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6 décembre 2013

Journal de bord du Marion Dufresne - Décembre 2013 (OP4)

Vendredi 6 décembre 2013

17H00 précises, le Marion largue la dernière garde, déborde du quai, met en avant lente en direction de la sortie du Port-Est, majestueux, donne quatre coups brefs de sa puissante sirène pour saluer l’ile de la Réunion, belle sous le soleil sans brume. Le pilote quitte le bord et rapidement l’hélico apponte après quelques mouvements aériens annonciateurs de la dextérité de son équipage.
Cap au 180, plein Sud et déjà le premier service de restauration est annoncé.
Gérard Q.

22H00 – Petite promenade sur le pont avant notre première nuit à bord. Il fait bon, les étoiles scintillent. Plein ouest, la lune vient de disparaître sous l’horizon et au nord, dans notre sillage, les lumières de St Pierre s’estompent rapidement. Demain, nous serons en pleine mer.
Jean-François C.

Marion Dufresne… OUI c’est bien moi qui suis sur ce bateau mythique. Rêve qui devient réalité ; pourvu que je ne me réveille pas avant la fin ! Après un départ ensoleillé rempli d’émotion, découverte de la cabine avec sabord vue sur mer. Chacun prend ses marques, on essaie de se repérer avec multitude de coursives, escaliers, portes accessibles ou non autorisées ?! On croise beaucoup de monde, tous aux visages souriants mais interrogatifs : Qui est-elle ? Sans doute une « touriste » ! Puis arrive la soirée avec passage incontournable par le bar où les boisons sont plus qu’attractives et qui donne l’occasion de faire connaissance. Dîner qui donne envie d’y revenir, et soirée libre. Pour ma part, après une balade autour du navire afin de saluer la Mer je regagne ma cabine car je ne peux résister à l’envie de me faire bercer par la douceur du navire. Ne soyons pas trop gourmand et laissons les autres passagers « touristes » s’exprimer. Kenavo !
Mary M.

Après un départ chargé d’émotions, le bateau s’éloigne tranquillement du port.
L’hélicoptère nous rejoint rapidement à peine le temps de l’apercevoir, il est déjà posé … Impressionnant !!
Puis on longe la côte ouest, le ciel se dégage et nous offre un coucher de soleil magnifique sur les hauts et le Maido. La nuit s’installe, c’est le premier repas à bord, on peut voir les lumières de La Réunion par les hublots. Premier repas, premiers échanges, premières rencontres, c’est l’heure de se coucher, L’île est encore visible. Le bateau suit sa route sur un océan docile.
Yves P.

Samedi 7 décembre 2013

Nuit calme, la chaleur des Tropiques est toujours présente, encore deux journées entières à pouvoir l’apprécier. Vers 15H00, la pointe sud de Madagascar est dans notre sillage, la météo clémente autorise l’accès aux ponts extérieurs pour faire du sport, admirer les poissons volants fuyant devant l’étrave ou simplement regarder la mer et son bleu fascinant mais parfois insondable.
Mathias, notre stagiaire énarque, nous a présenté la géographie et l’organisation « juridico-administrative » des TAAF et leur subtilité d’être une collectivité avec Préfet, mais sans être une préfecture !!… Ce soir au dessert, on devrait nous servir du millefeuille.
Gérard Q.

2eme journée sur le cargo ravitaillant les iles au rythme des vagues, des déjeuners et diners, des conférences, des démonstrations de sécurité et des rencontres avec les scientifiques notamment qui vont étudier le petit mollusque, les oiseaux plongeurs sur Kerguelen, la mouche sans ailes, l’oursin marsupial… étonnant, des scientifiques passionnés, et qui ont plein d’histoires à raconter, la mer est calme pour le moment et nous allons bien.
Chantal D.

Dimanche 8 décembre 2013

Toute la nuit, nous avons été bercés par une longue houle de sud-ouest. Au lever, certains estomacs en semblent légèrement affectés. A 09H00, Antoine nous présente les règles de biosécurité que nous devrons appliquer avant le débarquement à Crozet, mercredi. Visite de la salle de « nettoyage » où nous devrons, aspirer, brosser, laver tout le matériel que nous porterons sur nous.
A 10H00, le commandant Dudouit nous accueille sur la passerelle et nous présente l’ensemble des équipements de pilotage, de localisation, de surveillance du navire. Un immense tableau de bord comportant des dizaines d’écrans, des centaines de voyants de contrôle et de boutons de commande qui permettent de tout superviser depuis la passerelle, de la machine aux portes de sécurité en passant par la météo et les cartes de navigation. De la passerelle, la vue est imprenable jusqu’au lointain horizon : sur l’aile tribord, une « bande d’ornitho » scrute la surface de l’océan, à la recherche des oiseaux du grand large dont ils effectuent le comptage, chaque heure, pendant 10 minutes.
Jean-François C.

Paco, le chorégraphe tente de nous expliquer ce qu il va faire pendant 4 mois à Crozet. Ecouter les sons, se faire au contact de la nature des gens, pour créer un spectacle la transparence de la douceur perméable de la rosée ou de Crozet. Dans un environnement de violence et d’agressivité, laissons la violence passer et allons chercher au fond de nous la douceur, à Crozet. Au fond de nous et des autres et de la nature.
Chantal D .

5heures du mat, 18° sur le pont, il n’y a plus que les Bretons à sortir en tee-shirt. A la passerelle, George, l’officier de sécurité est de quart, l’homme du bar m’apporte une viennoiserie, le soleil pointe, et la grande houle venue du Pacifique vient prendre le Marion par son tribord avant, le soulève délicatement en lui caressant le ventre et le repose dans le creux suivant. Ca ressemble à une chevauchée lente sur les dunes du coté de Porspoder. Dans les coursives, les bons tuyaux sur la nauta .. et la coccu.. s’échangent, la rumeur annonce même une distribution de patch anti… Par bonheur et sûrement pas par hasard il y a du beurre salé sur les tables au petit déj.
Exercice d’évacuation (du navire) ce matin, aux ordres de Mr George, qui dans son français aux accents des bords de la Mer Noire, nous indique la direction à suivre pour « rejoindre barrrquasssse » dans laquelle chacun pourra le cas échéant, accompagné d’un improbable orchestre, se réfugier avec 59 autres Casimir harnachés de leur combinaisons de survie… Merci Mr Cotten !!!
Gérard Q.

Lundi 9 décembre 2013

7h00 le Marion est poursuivi par les albatros et les pétrels. Une bouée météo est
larguée, les oiseaux fondent dessus pensant aux restes du p’tit déj’. Déçus, ils reprennent autour du navire.
9h00, il y a la queue devant le bureau de l’OPEA pour la commande des timbres et autres planches philatéliques auprès de Mathias notre stagiaire ENA qui devant l’affluence parle déjà de quotas, de ratios et de péréquation pour la distribution !
Le Cap de Bonne Esperance est déjà loin derrière nous, les quarantièmes approchent,
c’est pour la nuit prochaine.
Gérard Q.

10h00. Force du vent : 34 nds Température de l’air : 16°2 Température de l’eau : 15°6
Mer agitée, creux de 5 à 6 m, et de temps à autres, on sent les coups de boutoir contre la coque. Ce matin, conférence d’une jeune biologiste franco-écossaise sur les éléphants de mer, passionnée par ces mastodontes qui peuvent peser 4 tonnes et plonger à 2500 m de profondeur. Leur cœur bat alors au rythme d’un battement par minute. Susan nous explique comment, avec des tags, des sondes, leurs moustaches, les scientifiques déterminent la façon dont ces animaux se nourrissent, leurs déplacements. Impressionnant, ces bêtes, la scientifique aussi.
Je passe une grande partie de la journée sur la passerelle à observer les albatros et les pétrels. Charly, l’ornitho nous montre les différents types d’albatros : le grand (3,5 m d’envergure), le timide………et quelques uns des nombreux pétrels qui accompagnent le Marion Dufresne. Charly en a compté 50, tous répertoriés sur une grille : date, heure, latitude, espèce d’oiseau.
Sophie C. et Chantal D.

4ème jour de navigation, très rapidement la vie s’est organisée sur le bateau.
Elle est rythmée par les repas avec des services à 12h15 et 19h15.
Si la deuxième journée a été calme bercée par un léger roulis et un soleil radieux, la troisième a été marqué par un vent plus violent et une mer plus agitée.
Le médecin de bord a un peu de travail avec les malades.
Durant ces deux jours nous avons eu des informations sur la biosécurité, sur les éléphants de mer, sur le projet de Paco Décina lauréat du concours « arts des ailleurs ». Une formation sécurité « évacuation du bateau » que nous avons fait deux fois… Par manque de discipline à la première, on ne plaisante pas avec la sécurité !!!
Aujourd’hui séance tamponnage des enveloppes. On sent que la terre est proche tout s’anime, ce soir on charge les caisses pour Crozet… On a passé les 40ème dans la nuit. Arrivée à Crozet demain matin (6H), il va falloir être matinal.
Yves P.

Mardi 10 décembre 2013

En salle de biosécurité, séance de nettoyage du sac à dos, des vêtements et des bottes qui seront portés demain à Crozet. D’abord laver les bottes, puis désinfecter les semelles. Puis passer l’aspirateur sur les vêtements dans le sac sans oublier les poches, les scratchs. Toute cette manip afin d’éviter d’importer sur les iles des graines venant de la Réunion notamment.
En salle de conférence, Jean Louis nous explique les impacts de l’introduction sur les iles des espèces végétales et animales exogènes… Froid dans le dos…, froid dehors aussi. La mer est à 7 degrés.
Chantal D.

La température de l’air est descendue en dessous de celle de l’eau. Et sous les grains, avec un vent de plus de 40 nœuds, plus personne ne sort en tee-shirt et en short sauf un ou deux peut être …
La séance philatélique de la matinée a pris des airs des « Temps Modernes », tellement la cadence de tamponnage, avec une bonne quinzaine de cachets différents, a pulvérisé des records jamais atteints. Demain, s’il ya de la place sur les enveloppes le courrier sera oblitéré à l’agence postale de Crozet et repartira avec le Marion (comme nous…). Les albatros nous fascinent toujours et nous montrent la route. Nous devons être dans la bonne direction…
Gérard Q.

Les consignes données ce soir par Antoine revisitées par Bruno. Ne pas approcher les fauves et surtout les mâles dominants. Au niveau du harem, ne pas courtiser, ne pas faire le béta devant le mâle alpha. Avec les manchots, ne pas prendre d’initiative, garder les mains dans le dos. Interdiction de partager son sandwich avec la faune (humain exclus). Mettre son mégot dans la boite.
Bruno T.

Mercredi 11 décembre 2013

Très tôt ce matin, entre 5 et 6 heures, affluence à la passerelle pour les premières vues de Crozet. A 6h30, 5 au guindeau, mouillage devant Port Albert par 46°5 Sud et 52° Est. 9H30, départ en hélico pour la baie américaine (BUS).
Nous faisons partie du 3° transfert de 5 personnes. Posés devant la cabane de l’IPEV.
Première randonnée vers le lac sans nom puis, à ½ heure à la manchotière.
Vision surréaliste de 20 000 couples de manchots et leurs petits. Les manchots caquettent, piaillent, chantent et les éléphants ne sont pas de reste avec leur rots tonitruants. Et d’après Alizée notre guide, ce vacarme se poursuit toute la nuit. Au retour nous admirons les Gorfous cachés dans les rochers de la falaise qui couvent leur petit.
Sophie C.

A la saint Daniel, il nous pousse des ailes ». Nous étions donc bien dans la bonne direction, Crozet est maintenant sous nos bottes biosécurisées après un court vol sans turbulence, accueillis par nos hôtes royaux, les manchots éponymes !! Un crapahut avant le déjeuner, qui summum du tact Taafien, était un sandwich américain servi à la Base Américaine et que nous n’avons pas partagé avec JP le skua, habitué de la cabane pas très amateur de Bordeaux d’ailleurs (merci Mr Antoine…) Les éléphants de mer nous font de l’œil, on peut même s’y voir si l’on s’y prend bien, les albatros nous tournent le dos, toujours face au vent et les manchots occupent le territoire, surveillés, chouchoutés, adulés par les Polaires Vertes, pas toujours sur la Réserve… J+5 … Maître Jean nous a changé les serviettes à table !!!
Gérard Q.

4h30, c’est l’heure de se lever, on ne doit pas être loin de Crozet. Direction la passerelle, je suis le premier, on distingue au loin deux masses sombres, ce sont elles, encore une vingtaine de miles. Le jour se lève progressivement le ciel est chargé, mais il laisse passer des rayons de soleil, c’est magnifique. Les sommets sont enneigés cela donne un aspect encore plus « fantastique ».
Nous sommes de plus en plus nombreux, et chacun d’entre nous est ébahi par un tel spectacle. L’approche se fait tranquillement, on commence à voir la base, on devine les manchots, les albatros.
Tiens en voilà dans l’eau, ils s’approchent du bateau, on peut les voir par transparence.
6h l’ancre est jetée, le bateau se stabilise, petit déjeuner et les rotations avec l’hélicoptère vont commencer. C’est notre tour il est 11h, on est pressé de poser les pieds sur cette île. Petit vol (très bref), puis dépose sur la base. On est accueilli par le discro, quel plaisir de se revoir.
Petit pot à midi pour le départ de Claude Bachelard (médecin Chef), puis repas. On passe à la gérance postale et c’est la descente vers la Baie du Marin et là c’est le bruit, les odeurs, les couleurs, des manchots , des pétrels, des éléphants de mer, des « bonbons, des chionis, des papous…..
C’est énorme près de 100 000 individus. On passe l’après midi avec eux, ils nous accueillent dans leur monde. Merci la nature que tu es belle !!!
Yves P.

Lorsque l’on pose pour la première fois les pieds sur l’île de Crozet, après 4 jours de mer, n’est pas un simple voyage sur le Marion Dufresne. Il représente encore beaucoup plus. Tout d’abord avoir le privilège de participer au tournage d’un documentaire de 52 minutes réalisé par Marjorie Cauwel " Là-bas, Les Kerguelen ", avec la complicité et le professionnalisme pour l’image de Julien Lambert et pour le son de Patrick Mauroy. Comment peut-on décrire par les mots l’émotion ressentie face à la découverte d’une manchotière qui rassemble des milliers de manchots et des éléphants de mer si différents et pourtant ils cohabitent sans aucune rivalité ? Belle leçon d’humilité que cette nature à l’état pur qui nous rend humble et nous donne envie d’y séjourner…
Mary M.

Dîner (private) avec l’équipe de Crozet sur la Base Alfred Faure. Impressionnantes, ces jeunes femmes en poste de VSC (volontaire du service civique). Moins de 30 ans, pétillantes, sympas, dynamiques. Quelles se nomment Alizée, Caroline, Mathilde, Nina…elles sont là pour étudier la fréquence cardiaque du manchot royal ou les espèces végétales endémiques (azorelle, poa cooki…..). Et elles ont beaucoup dansé et nous aussi au CRO NI BAR pour le départ des derniers de la mission 50 et de Claude B. Un moment décoiffant……et inoubliable.
Chantal D.

Jeudi 12 décembre 2013

9H30, par groupe de 5, nous sommes héliportés vers la Base Alfred Faure. Accueillis par Serge, le DISCRO, nous sommes guidés vers la Baie du Marin, accompagnés d’Alizée, spécialiste des espèces végétales introduites. En arrivant sur la manchotière, nous sommes guidés de près afin d’éviter de stresser les manchots, soumis à une étude de leur rythme cardiaque. Pris en mains par Yves, celui-ci va nous initier aux mœurs et coutumes de ces curieux palmipèdes dont certains n’hésiteront pas à venir picorer nos bas de pantalons. Mais déjà nous devons prendre le chemin de la base ou nous attend Serge qui nous offrira un kir royal dans son accueillante résidence. Il nous présente ses fonctions sur la base, son rôle de RH, les relations humaines étant essentielles lorsque l’on passe de longs mois confiné. Mais l’expérience est unique et passionnante. Après-midi écourtée, du vent et surtout de la houle qui nous oblige à rembarquer plus tôt sur le Marion. 17h00, on lève l’ancre pour un mouillage plus abrité mais finalement, on fera l’ « hippodrome » toute la nuit c’est-à-dire que l’on va faire des ronds dans l’eau devant la baie des américains.
Jean-François C.

Journée du vent et du soleil : briefing à la timonerie pour savoir si l’hélico va décoller !!!! Les visages, rougis par le soleil de la veille sont anxieux. Décision prise très vite, on s’envole dans une masse d’air qui se déplace à plus de 35 nds, deux minutes de transit au-dessus des albatros bien nichés à l’abri du vent furieux et nous posons le pied sur l’île de La Possession, sur CRO en Taafien. Immédiatement, Alizée, notre VSC très Nature nous souffle ses explications et commentaires en descendant la route vers la manchotière, vent en poupe mais les mains derrière le dos avec l’interdiction formelle de s’adresser aux manchots ! Les poussins attendent leurs parents partis en mer chercher leur pitance, plumes et duvet au vent, tout comme nous dans la descente. L’heure de remonter la pente sonne, bout au vent, Jacqueline dans son « touk touk » et le peloton s’étire sur quelques centaines de mètres : dénivelé de 140m pour une longueur de 1 400m soit 10% de pente. Le Kir du Manchot offert par le DISCRO est notre récompense au sommet de la montagne sur laquelle a flotté quelques instants le Gwenn ha Du (challenge BFTT Breizh Flag Trip Tour). 14H00, pas le temps d’aller à la Coop, alerte, tous à la DZ (base hélico). Le vent qui n’a plus rien d’un Alizée nous chasse vers le Marion, qui chassant lui-même sur son ancre se doit de la lever pour s’abriter sous le vent du Morne Rouge. On nous avait promis de la pluie, nous avons eu deux jours de soleil. CRO bien !!!!!
Gérard Q.

A côté de la faune exceptionnellement riche de ces régions, dans un registre humain (qui a beaucoup à se faire pardonner), coup de chapeau à Christian, notre expérimenté pilote d’hélicoptère qui depuis 48heures ne chôme pas et souvent dans des conditions périlleuses……. Sûrement aussi sous la protection de Notre-Dame des Oiseaux (chapelle base Alfred Faure). Héli …CRO !
Jean-Marc D.

Deuxième jour à Crozet. Le vent ce matin est plus fort qu’hier, déjà des interrogations. L’hélico va t’il pouvoir décoller, on sent comme une tension, il y aurait beaucoup de déçus. Le pilote arrive, les sourires reviennent. En route pour la bas Alfred Faure, un vol d’une minute trente environ. Serge nous accueille, il est là à son poste, faisant en sorte que tout se passe bien pour tout le monde. Un petit café à la viecom, une visite des labos scientifiques, quelques échanges et nous partons avec Tim (l’ornithologue) qui est sur la base depuis 13 mois et qui suit de très près les albatros.
On marche sur un caillebotis installé par les gardes de la réserve naturelle. Les Albatros sont là tranquille posés sur leur nid, nous avons de la chance quand on sait qu’il passe près de 90% de leur vie en mer. Ils sont magnifique, majestueux, le roi des airs. Puis on remonte vers la base, le vent est de plus en plus fort.
Nous partageons un buffet avec les hivernants, c’est l’occasion d’échanges…..La nouvelle tombe, les rotations sont avancées, pas le droit de quitter la base trop de vent. Un petit tour la coop, puis c’est le départ. Certains quittent Crozet après une présence de 6mois, 1an, c’est difficile, les visages se chargent d’émotions.
C’est notre tour, l’hélico s’élève au dessus de la base et part vers le Marion Dufresne.
Au revoir, « les Hivernants de Crozet », merci pour votre accueil chaleureux.
Yves P.

Vendredi 13 décembre 2013

Aujourd’hui, mission de ravitaillement en direction de quelques cabanes sur l’île de La Possession. A 8H00, le navire est en station devant Pointe Basse, le « jardin japonais », le Cap Vertical et le Champ des Albatros. A 10h00, nouvelle station dans la Baie du Lapérouse. Christian et son hélico, dès que la visibilité le permet, partent plusieurs fois déposer des équipes et du matériel. Drôle d’oiseau, cet hélico qui effectue à plusieurs reprises un ballet entre le Marion et les cabanes avec des charges de caillebotis (sling). Et pendant ce temps là, séance de papotage au chaud, sur la passerelle entre les femmes. Au fil des discussions, nous avons évoqué les voyages en cargo, les espèces d’animaux apparaissant devant le bateau (damiers du cap, prions, pétrels) sous l’œil amusé de Charly l’ornitho.
Chantal D.

Trois jours de beau temps à suivre auraient pu fausser toutes les données statistiques CRO-ziennes, Dame Nature a repris la barre ! Ce matin, après les 10 minutes réglementaires de soleil au-dessus des sommets enneigés, une atmosphère malouine entoure le Marion, légèrement brumeuse, pas suffisamment pour masquer la Roche Percée, laissée sur bâbord, avec un zeste de fraîcheur relevé par un air saturé d’humidité ! Pas facile d’observer les albatros nichant sur la côte pourtant proche, au-dessus d’une manchotière affichant « COMPLET », le Ti ‘ Punch d’hier soir est alors rapidement soupçonné de provoquer des effets secondaires pouvant affecter l’acuité visuelle. La démarche scientifique nous amène à devoir retester ce phénomène dès ce soir ! Mr Antoine, notre coach vert va-t-il pouvoir faire sa manip’ ? Le Marion est stoppé en positionnement dynamique, la houle nous berce, dans la baie du Lapérouse et le Cap de Galiéni, coiffé de son képi brumeux, prend des airs familier. De profil, il ressemble à la pointe du Raz. Christian, le pilote de l’hélico décolle, apponte, soulève des charges, repart, se joue de la brume et du vent et nous ramène Mr Antoine, Heureux, Fier, Joyeux même, ravi d’avoir enfin pu faire sa manip’. La nuit s’annonce béate pour lui. Le Marion laisse l’île de La Possession derrière lui, 4 coups de sa puissante sirène pour saluer les hivernants restés sur CRO nous dressent le poil et fait route sur l’Archipel de KER qui sera atteint dimanche soir (« weather permitting »), par le Sud, la Baie d’Audierne donc pas d’Arche pour cette fois. …..
Gérard Q.

Samedi 14 décembre 2013

Jour de bulles, de lessives et de cartes postales avant la séance de tampons de demain et l’arrivée dans l’Archipel des Kerguelen. Pur moment de bonheur sur la passerelle : écrire à Antoine, mon fils, à la famille et à la tribu quelques images du voyage tout en regardant les oiseaux à l’avant du bateau. Charly l’ornitho ne m’a pas encore embauchée pour compter les oiseaux dans un angle de 90° à l’avant et à tribord. C’est précis avec Charly.
Et puis les mots d’un hivernant de la mission de 1964 qui m’ont fait bien rire. Cette mission a fait l’objet d’un film présenté par Nathalie, chargée du patrimoine des TAAF. A la question d’un journaliste à un hivernant, « alors, un 2° hivernage ? » réponse de celui-ci : « non, ma bergère n’est pas d’accord ». Beau film retraçant les conditions de vie d’un hivernant (au moins un an), rudes, hostiles……Il en fallait du courage pour hiverner.
Claude D.

Pour l’équipage, contrairement aux touristes, la traversée Crozet-Kerguelen n’a rien d’une croisière. A la passerelle, les quarts de 4 heures se succèdent et les hommes, officier et timonier, veillent. Sur le pont, dans les locaux techniques, l’équipage pique la rouille, nettoie, peint, répare, prépare les prochains slings qui se succèderont dès notre première escale aux Kerguelen à l’anse du Gros Ventre. Dans les cuisines et au forum, cuisiniers, maître d’hôtel et serveurs assurent matin, midi et soir la préparation des repas pour notre communauté de 120 personnes. Félicitations à tout l’équipage grâce auquel se voyage se poursuit ainsi dans d’excellentes conditions.
Jean-François C.

Une journée à la mer, au rythme lent de la houle enveloppante. Sur les menus du jour le petit bouzou nous donne les consignes pour la nuit prochaine : « amarrer tout ce qui peut se déplacer ! ».
Bruno, notre célibataire, cargophile et cargologue, parieur, parleur et serveur hors pair de café en capsule, genre Clooney, pense aussitôt à sa bouteille de J&B, son inséparable compagne…..Le « brède mafane romazave » (plat traditionnel malgache) servi au déjeuner et sensé paralyser la langue n’a eu aucun effet sur lui, contrairement à tous les autres passagers.
Cela dit chacun apprécie sa pugnacité à convaincre le commandant, dans le respect et sans shunter la hiérarchie (OPEA, Vincent et Coach Antoine), de franchir subrepticement le 50ème parallèle que nous laisserons sur notre tribord, en cédant la priorité aux 2 baleines dont Jacqueline la Calédonienne a aperçu le souffle devant notre étrave. Ce soir mot d’ordre de Maitre Jean au 2ème service de 19h15 « tiens toi bien à table, bon appétit, Pace et Salute ! »
Gérard Q.

Dimanche 15 décembre 2013

2eme journée de bulles après une nuit agitée à essayer de rester en position allongée. ça bouge beaucoup. Séance de tamponnage de cartes postales et de lettres. Environ 10 tampons à mettre et plus de 10 tamponneurs dont le Commandant. Ca tamponne, ça tamponne…dans une ambiance fébrile et de rigolade. Il y a des bouchons à certains endroits. Combien de cartes et lettres tamponnées aujourd’hui ? Certainement plus de 1000.
Puis Christiane, plasticienne qui va passer quelques mois à Kerguelen, nous a décrit son parcours artistique et ses réalisations : code génétique et sa vision artistique…
Et puis Maurice avec ses pucerons couleur nougatine, nous a expliqué les 4 phases de l’implantation d’espèces invertébrées notamment : transport, introduction, établissement et expansion.
Une question demeure : la choucroute du déjeuner était elle au chou de CRO ou de KER ??? La période post prandiale a été difficile pour beaucoup d’entre nous.
Chantal.D et Sophie.C

« WHAOUHHH, OH, quelle nuit, alors dis nous comment ça s’est passé ? »
Le bateau a roulé bord sur bord, accusant jusqu’à 22 degrés de gite dixit ION, le timonier du 4 à 8 (chef de quart Monsieur George), la mer fait des bosses ce matin… La séance philatélique d’avant KER, de 10 heures se déroule sur le même tapis de bosses et bien que nous soyons dimanche aujourd’hui, nous ne prendrons pas une route alimentaire pour le déjeuner, qu’à cela ne tienne, les coquilles saint jacques, la choucroute et le gâteau aux bananes seront appréciés sous l’œil goguenard mais attentionné de Maitre Jean, inflexible quant à la possibilité de servir du fromage au p’tit déj’ en lieu et place du déjeuner. Il en serait peut être autrement si c’était du bruccio ???
Un message fort pour la Compagnie…
Gérard .Q

Lundi 16 décembre 2013

« WHOUAHH !!!!, on se croirait sur une autre planète », ce sont les premiers mots de Gérard quand il arrive sur la passerelle, à 5h00 du mat’. Le Marion est en stationnement devant l’Anse du Gros Ventre. C’est vraiment beau, le paysage est lunaire, les sommets sont enneigés et le glacier (Calotte glaciaire de Cook) descend presque jusqu’à la mer. Nous sommes quelques-uns, sur la passerelle, le véto, un peu endormi, pour voir le Marion arriver dans l’Archipel des Kerguelen. La vue est dégagée, le soleil se lève, un premier dépôt de matériel/ravitaillement et de récupération de caisses contenant du matériel scientifique est effectué. Il y aura trois tournées logistiques dans la journée dans trois endroits différents, l’Anse du Gros Ventre, la Baie de la Table et le Cap des Sourcils Noirs. Et pendant ce temps là, les cormorans tournent en escadrilles autour du bateau, les manchots marsouines et les otaries batifolent dans l’eau à 4°.
Chantal D.

Anecdote Bretonne. Après notre vol inoubliable en hélico, le Marion quitte sa position fixe : « Baie de la Table » (49°36’sud et 69° 14’ est) et se dirige vers un nouvel arrêt logistique aux « Sourcils Noirs » devant le Cap George. Sur le pont arrière, Marie Mouette, la Bretonne me montre un rocher : « le Doigt de Ste Anne » (Ste Anne, importante pour cette grande communauté de bretons). Ayant l’œil rivé au viseur, elle me précise qu’il se présente un passage, une ouverture, au premier plan dans la barrière rocheuse. Le doigt de Ste Anne apparaît alors dans sa totalité. « As-tu pris le doigt de Ste Anne dans le trou ? » me demande t’elle ? Après vérification, ……le Doigt de Ste Anne est bien dans la boîte.
Bruno T.

Arrivée matinale sur l’Archipel des Iles Kerguelen, aucune Arche en vue, car elle se trouve au nord, ou nous n’irons pas, cette fois-ci… une bonne raison d’y revenir, sur cette autre planète !!! De mémoire de TAAFien et le toubib chef s’y connaît en mémoire TAAFienne, le spectacle n’a jamais été aussi grandiose, humblement, les bretons trouvent cela très normal, Baie d’Audierne, Pointe de Pen-march, Golfe du Morbihan, on s’y croirait… en été !!!!! Même le glacier Cook, le Mont Ross et le Doigt de Ste Anne apprécient le spectacle de toute leur hauteur, à peine perturbés par les circonvolutions fumantes de Bosco 1 sur son semi-rigide. Nous sommes aux Kerguelen, enfin…
Gérard Q.

Il est 4h30 du matin, devant nous la péninsule Rallier du Baty, on rentre dans la baie au fond se découvre le glacier Ampère. Le temps se dégage, le soleil est présent au rendez vous, une légère brise, les Iles Kerguelen nous accueillent dans toutes leur splendeur. L’hélico commence ses rotations, il emmène les glaciologues vers le sommet du glacier. Ils vont rester 15 jours dans une cabane, juste au bord du glacier. L’hélico emmène aussi le matériel nécessaire aux expérimentations.
Chaque domaine exige une rigueur et une logistique très importante. Hier avec les touristes, nous avons demandé au pilote si il acceptait de nous faire survoler le glacier.
Il nous a répondu positivement, et c’est donc trois groupes qui vont profiter de ce survol.
Les premiers partent, ils sont de retour une quinzaine de minutes après.
Rien qu’en voyant leur sourire on imagine que c’est un grand moment.
Nous partons, on rejoint rapidement le glacier, les couleurs sont magnifiques, on passe au dessus de petits lacs multicolores, cela va du marron au bleu cristallin…
Sur le retour, le pilote monte légèrement en altitude, et là devant nos yeux émerveillés se présente le Mont Ross.
Retour sur le Marion, nous sommes sur notre petit nuage, les yeux chargés d’images inoubliables. Une fois les rotations terminées, le Marion reprend sa route, direction le site des « sourcils noirs », lieu au il se trouve une grande colonie d’albatros à « sourcils noirs ». Le Mont Ross nous accompagne sur tout le trajet, les côtes sont d’une grande beauté.
Une fois l’opération effectuée sur le site, nous repartons avec comme compagnie des cormorans, qui passent à quelques mètres du bateau. Nous continuons notre route direction Port aux Français. Nous arrivons au coucher de soleil, c’est incroyable !!!
Il est difficile de donner un adjectif à cette journée tellement elle a été riche.
On peut juste affirmer « Que la nature est belle ».
Yves P.

Départ pour Port aux Français prévu à 8h05, Claude Bachelard quitte le bateau avec le courrier et les passeports, il y a beaucoup de sacs de courrier et l’ordre des rotations est modifié je serai du 3ème voyage. Je tiens « Junior » la mascotte dans mes bras.
Nous voilà partis, à peine 1mn et nous sommes sur la DZ (Drop Zone), les hivernants sont là, je me dirige vers Christian le cœur bat très vite, l’émotion est présente. Je suis aux KERGUELEN !!!!!
Premier contact avec des hivernant : « Qui es tu ? C’est toi le directeur du collège ? » Christian le Disker nous emmène à la résidence pour déposer nos affaires. Un petit café et c’est le retour vers la DZ pour accueillir les autres. Les rotations sont terminées, c’est au tour des containers. On en profite pour visiter la base qui est très étendue rien à voir avec CROZET, une route, la fameuse route 66 qui mène aux services météo, et au Cnes, de nombreux bâtiments, la poste, le garage, le bâtiment énergie, les logements, les laboratoires (Biomar), le restaurant Ti Ker, avec au dessus « Totoche » salle commune avec un équipement impressionnant.
Repas tous ensemble, puis on part avec Eymeric de la réserve à l’Anse des Pachas. Le Pacha c’est un éléphant de mer (mâle), nous n’en verrons pas ils sont repartis en mer se nourrir, nous voyons beaucoup de jeunes de l’année « les bonbons » qui font déjà quelques centaines de kilos !!! Nous restons un petit moment au milieu d’une petite colonie de manchots papous, ils sont adorables.
Retour vers la base. Je rencontre quelques hivernants, on échange sur le jumelage. Ils sont heureux de partager ce moment avec des élèves, ils se sentent moins isolés. Ils ont pu observer une évolution dans les échanges les enfants se livrent un peu plus dans leurs écrits. On part sur le site météo pour assister à un lâcher de sonde, les météos nous font visiter leur domaine. Partout nous sommes accueillis chaleureusement.
C’est déjà l’heure du repas, j’ai l’impression que comme sur le bateau la vie est rythmée par les repas. Dans la journée on croise quelques personnes, (deux, trois…..), et là on se retrouve près de 120, mais ou étaient ils ? En fait chacun à sa mission avec des tâches bien précises et chacun gère son espace. Très rapidement on peut ressentir un sentiment d’appartenance, et très vite des liens se créent entre les anciens et les nouveaux hivernants.
Petite soirée avec le Disker très agréable et on attend avec impatience la prochaine journée
Surprise, il est 4h du matin le jour est là, je me lève la température est exceptionnellement douce, le paysage s’illumine des couleurs du matin, le silence est rompu par les grognements des éléphants de mer, par le cri des goélands. Le temps s’est arrêté.
Un petit déjeuner copieux, Christian est déjà bien occupé, alors je vais voir le gérant postal, petite séance de tamponnage, on se donne rendez vous avec le GP, demain matin il aura plus de temps. Visite à l’appro on évoque ensemble la problématique de l’approvisionnement pas toujours simple, quelques achats. On se retrouve avec Philippe et direction les labos ou la vie commence à s’installer….

A 11h, c’est l’inauguration de la plaque pour commémorer le voyage des frères Rallier Du Baty en 1913. C’est l’occasion d’un petit discours de Claude Bachelard mais aussi de Christian le disker qui a pour l’occasion mis son écharpe de Maire.
On a rendez vous avec François le météo à 11h45 avec le Commandant du Marion Dufresne et deux seconds et deux marins de La Curieuse.
Rendez vous pour une partie de pêche « Rivière des Châteaux », François nous raconte ses pêches, à chaque fois ça marche…..
On va jusqu’au bout de la route 66, puis on marche une petite demi heure, entouré des BLO (bêtes aux longues oreilles), et tout d’un coup devant nous 4 rênes, François nous dit que nous sommes d’heureux veinards.

On arrive à un petit lac, on sort le pique nique (truite fumée jambon cru, reblochon …) on est gâté. Philippe prend sa canne, lance une fois… une deuxième fois il crie !!!! Et
il ramène un saumon de fontaine de belle taille… Incroyable. Il regrette un peu cette première prise, il avait dit juste avant que le premier offre une « tournée générale ».
Les marins de La Curieuse enchaînent prises sur prises, le Commandant du Marduf peste il n’a encore rien pris !! Son second est lui tombé dans une souille (on en rigole encore…).

On change de place on se dirige vers la rivière, on a un paysage magnifique avec des éléphants de mer de partout.
C’est le retour vers la base avec 22 poissons (oui, oui vous avez bien lu 22 poissons), j’en ai pris un quand même… Les marins de La Curieuse nous proposent une visite demain matin.
Tout est occasion de rencontres exceptionnelles, dans un cadre lui aussi
exceptionnel.
Yves P.

Mardi 17 décembre 2013

9H00, de la brume et du vent au départ de l’hélicoptère basé sur le Marion Dufresne. Direction le Cap de Ratmanoff connu pour sa manchotière de plus de 40 000 couples de manchots royaux. Nous avons survolé une zone de marécages et d’étendues d’eau avant d’arriver à la Cabane de la rivière des Manchots. C’est une petite cabane d’une quarantaine de m2 peinte en jaune au bord de la rivière. De nombreux lapins et skuas l’entourent, ressemblant à une maison norvégienne, elle comporte une pièce à vivre et cuisine, une salle de douche/toilettes et deux chambres de 2x3 lits superposés. Cela fait très longtemps que la plupart d’entre nous n’ont pas dormi dans une cabane, et peut-être même jamais… C’est tout à fait confortable, même sans eau et électricité. Une cabane pour les scientifiques et hivernants à la recherche de calme, d’espace et d’une pause.
Sur la plage sans limites, les manchots royaux ne sont pas « entassés » comme à Crozet et l’espace dont ils disposent leur permet de se tenir à plus d’un bec de leurs congénères. Les éléphants de mer, sont en retrait, au bord de la plage sur la partie de terre dans les Acénas. Ils vont aller muer pendant une période d’au moins trois semaines sur la colline herbeuse et se retrouvent par groupes de 5 à 10 dans des souilles plus ou moins liquides où ils passent leur temps, vautrés, collés les uns aux autres, quelquefois tellement recouverts de boue que l’on voit juste leurs gros yeux à la surface de la souille. C’est bien la vie… c’est simple… on est heureux… on se tient chaud… pas la peine de stresser !!!
19H00, Jean Marc a sorti de son sac à dos une bouteille de punch et des noix de cajou pour fêter cette nuit en cabane. Dîner aux chandelles, terrine de renne, carpaccio de légine, porc en sauce et super gâteau à la noix de coco succulent, préparés par Francis, le cuisinier de KER et son pâtissier. Oh, là, là les kilos ! Et du vin pour délier les langues, même pas utile !!! La nuit fût marquée par de légers ronflements ni identifiés ni attribués mais c’était joyeux. Au matin, chacun va remplir son seau à la rivière pour les toilettes.
Chantal D. et Sophie C.

Mercredi 18 décembre 2013

Dès que nous arrivons à la cabane du Laboureur (en bois caca originaire de Madagascar), nous allégeons nos sacs à dos et nous préparons pour une journée de marche. A quelques pas se trouvent les Gorfous, cachés à flanc de rocher sur un site peu accessible : mais ce sont des Gorfous sauteurs qui se déplacent très facilement sur les cailloux. Ils sont timides, portent le smoking noir de rigueur des manchots, mais détail de coquetterie, au niveau des sourcils, un peu en arrière : une petite touffe de poils colorés de chaque côté leur donne un air de drag queen ou de punk. Des études de mœurs suggèrent que ce maquillage joue un rôle dans la séduction du partenaire, ainsi, suivant la couleur de ses aigrettes le Gorfou emballera… ou pas.
Après une belle ballade dans l’univers minéral de l’Anse du Laboureur, leçon de pêche aux moules avec Yves. Nous partons avec un seau et une pelle, à la queue leu leu, Heïli, Heïlo les Tamalou s’en vont au boulot !!! Dans la passe, des milliers de moules, il suffit de pelleter pour les ramasser. L’endroit est beau et de plus, le temps exceptionnel, carrément en T-shirts. Autours de nous, des sternes, des cormorans, des goëlands, des manchots papous, en quelques minutes, notre seau est rempli puis les nanas se sont mises à gratter et nettoyer les moules avec une pensée pour les deux chercheurs canadiens rencontrés sur le Marion venus à KER pour étudier le système immunitaire de la moule. Et ça gratte, et ça papotte. Pendant ce temps là, Henri a nettoyé le beau saumon qu’il a pêché à la cascade. Magie d’une fin d’après-midi, d’un moment de partage au bord de l’eau. Pas de vent, la mer est plate et les sternes piaillent. Et c’est vrai !!!! De plus, pendant notre diner, un manchot papou est venu se dandiner sur le ponton, évaluer la profondeur de l’eau, prendre son courage à deux ailes et plonger. Plouf !!!!
Chantal D. et Sophie C.

10H30, dépose en hélico sur la base de Port aux Français et visite avec Claude B. de SAMUKER, l’hôpital de PAF ; devant l’hôpital un arbre (un thuya l’un des 7 ou 8 arbres de l’île protégés du vent par les bâtiments de la base), la SAMUCYCLETTE et la SAMUMOBILE, les deux moyens de locomotion des deux médecins hivernant à KER. Claude a hiverné dans cet hôpital lors de la 26° mission (1975/1976). Il était jeune !!!! L’hôpital a beaucoup changé de puis cette date. Il comporte aujourd’hui : une salle de soins, une salle de radio, un labo d’analyse, un bloc opératoire, une pharmacie, une chambre pour chacun des médecins et même un cabinet dentaire. Le tout est bien équipé, y compris de moyens permettant l’utilisation des techniques de télémédecine et par ailleurs, un espace de convivialité permettant aux hivernants et campagnards de venir discuter avec les médecins en dehors du cadre d’une consultation. C’est « top ».
Chantal D.

3 jours sur KER : Coach Antoine et ses Tamalou (Passagers Touristes sur Fonds Propres) ont été héliportés pour être aussitôt mis en cabane (!) … et ils ont bien tenu la distance, preuve en est, car à vitesse supersonique, ILS ONT marché sur la Lune, grimpé sur des sommets arides, dévalé des pentes caillouteuses, marché sur des tapis de moules perlières, taquiné la truite et le saumon, dégusté la légine en carpaccio et le renne en terrine (Grand merci à CUIS KER !), dîné aux chandelles, fini tout le vin, volé en rase-mottes, pris plein les yeux surtout Bruno dans sa grenouillère Damart qui lui donne des airs de renne blanc, fait des régates de coquilles de moules, aperçu des mouches ailées, des manchots couveurs, des éléphants de mer très dormeurs, des albatros nicheurs, des skuas chapardeurs, des pachas bagarreurs, humé des odeurs inhabituelles, en plein air comme dedans, vu des VSC craquer devant le pot de Nutella, ronflé paisiblement sous la bienveillante protection du Gwenn ha Du (+ Hénaff à bord), dès qu’André, notre Mac Gyver a bien voulu stopper le groupe électrogène qu’il s’était appliqué à démarrer, le temps pour chacun de rejoindre son dortoir.
Ce qu’ILS N’ONT PAS fait ou pas vu n’a plus d’importance, ils sont venus aux KERGUELEN et ils ont vu l’émotion qui perlait au coin de l’œil des PAFiens hivernants quittant l’archipel quand le Marion a une nouvelle fois salué la terre de ses quatre coups de sirène, hérissant toujours autant … poils et plumes cent milles à la ronde …
Gérard Q.

Dimanche 22 décembre 2013

Deux jours de navigation, on nous annonce une arrivée à St Paul le lendemain matin. Comme d’habitude le temps est plus que maussade, tout est gris on devine l’île St Paul à travers la brume.
Puis petit à petit le ciel se dégage pour devenir d’un bleu éclatant. L’Austral, navire de pêche, est sur place on distingue des petites embarcations, ce sont de pêcheurs qui relèvent les casiers. Nous sommes au pays de la langouste.
J’ai demandé au mécanicien de l’hélico pour fixer la go pro, sur un des patins (les images sont superbes) comme si on y était !!!
On s’éloigne de St Paul, un petit trajet le temps d’un repas et nous voilà en face de la Base Martin de Vivies.
Le même rituel se met en place, chacun attends son tour pour l’hélicoptère.
47 secondes, le temps de vol pour arriver sur Amsterdam.
Nous sommes accueillis chaleureusement par le Disams.
Tous les sens sont en éveil et plus particulièrement l’ouïe et l’odorat. L’ouïe par le bruit des Otaries, l’odorat par les senteurs printanières. En voyant des photos j’avais imaginé cette arrivée sur Amsterdam mais pas à ce point. Avec la végétation c’est tout de suite plus chaleureux, à Crozet et Kerguelen c’est du caillou et du froid alors qu’ici c’est le printemps, il faut dire que le ciel est avec nous.
On rejoint la salle de vie commune (Le Skua) en slalomant entre les otaries qui aiment faire la sieste à l’ombre des arbres de la base. Elles ne sont pas très belles, on dirait des gros chiens de compagnie. Un pot d’accueil avec le discours qui va avec, quelques règles de sécurité, on pose nos affaires puis nous sommes descendus à la cale de mise à l’eau squatée par les otaries. Une odeur très particulière un peu chien mouillé en pire. Et puis il faut un claquer des mains et avoir un bâton car elles sont un peu agressives. Il y a plein de pup’s, ce sont leur bébés, ils ont une dizaine de jours. Ils sont noirs et n’arrêtent pas de bêler !!! Si on ferme les yeux et on croit entendre des chevreaux. Ils sont très mignons.
On flâne ensuite dans la base, premières rencontre avec des hivernants.
On accompagne les touristes qui vont dormir dans une cabane à 20mn (La cabane Ribot). Un site au bord de l’océan très sympa. Un repas digne de ce nom (Carry Langouste). Le cuisinier Francis est excellent.
Deuxième jour. Comme d’habitude c’est un réveil matinal, qui me permet de profiter pleinement de la base. Je pars avec un guide de la réserve Naturelle récupérer les touristes à la cabane. C’est aussi l’occasion de discuter de la vie sur la base.
Dans la matinée on part sur un site à la rencontre du Phylica arbre endémique d’Amsterdam, les paysages sont « bucoliques ».
Retour vers midi pour le buffet et là c’est …………….ENORME !!!!!
Francis et Claire se sont mis en quatre pour nous offrir un buffet extraordinaire. J’apprends que Claire habite chemin de la glacière au Guillaume !!!
On part en direction d’une autre cabane ; la cabane Antonelli. Petite marche d’1h environ dans un paysage grandiose. Quand on arrive, le rêve « La Petite Maison dans la Prairie » pour de vrai.
Une petite sieste dans les herbes et c’est le retour, un petit tour vers les otaries. C’est une soirée de départ, l’ambiance est festive.
Dernier jour sur Amsterdam, dernier jour sur un district. J’en profite pour rencontrer des hivernants, ils aiment notre échange et souhaitent plus de relations avec nos élèves et me demandent de leur donner des accès internet pour que la correspondance soit plus rapprochée.
Petit moment de partage avec Eric, on tamponne les passeports, et c’est le barbecue de départ.
Toujours aussi copieux, toujours aussi bon … Merci Francis, merci Claire… On sera présent à votre retour. C’est mon tour, des poignées de main chaleureuses, des regards, des mots. Merci les hivernants de la Mission 65… Bon séjour à tous. Retour sur le Marion, qui est en effervescence du fait de la préparation du réveillon, un moment peu ordinaire, mais aussi trop de monde pour certains hivernants d’Amsterdam qui sont encore sur leur petite île. On ne repart pas indemnes de ces territoires… Ils laissent des traces. Le bateau suit sa route direction Maurice.
Yves P.

Saint-Paul, îlot volcanique sous un ciel voilé à 05H30 ce matin, une ½ heure plus tard le soleil nous montre ce volcan effondré dans sa livrée verte, façon Réserve Intégrale.
Le survol HLO s’annonce exceptionnel et je profite du vol pour raconter au pilote et aux passagers l’histoire des « Oubliés de St Paul », parmi lesquels figurait Pierre Quillivic, cousin germain de feu mon père Joseph Quillivic, un grand oncle donc, qui a disparu en mer à 18 ans en 1930 au terme d’une campagne de pêche à la langouste qui s’est terminée tragiquement pour 7 d’entre eux, dont 3 seulement en sont revenus. Courageux et travailleurs, en quête d’une vie meilleure, ces Finistériens ont vu leur confiance trahie, les promesses qui leur avaient été faites bafouées et une justice, qui de plaidoiries en effets de manches n’a fait aucun cas des disparus … éternel recommencement …
J’avais emporté dans mes bagages un ‘Gwenn ha Du’ et un bonnet rouge, sans témoin, je les ai laissés derrière moi … L’océan a froncé le sourcil, Saint Paul n’est plus qu’un rêve englouti …
Le Marion fait route plein Nord, Amsterdam se profile déjà sur l’horizon, droit devant !
Gérard Q.

Lundi 23 décembre 2013

Amsterdam, ce sera notre dernière escale dans les australes. Nous sommes accueillis par les hivernants de la base Martin de Viviès, base située au nord de l’île d’Amsterdam. Après une brève allocution d’Eric, le DISAMS sportif et dynamique, nous sommes quatre de notre groupe accompagnés d’Hugo, notre guide, à nous mettre en route pour la cabane Antonelli, à une heure de marche de la base. Après une bonne montée avec le vent à contre, nous somme heureux d’atteindre cette jolie cabane. Site extraordinaire et de la petite terrasse, nous surplombons un cratère rempli de Phylicas entourés de conifères. Juste devant la cabane, un rosier en fleurs complète ce tableau magique et encore ensoleillé. Il est 19H00. Nous nous installons. Hugo et François commencent le BBQ : au menu, les langoustes tant attendues avec pommes de terre réchauffées dans la braise, les plus « affamés » d’entre nous aurons également droit à un steack grillé sans compter le dessert préparé par Francis, le cuisinier réunionnais… Encore un festin miraculeux en pleine nature, sur cette petite île qui possède par ailleurs l’un des airs les plus purs au monde. L’observatoire de la Pointe Bénédicte, situé à 2 km à l’ouest de la base, mesure notamment la concentration des gaz à effet de serre et grâce à Laurine, la jeune chimiste VSC, nous apprenons que le moindre BBQ sur la base est repéré sur ces analyseurs.
Sophie C.

Phylica, c’est le nom de l’arbre qui recouvrait une partie de l’ile il y a une centaine d’années et qui avait complètement disparu de l’ile d’Amsterdam à la suite d’incendies. C’est un arbre typique de cette ile qui peut atteindre jusqu’à 2 à 3 mètres, en forme de bouquet, d’un vert tendre. Il se développe bien dès lors qu’il est protégé du vent et des embruns. Depuis quelques années, un programme de réimplantation du phylica a été mis en place et une pépinière a été créée au sein de la base Martin du Vivies. C’est Jacques qui s’en est occupé pendant la 63ème mission d’Amsterdam et c’est Hugo, horticulteur, VSC de la RES Nat (Réserve Naturelle des TAAF) qui va prendre la relève pendant l’année à venir : récolter des graines de phylica, ouvrir ces graines, sélectionner les plus grosses, faire des semis, suivre l’évolution des plants et planter environ 1 000 nouveaux plants sur l’ile après avoir sélectionné les endroits les plus propices à la repousse. Hugo surveillera également l’évolution des plants, mis en terre récemment : les mesurer, nettoyer un peu autour mais pas trop. Il en faut de la persévérance et de l’enthousiasme pour faire tout cela seul. Il en a…
Il nous a montré ces jeunes plants lorsque nous nous sommes rendus à la cabane d’Antonelli, au bord d’un petit cratère, très bucolique. Sur le chemin, des taches blanches, ce sont des marguerites, des chardons bleus, de la cigüe, des capucines orange et jaune dans le « jardin des malgaches », de la menthe odorante et des graminées qui ont une couleur rose dans le vent. Un beau tapis champêtre. Quelques une ont même ressenti la présence des graminées avant de les voir : les yeux ont commencé à piquer, les nez à couler… Sniff, Sniff
Chantal D.

Et UN, et DEUX, et TROIS … et QUATRE îles découvertes sous un soleil quasi estival ! Amsterdam, notre dernière escale australe, n’aura pas fait mentir les stats de señor Météo qui nous ont donnés gagnants de Soleil à chaque séjour, et à Amsterdam, il y a les Dames … otaries, pas très sympa, surtout les gars, et qui nous poursuivent du regard en aboyant pour nous signifier que nous sommes chez elles ! Bien briefés sur la conduite à tenir et armés de nos bâtons de marche – self défense, nous avons progressé jusqu’à MAE (Mare Aux Eléphants) qui est en réalité une plage de rochers envahie par des … otaries. Le soir nous avons rejoint la cabane Ribault, cabane située au bord d’une crique envahie par des … otaries ! On en viendrait même à regretter les éléphants de mer aux têtes si sympathiques qu’on aurait voulu adopter et les appeler Gus ou Bambou pour les emmener dans un Refuge aux confins du Gers et des Landes !…
Heureusement autour de l’île d’Amsterdam, il y a d’autres Dames qui arpentent les fonds marins, moins odorantes, moins vociférantes, moins mordantes et qui sont venues colorer nos tables, je vous parle des langoustes, par centaines, par milliers, une abondance qui aura même permis à certains de s’essayer au p’tit déj’ au sandwich de langoustes accompagné de son verre de punch ….
Un BBQ géant sous un soleil au zénith qui a permis à certains sommets de crânes de prendre des couleurs langoustées, plus de 100 convives, des langoustes à nouveau, a clôturé cette dernière escale magique à plusieurs égards et notamment grâce à l’accueil du boss local Eric, et de ses équipes - mention spéciale pour le chef et ses commis(es), nous lui avons promis de lui faire parvenir par mail le journal de bord, grâce à la piquante et pétulante Laurine, notre surveillante de CO2 sur cette planète australe et qui devient Playmobil de charme pour la sécu HLO sur la DZ, grâce à Hugo notre guide et gardien de la Rés Nat qui bichonne ses graines de Phylica, l’arbuste star du district …
Ils sont restés à 20 sur ce caillou et comme ce soir c’est Noël, le Marion les a salués d’une bonne vingtaine de coups de sirène, un pour chacun d’entre eux, les dames otaries ont vu la crête des garçons otaries se dresser et çà leur a fait quelque chose !…. A nous l’île Maurice …
Gérard Q.

Mardi 24 décembre 2013

C’est Yohan, de la logistique des TAAF qui a joué le rôle de Père Noel pour cette soirée du 24 décembre à bord du Marion Dufresne. Ambiance chaleureuse, joyeuse, discutailleuse accompagnée de champagne ou de bière selon les goûts de chacun. Le pantalon du Père Noel était un peu étroit et court pour Yohan (probablement une taille small) et Yohan doit bien mesurer 1m90 et peser au moins 120 kilos (il est pilier de Rugby à Saint Pierre, normal). Mais il a bien tenu son rôle avec sa barbe blanche qui sentait la colle et son sac bleu de la poste (y avait pas de sac noir à bord du Marion).
Après que chacun d’entre nous ait embrassé le Père Noel et reçu un cadeau quelque fois singulier (n’est ce pas Gérard, n’est ce pas Jean ?), trois garçons de cuisine malgaches (Lay, Mamy et Romuli) et le 2nd chef cuisinier (Olinier) ont commencé à entonner à « Akapella » des chants traditionnels malgaches. C’était émouvant de les entendre chanter pour nous et de voir leur complicité. Ces chants évoquaient des hommes qui avaient un peu bu et qui avaient des difficultés à rentrer à la maison. Ce qui a probablement été le cas pour quelques uns d’entre nous après cette soirée qui s’est terminée au lever de jour. Les Tamalous ont même dansé, y compris le rock. Et ce n’est pas facile de danser le rock quand il y a de la houle qui vous envoie contre les parois du Forum, une fois à droite, une fois à gauche. Belle occasion de tester son équilibre.
Chantal D.

NOEL en mer, le Père Noël en 1ère ligne et le Rayon Vert au dessert… Aussitôt les falaises d’Entrecasteaux coiffées de leurs guirlandes nuageuses, laissées à leurs occupantes, ces chères Dames d’Amsterdam, chacun s’est pomponné, avec plus ou moins de pompons, pour la soirée de Noël, moment unique où une famille se constitue en regroupant des personnes qui, il y a 15 jours ne se connaissaient même pas, mais qui ce soir-là ont un point commun, ils sont de « Ceux qui vont sur la mer », selon la typologie des humains décrite par Aristote …
Allocutions brèves du Commandant, de l’OPEA, puis du Médecin-Chef des TAAF, la Sainte Trinité détentrice du Pouvoir permettant de donner le signal de l’assaut du Bar à Punch, du Buffet des Terres Australes (Tiens, tiens, Dame Langouste nous poursuit …) et de la Cave, où Maître Jean, qui nous avait pourtant bien dit d’ANTICIPER, donne du tire-bouchon pour ouvrir bouteilles de vin de précision et même à bulles …
In Vino Veritas, y compris dans l’Hémisphère Sud, … apparait même E.T., lutin surgi de la grande île de Mada, coiffé d’un bonnet rouge surmonté d’une queue de zébulon, c’est LAY notre serveur attentionné qui s’est mis aux couleurs des VASA !…
Arrive enfin le moment de la distribution des cadeaux, une loterie où chacun se voit attribuer un Kdo pioché dans une hotte - des sacs postaux - alimentée par chacun des passagers. Surgit alors le Père Noël, carrure de 1ère ligne du XIII Catalan, le pack à lui tout seul en fait, moulé dans un costume de circonstance, il ne devait rester que du taille S, et très amateur de bisous, garçon ou fille peu importe, pourvu qu’ça pique et qu’ça mousse ! Aucune échappatoire, il a fallu y passer… Un grand moment de franche rigolade, même si pour ma part j’ai hérité du Kdo le plus nul de l’Océan Indien , rendu le lendemain à son « donateur-Réalisateur », emballé dans un sac, initialement prévu pour ramasser les déjections canines dans les rues de Dinard, et suspendu à la poignée de la porte de sa cabine ! (la 6008 au pont F !!!) Même sur le Bon Coin, je n’aurais jamais pu le refourguer … Grand Prince, il me l’a échangé, … mais sans passer par la Coop du bord ! Les Malgaches de l’équipe Restauration ont ensuite enflammé le Dance Floor, qui bougeait sous les pieds comme un simulateur de vol, en nous interprétant des chants de Mada à 4 voix façon Po Wow, et fait des démonstrations de Séga « roulé-tangué », que le Bosco a bien essayé, mais en vain, d’embouquer… Le lendemain, Jour de Noël, le Père Noël, l’officiel, nous apporté un cadeau collectif au dessert : le rayon vert du soleil se couchant sur l’Océan Indien …
Nous sommes déjà à mi-route de Mauritius… Le tableau de service nous indique qu’il convient sine die d’aller honorer ses dettes …
Gérard Q.

Un réveillon de Noël à bord du Marion Dufresne. Un moment inoubliable qui restera dans nos mémoires. Des échanges de cadeaux, un buffet très copieux, des sourires, des rires, des yeux qui brillent. Le plus beau cadeau c’est d’être là !!!!!
Merci à tout l’équipage pour leur gentillesse et leur disponibilité. Merci à Monsieur le cuisinier qui avec son équipe nous a proposé un buffet somptueux.
Petit a petit la vie quotidienne reprend ses droits et nous sommes à nouveau pris dans un rythme (repas, conférence…) avec un océan qui s’associe à cette tranquillité avec une petite houle très douce et un ciel bleu presque sans nuages.
C’est aussi le moment des premiers échanges de photos, de films. On sent que la civilisation se rapproche avec des discussions plus orientées vers des problèmes de société. On est loin des « programmes scientifiques !! ».
Ce matin visite des machines, le monde du bruit, des odeurs de graisse, d’huile, de fuel, de la chaleur. Et la surprise, si le bruit est bien présent tout est bien rangé, classé, codifié. Nous sommes dans le cœur du bateau, tout ce qui concerne le mouvement, la vie à bord (eau, électricité, évacuations, climatisation….) tout est géré dans ces lieux. C‘est époustouflant, André qui nous guide est dans son monde, quand il parle il vibre, trente trois ans dans le métier, depuis quatre ans sur le Marion, un seul mot André : « Chapeau », merci de nous avoir permis de découvrir ton espace. Que c’est bon ces moments de partage !
L’après midi est elle aussi bien occupée, on enchaîne conférence sur le travail des microbiologiste « les origines de la vie », puis un film sur les oubliés de Tromelin.
J’ai rendez vous avec Claude le cuisinier du Marion Dufresne, encore un moment de grande simplicité, d’humilité par une personne qui donne sa vie à son métier et qui œuvre chaque jour pour le plaisir gustatif des passagers. C’est aussi un grand monsieur. Merci Claude.
Yves P.

Vendredi 27 décembre 2013

Un après Noël actif…
La fin du voyage est proche. Demain nous serons à Maurice et dans 3 jours nous arriverons à la Réunion. Chacun s’active, les hivernants et les touristes font la lessive. Les machines à laver et à sécher sont prises d’assaut. Un créneau horaire libre, celui de minuit à 6 heures du matin. Et Mamy, notre malgache à la cuisine mais aussi au service du Pont F tempête, l’un d’entre nous a oublié d’enlever des cailloux de ses poches et une des machines ne fonctionne plus. A moins que cela n’ait été fait volontairement pour nettoyer les cailloux de Kerguelen…
Les membres de l’équipage ne chôment pas comme d’habitude. Sur le pont H, Gheorghe, second maitre timonier roumain nettoie les vitres et toutes les lames des stores de la salle de gymnastique. Sur les coursives, Gérard le bosco nettoie le sol à grande eau et enlève la rouille qui s’est insérée dans les fenêtres pendant le voyage.
Sur le pont E à l’avant du bateau, grand ménage également avec le balai brosse. Et ça frotte et ça frotte. Pendant ce temps là, quelques hivernants en mal de bain de mer vont se tremper et tenter de marsouiner dans la piscine remplie d’eau de mer qui vue de la passerelle ressemble à un container à l’envers et l’eau utilisée pour nettoyer le pont avant va rejoindre au gré de la houle la piscine…
A l’intérieur, au niveau des cabines, les travaux de réparation sont en cours (prise de courant, robinets qui fuient, placards qui ne ferment plus…). A l’arrière du Marion, l’équipe de maintenance, soude, coupe des morceaux de tôle, enfonce des vis et graisse tout ce qui doit l’être….
Le Marion Dufresne sera tout propre, tout beau quand il va arriver au Port. Paré pour la prochaine rotation.
De son côté, Claude, notre cuisinier a fait nettoyer, découper et congeler les poissons et les langoustes pêchés autour de l’ile d’Amsterdam.
Chacun a payé ses timbres, ses cartes postales à Matthias, ses consommations au bar à Jean et Emilien… Il y a quelques notes salées. Heureusement, nous pourrons encore prendre quelques derniers verres de ti punch en payant directement au bar.
Les hivernants, les membres de l’équipage et les touristes sont pratiquement prêts à rentrer à la maison… mais pas avant une courte halte à Maurice.
Chantal. D

Dimanche 29 décembre 2013

Sitôt débarqués à Port-Louis, direction le Jardin des Pamplemousses, un grand jardin situé au nord de Port-Louis. Nous avons visité ce havre de sérénité et de verdure avec un petit groupe d’italiens, de norvégiens, de roumains et d’américains…. et un guide mauricien blagueur, parlant chacune de ces langues et nous donnant dans ces différentes langues et en latin, le nom des différentes espèces végétales. C’est ainsi que nous avons vu des palmiers bouteilles, des arbres à cannelle, des baobabs, des ficus géants dixit le guide, l’arbre de Siddharta Gautama , l’arbre aux quatre épices et l’arbre du voyageur. Dans une autre partie du jardin, il nous a montré un grand bassin couvert d’immenses nénuphars et des lotus roses et blancs. C’est agréable d’avoir un peu de fraîcheur. Retour en bus (60 roupies pour 2) en passant devant quelques temples hindouistes et nous retrouvons avec bonheur les « tamalous » à la terrasse d’un café au bord du quai.
Chantal D.

Ballade dans la ville, le marché avec ses couleurs et ses odeurs : la coriandre (cotomile pour les intimes), les épices, les étalages de brèdes, d’une couleur vert tendre, les pâtissons jaune doré, les derniers litchis, les ananas et le marché « aux poultry », la volaille sous toutes ses formes, les pattes , les becs, les foies… une odeur qui nous donne la nausée. Impossible d’y rester plus de quelques secondes.
Sophie C.

CLAP DE FIN à Port-Louis. Tiens, tiens, encore des racines BZH. Le Gwenn ha Du termine son périple à la proue du Marion !!!! Rien que ça !!!
Après avoir vu l’enfer de près dans les entrailles du navire, débriefé avec Vincent l’OPEA et Coach Antoine plutôt content de sa palanquée de « Tamalous », apprécié le punch planteur offert lors du pot de Claude Bachelard, médecin-chef très bientôt retraité des TAAF, toubib à moule unique non duplicable, répondu au questionnaire de satisfaction ( ! ) des TAAF, échangé nos adresses en se promettant plein de choses, il restera demain matin, après la dernière nuit à la mer, pour faire nos valises et mettre sac à terre. Nous n’oublierons pas, avant de débarquer le personnel malgache dont la gentillesse et l’endurance au travail sont particulièrement remarquables.
Ce fut un Dimanche à Port-Louis où les états d’âme sur le travail dominical ne font pas la Une des manchettes, loin de là, le passage à 2014 s’annonce pétaradant.
Au revoir les TAAF, au revoir l’Hémisphère Sud…
Gérard Q.

Une fois n’est pas coutume c’est le guide qui clôturera ce journal de bord. Le temps exceptionnel de cette rotation, l’absence de contre temps logistique et la bonne humeur des « Tamalous » auront permis que cette OP se passe remarquablement bien pour une première me concernant. Je tenais donc à les en remercier ici.
Antoine D.