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4 avril 2012

Journal de bord du Marion Dufresne - Mars 2012 (OP1)

Journal de bord de la rotation OP1-2012

Téléchargez le journal de bord du Marion Dufresne de la rotation mars-avril 2012


Journée 1 : Mercredi 14 mars.

C’est sous un bel arc-en-ciel que le Marion Dufresne a quitté le Port Est de la Réunion, vers 17h30.

Après avoir attendu l’Écureuil d’Hélilagon, le bateau s’est orienté vers le Nord, direction l’île Maurice pour une escale technique.

Journée 2 : Jeudi 15 mars

Arrivé en vue de l’île vers 5h du matin, le Marion Dufresne a du attendre pour pouvoir se mettre à quai.

A partir de midi, les personnes ont pu débarquer pour aller découvrir le marché de Port-Louis, faire un peu de shopping ou profiter du lagon mauricien.


Journée 3 : Vendredi 16 mars

En début de matinée, le Marion a changé de quai afin de pouvoir embarquer une grue, destinée à être emportée à Amsterdam.

Une fois l’opération terminée, nous avons pris les routes des Terres Australes françaises à midi, toujours sous un soleil éclatant.

L’après-midi a été ponctuée par un documentaire sur les Orques de Crozet, et par les instructions de sécurité présentées par Estelle, notre Second-Capitaine.

Journée 4 : Samedi 17 mars récit de Denis Pavillon, passager payant embarqué

7H du matin, température de 27°C, vitesse de 14 nœuds, cap 190°

Après une nuit , bercée par la houle, le groupe de passagers payants se retrouve au petit déjeuner, et est rejoint par le Commandant Lassiette. La journée sera bien chargée : Cela commence par l’ouverture de la boutique, en particulier pour l’achat de timbres des TAAF, polaires, livres… Vient ensuite une conférence très instructive sur les TAAF faite par notre accompagnatrice, Mathilda Moutoussamy. La passerelle du Marion Dufresne est ouverte à tous en permanence et à 10h30 nous avons rendez-vous avec le Commandant pour des explication sur la navigation et l’ensemble des instruments utilisés.

Après le déjeuner, nous assistons à une conférence du médecin de bord, Martin Oudet, à propos de la médecine dans les bases et la prévention des accidents. A 16h15, sept coups brefs suivis d’un coup long. C’est le signal de rassemblement au pied des chaloupes (exercice de sécurité). Dur dur de monter avec les fûts contenant les combinaisons de survie. Dehors la température a baissé de quelques degrés et des nuages commencent à envahir le ciel : c’est bon signe !

Journée 5 : Dimanche 18 mars

Journée 6 : Lundi 19 mars. Récit et photos de Nicolas Chaput.

3ème jour de mer depuis Port Louis Quelle belle journée ! Petit vent de sud, 20 nœuds, ciel clair, léger roulis annonciateur d’une petite sieste sur le pont avant, calé dans l’étrave. Deux évènements importants :

  • Mathilda a enfilé son gros pull en laine : la température descend régulièrement et ce matin, par 37°4 Nord et 54°1 Est, la température de l’air (18 °) était inférieure à celle de l’eau (20°). Les frileux ont retrouvé leurs pantalons et leurs chaussettes
  • Les oiseaux sont de retour, à plus de 1000 km des côtes :

d’abord un pétrel puis deux dans l’étrave, et en fin de journée, à l’arrière du navire, un joli ballet d’une dizaine de pétrels et les deux premiers albatros.

Les appareils photos sont sortis. Sylvain GUTJAHR, après sa présentation matinale de la Réserve naturelle Terres Australes Françaises, nous donne une identification plus précise : pétrel à menton blanc et albatros à bec jaune (peut-être, mais il faudra vérifier et comparer les photos avec les dessins du guide). Depuis l’exposé de Mathilda, la philatélie des Iles Australes et la marcophilie n’ont plus de secrets pour nous, mais demain il faudra tamponner !

Belle nuit étoilée. La Croix du sud est formée de 4 étoiles en losange et pour trouver le sud, vous prolongez la grande diagonale de 5 fois sa longueur. Le Sud se trouve à deux doigts à gauche de l’étrave. Nous faisons route au 190 °. C’est bon ! Demain matin nous serons dans les 40ème et ce sera une autre histoire !

Journée 7 : Mardi 20 mars.

Journée 8 : Mercredi 21 mars

Arrivée à Crozet.

8ème jour depuis le départ.

Les Terres australes commencent à se faire vraiment désirer. La mer semble s’être apaisée au matin, après une nuit assez agitée. Seuls les habitués ont bien dormi. Un grand soleil inonde l’océan. Deux documentaires sur la pêche sont projetés dans la salle de conférence en matinée. Après le déjeuner, tout le monde fonce à la passerelle. Les extérieurs sont toujours interdits d’accès. L’île de la Possession est en vue, largement visible sous les quelques nuages qui la surplombent. L’île de l’Est aussi, vaste forteresse plongeant ses falaises dans l’eau miroitante et dans les nuages qui ne la quittent pas, est étonnamment dégagée.

Des traces de neiges parsèment les plus hauts sommets des deux îles. C’est une chance inouïe d’observer ces terres, baignée d’autant de soleil. Rares sont ceux qui les ont vue sous d’aussi belles couleurs. Une opération de ravitaillement à Pointe-Basse , au Nord de l’île, nous a permis d’observer cette partie de l’île très préservée, où nichent les albatros et les manchots, encore nombreux à cette époque de l’année. Les rêves de chacun se promènent sur la grève, pendant que l’hélicoptère opère son va et vient.

L’opération terminée, nous longeons l’île sur sa partie Est, jusqu’à la base Alfred Faure. Falaises, baies sous le soleil, sommets enneigés et jeux de lumière du soir couchant nous font oublier les 7 jours de mer qui ont été nécessaires pour atteindre l’archipel. Le voyage vaut bien l’attente. Les photographies et les mots semblent fades par rapport à la beauté sauvage de cette rencontre avec l’archipel de Crozet. Magie de l’instant et du bon moment.

Journée 9 : Jeudi 22 mars


Récit D’Arjen Brouwer, the netherlands et photos de Nicolas Chaput.

"Impression in a nutshell of our visit to this base on Possession Island, Crozet Archipelago.

At 10.00 a.m. the ship’s helicopter started ferrying us, passenger of the Marion Dufresne a shore.

After a cordial reception by the staff, we were show around in the various building. A well prepared lunch awaited us afterwards. Then we walked in a rainstorm to the local royal penguin rookery.

An impressive sight awaited us : the birds coming ashore, walking to their chiks in order to feed them. All of us were very pleased to be allowed visiting the place."

Traduction

Nos impressions en quelques phrases sur notre visite sur l’île de la Possession, archipel de Crozet.

A 10h00 l’hélicoptère du navire a commencé à transporter les passagers sur le rivage. Après l’accueil chaleureux du personnel, nous sommes partis visiter les différents bâtiments. Un déjeuner bien préparé nous attendait par la suite. Puis sous une pluie battante nous sommes allés visiter la colonie locale des manchots royaux.

Un spectacle magnifique nous attendait : les oiseaux viennent à terre, marchant jusqu’à leurs poussins pour les nourrir. Nous avons tous été très heureux d’avoir eu la permission de visiter ce lieu.

Journée 10 : vendredi 23 mars


un récit et photos de Jean-Paul Choel.

Partis en hélicoptère vers 10 heures du Marion Dufresne, nous nous retrouvons à BUS (Baie Américaine) en compagnie d’ Alizée de la Réserve Naturelle.

1er cadeau, il fait beau.

2ème cadeau, des petits manchots peu farouches nous accueillent et nous examinent avec curiosité. Par contre les éléphants de mer nous toisent de leurs gros yeux méfiants ; ils grognent contre ceux qui interrompent leur repos. Nous traversons la rivière Moby Dick pour grimper vers le Morne Rouge, passer près du lac « Sans Nom » et nous retrouver sur des petites falaises déchiquetées. Alizée nous instruit sur les plantes rencontrées : chou de Kerguelen, acaena, azorelle …

Ah ! Cadeau suivant, des albatros en train de couver, puis nos premiers gorfous sauteurs aux yeux maquillés d’aigrettes jaunes. Nous observons de haut la seconde manchotière : poussins de manchots royaux avec un plumage brun, pétrels géants appelés cracous sur les Bases, petits chionis curieux de tout, éléphants de mer, otaries craintives, skuas charognards …

Sur le chemin du retour, cadeau inespéré, trois orques longent paisiblement la côte.

Après le pique-nique, nous visitons le site historique des phoquiers fréquenté jusqu’au début du 20ème siècle et dont les vestiges rassemblés attendent d’être exploités.

Nous rentrons sur le bateau, comblés d’images, de sensations, rougis par le soleil et le vent.

Journée 11 : Samedi 24 mars

Des photos pas banales des manchots royaux par Laurent Prugnières pour notre journée de départ de Crozet.

Dans la cadre d’un contrôle de déperdition énergétique des bâtiments de la base Alfred Faure sur l’ile de la Possession à Crozet, nous avons pris quelques clichés de manchots dans la baie du Marin. Chose surprenante, ces animaux sont dotés d’une véritable combinaison qui les protègent du froid (voir clichés thermo ci-dessous). Ces différentes photos ont intéressé les scientifiques sur place et ils ont trouvé un intérêt à cette petite expérience. Nous espérons que cela pourra amener à étudier les manchots avec ce type de technologie.

Journée 13 : Lundi 26 mars Récit et photos par Hélène Choel.

A quelques encablures de Kerguelen

C’est une journée de navigation tranquille, mais cependant active. Ce matin Patrice Rannou, l’ OPEA, nous a présenté la base de PAF (Port aux Français). Puis Mathilda nous a dévoilé le programme de nos 5 jours à Ker (Kerguelen). Comme d’habitude elle a pris toutes les précautions d’usage : « si la météo le permet …. » ; « si nous avons le temps … » ; « si … ». Précautions reprises, amplifiées par Patrice. Mais la perspective de 2 nuits en cabane à Ratmanoff et Laboureur nous excite.

À 15 heures cet après-midi, nouvelle séance « philatélie » dans les locaux de l’ IPEV … où nous, les deux rapporteurs du jour, arrivons en retard. Eh oui, nous avons oublié d’avancer la montre d’une heure au passage du méridien. Ouf, les tampons n’étaient pas encore rangés !

À 16 heures 30, Thomas, de l’ IGN, nous annonce une naissance : l’ IGN nouveau est arrivé. C’est désormais l’ Institut National de l’Information Géographique et Forestière. Après avoir balayé les multiples activités de l’ institut, il nous explique avec brio sa mission lors de cette rotation : l’installation d’une antenne « Regina » à Ker, couplé à l’ancien réseau « Doris » en vue d’améliorer les mesures géodésiques et la navigation sur Terre par l’utilisation de plusieurs constellations (GPS, Galileo, … ). C’est le déploiement du réseau GNSS (Global Navigation Satellit System).

Le bateau est peu agité, sommes-nous vraiment proches des 50èmes hurlants ?

Journée 14 : Mardi 27 mars

Journée 15 : Mercredi 28 mars Récit de Pierre Bos et photos de Philippe Noel.

Le groupe des célibataires, dit les « branleurs », sont à la cabane de Ratmanoff tout à fait à l’Est de la péninsule Courbet. Traversée depuis PAF de la plaine alluviale parsemée d’étangs sous un ciel gris et bas. Le matin démonstration de pêche par Max, l’un de nos accompagnateurs. Nous : pas brillants, mais nous nous rattraperons en fin d’après-midi. Après le pique- nique, départ pour la manchotière : près de 100 000 royaux, sous une pluie soutenue par 35 km/h de vent. L’automne quoi ! Ailleurs on appellerait ça un temps de …. Vive le retour en cabane. A table : filets de légine et de truites. Bravo pour les metteurs en scène.

Journée 16 : Jeudi 29 mars

Les bottes et les vêtements ont difficilement séchés durant la nuit. Réveil matinal pour un départ vers la cabane Laboureur. Ce matin, le ciel est bleu. Sur le Marion, des rafales de vent empêchent l’hélico de faire ses rotations. Le départ est reporté pour 11h, ce qui nous permet d’aller rapidement revoir les manchots sous un superbe soleil. Vol au-dessus du Golfe du Morbihan. Paysages superbes, à couper le souffle. Arrivée dans un fjord et découverte de la « mairie annexe ». Dans l’après-midi très belle randonnée sur le plateau avec vue sur le sommet Ross. Au diner nous dégusterons les traditionnelles moules et nous en rapporterons à bord pour l’équipage. Soirée potins « Radio Manchots » et partie de belote pour certains. Alexia et Thibaut, les 2 guides de la Réserve Naturelle, nous ont superbement accueillis. Merci à eux.

Journée 18 : Samedi 31 mars

A bord du MARION DUFRESNE 4ème et dernier jour d’escale à Kerguelen Ce matin, le temps est gris mais clair et, sans doute, pour la première fois depuis notre arrivée au sud des 40ème, il n’y a pas de vent. Juste avant le lever du jour, nous sommes montés à la passerelle, car nous partons pour Port Jeanne d’Arc, PJDA en taafien (prononcer péjida), la seule station baleinière française. A 6 heures, l’ancre est dérapée, le MARION DUFRESNE glisse sur l’eau et se faufile entre les îles du Golfe du Morbihan. PJDA apparaît après le dernier virage(le virage de la mort, dixit le commandant) entre l’île Longue et la presqu’île Jeanne d’Arc. Cette station baleinière a été construite en 1908 par des norvégiens à l’initiative des frères Bossière et abandonnée après une quinzaine d’années de fonctionnement. Il reste un amas de ferraille constitué de chaudières, fûts, treuils mais surtout quelques bâtiments d’habitation en bois dont certains réhabilités grâce au service Patrimoine des TAAF. C’est un endroit très émouvant où des hommes, des femmes et parfois des enfants ont vécu, travaillé dur et parfois sont morts. Mais tout a une fin et il faut ré-embarquer pour être à l’heure à PAF (Port aux Français) où nous attendent tous ceux qui vont rentrer après l’été passé à travailler à Kerguelen. L’hélicoptère enchaîne les rotations et à 17 heures tout le monde est à bord. Les boscos s’affairent pour tout ranger, tout amarrer et, peu avant le coucher du soleil, après 3 coups de sirène, nous partons, laissant les hivernants regroupés sur la côte, qui tirent des fumigènes rouges, grand moment d’émotion, silence à la passerelle, le bateau ne reviendra que dans 6 mois. Nous sortons par la Passe Royale, cap sur l’île St Paul sous un ciel annonciateur de grand vent, ce que nous confirme le commandant qui nous demande de bien caler nos affaires dans les cabines !

Journée 20 : Lundi 2 avril

le Marion-Dufresne reprend sa route liquide pour Amsterdam, après avoir prudemment mis à la cape hier pendant le coup de tabac qui a déraciné quelques estomacs. Aujourd’hui, mer presque « en l’huile », des mines reposées réapparaissent au petit-déjeuner. Zoom sur des personnages : le maître d’hôtel Jean- Christophe qui, imperturbable au milieu des creux de 8 mètres annonçait calmement hier : « 18h, premier service, bon appétit », une bouée rassurante dans la mer bouillonnante. Jean-Hughes, qui a eu ce qu’il appelle « la chance » d’avoir participé pendant 3 ans au chantier de rénovation d’une partie de l’ancienne usine baleinière de Port-Jeanne-d’Arc entre 2000 et 2003 : 2 bâtiments dont l’un fait office de musée avec panneaux explicatifs, bien fait et pédagogique… Ils partaient de Port-aux-Français en zodiac (dans un vent fort, on imagine les à-coups et les tapes dans le dos !), participaient à l’invention d’outils avec ce qu’ils avaient sous la main, étaient obligés de s’amarrer pour placer les tôles des toits , dans une excellente ambiance. Les coups de grattoir pour enlever la rouille et la peinture fraîche étaient de sortie ce matin. Cet après-midi, dernière séance de tamponnage avant Amsterdam, courriers des philatélistes chevronnés ou de ceux qui se sont découvert une vocation. La Routine, quoi !