Facebook Twitter Viadeo LinkedIn You Tube Daily Motion Flickr
Accueil > S’informer > Toutes les actualités > Journal de bord du Marion Dufresne - Novembre 2014 (OP3)

9 novembre 2014

Journal de bord du Marion Dufresne - Novembre 2014 (OP3)

Vendredi 07 novembre 2014

1ère impressions : nous avons un créneau horaire d’arrivée d’une demi-heure. De peur d’être en retard chacun arrive à 14h30. Nous faisons connaissance entre nous, les 8 touristes (4 personnes venant de la Réunion et 4 de la métropole – 5 femmes, 3 hommes) et avec Philippe MISTRAL, notre guide et accompagnateur des TAAF.

Nous sommes 105 passagers et 41 membres d’équipage (français, roumains et malgaches, tous francophones).

1er exercice physique : monter nos bagages jusqu’à nos cabines au pont F (6ème étage depuis la cale).
La découverte du bateau commence. Il faudra quelques temps pour que chacun trouve ses repères. La visite guidée nous permet de découvrir : les machines à laver, la salle de muscu, la bibliothèque, le PC scientifique (beaucoup de femmes et de jeunes étudiants), salle de conférence… et se termine en apothéose sur la passerelle pour assister au départ du navire…

Quelques minutes plus tard et en pleine mer : arrivée de l’hélicoptère (écureuil). Les manœuvres de l’atterrissage sur le navire et démontage des pales. Ensuite l’entrée de l’appareil dans son garage fait l’objet de beaucoup de curiosité.
Il fait grand beau temps, la mer est d’huile ; c’est le grand luxe !

Après le dîner, première réunion des 106 passagers par le responsable des opérations. La soirée se prolonge par des discussions animées en petits groupes. Nous, les touristes, sommes gâtés par la présence d’Yves (université de Strasbourg) spécialiste des manchots.
Nuit calme, bercées par le roulis du bateau, réveil sous un soleil éclatant. Nous naviguons vers Crozet que nous atteindrons seulement mercredi 12 au matin. En attendant, nous commençons une journée chargée ! 7h00 petit déj, 10h00 inscriptions individuelles aux lignes de transmissions, 10h30 réunion tout public, 15h30 réunion sécurité, 17h30 documentaire, 19h15 diner, 20h30 film en salle de conférence. Quel bagne ! Mais quel plaisir !

Cécile M. et Francine S.

Ça y est, nous sommes partis, le Marion Dufresne a largué les amarres à 17 heures.
Nous avons été accueillis au pied de la coupée par Philippe Mistral, nous avons fait connaissance avec les autres passagers « touristes », il y a 8 touristes sur une centaine de passagers, et environ 50 membres d’équipage. Ça ne devrait pas être trop difficile de se diluer dans la foule…
Lors du départ, tout le monde était sur le pont avant, juste au dessus de la passerelle, à regarder le bateau s’écarter du quai, glisser entre les énormes porte-containers, et enfin prendre le large.

L’hélico nous a rejoints aussitôt passées les digues du port. Il a fait le tour du bateau, histoire de dire bonjour, avant de se poser à l’arrière. C’était assez étonnant de voir ensuite comment, monté sur un escabeau, un gars a démonté les pales une à une, tandis qu’un autre les attrapait non sans difficultés avec une grosse pince jaune. Ensuite on a mis des roues sous les patins, et hop, l’hélico a disparu dans son garage.

Nous avons été présentés à Thierry, l’OPEA (le chef de la rotation, chef à bord après, ou avec le commandant de bord, que nous avons rencontré aussi), à madame le préfet des TAAF dont c’est la première rotation, nous avons visité les différents ponts du bateau…
Il y a plein de jeunes, des scientifiques, beaucoup de filles.
Nous avons retrouvé Gildas, spécialiste du manchot royal (ne pas confondre avec le manchot empereur) dont la tante Suzanne est de Concarneau, comme nous, et qui nous avait signalé sa présence à bord. Il débarquera aux Kerguelen.

Edith R.

Accueil très sympa, les cabines nous ont été attribuées très rapidement. Nous les trouvons très spacieuses.
L’appareillage se fait tout en douceur à 17h00 comme prévu.

Après un bref briefing de Philippe, visite guidée du bateau. L’essentiel est dit, à nous de prendre nos marques, ce qui devrait être très rapide.
Je retiens surtout que l’OP3 à laquelle nous participons réserve souvent des surprises, et est particulièrement dynamique du fait de la présence à bord de jeunes scientifiques. On verra bien…
L’OPEA nous remet un petit livret qui résume bien les éléments de la vie à bord.
Le soir, briefing du même OPEA qui insiste particulièrement sur les problèmes liés à l’alcool et sur la conduite à tenir en passerelle.

Très légère houle qui nous berce. Le soir apéro, puis repas.
Discussion avec un scientifique qui étudie les manchots royaux.

Patrick R.

Samedi 08 novembre 2014

Journée lisse, mer calme, tiédeur de l’air. On se balade sur les ponts, on fait quelques étirements et autres mouvements de gymnastique (la salle de sports est prise d’assaut toute la journée par des jeunes très motivés, nous ne sommes pas de taille à lutter…).

La journée est ponctuée par les conférences (présentation des Terres Australes et Antarctiques Françaises), les repas que nous partageons avec les scientifiques, les formations obligatoires. Cet aprèm, formation « abandon du navire ». La tenue de survie que nous apprenons à enfiler est une tenue Guy Cotten, venue directement de Concarneau !

Ce midi à notre table, nous rencontrons un canadien spécialiste du système immunitaire de la moule, un autre étudie les paléo-poussières qu’il retrouve en carottant les tourbières d’Amsterdam. L’exotisme le plus total !
Ce soir, pot du commandant : le bar est couvert de punch et de nems et autres samoussas.
Bref, un jour de croisière tranquille et bon enfant.

Edith R.

Dimanche 09 novembre 2014

Journée studieuse :
Formation à la biosécurité : avant de débarquer sur une île il faut passer l’aspirateur sur les vêtements, accessoires, laver les chaussures…
Visite de la passerelle par le commandant. Histoire du bateau, de la navigation, anecdotes.
Formation hélicoptère : comment monter, descendre, éviter les vêtements qui s’envolent…
Conférence sur la vie et les mœurs des manchots, nous sommes incollables sur le sujet (enfin presque).
Conférence sur la réserve naturelle des îles australes, la faune, la flore, les espèces importées et les autochtones, les projets, les relations internationales avec les îles australes voisines (Australie, Afrique du Sud) la protection, la place de l’homme dans tout ça…
Entre deux cours, à la récré, on se promène sur le bateau. Sur le pont arrière nous observons des pétrels à menton blanc, premiers oiseaux depuis le départ de la Réunion. Ils jouent dans le sillage, toute la journée.
A table, rencontre avec des scientifiques aux recherches improbables comme cette jeune ornithologue qui vient étudier la communication olfactive chez le pétrel bleu !
L’après midi, sur le pont arrière, des membres d’équipage font des épissures pour former des boucles à l’extrémité des cordages. Je sais faire des épissures, j’en fais sur mes filets. Je propose mes services, et me voilà embauchée. Je suis très fière d’avoir fait une épissure sur le Marion Dufresne.

Edith R.

Mardi 11 novembre 2014

Changement de climat. 5 degrés dans l’air, 8 degrés dans l’eau, vent violent, jusqu’à 40 nœuds, ça roule, ça tangue. Le transport de la tasse de thé ou café du distributeur à la table du petit déjeuner devient une épreuve. Ce matin, pour sortir sur le pont arrière, ne pas oublier le blouson, les gants, le bonnet. L’après midi, il est interdit de sortir.
Séance de tampons pour les philatélistes ce matin. Il y a les tampons officiels, et toutes sortes de tampons supplémentaires plutôt sympas.

Après midi, conférence sur les orques de Crozet, qui viennent manger les légines prises sur lespalangres des pêcheurs, ou les bébés éléphants de mer sur les plages. Ça nous change un peu des manchots.
11 novembre oblige, il y a une petite cérémonie commémorative de l’anniversaire de l’armistice de 1918, présidée par madame le préfet, qui offre ensuite un pot général.
Nous sommes fin prêts pour débarquer demain sur l’île de la Possession, archipel de Crozet. Les vacances commencent…

Edith R.

La mer a forci durant la nuit. J’ai du arrimer la chaise qui voyageait dans la cabine.
La toilette du matin a posé quelques petits problèmes d’équilibre. Au petit déjeuner, il n’y avait plus de plateau pour aller à table. Tout devait se transporter à la main. Nous sommes rentrés dans les 40éme rugissants.
La température de l’eau est tombée en dessous de 8°C celle de l’air à 5°C. Le vent souffle à 40 nœuds. Les portes principales donnant sur les coursives extérieures sont fermées. Pour l’instant, nous n’avons pas le mal de mer. On touche du bois.

Ce matin, réunion philatélie. On se retrouve à une vingtaine de personnes autour d’une grande table, chacune munie d’un tampon. Le courrier qui sera posté demain à Crozet se retrouve bariolé de cachets, certains obligatoires, d’autres non. Il y a 12 cachets différents. J’en profite pour faire tamponner la carte marine que j’ai achetée sur le bateau.

Un peu avant le repas de midi, Philippe rassemble les touristes pour leur expliquer le programme des prochains jours sur Crozet.
Tout cela m’a l’air parfaitement alléchant. La météo de demain est bonne, celle de jeudi un peu moins, celle de vendredi, jour du départ pour Kerguelen, beaucoup moins, une dépression nous rattrape.

Ce midi, les filets antidérapants ont fait leur apparition sur les tables. Très efficaces. La plupart des convives étaient au rendez vous. Saumon fumé en entrée, puis mignonnettes de porc à la mirabelle et au quinoa : excellent.

C’est le 11 novembre, nous l’avions presque oublié. La préfète a fait une allocution très digne à la mémoire des disparus de la grande guerre. Cérémonie très protocolaire, avec sonnerie aux morts et Marseillaise. Cérémonie surréaliste dans un bateau secoué par des vagues de 5
mètres et un vent de force 8.
Cérémonie suivie du pot du préfet : punch et chinoiseries dans une tout autre ambiance.

Le soir film qui parle un peu de Crozet : les saveurs du palais.

Patrick R.

Mercredi 12 novembre 2014

Nous voulons revenir à la fin de la journée du 11 novembre : 18h40 speech (très bien) de Mme le Préfet en grand uniforme entourée de l’Etat-major du commandement du navire. Puis, au garde à vous avec sonnerie au morts, puis Marseillaise (partielle), enfin pot (punch avec nems, samossas, beignets divers), un régal ; dommage que le bateau tanguait, roulait très fort et que
la digestion fut difficile.

Hier, nous avons découvert l’Ile de Crozet sous un soleil radieux, mais le personnel de bord n’a pas apprécié comme nous cette météo car le vent et la houle forts ont entravé les opérations de débarquement. L’hélicoptère s’est mis au repos (vent à 52 nœuds, impossible de voler) jusqu’au début de l’après-midi où il y avait foule dans le couloir pour embarquer 5 personnes toutes les 5min pour mettre le pied sur la base Alfred Faure.

Là commence la grande découverte et la série des grandes émotions du voyage - notre première rencontre avec les manchots royaux et les éléphants de mer avec la chance extraordinaire de la lumière et des explications d’Yves notre grand spécialiste français des manchots.

Celui-ci, lors des conférences préparatoires, nous a révélé une découverte stupéfiante pour nous : de certains travaux, un brevet a été déposé pour travailler sur un nouvel antibiotique !

Nuit au calme sur un bateau silencieux et calme, à l’ancre dans la baie.

Francine S.

Jeudi 13 novembre 2014

Une journée exceptionnelle que celle du 13 novembre… Temps clair, soleil, vent modéré, de belles trouées de ciel bien bleu. Juste génial. On est gâtés. L’hélicoptère nous dépose à la Base Américaine (BUS pour les initiés !).

On part en balade à la manchotière de l’autre côté d’une colline qu’il nous faut gravir après avoir traversé un cours d’eau. Vive les bottes étanches. Les miennes pèsent une tonne et chaque pas est un mini problème qui au bout du compte se transforme en véritable épreuve. J’envisage de chausser des baskets quitte à me mouiller les pieds. Désespoir ! Bon… j’exagère, le moral
n’est pas atteint. Je regarde avec émotion autour de moi ce paysage grandiose, coloré, à la fois paisible et animé, collines douces, sable couleur ardoise, peuplé de manchots et d’éléphants de mer de toutes tailles. Derrière nous des montagnes avec un reste de neige et à nos pieds une végétation rase, pauvre au premier coup d’œil et pourtant très variée. Je suis émerveillée par la petitesse, la diversité et la finesse de toutes ces petites plantes. Et,
c’est vrai, je suis aussi réellement émue de réaliser que ce paysage n’a pas changé depuis 200 000 ans. Nous essayons de capter avec nos appareils photos tout ce qui fait la magie de cet endroit. Pourtant ce qui restera vraiment c’est ce que notre cœur aura enregistré.

On fait demi-tour. Remontée vers la colline, redescente vers la cabane, re-coucou au bébé albatros qui se dit sûrement « les re-voilà encore ces drôles d’oiseaux bavards à deux pattes et pleins de couleurs qui viennent perturber le calme de mon île ». C’est vrai qu’on n’est pas discrets. On pousse des « oh ! » et des « ah ! » dès qu’il nous regarde et qu’il déploie ses ailes. A midi, nous déjeunons des sandwichs, des fruits et des cakes. Il y a même deux bouteilles de vin. Très bon. Qu’on boit au goulot parce qu’il n’y a pas de verres… Grosse
rigolade et re-photos. La mer devient grise et la brume envahit l’horizon. L’hélicoptère revient nous chercher. Nous laissons là nos accompagnatrices de la réserve Naturelle, qui ont été à la fois très professionnelles et très sympa. Un beau moment et une belle journée.

Marie-Laure P.

Une journée sur la plage de la baie américaine, ou BUS. Une plage déserte, fréquentée par les animaux sauvages en toute liberté comme au premier matin du monde. On ose à peine s’introduire dans le décor.

Parlons des éléphants de mer, ils vivent en harems. Un gros mâle appelé le « pacha » fait la sieste sur le sable, entouré de ses femelles beaucoup plus petites. Elles accouchent d’un bébé éléphant (un éléphanteau de mer ?) qui pèse bien 40 kg et grossit rapidement jusqu’à 100 kg pendant la période d’allaitement qui dure environ 2 mois. Puis il est sevré et reste se prélasser sur la plage. Quand il a faim, il va à la mer chercher quelque poisson. C’est là que
l’orque, la baleine tueuse en anglais (killer whale), l’attend. L’orque n’en fait qu’une bouchée, c’est pourquoi on appelle ces bébés éléphants les « bonbons ».
La plage était parsemée de nombreux paquets de bonbons…

Edith R.

Vendredi 14 novembre 2014

Aujourd’hui avec un soleil persistant, l’hélico nous dépose sur une nouvelle plage de sable noir : belle ballade à pied sur une colline ; vues imprenables sur la mer et ses algues laminaires, les nids de gorfous sauteurs, d’albatros géants en vol et au nid, des pétrels divers (dont un géant), encore des manchots royaux et des harems d’éléphants de mer. Nous sommes accompagnés de guides de la réserve qui nous expliquent les variétés de flore rencontrés et les modes de vies des animaux. Une belle journée en plein vent avec pique-nique sur place

Une journée d’exception grâce à la générosité du personnel dues TAAF à l’égard des touristes, et au soleil quasi omniprésent. Dans une région réputée pour ses pluies constantes, il parait que nous sommes chanceux ; nous en sommes conscients et heureux.
PS du soir : pendant que nous batifolions sur la plage, les spécialistes de météo-France bravaient les brumes d’altitude pour réparer le radar gelé qui avait besoin de pièces de rechange.

Cécile M.

Cette nuit, mer très agitée, le bateau faisait des bons dans tous les sens. D’énormes masses d’eau arrivaient jusqu’à mon hublot. Impressionnant. Effectivement, tempête très forte. Nous avons fait demi-tour et nous sommes à nouveau en face de la base, car même si le ciel est bleu, la mer est démontée. Bateau à l’ancre. Programme bouleversé. Premier cadeau de la journée, il y
a un groupe d’orques à l’avant du navire. Tout le monde sur la passerelle ! Il est 10h00.

Marie-Laure P.

Samedi 15 novembre 2014

Hier, le 14, il était prévu un déchargement technique à Pointe Basse, toujours à Crozet. Dans la nuit le bateau a fait ½ tour, puis il a joué à l’hippodrome (il a fait des « ronds dans l’eau ») dans la baie du marin, face à base en attendant que l’état de la mer permette de jeter l’ancre, puis le vente pour que l’hélico puisse décoller. Certains se sentaient orphelins de leurs collègues de la base alors que d’autres étaient impatients de retrouver leurs cabines sur le Marion.
Soudain le haut-parleur a annoncé « ORQUES à TRIBORD ». Ça a été une ruée vers la passerelle, avec appareils photos et jumelles. Nous avons eu la chance de voir apparaitre des ailerons (15 à 17 bêtes) et ensuite certains ont émergé et nous avons pu voir leur corps bicolore.
Pour continuer notre éducation animalière locale et nous préparer à de futures rencontres, nous avons bénéficié de 2 documentaires sur les cachalots, les orques et les animaux des grands fonds. L’après-midi a été occupé par un film sur les recherches scientifiques dans les trois districts.
Les opérations de transports terminées, le Marion Dufresne a pris la direction de l’archipel des Kerguelen, en passant à proximité de la cote sur l’Ile de l’Est (réserve inhabitée) avec de jolies couleurs de fin d’après-midi, une luminosité exceptionnelle et des vols d’oiseaux multiples.
Nous en somme déjà au 1/3 du voyage. On ne voit pas le temps passer et en même temps on a l’impression d’avoir largué les amarres il y a un siècle.
Francine S. et Cécile M.

Moment de tranquillité, personne sur le pont au dessus de la passerelle. Grand soleil je vais rester assise là et ne rien faire ! Nous faisons route vers les Kerguelen, on devrait peut-être voir un iceberg.
Nous avons eu un documentaire sur les ascensions du mont Ross (1850m) : seulement 3 expéditions réussies. Là j’ai compris quelque chose : il ne suffit pas de rêver à vouloir grimper partout mais il faut d’abord se renseigner sur l’endroit ! Ça m’apprendra…

Evelyne B.

Depuis hier nous avons quitté l’archipel des îles Crozet, le Marion Dufresne a donné deux coups de sirène pour dire au revoir aux habitants de l’île de la Possession, puis après le passage d’un troupeau d’orques (venues nous dire au revoir ?) a mis le cap à l’Est-Sud-Est vers les îles Kerguelen, laissant l’île de l’Est sur bâbord.
Les vents très forts ont empêché de remplir complètement les missions prévues, mais environ 80% des tâches ont été accomplies.
Quelques nouvelles têtes sont apparues à bord : ceux qui séjournaient à Crozet et qui sont maintenant de retour vers la vie « ordinaire ».
Nous arriverons lundi. D’ici là la vie à bord s’installe dans une certaine routine, rythmée par les conférences et les repas. Les coups de roulis intempestifs apportent un peu de piment (café renversé, chaises qui dansent…)
Rédaction des cartes postales, lessives, topos scientifiques, parties de babyfoot, apéros, un tour à la passerelle pour suivre la route sur la carte et connaître la vitesse du vent ou la température de l’eau, observation des oiseaux qui tournent autour du bateau (j’ai plein de photos de ciel bleu, ou gris, car le grand albatros, ou le damier du cap ont quitté le cadre avant que je déclenche).
La nuit, aucune pollution lumineuse, le ciel est criblé d’étoiles que je ne sais pas nommer.

Edith R.

Gris et houleux. Difficile d’aller faire pipi sans s’accrocher sérieusement. J’entends mes voisines qui éclatent de rire. Il est 5h00. La journée commence bien. Le bateau bouge beaucoup. En revenant de la lingerie je vois une de mes voisines courir après sa chaise dans le couloir. Je rigole bêtement. Trois minutes après c’est moi qui cours après ma chaise. Re-rigolade. Dans l’après-midi, film sur les hivernants et voyageurs OP4-2013 : Leurs raisons de venir là (se couper du monde, voir autre chose, vivre au plus près de la nature, apprendre à aller à l’essentiel). Je me dis qu’aller à l’essentiel c’est le programme d’une vie ou un programme de vie, et que ça simplifie considérablement les choses. Tous ces jeunes ressentent le bonheur de vivre autrement et de créer entre eux des liens d’amitié forts tout en vivant leur passion : la recherche. Loin de nos civilisations, de la consommation à outrance, de l’envie de tout posséder en ayant toujours plus de droits que de devoirs… un chouette film. Tiens, pour revenir sur terre, à minuit on change de fuseau horaire : +1. Surtout ne pas oublier, histoire de ne pas rater le petit-déjeuner. Entre autres.

Marie-Laure P.

Journée de navigation calme – en route pour les 50èmes hurlants (correspondant au degré de latitude nord en Normandie). Nous avons une grande chance de ne pas connaitre les grosses tempêtes habituelles à cette époque. Certains, se sont même payé une petite sieste au soleil sur le pont supérieur avec un bon anorak (température extérieure 4 à 5 degrés à l’abri du vent).
En contraste nous avons vécu par procuration sur un documentaire, les émotions d’une ascension hors pair au Mont ROSS, point culminant des Kerguelen (alt 1850m).
Sinon les parties de tarot, de baby-foot, la broderie, … la lecture, l’observation de la mer depuis la passerelle ont occupé la journée.

Notre vie quotidienne est émaillée de petits épisodes humoristiques ménagers : comme trouver le bon programme de la machine à laver le linge quand on est un homme loin de sa femme restée prudemment à terre. Le sèche-linge sera une deuxième étape prévue pour cet après-midi… rigolade assurée de ces dames.
La boutique des TAAF connait aussi une grosse affluence de nombreux passagers de toutes sortes, les séances d’essayages des vêtements sont encore des occasions d’amusements.
Petite annonce : dans la nuit on change de fuseau horaire (avancer les montres d’une heure – temps universel + 5) donc la nuit sera plus courte.

Cécile M. et Francine S.

Dimanche 16 novembre 2014

Ce matin dimanche, autour de nous toujours des chercheurs et puis dans notre groupe, gros problème d’intendance : la machine à laver et le sèche linge ; cela nous a animé un bon moment avec un professeur émérite prêt à faire la leçon. Vraiment je me sens très bien entourée.
Autre distraction cette après midi et pas des moindre : tamponnage du courrier qui va partir de Kerguelen. Impressionnant le volume de lettres.

Evelyne B.

C’est dimanche. De mon hublot, la couette remontée jusqu’aux oreilles, je regarde un grand carré de ciel bleu traversé de petits nuages qui s’effilochent à toute vitesse. Doit y avoir du vent ! J’entends déjà mes voisins de cabine s’activer. Les bruits changent peu à peu. La musique du bateau s’amplifie de sons différents : bruits de voix, de tiroirs qui se ferment, de portes qui claquent… Belle journée à bord. Conférences et séance de tamponnages du courrier. Beaucoup de lettres. De jolis timbres pour les familles et les collectionneurs. Ce soir Evelyne et moi avons l’honneur de dîner à la table du Commandant de Bord. Hier, c’était deux autres voyageurs de notre groupe. Moment agréable. Il paraît qu’un cyclone est en formation au dessus de la Réunion. Demain journée à bord et si le temps le permet, survol d’un glacier des Kerguelen. Un beau programme.

Marie-Laure P.

Les croissants au petit déjeuner nous rappellent que c’est dimanche ! Temps couvert et mer calme.
A 9h30, conférence sur l’invasion biologique à Kerguelen : exemple sur le carabe. Savez-vous ce que c’est ? Un petit insecte de quelques millimètres, pas très beau mais qui s’est bien adapté à son nouveau milieu depuis quelques années ; une de ses particularités : il mange les mouches de Kerguelen (espèce sans ailes).
Puisque c’est dimanche, en guise d’apéro, nous fêtons ce jour spécial du calendrier en nous partageant une bonne bouteille de Pouilly Fumé offerte par Michel.

A 14h00, nouvelle séance de philatélie, avant l’escale de Kerguelen. Nous sommes de nouveau autour d’une grande table devant une belle pile d’enveloppes à tamponner, chacun avec son tampon spécifique et différent de ceux de Crozet. Malgré la taille des piles tamponnées, nous n’avons pas reçu rémunération de nos services, si ce n’est que le sourire et les blagues du personnel TAAF délégué postal.

15h30 on passe aux choses plus sérieuses : les éléphants de mer, prédateurs de poissons lumineux dans l’obscurité des grandes profondeurs. Jean-Pierre nous apprend comment on a découvert que cet animal si pataud sur le sable est capable de plonger jusqu’à plus de 2000m de profondeur ; les balises sophistiquées qu’on lui colle sur la tête pour étudier ses déplacements et autres critères savants sont fixées avec de la radlite.
17h15 : réunion spéciale touristes ; Philippe nous fait saliver avec le programme qui nous attend pour les 5 prochains jours… Si la météo le permet (Kerguelen en différents endroits du 17 au 21 novembre) : découverte de l’arche de K, randonnées, survol en hélico du glacier, pêche de la truite, ramassage de moules, et une nuit en cabane en bord de mer perdue au bout du monde, etc…

Cécile M. et Francine S.

Lundi 17 novembre 2014

Ça y est, je l’ai vu le lever du soleil à Kerguelen, à l’air libre au dessus de la passerelle. Nous étions au large de l’ile de Croy et de petites iles sur ma droite. C’est l’étrangeté et l’exception du lieu qui fait le merveilleux. Cet après-midi nous avons même droit à la neige autour de nous !

Evelyne B.

Réveil à 4h30 pour assister à l’arrivée à l’île de Croy (une des îles dites nuageuses. Il fait super beau, mais nous avons raté le lever du soleil. L’île est très distincte avec au loin la grande terre et ses sommets enneigés… Les nuages arrivent à toute vitesse et la brume aussi. 1h plus tard, il neige, il grêle, le pont devient une patinoire où les personnes chargées de la maintenant du navire s’essaient au patinage. L’hélico part faire un vol de reconnaissance sur l’île pour faire un comptage des oiseaux (opération non effectuée depuis 10 ans).

Le bateau reprend sa course, la météo ne s’est pas améliorée, nous passons tout près de la fameuse ARCHE DE KERGUELEN. Nous sommes obligés de croire le commandant car le brouillard épais nous a ôté toute visibilité. Déception générale.

Puis le bateau se faufile dans les étroitesses du fjord pour livrer du matériel près de la cabane de Ring pour que les scientifiques puissent venir faire du carottage. (Conférence préalable sur le sujet – passionnant comme toujours).
Le reste de la journée se passera en grande partie derrière les vitres de la passerelle à observer les mouvements de brumes autour de nous et consulter le baromètre qui chute désespérément d’heure en heure. Donc pas de sortie, pas d’hélico sur le glacier, pour personne.
Ce soir nous devons aller jeter l’ancre dans le golf des baleiniers, face à la base de Port Couvreux. Que nous réserve cette météo si changeante ?!

Cécile M. et Francine S.

Mardi 18 novembre 2014

L’accueil des îles Kerguelen est à la hauteur de leur réputation : tempête, neige, puis brouillard. Trop de vent ou pas assez de visibilité pour sortir l’hélico.
Enfin une fenêtre météo, et l’hélico nous dépose au fond de la baie du laboureur, devant une cabane, sur une plage de galets. Nous sommes accompagnés de deux guides de la réserve, Fabrice et Anna.

Nous partons en rando. Le vent est si fort qu’il faut se cramponner aux bâtons pour rester debout. La neige nous cingle la figure. Nous saurons plus tard qu’il y a eu des rafales à 130 km/h. Nous voyons ce phénomène étrange : dans une cascade, l’eau au lieu de descendre remonte la pente, retroussée par le vent ! Quelques manchots papous, goélands dominicains, cormorans, un troupeau de rennes au loin.

Soirée en cabane, comme un refuge de montagne : nuit et froid à l’extérieur, chaleur et réconfort à l’intérieur.

Edith R.

En se faufilant aux milieux des multiples ilots, le Marion Dufresne arrive à Port Couvreux. L’hélicoptère nous transporte à la cabane Laboureur au dessus de paysages à la fois insolites et désertiques. Sandwichs dans le sac à dos sommes partis avec les guides de la réserve naturelle faire une petite balade vivifiante : le vent s’est levé à ne pas pouvoir tenir debout et à décoiffer un manchot ! On a tenu le coup. De retour à la cabane nous avons rempli une énorme marmite de moules, cuisinées au vin blanc et petits oignons. Et là, au matin on aurait aperçu une variété de manchots (enfin personne n’est surs) ; très maladroits dans l’eau, visiblement très frileux et préférant la terre ferme. Du travail pour les scientifiques à moins qu’une légende ne voit le jour !

Evelyne B.

Le temps s’est un peu calmé. On décolle en début de matinée, et on atterrit dans un site complètement paumé. Une cabane au bord d’un lac, avec rien autour, c’est la cabane Laboureur.
On part en randonnée. Le vent forcit, il y a du grésil. J’ai mal aux sinus, nous avançons comme nous pouvons et gravissons un col, parmi des cailloux, pas un seul brin d’herbe. Le paysage est saisissant. On comprend pourquoi on appelle ces îles, îles de la désolation.

A midi, pique-nique, un peu à l’abri du vent, avant de retourner à la cabane en passant voir une colonie de gorfous sauteurs.
On ramasse ensuite des moules pour le repas du soir. Très sympa. Anna, jeune agent de la réserve naturelle pose de nombreuses questions sur nos métiers respectifs. Si les réponses ne la satisfont pas, elle insiste, ce qui fait rigoler tout le monde.
On mange nos moules ainsi que le repas très copieux que nous a préparé le chef du bateau.
On va se coucher, Evelyne choisi de coucher à la belle étoile. Il doit faire 3 ou 4 °C, le vent souffle par rafale. On apprendra le lendemain qu’il y a eu des vagues de 10m en pleine mer, que le bateau a dû attendre avant d’appareiller de Port Couvreux, et qu’il y a eu des vents de 130 km/h à Port aux Français. Ici, d’ailleurs, on dit PAF, comme on dit KER pour Kerguelen ou PJDA pour Port Jeanne d’Arc. Il faut s’habituer à ces acronymes.

Patrick R.

Mercredi 19 novembre 2014

Apres une nuit paisible, je dois dire passée dans un duvet douillet à la belle étoile, j’ai pu admirer un lever de soleil splendide à 04h00. J’aime ces moments simples. L’hélicoptère nous a emmenés à la cabane Jacky en passant au dessus de paysages fantastiques mêlant méandres d’eau et ilots. Pour les uns excursion apéritive, pour les autres pêche à la ligne…

L’après midi retour à Port aux français après une bonne marche à travers tourbe et vastes espaces très caillouteux.

Evelyne B.

Jeudi 20 novembre 2014

Ce qui m’a frappé dans cette journée, c’est le départ des résidents qui avaient fini leur mission. Pour voir partir ces 7 ou 8 personnes, tous les résidents étaient en bordure de l’héliport, et à chaque départ d’hélico c’était de grands signes de mains, des personnes qui se côtoyaient au quotidien depuis des mois allaient se retrouver séparées par des milliers de kilomètres. L’hélico arrachait de l’île ceux qui partaient.

Edith R.

Vendredi 21 novembre 2014

03h50. Une lueur pointe à l’horizon. Le soleil ne va pas tarder à se lever. Nous sommes toujours à PAF. Je m’habille et vais sur le pont. Edith qui s’est réveillée me suit. Nous ne sommes que tous les deux. La baie est calme, on dirait un lac. Le soleil n’est pas encore levé, mais l’Est se teinte de rose. Le Mont Ross, se dresse tout blanc, majestueux devant nous. C’est la première fois que nous le voyons. Thierry nous rejoint. J’ai froid. Je redescends en cabine prendre des vêtements plus adaptés.
Le bateau appareille, il est 04h15.
Sur le pont, le spectacle est toujours aussi époustouflant. Le Mont Ross rosit. Superbe. L’ex médecin de la base qui nous a rejoint, me dit que c’est la première fois qu’il voit le Mont aussi beau.
Après un détour par la passerelle, je me recouche.

06h30. On jette l’ancre face à Port Jeanne d’Arc. Village complètement perdu au fond d’un fjord. On prend l’hélico et on bénéficie d’une visite guidée faite par Luc.
On y apprend que la station a été construite par des norvégiens en qualité de sous-traitants d’un français, René Bossière. Les différentes installations nous sont décrites, les cuves de stockage d’huile, les treuils servant à hisser les baleines puis les éléphants, la machine à trancher le lard, les chaudières, les différentes cuves servant à purifier l’huile. On y voit les lieux de vie, la forge, un bâtiment resté en l’état qui tient debout grâce à des échafaudages, et des tonneaux, des centaines de tonneaux rouillés qui servaient à transporter l’huile. Un peu à l’écart, quelques doris en train de pourrir.
On s’imagine fort bien ce que devait être la vie de ces exilés, dont la seule préoccupation était de faire tourner 24 heures sur 24 cette usine.

15h00. Le Marion lève l’ancre pour regagner Port aux Français et déposer le Disker. On passe dans un endroit très étroit pour gagner la passe du Prince Albert. C’est un peu magique et à la fois impressionnant de voir un si gros bateau dans cet endroit. Edith voit des dauphins de Commerson.

A l’heure où j’écris, on a quitté le golfe du Morbihan, et on se dirige tout droit sur Amsterdam que l’on devrait atteindre lundi vers 5h00. Le bateau bouge à peine, mais on doit encore être protégé par les îles.

Patrick R.

Lundi 24 novembre 2014

Levée du soleil à 04h30 au large de Saint-Paul. Une surprise nous attend ! Lorsque le bateau s’arrête devant le cratère, en parti effondré, Mme le préfet nous offre un tour d’hélicoptère pour survoler l’île car elle est entièrement protégée donc pas le droit d’aller répandre nos microbes et particules diverses et variées dans cette nature pure.

Et maintenant, aie ! Dernière île en vue où nous allons débarquer : Amsterdam. Accueil toujours chaleureux par le Disams. Là je regarde autour de moi, où suis-je ? Que vois-je ? De l’herbe, des arbres : je ne suis pas dans le même voyage. Là on m’explique, l’île entièrement polluée par l’homme au cours de nombreux voyages. Au 18° siècle : introduction de graminées variées, de vaches qui se sont régalées avec l’arbre endémique le phylicas… Par contre nous faisons connaissance avec les otaries à la MAE. Elles ont l’air gentilles comme ça mais notre GO nous a mis en garde : d’avoir voulu repousser un mâle qui les chargeait, il en garde un souvenir. Il a même eu droit à une plaque sur le chemin de la cabane Ribault. Donc Evelyne tu restes à l’intérieur de la clôture et tu dors dedans : les otaries guettent !

Le lendemain, nous partons vers la pointe Bénédicte : là est installée une station climatologique ; stop ne respires plus : « tu pollues mes bouteilles d’air » ; car il faut savoir, sur l’île d’Amsterdam nous avons l’air le plus pur au monde, étudié, mis en bouteille direction Paris.
L’après midi, à la pointe BMG nous voyons quelques grands phylicas épargnés par les vaches et en voie de replantation par les agents de la resnat.
Le soir, installée sur le balcon de la cabane Antonnelli je m’endors sans crainte, en admirant Orion. Le réveil se fait avec les cris des otaries au loin.

Evelyne B.

05h00. Je regarde par le hublot. Je vois un gros caillou. C’est l’île de Saint-Paul.
Quelques photos. Les casiers de pêche à la langouste sont alignés dans la coursive.
Il fait beau, on sent que l’on a définitivement abandonné la météo de Crozet et de Kerguelen.
Petit déjeuner, puis tour de l’île en hélico. C’est beau. Je pense aux oubliés de Saint-Paul. De leurs installations, il ne subsiste qu’une cabane. Toute l’île est vierge. Elle est classée en réserve naturelle intégrale.
Les casiers sont relevés. 2 langoustes et une vingtaine de « bleus », poissons qui ressemblent à de la daurade.

On met ensuite le cap sur Amsterdam que l’on atteint vers 14h00.
Après le discours d’usage du chef de district, on va voir les otaries à la mare aux éléphants, tout près de la base. Il faut faire attention, car à la différence des éléphants de mer, ces dernières sont véloces et dangereuses. Philippe s’est fait mordre la main l’an dernier, et porte des broches depuis lors.
C’est tout nouveau pour nous et, il faut le dire, nous sommes sur nos gardes. Chacun a un bâton, au cas où…
Les otaries dorment tout près du sentier et se cachent dans les herbes hautes, se rendant invisibles, donc potentiellement dangereuses. Il faut faire du bruit pour leur faire connaitre notre présence et rester groupé.

Le soir, on va dormir à la cabane Antonelli, située à 1h de marche, dans les hauts. Le temps est beau sur la base, mais on distingue du brouillard là où se trouve la cabane.
Le groupe est scindé en deux : Thierry, Michel, Edith et moi allons à Antonelli. Evelyne, Francine, Marie Laure et Cécile vont à Ribaut. Le lendemain, on fera l’inverse.
Arnaud, notre guide, porte les repas dans son sac. Le gite est très « cosy ». Je joue avec Michel, au jeu de Marienbad. Il m’en explique les ficelles.
Au repas, carry de langouste.

Patrick R.

Lever tôt pour assister au lever du jour et arrivée sur l’Île Saint Paul vers 04h30. C’est une réserve naturelle intégrale réservée aux oiseaux.
Visibilité maximum sur le volcan en parti effondré et la caldeira remplie d’eau de mer. Une bande de sable nous empêche d’y rentrer ; seule une petite passe permet l’abordage en zodiac (réservé aux VIP). Pour ce qui nous concerne, nous avons la chance de pouvoir survoler toute l’île grâce à l’hélico. Ce survol nous laissera un souvenir de magnifiques images des falaises abruptes plongeant dans la mer, les cratères des volcans… mails pas de fumeroles dans la caldera.
N’oublions pas que cette île est territoire français ; donc sur la petite cabane le drapeau français y est peint et Madame le Préfet y plante le drapeau des TAAF.

Nous reprenons la mer en direction d’Amsterdam toute proche : 4 heures de navigation. Le soleil a oublié de se cacher et nous apprécions. A l’arrivée, C’EST LE CHOC : de l’herbe qui sent bon, des fleurs autour de tous les pavillons : roses, marguerites, géranium, etc… et des thuyas vénérables, de tamaris et des phylicas. Avec nos sacs à dos chargés pour 3 jours, nous débarquons sur cette île au début d’après-midi. La 1ère visite est consacrée à la mare aux éléphants. Comme son nom ne l’indique pas elle est le domaine exclusif des otaries. Armés de nos bâtons, destinés à nous défendre de ces « gentilles » petites bêtes… Pas si gentilles qu’on pourrait le croire, si jamais nous contrarions leur volonté (elles sont capables de charger et leur poids peut faire mal).

En fin d’après-midi, 11 personnes partent pour la cabane Ribault à 20 minutes de marche à travers une prairie pour arriver à une petite cabane dont le petit jardin est clôturé pour éviter l’installation des otaries. La cabane surplombe une petite baie : domaine de celles-ci.
Apéro dans le jardin et soirée aux chandelles avec carry de langoustes DELICIEUX ! ! !

Cécile M. et Francine S.

Mardi 25 novembre 2014

Réveil assez matinal, puis descente à la base où l’on prend notre petit déjeuner.
On va ensuite à la pointe Bénédicte, où est analysé l’air le plus pur de la planète, plus pur que dans l’antarctique.
C’est là que l’on étudie notamment, l’effet de serre, les taux de mercure dans l’atmosphère, et tout autre sorte de phénomène.
Sur le chemin du retour, on aperçoit un fou (l’oiseau) qui vient nous rendre visite.
Francine chute dans les escaliers. C’est l’occasion de tester l’appareil de radiologie de l’hôpital. Rien de cassé.
L’après midi, on va visiter une forêt de Phylica arboréa, seul arbre des terres australes, qui est endémique à Amsterdam et à Tristan da Cunha.
Le soir, on dort à la cabane Ribaut, située à 20min de la base, qui surplombe la mer. Pour y accéder, on emprunte un sentier littoral, à l’extrémité duquel on peut lire : avenue Philippe Mistral, du nom de notre guide, mordu l’an dernier sur ce sentier, par une otarie.
Cette cabane est plus grande qu’Antonelli. Il y a 10 couchages. Outre les 4 touristes, il y a Jaques, l’ancien médecin de Kerguelen, Aurélie et Sarah qui viennent aussi de Kerguelen, Philippe, notre guide et Hugo de la réserve naturelle. Aurélie et Philippe décident de dormir dans la cuisine pour échapper aux potentiels bruits parasites émis durant la nuit par certains d’entre nous. Bonne initiative, car on a très peu dormi.
Auparavant, apéro avec le préfet, venu avec Cédric et Pierre Jullien nous rendre visite. Sympa.

Patrick R.

Lever du jour flamboyant pour les lèves-tôt et retour sur base pour le petit déjeuner.
Nous partons à pied, toujours avec nos bâtons en direction de la pointe Bénédicte ; après une marche agréable à travers un paysage tout vert qui sent le printemps (il fait 15 degrés) nous arrivons à la station des prélèvements d’air. Gaz carbonique, poussières diverse, mercure, etc… n’ont aucun secrets pour les scientifiques qui y font des prélèvements sophistiqués, car l’air de cet endroit y est si « pur » qu’il est une référence mondiale. Nous en profitons en gonflant nos poumons au maximum.
Retour par un petit sentier côtier en admirant les albatros et un fou (peu fréquent dans la région) qui nous gâte par des passages vertigineux au-dessus de nos têtes. Dans l’après-midi nous voilà repartis pour rejoindre de l’autre côté de l’île la forêt de réimplantation des phylicas. Grâce à Hugo et Arnaud, spécialistes hors pairs, nous savons tout sur leur existence passée, présente et future.

En fin d’après-midi nous partons chargés de nos sacs à dos vers la cabane Antonnelli pour y passer la nuit (1h30 de marche). Nous arrivons, avec les jolies couleurs du soleil couchant, dans un joli chalet suisse situé en hauteur sur une crête avec un balcon dominant un cratère arboré avec rosiers, capucines et pommiers en fleurs. Depuis le balcon nous avons vue imprenable sur la mer, le silence total, et à la nuit tombée nous suivons le Marion Dufresne faire ses manœuvres pour se mettre en sécurité durant la nuit. La journée a été longue, les jambes et les pieds apprécient un repos bien mérité.

Cécile M. et Francine S.

Cabane Ribault : le jour se lève. Tout rose et mauve. Il est 4h00 du matin. Je traîne un peu dehors. Il fait froid mais c’est beau et j’accepte de me geler le nez pour admirer encore un peu le paysage. Dedans tout le monde dort. Puis Francine et Aurélie se lèvent. Et c’est au tour d’Evelyne de mettre le nez dehors. Finalement tous les occupants de la cabane ouvrent l’œil.

Il est encore bien tôt, mais on se prépare et on repart tous ensemble, à cause du danger que peuvent présenter les otaries. On reprend l’Avenue Philippe MISTRAL du nom de notre célèbre accompagnateur. C’est vrai qu’il se serait bien passé de cette célébrité, et nous lui souhaitons du fond du cœur le meilleur rétablissement possible après la déchirure de sa main par la morsure d’une otarie à une précédente OP.

Arrivée à la Base : il n’est pas encore 8h00. Le café est bien chaud, le petit déjeuner très sympa et nous attendons le deuxième groupe qui a dormi à la cabane Antonelli. Tout le monde se retrouve. Chacun raconte son histoire entre le cake excellent, les tartines beurrées et la deuxième tasse de café. Bon… une fois de plus c’est rigolo.

Puis on repart, cette fois-ci en balade vers la pointe B. où travaillent des jeunes, climatologues et chimistes, qui étudient la pureté de l’air, les taux de dioxyde de carbone, de méthane et de vapeur d’eau. Explications intéressantes. Je suis étonnée par la compétence de ces jeunes filles, qui connaissent bien leur sujet et sont capables d’en parler de façon claire et intelligente.

Nous repartons par le bord de mer et rentrons à la base. Apéro et déjeuner sous forme de buffet. Excellent. Ensuite le groupe part visiter la forêt de Phylicas et moi, je décide de buller tranquillement dans le salon, en lisant des journaux de voyages. J’en profite pour fermer l’œil et je m’endors pendant une petite heure. Vive la sieste au pays des otaries. Le groupe rentre, enchanté. Super, tout le monde est content. Et moi aussi. Vers 17h. Notre groupe se re-divise en deux : ceux de la cabane Ribault partent pour Antonelli et inversement. Nous prenons le chemin qui grimpe au cratère, avec nos sacs à dos : Francine, Cécile, Evelyne et moi, accompagnées d’Arnaud, qui fait partie de la Réserve Naturelle. Tout en marchant nous regardons les plantes qui couvrent les collines et les abords du chemin, et découvrons de la menthe pouliot, qui repousse les puces et les tiques, des touffes impressionnantes de plantain, bon pour les yeux et d’autres merveilles… Arrivés au bord du cratère, nous apercevons enfin la cabane Antonelli : ses pommiers en fleurs, sa grosse touffe de roses orange et l’herbe douce et verte au fond du cratère bordé de cyprès et de thuyas. Superbe. Cette cabane est toute petite, avec une terrasse bordée d’une rambarde en bois blanc. A l’intérieur, quatre lits, une petite cuisine bien équipée et une grande table pour les repas. Evelyne et Francine décident de dormir dehors pour regarder les étoiles. Arnaud, Cécile et moi préférons nettement rester au chaud, à l’intérieur. Chaleur toute relative d’ailleurs ! Après le dîner arrosé d’un bon vin, avec en dessert des tartes aux prunes et aux poires, nous fonçons dans nos duvets et partons illico pour le pays des rêves.

Le lendemain matin, vers 5h00, Evelyne nous réveille avec un merveilleux café qu’elle fait couler dans une bouteille en plastique. Génial. Petit café au lit. Rigolade. On finit par se lever vraiment et on termine les tartes de la veille. Un grand merci au pâtissier ! Je ne vous dis pas le goût que peut avoir une tartelette aux prunes au bord d’un cratère, à l’ile d’Amsterdam à 5h00 du matin. Juste parfait ! On nettoie, on fait la vaisselle, on rembarque tout, on reprend sacs et bâtons et on repart vers la base. On marche une heure. La veille on avait mis plus d’une heure pour monter. Il fait gris, avec une sorte de petit crachin pas très chaud, mais une fois de plus la vie est belle. On admire les marguerites, les roses, les capucines (pardon Cédric !), bref, ces vilaines espèces invasives qui mettent des notes de couleurs ravissantes dans le paysage verdoyant. J’adore ! Arrivés les premiers à la Base nous déjeunons, sérieusement cette fois-ci, en attendant les autres. Nous devons revenir sur le Marion aujourd’hui vers 14h00. Le repas de midi fait le bonheur des amateurs de langoustes. Nous avons aussi le plaisir de nous retrouver à peu près tous pour ce dernier repas à Amsterdam, à l’exception du Commandant et du personnel resté à bord pour raison de sécurité. Un grand « au revoir » ému à tous ceux qui restent sur la base et nous nous envolons, après une remarquable plongée en hélicoptère, vers notre navire, tout bleu, qui nous attend dans la baie. Une belle escale.
Marie-Laure P.

Mercredi 26 novembre 2014

Lever à 06h30. En attendant Benjamin, qui doit se joindre à nous pour rentrer sur la base, je remarque un « pup », qui tête sa mère. Ce « pup » ou jeune otarie, est né cette nuit.
Benjamin arrive. La rentrée sur la base est un peu sportive. Il y a beaucoup d’otaries sur le chemin. On fait du bruit, mais elles ne s’écartent pas toutes. Benjamin les repousse à l’aide d’un bâton. Il faut faire attention, même lorsqu’on a dépassé l’otarie agressive. Tout se passe bien, on arrive à la base pour prendre notre petit déjeuner.

Le midi, buffet froid avec un somptueux plateau de langoustes. Je ne cite pas de nom, mais j’en connais qui se sont resservis de nombreuses fois. En tous cas, nous nous sommes tous régalés.
Vers 14h30, dernier vol en hélico pour regagner le Marion et prendre une bonne douche méritée. Nous ne nous sommes pas lavé depuis lundi.

Grand coup de sirène pour saluer ceux qui restent et qui sont sur le banc de la solitude près du drapeau français. Nous appareillons vers 16h30. Direction la pointe d’Entrecasteaux à l’Ouest de l’île, où le bateau s’arrête pour nous permettre de pêcher à partir du bord. Pêche très fructueuse. On ramène des bleus, des rouges, de la fausse morue, un barracuda, et d’autres poissons non identifiés.
Vers 18h00, cap sur la Réunion que nous atteindrons mardi prochain, après 5 jours de mer, à 7h00 du matin.
Le soir, bœuf bourguignon. Pas de succès, nous sommes gavés.

Patrick R.

Retour sur la base que nous visitons. Elle a un certain charme avec ses parterres de géraniums, de marguerites, chaque bâtiment à sa spécificité. Sans oublier le déjeuner grandiose : des langoustes à volonté jusqu’à plus en pouvoir et un plateau de pâtisseries succulentes.
Ce jour sent le départ pour certains ; il faut laisser ces terres si lointaines qui fédèrent tous ceux qui viennent y faire un séjour de 1mois, d’1an ou plus. Comment faire pour y revenir ? Beaucoup sont prêts à signer un nouveau contrat.
Un dernier vol d’hélicoptère (genre grand 8) et hop dans le Marion où ce sont les adieux par radio, des grands signes échangés depuis la passerelle avec ceux qui restent ; scènes émouvantes…

Evelyne B.

Retour à la base pour le petit déjeuner, visite de la base d’un tunnel de lave, de la pépinière de phylicas. La particularité d’Amsterdam est le manque de cours d’eau ; donc celle-ci ne peut provenir que du ciel d’où nécessité de tout un dispositif de collecte et stockage de l’eau de pluie.

Autre particularité : le risque d‘incendie car le village est entouré de tourbières.
Depuis notre arrivée, la base a doublé sa population habituelle, car tous les occupants du bateau (sauf le minimum requis de sécurité) a mis pied à terre. Le beau temps a facilité les manœuvres de déchargement puis de chargement du matériel prévu. Tous sont réunis autour d’un buffet magnifiquement fourni avec un centre de table occupé par un plat de langoustes comme aucun d’entre nous n’en avait jamais vu.
En début d’après midi, le temps se couvre, il est temps de regagner le bateau. Grandes émotions pour ceux qui partent après un an de séjour, ceux qui viennent d’arriver. L’île entière se trouve autour du terrain d’atterrissage de l’hélico.
Ravis, contents, gâtés par ces trois journées, nous retrouvons notre « sweet-home » et une bonne douche. Quelques minutes de navigation, juste derrière le cap, nous faisons station au pied des falaises d’Entrecasteaux pour permettre à tous les amateurs de pêche de satisfaire leur passion, dans un cadre magnifique de falaises escarpées aux formes parfois bizarres dues au volcanisme. En poste, à bâbord comme à tribord, les pêcheurs ont eu un franc succès et approvisionné suffisamment de poissons divers pour préparer un déjeuner prochain à bord.
Cinq jours de navigation nous attendent ; la météo est prévue sans histoire jusqu’à La Réunion.

Cécile M. et Francine S.

Jeudi 27 novembre 2014

Cinq jours de pleine mer. Visite des machines, des cales du bateau. Et oui Evelyne c’est tout ce que tu vois là qui t’a permis d’aller si loin avec un personnel aussi compétent qu’agréable, prêt à répondre à toutes nos interrogations.
Il me reste encore à faire de longues siestes sur le pont supérieur au soleil.
Et ce soir : toutes générations confondues, cinéma « les bronzées font du ski » !

Evelyne B.

Vendredi 28 novembre 2014

Détente, bronzette sur le pont sup., mer calme juste ce qu’il faut pour s’endormir. Formation d’une chorale improvisée, dirigée par notre passagère Edith. Elle a crée aussi la chanson dont les paroles sont gaies et tout à fait adaptées à notre voyage. Avec beaucoup de trac pour certains, nous nous produisons à l’heure de l’apero. Gagné, l’ambiance est là et même Mme le préfet reprend la chanson pour un bis…
Il parait que la fête a continuée une bonne partie de la nuit !

Evelyne B.

Samedi 29 novembre 2014

Grosse ambiance hier soir au Forum : le groupe des passagers touristes a présenté une chanson : OP3, qui raconte le voyage. D’abord j’ai écrit la chanson. Ensuite on a répété dans la salle de conférence, quand elle était vacante, en fermant bien la porte. Comme des gosses en train de préparer une bonne farce, c’était très sympa !
Tous mes collègues passagers touristes ont accepté de former une petite chorale, et après deux répétitions, malgré le trac qui serrait quelques gorges, nous nous sommes lancés… Gros succès, toutes les personnes présentes au forum ont repris la chanson en chœur.

Ci-joint les paroles de la chanson OP3, et de la chanson des cabanes, qui raconte les concerts de ronflements dans les chambrées de lits superposés…

Edith R.

OP3
(sur l’air du « port de Tacoma »)
Avant on n’se connaissait pas, oula, oula
Maint’nant on n’se quitte plus d’un pas, oula oula, ha

Ref : Parés à décoller, passagers du Marion
On s’repos’ra quand on arriv’ra au Port à La Réunion

Dans les 40èmes rugissants, oula, oula, on marche de travers en glissant…
Sur l’île de la Possession, oula, oula, y a des manchots, des bonbons…
Y’a des topos en salle de conf’, oula, oula, la science nous pénètre « à donf »…
On passera à la passerelle, oula, oula, suivre la route et voir le ciel…
Et nous voici aux Kerguelen, oula, oula, pays des chasseurs de baleines…
Viens je t’emmène au Forum, oula, oula, où coulent la bière et le rhum…
Et l’albatros majestueux, oula, oula, plane et tournoie dans les cieux…
Devant Saint Paul, c’est la récré, oula, oula, on s’balade on pêche au casier…
A Amsterdam c’est le pays, oula, oula, des langoustes et des otaries…
Et nous n’avons qu’un seul regret, oula, oula, que le voyage soit terminé…
On f’ra passagers clandestins, oula, oula, pour repartir dès le lendemain…

Chanson des cabanes
(la fugue d’autrefois)

C’était toujours la même,
Mais on l’aimait quand même

  • la fugue que Michel reprenait de plus belle
  • la fugue que Patrick reprenait en musique
  • la fugue que Jacques et Hugo nous chantaient en duo
  • la fugue que Thierry nous chantait lui aussi

De cabane et cabane,
Ils avaient la banane
Dormaient comme des bébés, Sarah et moi on les écoutait….

Edith R.

Qui risquerait de dire : sur un bateau, on s’ennuie. Pas du tout sur le Marion. Ca commence au petit déjeuner : point de son au petit film que j’ai fait hier soir sur la chorale ; erreur de ma part, il faut réparer : je propose de recommencer mais le charme de la surprise n’y est plus. C’est oublier qu’il y a des savants sur le Marion : tout problème trouve sa solution !
Puis conférence sur l’économie réunionnaise : j’apprends beaucoup alors que j’y habite depuis longtemps.
De même un film sur les iles éparses nous révèle que ces milieux sont fragiles si nous n’y prêtons pas attention, mais ont aussi la faculté de se régénérer.
Soirée, ponctuée par un discours de fin de séjour par Mme le préfet suivi d’un cocktail et d’un géant barbecue prépare par l’équipage, à l’arrière du bateau.
Et tout le monde danse ! En attendant que les étoiles veuillent bien se montrer.

Evelyne B.

Dimanche 30 novembre 2014

Hier soir, après le pot des TAAF bien arrosé de planteur et autres samoussas, un barbecue sur le pont arrière rassemblait toutes les personnes du bateau (sauf celui de quart à la passerelle !). Nuit tiède, grillades variées, rigolades, chansons, puis danses au forum jusque tard dans la nuit. Pas grave, cette nuit nous avons à nouveau changé de fuseau horaire, pour revenir à celui de La Réunion, donc nous avons gagné une heure de sommeil…
Ce midi photo d’artiste : tous les passagers dans les lunettes réfléchissantes de Philippe. Après quelques essais et encore une tranche de rigolade, c’est fait.

Edith R.

Nous avons bien entamé notre remontée vers la Réunion, et nous profitons de ces derniers jours sur le bateau. Je ne dirai pas que ce voyage est derrière nous, puisqu’il n’est pas fini, mais c’est vrai que le plus important du voyage est terminé. Reste à ranger et à finir d’échanger nos photos, à écrire les dernières lignes et à continuer notre vie à bord au jour le jour, sans penser au lendemain. Il n’y a plus qu’un seul service à bord, nous mangeons tous ensemble, les militaires, les techniciens et les scientifiques sont descendus entre Crozet et Amsterdam et nos conférences scientifiques ont été remplacées par des présentations de films et des entretiens sur des sujets tout à fait différents, intéressants, instructifs et divertissants. Chacun y met du sien et la vie continue de façon agréable. Nous avons pris nos marques et nos habitudes à bord et chacun vaque tranquillement à ses occupations. On commence à regrouper nos affaires, à refaire nos sacs, sans se presser, à rassembler ce qui est dispersé. Pas mal aussi. C’est le commencement de la fin. On a appris à se connaître et c’est intéressant. Des liens d’amitié se sont créés et on a tous dans la tête de belles images, dont on parle ou dont on ne parle pas. Pas encore de nostalgie ou de regrets, mais la sensation d’avoir vécu des moments importants, forts, instructifs, ou simplement magiques… D’avoir découvert des modes de vie différents, des jeunes et des moins jeunes pleins d’enthousiasme, des gens qui croient à ce qu’ils font. Et, pour moi, c’est aussi l’assurance qu’un monde meilleur existe, que c’est possible malgré tout, que la lumière ne s’est pas éteinte et ne s’éteindra jamais. J’en suis convaincue, mais ça n’engage que moi. Et puis, voyageurs de l’extrême, je me dis qu’au fin fond de ces contrées arides, ce qu’on est venu chercher, aussi, c’est peut-être bien nous-mêmes. Bientôt viendra le moment du souvenir, de la synthèse et de la réflexion, on classera nos photos, on reverra nos images. L’occasion, peut-être, d’aller plus loin dans nos vies, de modifier certaines de nos visions des choses et d’évoluer, pourquoi pas, dans nos fonctionnements.
Une bien belle aventure, de toutes façons.
Avant-hier, nous avons monté une petite chorale : deux répétitions et nous voilà à chanter au forum sur des paroles d’Edith et un air de chanson bretonne. Tout le monde a repris en chœur. C’était rigolo. Un film également, assez marquant, sur « Les oubliés de Tromelin », ces esclaves malgaches abandonnés sur l’île par les marins d’un navire nommé l’Utile, échoué là au XVIIIème siècle. Victimes d’un trafic illégal ils étaient suffisamment gênants pour qu’on les oublie pendant quinze ans sur cette terre inhospitalière battue par les vents et balayée par les cyclones. Des hommes et des femmes comme les autres, au destin dramatique, forcés de s’adapter et d’inventer pour survivre. Difficile à imaginer. Difficile et dérangeant. Des fouilles sont en cours pour retrouver la trace de leur vie à Tromelin et savoir comment ils ont réussi à vivre d’aussi longues années avec si peu de choses et dans un environnement aussi hostile.
Hier soir, Madame le Préfet nous a fait un fort joli discours, suivi d’un cocktail et d’un barbecue à l’arrière du bateau. Très sympathique. Nous avons chanté, puis dansé, et certains sont allés une fois de plus contempler les étoiles…
C’est la fin de ma participation à ce Journal de Bord. Nous avons tous écrit, avec finalement pas mal de plaisir, sans s’en faire une obligation, heureux de faire participer le plus grand nombre à nos aventures, nos réflexions et nos visions. Dans deux jours nous reviendrons dans nos vies… un peu différents !

Marie Laure P.

Voilà, notre périple entame ses derniers moments. La température nous fait ranger nos lainages au fond des bagages, les tropiques s’annoncent et nous nous allégeons !
Nos journées de navigation sont encore l’occasion de faire de nouvelles découvertes et de nous ouvrir à des mondes nouveaux, à travers des conférences sur : la philatélie (timbres des TAAF et autres), l’île de Tromelin (sa richesse et ses oubliés), le vin, l’économie de la Réunion (depuis la Banque de France !) l’anatomie comparée, la pêche dans les TAAF, etc… chaque fois un plaisir renouvelé.
Nos soirées sont aussi l’occasion de moments très conviviaux autour d’une guitare à chanter tous ensembles.
Si proches de l’arrivée (mardi matin tôt), nous nous sentons RICHES de rencontres, partages et découvertes. Nous avons vécu des moments magiques, bien ancrés dans nos mémoires et nos cœurs. Nous avons conscience d’avoir vécu des moments exceptionnels sur un bateau unique : faits de puissance, chaleur et convivialité. Tout a été fait pour que chacun puisse bénéficier du meilleur. Nous en sommes ravies, émerveillées.
MERCI à chacun et à tous. Nous avons eu une chance exceptionnelle d’avoir pu VIVRE cette « OP3-2014 » dans les terres de l’extrême.

Cécile M. et Francine F.