratiquement à l’heure du déjeuner auquel nous convie Jacques à 12h15 tapante.
Petite partie de baby foot entre l’équipe Frédy – Paul contre Roger et moi-même. Un match très serré qui voit la victoire des anciens 10 à 9, l’honneur est sauf.
Salle comble à 15h pour la diffusion du film de la dernière rotation du mois d’avril aux îles éparses. Quelques petits problèmes techniques abrègent quelque peu la projection.
Invités, voire rappelés à l’ordre, à passer à la caisse pour payer nos extras je m’empresse de faire le tour des trois points de ventes, Bar, Cave et Boutique.
Jean Pierre, le biologiste océanographe plongeur nous propose dès 16h une conférence sur ses travaux. La salle est comble le sujet un peu technique mais qui donne une très bonne idée de l’évolution de la recherche dans ce domaine et la mise en place de programmes à travers des organisations internationales.
18h45 nous nous rendons au Forum pour un cocktail offert par les TAAF. En préliminaire Sébastien avec sa verve et ses qualités d’orateur nous fait un petit discours très bien ficelé sans oublier personne. Un vrai pro.
Tout le monde est présent y compris l’équipage et même Emilien le Barman est tout sourire, c’est la première fois que nous voyons ses dents depuis le départ, comme quoi tout arrive à bord du MD.
Diner en compagnie de Daniel du C.E.A. encore un ultra passionné qui me fait part de son activité un nouveau grand moment de découverte et de partage.
Petite séance de cinéma avec un film super marrant TAIS TOI avec Depardieu et Réno. Un bon moment en compagnie de quelques hivernants avant de rejoindre notre Cabine pour un repos bien mérité.
Robert L.

Samedi 27 Décembre 2014

C’était notre avant dernière nuit à bord du MD. C’est malheureusement déjà la fin.
Nous avons du mal à assimiler tout ce que nous avons découvert ces derniers jours et à réaliser que c’est notre dernier jour.
Le fait de préparer nos bagages nous rappelle à la réalité.
Encore une journée projections et conférences : François sur la tourbe à Amsterdam, film sur Tromelin par Lauren, Jean Pierre pour la suite de son exposé et Fabien pour le carottage lacustre à Kerguelen.
Une journée bien remplie.
Du fait que nos quittons le bord dès demain matin pour rejoindre notre île, nous avons conviés quelques nouveaux amis à un pot de au revoir.
Tout a une fin et je sens que j’aurais la sensation de sortir d’une bulle lorsque je vais mettre pied à terre et retrouver les affres de la civilisation.

Robert L.
Epilogue d’une aventure humaine au bout du monde :

Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam… Des destinations mythiques pour les gens curieux qui regardent les mappemondes comme des enfants et qui aiment s’attarder sur les coins de ces cartes qu’on ne regarde jamais.
Les Terres Australes Françaises sont pourtant là, minuscules et éparpillées dans l’océan Austral et recèlent des richesses écologiques, scientifiques mais pas que. Elles accueillent surtout une poignée d’hommes et de femmes passionnés qui viennent aussi vivre ici une expérience humaine forte dans un monde « hors du monde ».
Là-bas, il est possible au regard de se poser là où le pied d’un homme ne s’est jamais posé. Et lorsqu’on peut enfin fouler soi-même ces terres immenses, le sentiment d’être un explorateur prend tout son sens. En effet il y a plus d’automobilistes en France qui traversent un grand carrefour en une journée que de gens parvenus sur ces terres subantarctiques.
Comme par sécurité, on ne se déplace jamais seul sur ces territoires, c’est plusieurs personnes qui en même temps, se retrouvent à vivre et partager des émotions fortes.
On ressort marqué des TAAF, marqué de ses paysages immenses battus par les vents, de sa faune emblématique et tellement sauvage, mais surtout marqué par cette communauté d’hommes et de femmes passionnés et passionnants qui vivent là une parenthèse extraordinaire dans leur vie.
Nos 8 « visiteurs » devenus « compagnons des TAAF » ont largement pu apprécier la dimension humaine de cette expédition. De même pour nos 8 jeunes adolescents, qui, exceptionnellement acceptés sur un tel périple, pourront se rendre compte que même les rêves de grands ou les grands rêves peuvent être réalisés si on décide d’oser.

Philippe M.

« REMERCIEMENTS »
Un grand merci tout d’abord à ce bon vieux MARION DUFRESNE qui, du haut de ses vingt ans et ces milliers de jours de navigation sur toutes les mers du globe, nous a promené fringant dans les quarantièmes rugissants et cinquantièmes hurlants sans l’ombre d’un souci. Il faut dire que c’est un sacré gaillard à l’âme bien trempée, unique dans son genre. Il est cargo, porte container, océanographique, paquebot (beau) ravitailleur, carotteur, porte hélicoptère, pétrolier et même pêcheur à ses heures si l’on considère que l’équipage pêche le bleu et la fosse morue du haut de la coursive lorsqu’il est au mouillage à Amsterdam. En un mot, c’est un polyvalent à l’image de l’esprit des bases ou tout un chacun se retrouve Barman, Pompier, Play mobile etc… et participe pleinement à la vie de la communauté.
Un grand merci au Commandant dont la gentillesse n’a d’égal que sa simplicité et ses qualités de navigateur de l’extrême. Un vrai Pacha, qui a su s’entourer d’un équipage tout aussi compétent, assurant avec maestria la navigation dans des fjords aux eaux peu accueillantes nous permettant ainsi d’admirer la beauté de ces lieux du bout du monde.
Une note particulière à Sébastien, toujours présent, souriant, prévenant, attentif au moindre détail et passionné par sa mission. Faisant preuve à tout moment d’un grand professionnalisme par sa connaissance des dossiers et de l’organisation des TAAF. Un grand Monsieur au vrai sens du terme à qui j’attribuerais une nouvelle distinction, Directeur du Tourisme Administratif des Terres Extrêmes (TATE). Il va falloir envisager sérieusement de modifier le format de sa carte de Visite.
Un grand merci à Vincent et à tous ses équipiers, responsable des opérations du ravitaillement des bases et tout ce qui touche à la mission en matière de logistique, y compris la gestion de la rotation des passagers et ce avec un perpétuel sourire.
Un grand merci à Pascal HLO, tout aussi souriant et en apparence décontracté qui, grâce à la parfaite maitrise de sa merveilleuse machine, nous a épargné l’épreuve du Zodiac et de l’échelle de corde pour rejoindre le MD.
Aux deux inséparables Marion et Yoann qui, malgré une importante mission et les soirées difficiles, nous ont toujours gratifié de leur bonne humeur et de leur sourire. Un grand merci à vous deux sans oublier Nelly la petite fée de la Boutique.
Bravo et merci à Jacques et toute sa brigade sans oublier le Chef et son équipe qui tout au long de ces jours nous a rassasiés de mille choses délicieuses.
J’ajouterai une note particulière pour Frère Jacques alias Belzébuth, qui à chaque fin de repas, armé de son plateau, a su faire plier toutes les bonnes résolutions en matière de consommation de fromages.
Le voyage aurait été tellement différent sans la présence à bord des enfants et de leurs sympathiques accompagnatrices Dominique et Monique. Ils ont su donner une note particulière, s’intégrant parfaitement et sans qui, Noël à bord du MD et sans leurs multiples initiatives, aurait été complètement différent. Merci du fond du cœur.
Merci pour tout à tous les passagers dénommés spéciaux par Sébastien qui se reconnaîtront.
Enfin, une mention toute spéciale pour notre ami Philippe, pierre d’angle de la réussite de notre voyage. Toujours présent, attentif et souriant envers et contre tout. Il nous a accompagnés au cours de ce périple, attentif aux moindres détails, dans les meilleures conditions. Mais tout cela n’est pas une nouveauté si l’on en juge par le fait qu’à Amsterdam, une avenue porte son nom à l’instar de son homonyme Frédéric du même nom.
Merci à tous les V.T.E. et participants allant et retournant avec qui nous avons partagé des moments forts et d’une amicale intensité.
En résumé, un voyage d’exception à vivre, car indéfinissable, avec en plus un sentiment de partage et de simplicité, tout ce que nous aimons, à consommer SANS modération.
Rendez-vous est pris pour les Iles EPARSES horizon 2016, sur le MARION DUFRESNE new look, donc à très bientôt.

Robert L.