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13 novembre 2015

Journal de bord du Marion Dufresne (OP3-2015)

Suivez au fil de l’eau le journal écrit par les passagers payants embarqués à bord du Marion Dufresne…

Vendredi 13 Novembre

Ciel couvert, pas un souffle d’air. Temps lourd mais cœur est léger pour tous les passagers qui embarquent aujourd’hui pour 25 jours de mer. Ils arrivent, les uns après les autres, en haut de la coupée : 1,2,3…7. Sept personnes venues de La Réunion, de Belgique ou même d’Italie. Sept curieux. Sept amoureux des grands espaces. Sept individus à priori pas trop frileux.

16h30, le Marion Dufresne appareille. La même mécanique qu’à chaque départ se met alors en place : le monde qui se regroupe sur les ponts extérieurs, les derniers messages que l’on envoie depuis son portable, la corne de brume qui retentit une fois les amarres larguées, l’hélicoptère qui rejoint le navire sous les objectifs agglutinés, l’île de La Réunion qui s’efface doucement, l’horizon qui s’obscurcit lentement…

18h30, notre petit groupe se retrouve au forum, centre névralgique et, certains soirs, festif du navire. Autour de la table, chacun un verre à la main, nous faisons connaissance : Marion qui revient d’un long séjour en Nouvelle-Zélande, Marie-Claude et Guenahël qui troquent pour quelques semaines la douce chaleur réunionnaise contre les vents austraux, Giovanna dont l’accent laisse deviner sans ambiguïtés ses origines ensoleillées, Alain le passager le plus ponctuel de l’histoire des TAAF (2h30 d’avance sur l’heure de rendez-vous de l’embarquement !), Marie-France qui connaît le bateau et ses marins comme sa poche et Marie-Françoise, l’inscrite de dernière minute, venue compléter le groupe trois semaines à peine avant le début de la rotation ! Tournée générale pour le groupe, nous trinquons à cette rotation qui débute chaleureusement et à ces beaux jours de navigation… avant que les quarantièmes ne renversent notre verre !

Anne Recoules

Du samedi 14 au mardi 17 novembre

La vie à bord du Marion Dufresne

Après avoir obtenu un laissez-passer à la barrière du port est de l’île de la Réunion, nous nous dirigeons en navette vers ce bateau bleu blanc orange portant le prénom de l’une d’entre nous. Nous l’observons et le sac sur le dos ou la valise à la main, nous entamons la grimpée des fameuses marches de l’échelle du Marion Dufresne. Chaque marche nous faisant réaliser un peu plus la chance que nous avons de faire partie des 7 passagers de cette OP3 2015. Nous sommes à présent sur ce bateau qui nous fait rêver depuis des mois ou même des années, embarqués pour une navigation de quatre jours et cinq nuits en direction de Crozet.

Nous nous installons dans nos cabines sur le pont F et il nous faudra quelques jours pour pouvoir nous orienter entre les différents étages, couloirs et escaliers.

La vie à bord se rythme par le mouvement de la houle sous la coque. Nous avons commencé par deux journées sur une mer d’huile nous permettant de nous adapter parfaitement à la navigation mais les mers du sud nous ont rattrapées pour nous faire vivre des petites secousses d’estomac et même des moments de rire quand nous tentons de marcher droit et que les mouvements du bateau nous donnent la sensation d’être sous l’effet de l’alcool sans même en avoir bu une seule goutte ou que nous perdons l’équilibre dans les couloirs. Nous apprenons à faire preuve de créativité pour prendre une douche ou encore s’agripper à la table pour ne pas valser sur notre compagnon de repas.

Nous sommes 97 personnes sur le bateau en direction du sud et nos journées s’organisent au jour le jour, il n’y a que le présent qui compte et ce que l’on peut vivre et apprendre au quotidien.

Réveillés par le lever du soleil à la fenêtre du sabord, nous nous dirigeons chaque matin vers le forum constitué d’un bar et d’une salle à manger. Le petit déjeuner consiste en un buffet avec de la baguette, de la confiture, des fruits, des yaourts, des jus et toutes autres boissons de toutes sortes.

Les premières journées ont fait l’objet de formations en tout genre comme un exercice d’évacuation, la formation à la montée en hélicoptère qui nous permettra de nous rendre sur chaque district et la biosécurité qui consiste à aspirer et nettoyer ses habits, sacs et chaussures pour en éliminer les graines afin de préserver la biodiversité des réserves naturelles.

Nous avons eu la chance de visiter la passerelle et d’y rencontrer le capitaine du bateau qui nous a détaillé ses machines. Anne nous a ensuite proposé un exercice d’enfilage de la fameuse combinaison orange super sexy, flottante et étanche. Je peux vous le témoigner, elle n’est pas si facile à enfiler et l’on se sent un peu comme un bonhomme Michelin à l’intérieur mais l’expérience était amusante.

Le temps des repas sont des plus conviviaux, nous nous mélangeons, nous rencontrons du monde et surtout, nous savourons des menus délicieux de quatre services à chaque repas en passant du canard à l’orange au porc au pain d’épice par du saumon et tagliatelles ou du riz cantonnais. En bref, on se régale.

Chaque jour, nous assistons à des conférences sur divers sujets qui vont être exploités sur les districts comme la présentation des TAAF par Madame le Préfet, la présentation de la Réserve Naturelle, la présentation d’une thèse sur les escargots de Crozet et leur consommation de lichens, la mise en place d’un système de robot pour l’observation des manchots à Crozet ou un reportage sur les orques de Crozet.

Le bateau est équipé d’un espace sportif où les plus motivés d’entre nous s’entretiennent sur le vélo ou le tapis de course, d’un bar ou les soirées sont faites de rencontres, de jeux de cartes ou même de danse sur la petite piste ainsi que d’une salle de conférence dans laquelle un film est projeté chaque soir.

Ce mardi 17 novembre, nous avons participé à l’activité de philatélie qui consiste à apposer de nombreux cachets sur les enveloppes qui vont être envoyées depuis Crozet. Nous étions tous autour d’une table et le courrier tournait jusqu’à retourner dans une caisse qui partira avec le premier hélicoptère demain matin. L’ambiance y était également au beau fixe.

L’une de mes occupations favorites du voyage reste de prendre mon temps sur le pont à observer l’horizon, les oiseaux dont les fameux grands albatros ou les pétrels, des centaines de poissons volants et quand nous avons de la chance des baleines et des dauphins ou même les couchers de soleil fabuleux que la mer nous offre. Tout cela en échangeant avec les ornithologues, les scientifiques et tous ces jeunes qui sont partis pour vivre quelques semaines ou quelques mois extraordinaires dans l’un des districts des TAAF et pour qui cette traversée est une première, seconde, troisième ou même quatrième expérience.

La rencontre de ces différents passagers étudiants, scientifiques, administratifs, enseignants, membres de l’IPEV ou des TAAF, personnels du bateau, membres d’équipage et même nous les 7 passagers fait la richesse de ce voyage hors du commun. Chacun a son histoire, son expérience et ses projets et à l’intérieur du Marion Dufresne, je peux vous dire que cela compose un mélange des plus intéressant et cela contribue au côté passionnant de cette rotation.

Nous en revenons aux vraies rencontres, aux vraies valeurs sans connexion et ce détachement de l’hyper-connectivité fait du bien. C’est quand on est privé de téléphone, de smartphone ou de réseau internet qu’on se rend compte à quel point ils peuvent avoir un rôle anti-social dans notre quotidien.

Nous arrivons demain à Crozet et nous avons hâte de découvrir cette première île de l’aventure.

Marion, la cadette des touristes

Mardi 18 et mercredi 19 novembre

Les deux jours à l’Archipel de Crozet

Aujourd’hui, mercredi 18 novembre 2015, c’est le débarquement sur l’Ile de
la Possession dans l’archipel de Crozet. Le décollage est prévu pour 11h00
mais dès 9h00 tout notre petit groupe est déjà excité. Comment s’habiller ?
Que faut-il emporter ? Les bottes ? Les vêtements de pluie ? Les bâtons de
marche ?

Départ de la Drop Zone, cinq minutes de survol de l’île et arrivée sur la
baie US avec atterrissage sur la plage, rencontre de Suzanne notre guide
qui est sur la base depuis un an. Pierre est son remplaçant, il nous
accompagne et découvre son nouvel univers. Il séjournera sur l’île 14 mois.

Notre arrivée sur la plage est un moment magique, nous sommes entourés de
manchots royaux et d’éléphants de mer. Les manchots viennent vers nous,
sans doute poussés par la curiosité mais aussi comme un comité d’accueil.
La curiosité est partagée et cela est vraiment étonnant après cinq jours de
mer sur le navire.

Puis c’est le trek vers la petite manchotière, premier test, la traversée
de la rivière où la vitesse de l’eau est élevée, nous suivons comme des
manchots Suzanne ……… certains n’ayant pas écouté les conseils du guide
ont vu leurs bottes se remplir d’eau………..le pantalon doit être par
dessus la botte !

Durant notre randonnée, j’ai l’impression d’être sur une autre planète,
loin du temps, loin de tout…….. nous apercevons le long du chemin des
manchots papous, des gorfous sauteurs, des pétrels géants.

La vie au grand air, c’est vivifiant mais cela creuse, nous nous installons
pour pique-niquer dans une petite crique avec pour témoin quelques bonbons.
Le soleil et le ciel bleu sont avec nous.

Sandwiches et vin rouge sont au menu. Marie-Françoise nous annonce, en
levant son verre, que c’est son anniversaire ! Quel cadeau !

Rentrés sur le bateau vers 18h00, c’est la soirée Quizz, notre équipe
constituée des touristes n’a pas brillé et donc elle n’a pas « gagné » le
sacro-saint apéro. Nous n’avons pas perdu au change, les enfants de Marie-
Françoise avaient fait une très belle surprise à leur maman en lui offrant
par le biais d’ Anne deux bouteilles de champagne que nous avons bu en se
remémorant les meilleurs moment de cette journée qui restera inoubliable
pour la plupart d’entre nous.
Marion, la plus jeune d’entre nous, grande voyageuse devant l’éternel a,
lors du retour de l’île, dû subir une petite opération à un doigt du à un
panaris et n’a donc pas pu partager le champ’ avec nous mais elle se
consolait en pensant surtout au lendemain où elle retrouverait sa grande
amie Camille……………..

Le lendemain arrive……… Le départ pour la base de Crozet
« Alfred Faure » est fixé à 9h00. Aujourd’hui 19 novembre j’ai une pensée
toute particulière en ce début de journée pour ma maman, c’est son
anniversaire…….
La rotation en hélico sur la base est brève, à peine une minute
trente………. Une fois regroupés, nous descendons vers la manchotière
(1,4 km de marche) où près de 20 000 couples de manchots royaux nous y
attendent, il y a aussi des éléphants de mer…………..

Puis retour à la base, où avant de rentrer dans la « vie com’ », je
reconnais des noms de village qui me parlent (Le Bono, Plescop,…) sur les
poteaux indicateurs………… les morbihannais sont là !

A l’intérieur, bien au chaud, nous faisons connaissance avec le chef de
district qui est sur base depuis deux mois, puis s’ensuit le déjeuner très
copieux. Je rencontre le chef « cuistot », réunionnais de naissance mais
qui a beaucoup vécu hors de l’île, il a d’ailleurs pris plaisir à parler
italien avec Giovanna la touriste de Bergame.

Après le déjeuner, nous sommes partis voir sur la falaise du Bollard, les
nichées de Grands Albatros. Les petits s’exercent à décoller en dépliant
leurs ailes de près de 3 m d’envergure, il soufflait un vent à décorner les
bœufs ; au retour sur la base, nous avons essuyé une averse de grêle, un
bien fou !

Revenus à la base, nous avons visité les laboratoires de recherche, nous y
avons retrouvé Maryvonne, l’experte en escargots de Crozet et Damien le
lichenologue. Dans la base, nous avons visité la serre et son célèbre
pommier, la chapelle, la coop (boutique à souvenirs) et la GP où nous nous
sommes ravitaillés en cartes postales et timbres.

17h30, regroupement à la « vie com’ » avant de prendre l’hélico à 18h00
pour retour sur le Marion Dufresne, nous y avons laissé une vingtaine de
personnes, c’est un moment très émouvant quand l’hélico décolle et que les
gens restés à terre, tous encapuchonnés, lèvent les bras pour vous dire
« au revoir ».

le texte est de Guenhael
les photos de Marie Claude
les décors sont des TAAF
les costumes sont de circonstance

Du jeudi 20 au samedi 22 novembre

Couleurs

Bleu nuit l’océan indien

Noire la nuit de l’hémisphère sud

Blanche l’écume, soulevée par le « MARDUF »,

Qui crée la « peau de mer » lumineuse crépine entourant les yeux vert d’eau comme un batik, formé, déformé, noué et recommencé pendant des milles et des milles entre Crozet et Kerguelen

Les grands voiliers blancs évoluent avec élégance autour du bateau, accompagnés par les Damiers du Cap, leurs ailes dessinées comme une octave de piano.

Et le vent joue sa mélodie rauque ou sifflante……..

La vision fugace d’un morceau d’arc-en-ciel, se posant sur la chevelure blanche des vagues.

Instant magique du 21 Novembre, 7h.

Marie-Françoise

Mardi 24 Novembre

Ca y est. Nous l’avons vue. On nous avait dit que l’année dernière, la brume n’avait même pas permis de l’apercevoir, ne serait-ce quelques minutes. Ce matin, tout le monde s’est levé tôt. Plus tôt qu’à l’accoutumée. Beaucoup plus tôt, même. Les plus courageux se sont levés à 5h30 pour ne pas rater une miette. A 7h, clou du spectacle. Tout le monde est debout, sur le pont. Les yeux sont peu collés mais ils finissent par rapidement s’écarquiller. « Ca y est, on l’aperçoit ! » « Où ça ? » « Là-bas, on la devine, regarde ! ». Puis le bateau s’est approché, petit à petit. On a d’abord distingué un gros rocher. Puis la forme s’est découpée, devenant plus précise à mesure que nous la contournions. Et soudain, c’était évident. Elle était là, juste devant nous, fière et dégagée. Les appareils photos se sont déclenchés, les rires ont fusé. Enfin nous pouvions la contempler, cette fameuse arche des Kerguelen…

Du 25 au 27 Novembre

Mercredi 25 novembre 2015

Au lever du jour, vers 4 heures, le’ Marion Dufresne’ entre lentement dans le Golfe du Morbihan en laissant Port-Navalo sur sa gauche.
Peu de temps après, nous mouillons devant la Base de Port-aux-Français. L’hélicoptère va intervenir rapidement pour débarquer matériel et personnel car la météo n’est pas favorable.
Les passagers accompagnés de deux guides sont emmenés vers la cabane « Laboureur » à 10 mn d’hélicoptère dans l’WSW de la Base. Nous découvrons un site sauvage, un site de bout du monde.
La randonnée démarre et peu de temps après nous pouvons apercevoir une petite colonie de gorfous sauteurs. Nous allons ensuite monter vers des plateaux situés à environ 200 mètres d’altitude. Nous apercevons alors sur 360° et assez loin des vallées et de petits monts aux pieds desquels brillent des lacs ou bras de mer. Un arc-en-ciel vient mettre un peu de couleur dans ce décor très minéral. Pique-nique.
Au bout de 4 heures, retour à la cabane. Nous allons à la pêche aux moules avec deux pelles et un grand récipient. La pêche est effectuée en moins de 2 minutes ! Il ne reste plus qu’à les nettoyer et à les faire cuire : tous les passagers participent aux taches ménagères. Le repas se fait à la lueur des bougies car il n’y a pas d’électricité dans la cabane. Le coucher dans son sac n’a pas lieu trop tard car l’hélicoptère doit nous récupérer vers 7 H 15 le lendemain matin, le vent doit forcir.

Jeudi 26 novembre 2015

Lever 6 H, petit-déjeuner et nous nous rendons sur le lieu de rendez-vous de l’hélicoptère. Retour à la Base où le vent s’accentue.
Départ pour une petite rando d’observation vers l’Anse des Pachas. En route, nous apercevons de nombreux éléphants de mer, plutôt jeunes.
Le vent associé à une pluie froide et cinglante redouble d’intensité : 50 nds avec rafales à 64 nds. Nous faisons demi-tour, trempés, marchant courbés vers la base et… les sèche-linges ! Nous apercevons le ‘Marion Dufresne’ qui quitte son mouillage pas suffisamment sûr pour aller croiser au large. En le voyant s’éloigner des Kerguelen, nous pensons aux « Oubliés de l’Ile Saint-Paul »…..
Déjeuner sur la Base, puis visite des Bâtiments : Agence Postale, Boutique, Hôpital, Station Météo-France où nous assistons à un lâcher de ballon-sonde qui va monter à 30.000 mètres d’altitude pour donner des informations sur les différentes couches de l’atmosphère.
Nous couchons à la Base.

Vendredi 27 novembre 2015
Rendez-vous à 9 H 45 sur la DZ (Drop-Zone) de la Base. L’hélicoptère nous pose en 5 minutes à la cabane « Jacky ». Découverte des environs, puis pique-nique à la cabane.
Vers 12 H 30, nous partons en randonnée accompagnés de Mme Le Préfet qui s’est jointe à notre groupe. Au début, nous traversons une grande étendue minérale de pierre et de sable que l’imagination associe à une planète lointaine. En approchant du rivage, une végétation rase prend le relais.
Nous faisons un premier arrêt à l’Anse des Papous pour observer une petite colonie de ces oiseaux du Grand-Sud. Ensuite, nous faisons un deuxième arrêt à l’Anse des Pachas pour observer des gros mâles dont certains peuvent dépasser 5 mètres. Au milieu, des jeunes éléphants de mer et quelques manchots royaux. Nous terminons notre randonnée vers 15H30.
A 16 H, l’hélicoptère nous ramène sur le ‘Marion Dufresne’.
En soirée, Marie Claude fête son anniversaire et nous offre le champagne…
Notre séjour aux Iles de la Désolation est terminé !

30 Novembre

Je suis sur le navire pour rendre hommage aux ’Oubliés de l’ile Saint-Paul’.

En 1930, sur cette île, les Dirigeants de La Langouste Française ont demandé à un groupe de 7 gardiens volontaires dont une femme enceinte, de surveiller et entretenir l’usine pendant l’hiver austral sous condition d’un ravitaillement promis au bout de trois mois. Le bébé ne survivra pas, 3 hommes vont décéder du scorbut, un autre périra en mer avant que le navire ravitailleur n’accoste sur cette île.
Restent 3 rescapés, dont l’un deux fut mon père.

85 ans après, le 30 novembre 2015, nous rendons Hommage à ces 7 personnes qui ont subi tant de misères.

Dès 4 heures du matin, je suis sur le pont du ’Marion Dufresne’ avant de voir l’île.
La mer est forte, le vent est au rendez-vous.

Soudain, l’île apparait entre une bande de nuage clair et l’océan Indien noir. Je ne
peux décrocher mon regard : elle me prend toute mon énergie, c’est très étrange.
Pourquoi aujourd’hui a-t-elle mis ses habits de deuil ?

Vers 8 heures, l’hélicoptère s’envole avec une équipe chargée de sceller la plaque commémorative.

Nous montons ensuite dans l’hélicoptère : Mme Le Préfet des TAAF, le second capitaine du Marion Dufesne (tous les deux en tenue de cérémonie), et moi-même.

J’analyse difficilement mes sentiments tellement puissants : je marche sur leurs pas !

Par cette plaque, nous sommes là pour honorer leurs mémoires : elle est dévoilée sous le drapeau, elle est très belle.

A ce moment, je pense que justice leur est rendue. C’est une fierté de représenter les familles et l’Association : toutes les personnes qui nous soutiennent dans cette démarche.

La petite croix en argent de la famille Le Brunou est mise en terre avec émotion.

Après les discours et recueillement, je regarde les lieux où les otaries évoluent.
Les fondations des bâtiments d’exploitation, lieux de vie : dalle de ciment, murets en pierres sèches, éléments rouillés de sertisseuse, je constate le périmètre extrêmement réduit pour une centaine d’ouvriers.

Cet endroit est ancré dans ma mémoire.

Dans une vie, il y a des moments où le temps passe et efface de notre mémoire la routine, cela peut durer des années.

Cette heure passée sur l’île Saint-Paul est inoubliable.

Sur cette page, je vous ai fait partager mes émotions.

Le mauvais temps écourte notre passage sur l’île, et pour des raisons de sécurité, nous la quittons rapidement.

Malheureusement, mes amis qui devaient la survoler en hélicoptère, ne la verront difficilement que du bateau.

L’île Saint-Paul garde encore sa part de mystère.

Maryvonne, fille de Julien Le Huludut, l’un des ’Oubliés de l’Ile Saint-Paul’.

Du 30 novembre au 2 décembre

« A Amterdam, il y a des Dieux , il y a des Dames »*, nous n‘avons pas vu les Dieux mais nous avons vu les Dames et elles étaient nombreuses : otaries, orques et langoustes.
Nicolas, le DISAMS, nous a accueillis chaleureusement sous la pluie battante, il nous a reçus dans sa résidence pavoisée aux couleurs belges et italiennes en l’honneur de Marion et Giovanna.

Francis, le chef, nous a concocté deux buffets somptueux de produits locaux. Nous avons dégusté des langoustes pêchées par le « cuistohimself », du carpaccio de truite de Kerguelen, de la légine à la tahitienne et de la fausse morue fumée d’Amsterdam. Les desserts n’étaient pas en reste : truffes et otaries au chocolat.
Dans les cabanes, nous avons été gâtés aussi ; repas aux chandelles avec au menu : barbecues et carry langoustes avec concert en live des otaries.

Les cabanes « Ribault » et « Antonelli » où nous avons dormi, ont été atteintes après de joyeuses randonnées en compagnie d’Arnaud, Julien et Olivier qui nous ont fait découvrir les Phylicas parmi les vastes étendues de Scirpes.



Le lendemain nous avons été à la Pointe Bénédicte où l’air est reconnu comme le plus pur du monde. Sur le chemin, nous avons bravé les otaries particulièrement agressives en cette saison des amours et observé les orques rôdant autour du Marion Dufresne.



Le séjour sur l’île s’est terminé par un déjeuner au soleil sur les terrasses du « Skua » où nous avons dégusté nos dernières langoustes …………..à la santé d’Etienne qui fêtait ses quarante ans.

A Amsterdam, nous étions les Dieux……………

Les déesses (Marie- Françoise, Marie- France, Giovanna, Marion, Marie- Claude) et les dieux (Alain et Guenhaël).

*chanson de Guy Béart