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30 mars 2016

Journal de bord du Marion Dufresne (OP1-2016)

Suivez au fil de l’eau, la rotation australe du Marion Dufresne qui se déroulera du 7 avril au 3 mai 2016.

Jeudi 7 Avril

Et cette OP commence par… un faux départ. Jeudi, 17h, l’appareillage est imminent. Et puis finalement non. Trop de vent. Étonnant, pour un bateau qui s’apprête à affronter les 40èmes, vous direz-vous. Mais le danger n’est pas forcément au large. Bien au contraire. Que ce soit à La Réunion ou dans les îles australes, les côtes, ports et autres obstacles peuvent se révéler redoutables.

Au lieu de prendre le risque de gratter les bords du navire d’un peu trop près et de voir une rotation entière avorter avant même d’avoir commencé, le commandant a préféré reporter le départ au lendemain matin. Sage décision, qui n’a pas entamé le moral de nos 12 touristes pour un sou : pas grave, nous avons avancé l’heure de l’apéro !

Tout le monde s’est donc retrouvé vers 18h autour d’un verre au forum, pour faire connaissance. Et on peut déjà le dire : la sauce semble avoir pris entre eux. Ces douze-là (plus la compagne d’un hivernant, que nous avons adopté pour la rotation !) ont déjà l’air de parfaitement s’entendre. En si peu de temps, c’en est déroutant. Et sacrément réjouissant. Il n’y a qu’une chose à espérer : pourvu que cela dure !

Vendredi 8 Avril

7h, tout le monde est sur le pont, lunettes de soleil sur le nez, appareil en bandoulière, prêts à capter le moment où le bateau va se détacher du quai. Rien. 10…15…30 minutes : le pilote du port, en charge de la manœuvre de départ, se fait désirer.

Dans l’attente, tout le monde redescend prendre son petit déjeuner. On cause de tout, de rien, on évoque la première nuit dans les bannettes du bateau, on regarde les bateaux d’en face par le sabord… puis on voit le quai bouger. A moins que ce ne soit le bateau ? Vite, tout le monde remonte sur les ponts extérieurs !

Il est pas loin de 8h, le Marion Dufresne largue les amarres, cette fois-ci pour de vrai. Direction Crozet : les choses sérieuses peuvent commencer…

Samedi 9

Six heures, le soleil ne va plus tarder à se lever. Le Marduf poursuit sa route à 14 nœuds vers le Grand Sud, au 187°.

Le GPS indique 26°00 S / 054°50 E. Là-bas, très très loin à tribord, hors de vue, doit se trouver le cap Ste-Marie à la pointe sud de Madagascar.

A la passerelle, Fanny, LA officier de quart, surveille le navire qui file, imperturbable, sur la longue houle ornée de quelques crêtes d’écume. Personne à l’horizon ni au radar, le ciel est clair, le vent faible : tout va bien !

En milieu de matinée, Anne, "cornac" des touristes, nous passe un film sur les manchots, plus précisément sur leurs vocalises, véritables signatures audio, qui leur permettent de se reconnaître entre parents et poussins : c’est bluffant d’efficacité ! Etonnante nature !

Nous circulons à notre guise dans le bateau, des prénoms se mettent sur les visages souriants, l’intégration est en bonne voie.

L’après-midi, Lise, de la Réserve Naturelle, nous offre une présentation des espèces végétales dans les TAAF, en y incluant aussi quelques notions sur la faune, à nous la frime à Questions pour un Champion !

Ce soir, rayon vert à la passerelle pour quelques observateurs, puis rendez-vous au Forum pour l’Apéro du Commandant Thierry Dudouit. Joli discours sympathique, et les glaçons n’ont pas eu le temps de fondre dans les verres !

L’ambiance bon enfant a continué après le dîner (toujours excellent) dans le joyeux tumulte d’un quizz chansons mêlant équipage, passagers et touristes.

(dessin de Thierry)

Dimanche 10 avril

On ne voit guère la différence entre un dimanche et un autre jour, sauf la nourriture encore meilleure. Pour le dessert du midi, un tiramisu. Le rythme d’une journée est tout simple, une conférence ou un film sur les Taaf, la faune, la flore, le matin, et idem pour l’après-midi. Un film est programmé le soir après le dîner. Les touristes déjeunent et dînent au deuxième service, 12h 15 et 19h 15. Le placement est libre.

Les touristes ne restent pas entre eux. On se mélange assez bien avec des personnes qui ont un métier, la menuisière, le réparateur de phare, un spécialiste des travaux sur façade, un cuisinier pour un des districts, etc. Chacun a un porte-serviette et une serviette que l’on doit ranger dans un petit meuble, certains y logent des capsules de café, ou des fruits (dessert du soir).
L’apéro et le digestif au bar regroupent aussi du monde.

La bibliothèque est très sombre, avec des livres d’âges très différents, mais beaucoup plus de monde à la salle de sport. Notre « responsable », Anne, fréquente cette salle et s’autorise une nouvelle étape du « Tour de France ».

L’organisation du bateau est « double ». Il y a le commandant et ses lieutenants qui se tiennent sur la passerelle, traçant la route, vérifiant la « route », relisant des cartes électroniques et papiers.

Il y a l’OPEA qui représente l’autorité de madame le Préfet sur le bateau. On le voit sur la photo avec à sa droite le médecin chef des Taaf et Lise, responsable de la biodiversité, de la biosécurité (qui nous a déjà fait trois interventions).

Ce dimanche nous avons visité la passerelle, avec des explications précises du commandant. Même si le pilotage peut être automatique, la vigilance s’impose. On peut voir une femme lieutenant au poste (à ce grade de la marine marchande seulement 10% de femmes).

Les moments les plus difficiles seront lorsque nous approcherons les Taaf. Il y a eu quelques années une belle éraflure de 60 mètres, mais heureusement la logique des caissons et des compartiments a protégé les moteurs. Le voyage s’est achevé en Afrique du Sud, l’émotion devait être grande.

Lundi 11 avril

La houle s’est levée la nuit. Dans la bannette de la cabine l’on glisse, roule, se sent en apesanteur ou au contraire scotché au matelas. Les nuits sont peu réparatrices, suffisantes par rapport à notre « agenda » touriste.

Après une bonne douche quelque peu acrobatique, direction le petit déjeuner. Sous le regard malicieux de nos talentueux cuisiniers l’on apprend avec maladresse à maîtriser les techniques de stabilisation combinée de nos tasses et verres. Pour l’instant pas de casse !

Ensuite direction la salle de biosécurité pour laver, brosser, aspirer sacs, vêtements, matériels, chaussures et bottes. Tout ce qui débarque sur les îles doit être « décontaminé ».

Dans les TAAF la biodiversité est figée, ces îles doivent rester un sanctuaire, témoins d’une évolution sans influence de l’homme. Trop tard ? Non l’espoir est permis. Parmi les différentes missions certaines essayent de restaurer/préserver faune et flore locales des effets des anciennes tentatives de colonisation important du bétail ( ovins, bovins, rennes, BLO, …). D’autres missions essayent de contrer les effets non maîtrisés de précédentes missions malheureuses. Le concours de chasse au chat sur Kerguelen étant l’un des plus fameux. Les hivernants ont à leur tableau de chasse des centaines et centaines d’individus de ces félins devenus dodus à force de se nourrir trop facilement d’oiseaux endémiques au lieu des rats, tel qu’espéré à l’époque lors de leur introduction.

La journée se déroule au gré des siestes maîtrisées, des différentes conférences (là avec siestes involontaires …).

Fin de notre agenda de touriste avec la formation hélico. Pour avoir vu les photos de débarquements tumultueux en Zodiac, tout le monde écoute attentivement les consignes de notre pilote Pierre sous le hangar hélico.

Premiers oiseaux depuis le départ de la Réunion, la présence des pétrels nous indique le franchissement imminent du front polaire.

Les 40iemes Rugissants seront franchis dans la soirée.


Mercredi 13 avril 2016

Terre… !!!

Après 5 jours de pleine mer biens remplis par ces rencontres captivantes tous azimuts, l’arrivée est enfin prévue à notre première étape, l’archipel de Crozet. L’allure du bateau a été sciemment réduite à environ 10 nœuds depuis hier pour nous permettre d’arriver au petit matin devant notre point d’atterrissage prévu, Pointe Basse, au nord-ouest de l’île de la Possession.

Tout le STAFF est réveillé, les passagers qui arrivent progressivement sur la passerelle découvrent l’ambiance mystérieuse du bateau arrêté face à la brume…nous savons tous que l’île est là, tout près derrière cette inquiétante masse grise évanescente.

Faute d’amélioration des conditions météo, le plan change. Décision est prise de splitter les deux premières déposes en hélicoptère prévues à pointe basse et BUS. Nous allons donc directement à la base Albert Faure située au sud-est de l’île, à 1h30.

Néanmoins je ne me fais pas de BILE, et nous sommes plusieurs optimistes à croire que nous finirons bien par avoir une météo d’ETE dans la journée.

Nous longeons donc la côte sans la voir. C’est alors qu’une idée me vint… je tapâ du TALON une première fois faisant le vœux que les nuages laissent leur place au soleil. Étonnamment, rien ne se passât… mon optimisme m’AIDA, et je RETAPA alors une seconde fois, des deux TALONS cette fois-ci.

….C’est alors que la magie opéra, et la terre apparut soudain pour la première fois depuis notre départ de la Réunion, comme par enchantement. Vision d’un territoire sublime, puissant, presque irréel.

Nous jetons l’ancre devant la base Albert Faure sous un soleil éclatant. Après que la première rotation de l’hélico ait transféré le courrier à terre, tradition oblige, nous sommes déposés nous aussi. Le temps de dire bonjour et de poser nos sacs et nous partons illico, à pied cette fois-ci, à la Baie du Marin découvrir notre première manchotière. Elle est située en contrebas de la base, à moins de 2 km.

Près de dix mille manchots occupent la plage et les alentours, sous la garde de quelques éléphants de mer, mais aussi sous la menace des pétrels géants et autres skuas qui dévorent devant nous des bébés manchots imprudents. Le QUOTA de ces jeunes bébés marrons ultra doux est impressionnant.. ils sont largement plus que leurs parents, partis en mer leur chercher de quoi les sustenter.

Nous passons un long moment parmi eux, séparés d’un petit MURET tout de même pour ne pas déranger ce roi des mers australes HABILLé de ses jolis dessins jaunes et de son petit gilet gris tel une robe de BURE SEXY en queue de pie. Devant moi, un futur pacha MIME une attaque sur son homologue éléphant à gros NEZ.

Lors de la remontée pour déjeuner à la base, un PIC de vent monstrueux nous décoiffe… résultat nous arrivons au déjeuner les cheveux pleins d’EPIS dans tous les sens.

Déjeuner buffet ultra copieux agrémenté de FINES tranches de chorizo MI-cuit de la fameuse marque de charcuterie péruvienne « DUC LOYERS dos PAVER », en compagnie des très sympathiques occupants de la base. Nous aurions aimé passer plus de temps en leur compagnie et poursuivre ces échanges JUGéS par tous riches et intéressants.

Après déjeuner nous filons avec Pierre notre excellent guide scientifique botaniste vers le Bollard, pour rendre visite aux grands Albatros nichés sur ses pentes ultra-ventées.

Pierre en profite pour nous faire découvrir les différentes plantes endémiques de Crozet, notamment la crozetoz phylatelia , plus souvent surnommée « EH ! BUVA vé WU CA ! » par les touristes en extase.

Le retour a la base contre le vent à plus de 50 nœuds (près de 100 km/h) est tumultueux et nous permet de nous rendre compte, au dessus de nos têtes, de la difficulté avec laquelle l’hélico effectue ses rotations pour amener l’approvisionnement du bateau à la base.

L’île est magnifique, l’empreinte humaine sur la nature y est réduite au minimum, pour l’instant, même pas un seul petit KERN en vue.

Pour terminer la journée nous sommes très sympathiquement accueillis par le Chef de district Raphaël, fan chaussé du stade Toulousain, puis passons a la "coop"acheter quelques souvenirs.

A ce moment-là les conditions météo avec des vents a 60 nœuds nous interdisent de rentrer au bateau et les hivernants se sont déjà organisés pour nous offrir le GITE.

Malheureusement une accalmie ouvre une fenêtre, et nous courrons à l’helicoptage express et aVENTureux qui nous ramène finalement sur le Marion Dufresne, juste avant la nuit.

Quelle merveilleuse première journée…

…et pour ce qui me concerne, j’ai rempli mon contrat, les mots du SCRABBLE d’hier soir ont bien tous été utilisés…

Jeudi 14 avril

Un jour avec une fin comme on pourrait en manger sans faim..

La journée d’aujourd’hui est celle prévue hier que nous avons faite aujourd’hui car nous n’avons pas pu la faire hier.

Décollage 10h pour « BUS », la Baie Américaine. Survol hallucinant en mode hélico balancier le long de l’impressionnante côte sauvage de l’est de l’île de la Possession dans l’archipel Crozet.

Pierre notre pilote est un virtuose qui prend du plaisir à nous faire plaisir, c’est flagrant. Nous longeons le bord de mer au dessus des vagues en slalomant entre les rochers et passons devant grottes, cascades et autres escarpements magnifiques. Le trajet ne dure que quelques minutes mais c’est un vrai bonheur. L’expression plein les mirettes ne suffit pas, il n’y a pas que les yeux il y a aussi les sensations… waww…

Arrivée Baie Américaine près des deux jolies cabanes. Vision d’une nature sauvage extrême, bouleversante d’une beauté sauvage extrême de beauté sauvage.

Côté mer, une plage de sable noir sublime, avec immense falaise sur la gauche qui se termine sur un pic détaché type très haut pain de sucre rocheux abrupt et falaise aussi sur la droite mais cette fois ci avec des chutes d’eau vertigineuses un peu plus loin aperçues de l’hélico. Quelques groupes de manchots royaux et d’éléphants de mer participent à la photo.

Coté terre, ciel bleu et arc-en-ciel entier qui restera plusieurs heures, et un paysage de vallées avec des nuances de vert et des petites montagnes en arrière-plan. La rivière Moby Dick arrive du fond des vallées pour se jeter dans la mer, et les nids d’albatros parsèment cet immense espace de plaines et de montagnes. Sublime. Tout est sublime. L’ambiance est belle, nous sommes tous émerveillés, scotchés, bluffés.

Départ pour la « petite manchotière » en passant pas le col du Morne Rouge. Albatros, rappels botaniques et gorfous sauteurs agrémentent notre chemin, passage du lac sans nom et descente vers la manchotière.

Picnic en surplomb de la plage avec juste derrière nous deux grands albatros qui chacun couvent un oisillon. Une fois nos sandwichs avalés nous descendons sur la plage pour passer un long moment avec des manchots royaux pas du tout farouches voir même souvent curieux, et éléphants de mers, eux totalement amorphes.

Moments précieux d’observation, proximité rare. J’aimerais connaître le nombre de photos et films que nous avons pu faire en l’espace de… disons des deux heures que nous avons passées avec eux. Il y en aura forcément des sublimes à partager…

Retour à BUS, marche jusqu’à l’ancien mini village de pêcheurs de phoques américains avec son vestige de chauffe chaudron a graisse, où un énoooorme pacha peu inquiet de notre présence se prélasse accompagné de quelques femelles toutes petites comparées à lui…

Un petit manchot papou, tout seul, essaye de s’incruster dans leur groupe, en vain.. il paraît tout perdu… je l’aime.

Super héliretour, pareil, plein les mirettes, pirouettes, et cacahouètes à l’apéro….pfffiiiioouuuuu quelle journée……..grosses bises mes petits papous

ab

Vendredi 15 Avril

Alors ça pour un jour d’anniversaire… quelle journée ! Merci les toutous (notre équipe de touristes au blind test), OPEA et équipage pour cette célébration. Je prends la plume pour l’occasion.

Après une nuit valsante de roulis, nous faisons notre habituel trajet du matin en hélico pour aller à terre. Objectif du jour : prendre de la hauteur sur l’île et sa base Alfred Faure en grimpant le Mont Branca.

300m de montée ont eu raison de notre énergie, nous nous sommes donc réchauffés au sommet à la façon des manchots (en nous groupant le plus près possible pour une photo).

Les roches volcaniques, parsemées d’azorelles et autres plantes type crozetoz phylatelia & co (cf journal du 14/4), offrent au mont de magnifiques reflets rouges et vertes. Nous jouons avec les roches et leurs donnons une vie. Un manchot ?

Du sommet, entre 2 éclaircies, nous profitons de la vue sur les vallons. Nous tombons sur un Kern et prenons un malin plaisir à lui ajouter des pierres alors qu’elles tomberont dès la levée de vent.

Au loin l’île de l’Est se dessine dans la brume. Réserve naturelle exclusive, elle nargue quotidiennement les hivernants, qui ne peuvent que se contenter d’y voir se lever le soleil. Tous rêvent des richesses naturelles secrètes qui s’y cachent.

De retour a la base, après un riche déjeuner, nous passons à la chapelle allumer 2 bougies. Nos pensées vont au manchot papou vu la veille, perdu devant le village des phoquiers au bout de la baie américaine. J’aime savoir que ces bougies brûlent par nous au bout du monde.

Plus tard dans l’après-midi, le postier de l’île a eu le plus grand plaisir à nous recevoir pour une opération « visite de la GP » (Gérance Postale)… Elle s’est en fait vite transformée en cession folle de tamponnage absolument non conventionnelle. Merci Stéphane pour la mise à dispo de tes tampons, nous saisissons ta mission ô combien importante et attendue par les hivernants et philatélistes du monde entier.

La fin de notre 1ère escale approche et je dois donc vous mentionner l’exceptionnel travail de l’OPEA, équipes du Marion Dufresne (MD) / CMA-CMG, pilote d’hélico et logistique de Crozet. Ils ont permis le ravitaillement de l’île en vivres, matériels en tout genre et gasoil par d’incessants aller-retours par les airs en hélico et par la mer avec la « portière ». C’est, rappelons-le, la mission 1ère du MD, et c’est impressionnant d’y assister. Nouvelle preuve du besoin de professionnalisme individuel, de capacité d’adaptation à toute épreuve et d’un esprit d’équipe fort pour réussir en toutes conditions.

La base A. Faure n’ayant plus de secret pour nous : salle de ciné/spectacle, sauna (la serre où subsiste l’unique arbre importé sur l’île), bibliothèques, zone de vie, et l’OPEA ayant terminé son travail, il est tant d’appareiller. La météo annonce une grosse dépression. Le but est de ne pas la laisser nous rattraper. Nous partons donc pleine balle a 18 nœuds, objectif terre de Kerguelen dimanche soir, après 50 h de nav.

Je vous passe le détail de la soirée, qui comme à son habitude nous a permis de vivre des discussions à refaire le monde, ponctuées de parties de babyfoot endiablées.

Je garderai en mémoire, c’est certain, cette journée de 35e anniversaire.

Samedi 16 Avril

Profitons de cette journée en mer pour vous présenter sérieusement notre groupe :

Marc et Geneviève, nos petits suisses, sont de grands touristes voyageurs. Ils ont bourlingué aux quatre coins du monde pour fuir l’armée et enterrer des lingots.

François est notre diplômé docteur es-comique de répétition de répétition.

Chantal est notre parfaite hypocondriaque : en excellente santé, elle nous permet de visiter les hôpitaux de chaque district.

Michel, la cinquantaine séduisante, volubile et sympathique, tient parfaitement son rôle de G.O. assistant.

Valentine, la petite trentaine, a souhaité avoir son anniversaire ici et a demandé comme cadeau d’avoir le pied marin.

Arnaud cherche la descendance de Nestor, le manchot empaillé de son père, venu en 1956, hiverner à Kerguelen. Cela ne lui interdit pas d’être attentif aux pingouins touristes.

Eric le Grand, photographe émérite, sait se mettre à la hauteur des gens, notamment des éléphants de mer.

L’autre Eric, « le pêcheur », est accompagné de Jacques et Tanguy - qui ne vit plus avec ses parents depuis peu. Ils sont venus lancer leurs filets dans l’autre golfe du Morbihan.

Jacques a lâché sa toge de moine pour reprendre sa carrière de sportif.

Thierry le pilote d’avion, maitre du Tai-chi, équilibre les énergies du groupe et canalise un peu Arnaud.

Groupe de gauche à droite :

1er rang : Violette (visiteur TAAF), Thierry, Francois, Eric le pêcheur
Debout : Lise (responsable reserve naturelle), Arnaud, Michel, Eric le Grand, Jacques, Tanguy, Valentine, Marc, Chantal, Genevieve.
Photographe : Anne notre guide.

Dimanche 17 avril

Aujourd’hui, c’est dimanche… Petit pain au chocolat pour le petit déjeuner.
A part ça, le Marion Dufresne continue sa route creusant son sillon dans l’océan qui prend de belles teintes grises ponctuées de crêtes couronnées d’écume.

Lorsque, parfois, le soleil parvient à glisser un doigt au travers des nuages, les vagues deviennent vertes marbrées de blanc.

Le bateau roule bord sur bord.

Cet après-midi, deuxième séance « philatélie » dans la salle des scientifiques.
Le statut de Territoire d’Outre-Mer des TAAF les autorise à émettre leurs propres timbres-poste. Les philatélistes du monde entier envoient des courriers à l’équipe du Marion Dufresne, souvent avec des demandes précises quant aux tampons qu’ils souhaitent voir apposés sur leurs enveloppes.

Tout au long des missions et rotations de personnels dans les différentes bases, des tampons commémoratifs et souvenirs sont émis. Les hivernants, le personnel des TAAF, chacun peut émettre son tampon privé susceptible de venir orner les enveloppes du courrier posté sur le bateau ou dans les bases. Sur l’endroit de l’enveloppe doit figurer obligatoirement le tampon du Commandant du Marion Dufresne, celui de la CMA-CGM et enfin un tampon indiquant que le courrier a été posté sur le bateau. Une fois à terre, le gérant postal appose la flamme de la base et la date d’expédition comme tout bureau de poste de la métropole. Sur l’endroit des enveloppes, l’indication de la latitude de la base depuis laquelle est envoyé le courrier sera apposée à la gérance postale. Quant au dos, il est envahi par une débauche de tampons privés ou commémoratifs.

Mais pour l’instant, il s’agit de tamponner les tas d’enveloppes postées à bord. Ceux qui, enfants, rêvaient d’un avenir dans la poste peuvent assouvir leur fantasme. Mais il ne faut pas croire, la mission est périlleuse : pour un résultat optimum, le coup de tampon doit être net, précis et énergique faute de quoi on obtient un résultat baveux ou brouillé.

Lors de l’arrivée du Marion Dufresne dans la base de Port aux français, comme dans chacune des bases des TAAF, c’est par la toute première rotation de l’hélicoptère que la dépêche postale arrivera sur la terre ferme, ainsi le veut la tradition. De même, lors du départ du bateau, la dépêche postale sera la première à embarquer.

Lundi 18 avril

Arrivée la veille de nuit dans le golfe du Morbihan, il nous tarde de découvrir l’île mais d’abord PAF ( Port aux Français). Comme les opérations de débarquement ne commenceront qu’en début d’après- midi, il nous reste à tenter de découvrir ce à quoi ressemble ce port d’accueil.

Mais d’abord le MD se positionne en entrée de ce golfe immense, à proximité de l’île de Murray : une opération technique de remplacement de la balise doit être effectuée par 3 techniciens héliportés sur le site. Un fort vent rend complexe les rotations et tous à bord suivront attentivement le déroulement de cette OP avec au final remplacement d’un matériel nécessitant précision et coordination. Encore plus attentive, Dominique dont le compagnon Jamel est un des techniciens sur le site. Le MD vient s’ancrer ensuite devant PAF.

Vent établi à plus de 40 nœuds. Un véritable ballet de « slings » : suspendus sous l’hélicoptère par une élingue, les charges pré-conditionnées quittent une à une le pont d’envol. Maîtrise du pilotage, précision des approches et rythme soutenu des allers-retours.
Sur le tableau de l’OPEA, le déroulement de la journée tâchera de répondre aux attentes, mais ici c’est la météo et uniquement elle qui commande. Elle fixe les limites à ne jamais tenter de dépasser !

Nous ayant accompagné jusque là, Bernard, Météorologue en poste à KER pour 9 mois, se prépare avec un petit creux, à peine visible, dans l’estomac. Il va, comme l’ensemble des touristes, découvrir son lieu de vie et la station qui l’accueillera pour de longs mois.

Vers 13h30, commencent donc les opérations de transfert vers PAF dont les toits clairs signent les repères de la base. Nous sommes impatients et pour nous contenir, le couloir de desserte de la DZ (Drop Zone) se remplit bien vite d’un monde dense : hivernants, techniciens, chercheurs, touristes et bagages ici plus volumineux. A la lenteur de la vie à bord succède ici l’agitation ordonnée des équipes en partance. « Nous passons notre temps à attendre le moment d’être pressés ! ». Pas question de désorganiser le planning !

Et voilà, nous foulons le sol, scrutons les abords, découvrons les bâtiments qui restent anonymes pour l’instant. Le vent est de la partie et la température bien fraîche nous rappelle la situation géographique de cette contrée dont les sommets, au loin, sont blanchis de neige. Dans l’ordre nous visitons le bâtiment de la Réserve Naturelle, la bilbiothèque, la Résidence, lieu d’exercice du Disker, puis à l’extérieur de la base, la Chapelle et la statue Notre Dame du Vent.

Retour au MD pour organiser le programme des journées à venir.

Mardi 19 avril

Il a été décidé la veille de scinder notre belle équipe en 2 groupes aux programmes différents.

Le groupe 2 devrait découvrir la cabane Laboureur, au fond du golfe du Morbihan, à près de 10 min de vol. Mais la météo ne semble pas d’accord avec ce beau projet. C’est donc un peu déçu qu’après dépose sur PAF, l’ensemble des touristes poursuit la visite des lieux d’activités : accueillis à l’Hôpital où le médecin nous attend accompagné de l’infirmière nouvellement arrivée, puis retour vers la Réserve Naturelle avant de découvrir, pour un déjeuner sur place, le grand lieu de VieCom ou Totoche.

Il est prévu un retour sur le MD mais dans cet après midi venteux et froid, la météo décide d’une légère accalmie qui permettra finalement aux 2 groupes constitués d’atteindre les objectifs fixés : la cabane Jacky ( groupe 1) après un vol court et la cabane Laboureur (groupe 2) nécessitant environ 10 min de vol !

Et ce changement de programme inattendu obtient tous les suffrages ! Vite nous regagnons le MD pour préparer les sacs et surtout les duvets. C’est vers 16h que nous découvrons dans un bel environnement la cabane d’accueil pour la prochaine nuit. Superbe, silencieuse, à l’abri du vent et en bord de mer ! Instant magique !

Dépose des sacs en vitesse pour une courte mais magnifique randonnée alentour. Après un petit bonjour à 2 colonies de gorfous sauteurs, nous retrouvons à la nuit qui vient, la cabane bien équipée.

Comme prévu, les moules se postent juste devant nous, prêtes à sauter dans la marmite qui les attend . Puis la lune fait son apparition ! Dîner aux chandelles et coucher vers 11h30. Nous sommes consternés : les éthylomètres ont été oubliés à bord du MD !!!

Au lever à 7h le ciel gris et brumeux s’accorde pour disparaître avant le vol de retour vers le MD.

On serait bien restés là plusieurs nuits sans regrets !

Mercredi 20 avril

Au fil des jours passés, on a eu mainte fois l’occasion de comprendre que si le déroulement des opérations à mener pour le ravitaillement des bases est prévu à la minute près, c’est la météo qui reste maître du jeu et les cartes peuvent être rebattues à tout moment. Bref, tout est prévu mais bien des choses, justement, ne se passent pas comme prévu. Et depuis hier matin, le bulletin météo dit : temps des Kerguelen, expression que nous avons aussi très vite apprise à décrypter. On nous avait annoncé un passage du Marion Dufresne à Port Jeanne d’Arc. Passage qualifié de tout à fait exceptionnel car « Péjida » (Port Jeanne d’Arc en pur taafien) est une destination très peu usitée lors des OP du Marion Dufresne. Puis, hier, avec un vent à plus de 40 nœuds, le Commandant avait décrété le déplacement annulé car trop hasardeux avec un vent d’une telle force, du fait d’un passage très délicat à négocier dans le voisinage de falaises et de haut-fonds.

Pour l’heure, nous sommes à la cabane « Laboureur » où nous assistons au lever du soleil dans un paysage grandiose, et soudainement, tout se noie dans un banc de brume et de pluie. Lors du dernier contact radio, on nous confirme que l’hélicoptère vient nous récupérer vers 10h et qu’on fait un point à 9h30. Mais bientôt, coup d’accélérateur au beau milieu d’une partie de Yam’s acharnée, la zézette (radio VHF) crachote : « L’hélico arrive, soyez à 9h00 sur la DZ (Drop Zone en taafien). Et nous voilà en train de cavaler vers le petit bout de prairie qui sert de DZ entre deux bras de fjord à une centaine de mètres de la cabane. L’Hélicoptère nous ramène sur le Marion Dufresne en transit vers « Péjida » qu’il va approcher au plus près sans pouvoir mouiller à proximité pour les raisons expliquées plus avant. Nous avons 45 minutes tout au plus pour nous préparer avec passage obligé à la « Biosécu » avant de ré-embarquer dans l’hélicoptère.

Port Jeanne d’Arc est la seule et unique station baleinière sur sol français. Elle fut, en fait, exploitée par une compagnie norvégienne à qui les frères Bossière, concessionnaires officiels des îles Kerguelen, a accordé le droit de chasse et d’exploitation des baleines et des éléphants de mer pour la fabrication de l’huile. Les norvégiens ont cessé d’exploiter l’usine en 1927 et, depuis, tout est resté à l’abandon, exception faite d’un début de réhabilitation dans les années 2000 au titre de conservation du patrimoine national.

Les lieux sont imprégnés d’une atmosphère très particulière. En bordure du bras de mer, devant une colline rousse, subsistent deux longs bâtiments dont l’un est soutenu par des étais. Le reste n’est que montagnes de ferrailles rouillées et de planches grises écroulées. Trois grandes chaudières sont encore debout prisonnières d’une armature métallique corrodée. Leurs cheminées ressemblent à trois canons pointés vers le ciel. Un entassement de barils rongés par la corrosion et les vestiges de deux grandes citernes témoignent de l’importance de l’exploitation. Des débris rouillés de toutes sortes jonchent le sol. Plus loin, les planches grises de trois baleinières éventrées émergent à peine de l’herbe.

Luc, de la Réserve Naturelle, nous explique et nous brosse rapidement le tableau de ce à quoi devait ressembler Port Jeanne d’Arc en pleine activité. Par la rampe dont on voit encore quelques vestiges émergeant de l’eau, les énormes dépouilles des baleines étaient amenées pour être dépecées. Il faut imaginer la nuée de skuas, albatros, pétrels géants tournoyant autour des carcasses en piaillant, il faut se figurer les jets de vapeur crachés par les chaudières, il faut se représenter les montagnes d’os et de déchets qui s’accumulaient sans parler des odeurs pestilentielles qui se dégageaient des cuves. Port Jeanne d’Arc devait, à l’époque, ressembler à l’antichambre de l’enfer où travaillaient plus d’une centaine d’hommes.

Averses et rayons de soleil se succèdent provoquant un festival d’arc en ciel. Heureusement, le bâtiment restauré qui sert de base aux hivernants lors des « Manip » nous offre un abri pour partager un pique-nique. Mais les rotations de l’hélicoptère recommencent pour ramener tout le monde à bord.

Le Marion Dufresne entame le retour vers Port aux Français. A la passerelle, où nous sommes toujours les bienvenus, règne une atmosphère d’église. Seuls les chuchotements sont admis. Le Commandant debout devant les écrans donne le cap au pilote qui répète les ordres. La manœuvre est délicate car le trajet retour implique plusieurs changements de cap pour emprunter les différents bras de mer entre les îles avant de rejoindre la Baie du Morbihan.

Jeudi 21 avril 2016

Deux journées uniques nous attendent avec comme camp de base la cabane Jules Laboureur.

Après un long survol en hélico de l’anse des fjords et des dédales d’îles et de falaises de basalte, nous nous posons sur une langue de sable noir et rejoignons Colombe (la bien prénommée puisqu’ornithologue) et Meggy de la Réserve Naturelle, qui vont nous faire découvrir ce nouveau terrain de jeux.

La randonnée démarre par un contour du lac et nous conduit à une réserve de manchots papous nichant dans des rochers qui essaient de se protéger des premiers frimas et flocons. Quelques heures plus tard, nous atteignons une rivière au fond de l’immense fjord Baudissin bordé de sable noir. Certains se restaurent, d’autres vont tenter de pêcher en contrebas de la cascade. Soudain, Tanguy, en équilibre précaire sur un rocher voit ses efforts récompensés par la prise d’une belle truite de 4kg qui fera le bonheur du groupe le soir.

De retour à la cabane, nous ramassons un plein de moules sous la neige à quelques encablures de celle-ci, puis entamons la préparation du festin avec au menu : Carpaccio de truite, moules de Kerguelen à la crème sauce « Muscadet ».
Le tout sous un levé de lune magique sur le lac qui précède le lancement du concours de ronflements dans la cabane… Celui-ci a d’ailleurs été remporté, haut la narine, sans équivoque possible !

Vendredi 22 avril 2016

Il a neigé cette nuit et au réveil nous découvrons un nouveau paysage enveloppé d’une fine couche de neige.

Balade sur le plateau surplombant la cabane pour admirer ce merveilleux paysage de blanc.

Retour magnifique en hélico qui survole ces vastes étendues enneigées jusqu’à la base de PAAF.

Apéro chez nos nouveaux amis IPEV puis déjeuner à la base avant l’accueil de Thierry, DISKER, dans sa résidence.

Promenade sur la base, la Coop, puis découverte de la route 66 qui va vers le CNES.

Fin des opérations de chargement et déchargement du Marduf.

Pot de départ des non-hivernants à la serre et embarquement de tous les partants sur le Marion.

Départ sous les sirènes des pompiers, tracteurs et autres véhicules avec gyrophares, l »émotion des non-hivernants qui ont embarqués à bord est palpable.

Nous laissons derrière nous tant de rencontres et souvenirs !

Kénavo Kerguelen…

Lundi 25 avril

Au réveil, le Marion Dufresne est mouillé devant le cratère de l’île St-Paul. La mer à 17°C est calme, l’air est à 15°C, le soleil brille, juste un nuage coiffe le sommet de l’île, nous sommes dans les conditions subtropicales.

L’île, tristement célèbre par l’histoire des "Oubliés de St-Paul", est petite et inhabitée ; il s’agit d’un ancien volcan dont le cratère s’ouvre sur la mer côté nord-est, formant une baie très fermée.

Les opérations de transbordement ont déjà commencé, le zodiac amène matériel et vivres pour les trois scientifiques, sismologues et ornithologue, qui vont y passer quatre jours. Nous les voyons entrer dans le cratère par la passe étroite, salués par les otaries qui sautent et virevoltent autour d’eux.

Ce serait sympa d’y aller aussi mais, décrété Réserve Intégrale, le site est strictement réglementé. Compensant cette petite frustration, l’hélicoptère nous embarque pour un survol des lieux ; encore un endroit extraordinaire, nous ne serions pas surpris d’y surprendre le Capitaine Némo jouant de l’orgue dans le Nautilus !

En fin de matinée, cap vers Amsterdam que nous apercevons là-bas, dans le nord- nord-est.

Début d’après midi, l’hélicoptère nous dépose sur la base Martin de Viviès (Amsterdam). Comme d’habitude l’accueil est chaleureux, comme si on se connaissait depuis toujours. Ce soir c’est Olivier (Réserve Naturelle) qui nous guide vers notre gîte en bordure de falaise : la cabane "Ribault". Sacs au dos, nous marchons une trentaine de minutes au milieu des otaries plus ou moins grincheuses et de leurs petits appelés "pup’s". Ces animaux, joueurs et plutôt sympas dans l’eau, ont à terre un comportement de chien : elles aboient, grognent et parfois mordent ; la prudence s’impose.

Les sacs déposés à la cabane, on se fait une petite balade dans les hauteurs, c’est vert, l’herbe très dense fait un matelas ponctué de touffes de scirpe, sorte de jonc endémique d’ici. On se croirait dans les alpages, c’est très différent de nos escales précédentes, tant sur le décor que sur le climat. De retour à la cabane, nous écartons quelques pup’s effrontés avant de jouer du tire-bouchon et préparer la soirée. Celle-ci sera fort agréable, dans les rires et les senteurs d’un carry de langoustes.


Mardi 26 avril

Ce matin, nous visitons la base avant d’être reçus à l’apéritif par le Chef de District ; cette base aux allures de village vacances est très différente des autres, on y voit beaucoup plus de vert, notamment des arbres (cyprès, pins maritimes qui ont été importés).

L’après midi, nous rendossons nos sacs pour longer la côte vers l’ouest. Nicolas, un des volontaires en hivernage, nous parle des otaries et des différents suivis qu’il effectue sur les jeunes (les pup’s) et les adultes. Il nous fait même une démonstration de capture d’un pup’s pour le peser et le mesurer.

La marche nous conduit jusqu’à la Pointe Bénédicte qui est un des lieux étalons de la qualité de l’air. Celui-ci est analysé dans une station de mesure que nous visitons, on y suit notamment l’évolution des gaz à effet de serre.

Petite concertation entre les guides, nous sommes un peu justes sur l’horaire, si nous voulons faire ce qui est prévu il va falloir accélérer le rythme ; le groupe ne se dégonfle pas et banco, c’est parti ! Après une courte halte au cratère Antonelli, nous traversons les "alpages" pour rejoindre la cabane Ribault pour une deuxième nuit.


Mercredi 27 avril

Aujourd’hui, nous sommes particulièrement fiers de nous : nous avons planté chacun un phylica, arbre endémique d’Amsterdam sous la houlette d’Olivier, l’agronome. J’espère que le mien sera beau et fort !

On se fait une dernière balade avant le super-déjeuner langoustes, sériole à la tahitienne etc.… (Encore !!), puis retour sur le Marduf.

Jeudi 28 avril

Nous sommes de nouveau devant St-Paul. Nous récupérons les pensionnaires de l’île puis c’est la mise de cap au nord-ouest pour une longue ligne droite. Il va falloir commencer à trier les photos…