Facebook Twitter Viadeo LinkedIn You Tube Daily Motion Flickr
Accueil > Missions > A bord du Marion Dufresne > Journal de bord du Marion Dufresne (OP3-2016)

Journal de bord du Marion Dufresne (OP3-2016)

Vendredi 4 Novembre

Partir.

Depuis des mois l’idée de s’éloigner du quai, de rendre réelle une virtualité, un rêve, un espoir trotte dans nos têtes, nous habite. Et aujourd’hui enfin nous voyons les amarres qui subitement se détachent des bites du quai n°8, le bateau pilote qui nous accompagne au large du Port, les dernières mains qui esquissent un au-revoir s’accrochent bientôt aux rambardes et le regard se tourne progressivement vers le large après avoir dessiné un dernière fois La Réunion que nous ne reverrons plus que dans un mois.

Rencontrer.

Les premiers visages croisés, d’inconnus deviennent petit à petit familiers/ Les mots également. OPEA, DZ, passerelle sont autant de termes qui nous deviendront évidents après quelques jours. Le groupe de voyageurs payants que nous sommes est composé d’horizons aussi divers que variés. Nous venons de Savoie, du Canada ou de La Réunion mais nous caressions tous la douce pensée de venir nous aventurer sur ce bateau mythique. Il concentre, en plus de technologies de pointe, des hommes et des femmes aux destins extraordinaires. Militaires, marins, scientifiques, médecins, techniciens, cuisiniers, agents d’entretien, nous formerons une famille éphémère le temps du voyage. Chacun a suivi un chemin de vie semé d’embûches pour éprouver la joie de se retrouver aujourd’hui sur le bateau.

Ressentir.

Cette houle indo-océanique nous met dans le bain immédiatement. Des creux de 2m font danser le « Marduf » et nous avec. Cette première soirée aura des airs de nausée pour certains, alors que d’autres, rompus à ces rotations, se sentent déjà comme chez eux. On a le pied marin ou on ne l’a pas. Mais les organismes s’habituent déjà après cette première nuit et le magnifique lever de soleil éclaire déjà cet autre monde, celui autour duquel on ne voit que du bleu, partout autour de nous. Le monde de la mer nous a baptisé pour mieux nous montrer qu’ici et sur ces îles du bout du monde la nature ne nous accepte pas, elle nous tolère…

Textes et photos : Hervé Saby

Samedi 5 Novembre

Après les premières 24 heures à bord, nous commençons à nous repérer sur le Marion Dufresne, à nous familiariser avec la vie à bord, à faire la connaissance des autres passagers d’horizons très différents.

Ce matin, rendez-vous sur la DZ par petits groupes pour une formation « Embarquement Helico » : ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire, où prendre place, etc.

C’est également l’occasion de faire la photo pour le trombinoscope que nous trouverons le soir en face du bureau de l’OPEA.

Anne fait une présentation vivante des TAAF, parsemée d’anecdotes : son organisation, son rôle, son budget, ses ressources et les caractéristiques de chacun des cinq districts.

Le temps est beau et la houle moins forte qu’hier ; vitesse de croisière entre 13 et 15 nœuds.

Après un très beau coucher de soleil, nous nous retrouvons pour le pot du commandant, l’occasion de discuter avec les autres passagers, chercheurs, logisticiens, médecins, techniciens etc. Nous sommes 160 sur le Marion Dufresne.

Textes et photos : Hélène

Dimanche 6 Novembre

Ce matin la mer est calme et l’horizon est dégagé. Une belle journée s’annonce. Les croissants sont venus s’ajouter au menu du petit -éjeuner. Plateau à la main, chacun de nous s’installe à une table au hasard, au gré des places qui se libèrent. C’est l’occasion de faire connaissance avec d’autres personnes, notamment ceux qui prennent leurs repas au premier service et avec qui nous ne pourrons pas partager le repas de midi ou du soir !

A 10h notre petit groupe a rendez-vous avec le commandant pour la visite de la passerelle ! Deux moteurs électriques, double gouvernail, poste principal de commande pour les manœuvres classiques et poste secondaire pour les manœuvres délicates, cartes géographiques manuelles et GPS informatisées, radars de détection… nous, les apprentis marins, tentons de nous familiariser avec les termes techniques du pilotage ! Le souffle des cachalots visible à tribord vient perturber quelque peu le déroulement des explications ! Certains s’éclipseront quelques minutes pour tenter de capter et immortaliser ces instants magiques sur pellicule. Même si les cétacés sont assez loin de nous, nous pouvons apercevoir leur souffle à la surface de l’eau et deviner une partie de leurs corps qui affleurent à la surface !
La visite se termine par un point météo et le commandant nous apprend qu’une dépression nous attend aux abords de l’archipel de Crozet. Creux de 8 à 10m en prévision, ça va secouer ! Avant de quitter les lieux, certains s’essaieront au revêtement de la combinaison de survie sous l’œil avisé d’un spécialiste de l’équipage. 2 minutes 42 - au-dessous de la barre des 3 minutes -, pas mal pour une première fois !

Puis, un petit tour à la boutique souvenir qui ouvre ses portes pour la première fois depuis le départ. Il faut penser à préparer les cartes postales et les timbres avant la traditionnelle séance de tamponnage qui aura lieu prochainement avant de descendre à terre !

A midi, le commandant a convié trois d’entre nous à sa table ! Les trois chanceuses apprécieront leur repas en compagnie de l’équipage ! L’après-midi est consacrée à la détente. Certains culpabilisent déjà de manger trop de fromage et envahissent la salle de sport ! D’autres s’adonnent à une petite sieste en cabine ou profitent du soleil et de la chaleur encore présente sur le pont supérieur un bouquin à la main !
Le passage dans les eaux subantarctiques est proche, mieux vaut profiter des derniers moments sur le pont avant un changement de météo radical ! En fin d’après-midi tout le monde se rejoint en salle de conférence où Clément nous présente le rôle et le fonctionnement de la réserve naturelle des TAAF ! Un film avec des images à couper le souffle clôt la conférence. Il n’y a plus qu’à prier monsieur météo pour pouvoir descendre à Terre sur Crozet afin de profiter de ce spectacle de nos propres yeux !

De retour sur le pont, le coucher de soleil est prometteur ce soir !
Au fur et à mesure de la traversée les horaires se décalent et la nuit tombe de plus en plus tardivement. Ce soir, le coucher de soleil pourra être admiré par tous, car les derniers rayons disparaissent justement au moment du changement de service ! Certains sont au café et ont le ventre plein tandis que d’autres sont encore à l’apéritif et attendent l’appel du deuxième service !

Après le repas, la soirée se terminera dans la joie et la bonne humeur autour d’un verre ! Les joueurs de carte ont envahi le forum tandis que le babyfoot est pris d’assaut ! Rires, histoires drôles, anecdotes et parcours de vie rythment les discussions. Nous profitons tout simplement du privilège d’être réunis tous ensembles à bord du Marion !

Texte : Myriam
Photo : Anne Kiesel

Mercredi 9 novembre

Arrivée à Crozet

5 heures du matin, l’équipage est sur le pont, Pointe Basse de l’île de la Possession, un lever de soleil somptueux transperce les roches noires de la côte de l’archipel de Crozet. La météo a raison du ravitaillement de cette base. Le Marion Dufresne reprend sa route direction Baie du Marin, en contournant l’île par l’Est. La veille, le programme idéal annonçait un débarquement des hivernants, du matériel, puis des passagers en début de matinée. Mais les 40èmes hurlants portent bien leur nom, le vent souffle avec des pointes à 50 nœuds, l’hélicoptère ne décollera pas ce matin-là. L’attente, l’excitation, un peu de frustration, de l’admiration et de l’émotion se font sentir en passerelle, quelques yeux sont rivés sur le capteur des vents, d’autres sur les manchots, curieux de voir ce navire dans leur baie.

Le déjeuner est servi pour la totalité des passagers, l’équipage et la cuisine réagissent dans la matinée pour adapter leur travail à la météo. Jacques, le maître d’hôtel fait l’appel du 1er service « vous restez encore un peu avec nous ! », adresse à ceux qui passeront 3 mois, 6 mois ou un an sur la base Alfred Faure de l’île de la Possession.

14h, les vents baissent, le ciel est clair. Le Marion Dufresne sort de sa lente dérive, s’avance vers la Baie du Marin et se positionne pour les « slings », les transferts en hélicoptère. Traditionnellement, et suite à la séance de tamponnage philatélique de la veille, le courrier s’envole en premier avec un membre des TAAF et, fort heureusement, le pilote. Suivent les ornithologues, biologistes, logisticiens, techniciens, polyvalents, personnels de la Réserve Naturelle, des TAAF, de l’IPEV, les signes de main accompagnent les départ de chaque trajet d’hélico.

Sur la passerelle arrière, les membres de l’équipage s’affairent dans un ballet de containers et filets. L’hélicoptère fait le lien entre le bateau et la base, il y dépose les vivres, le matériel scientifique, et même des WC… Après 5 allers-retours passagers et une dizaine de trajets logistiques, le pilote arrête les pales et les rotors, l’OP s’arrête pour aujourd’hui. Le temps ne s’améliore pas, mais la lueur de fin de jour de Crozet enveloppe le Marion Dufresne qui s’en va pour la nuit près de la Baie US. Les 40èmes hurlants ne dorment pas et bercent les 75 passagers restant à bord….

Texte et photos : Irina

Jeudi 10 Novembre

Après une journée à hiberner sur le Marion-Dufresne en scrutant au loin la base de Port Alfred, la météo de ce jeudi nous est à présent favorable pour une expédition sur l’île de la Possession ! L’attente devant la porte de la « drop zone » en début de matinée semble insoutenable…

Cette journée sera pour certains un baptême en hélicoptère et pour tous la découverte de paysages somptueux alliant sommets enneigés, zone de steppe sans arbres et rivages abrupts avec des cascades se jetant directement dans l’océan. Après une dépose en milieu sauvage sur la plage de sable noir de la baie américaine (ou BUS), nous faisons la connaissance des autochtones : les manchots royaux et les éléphants de mers. C’est un émerveillement pour tous de se retrouver face à ces espèces et de découvrir leur comportement : la curiosité du manchot royal et sa démarche dandinante, le cri guttural des éléphants de mer et le charme dévastateur de leur progéniture.

Notre trajet se poursuit en mode randonnée le long de la côte avec une végétation faite de mousses, lichens, herbes, qui ont su s’adapter à ce milieu hostile. L’archipel de Crozet reste fidèle à sa réputation avec une alternance de soleil, nuages, pluie, grêle et neige sur la même journée, un vrai casse-tête pour les prévisions météos ! Les rafales de vent provoqueront pour certains quelques déséquilibres mais pas de chutes !

Nous croiserons 2 manchots papous, des gorfous sauteurs, des albatros et autres espèces d’oiseaux… Le spectacle s’intensifie avec l’arrivée à la petite manchotière, environ 15000 individus de manchots royaux avec notamment des bébés manchots dans un environnement magique. Petite halte pour se remplir l’estomac et repartir les yeux remplis de souvenirs. Au retour à bord, chacun effectue un passage en biosécurité avec l’espoir de repartir le lendemain !

Textes et photos : Florian Blache

Vendredi 11 Novembre

La chance semble nous sourire, nous entamons une deuxième journée sur l’île de la Possession. Au programme, la visite de la base de Port Alfred et la découverte de la grande manchotière attenante (accessible en 30 minutes à pieds). Cette fois-ci, ce sont 30 000 manchots royaux qui s’offrent en spectacle… L’occasion pour nous de voir de plus près l’interaction entre les parents et leurs poussins, l’alimentation et les déplacements.

A midi nous sommes réunis à la base avec pour commencer un repas convivial où sont présents les anciens et nouveaux hivernants. Le lieu de vie est agréable et l’ambiance est familiale. Puis ce sera la visite des laboratoires, du bureau du chef de district et de la serre (lieu tropical improbable où l’on peut faire la sieste sur un transat à l’abri d’un pommier). Il s’ensuit un passage à la Coop pour faire le plein de souvenirs pour certains. La journée s’achève par un retour sur le Marion-Dufresne après ces deux jours riches en découverte. Nous laissons sur place, avec émotion, Pierre et France qui nous auront fait partager leur passion pour la nature.

Textes et photos : Florian Blache

Samedi 12 Novembre

Il est 15 heures, le Marion Dufresne appareille pour Kerguelen, la corne de brume envoie un dernier salut à tous ceux que nous laissons sur Crozet.
Cap à l’est et sur l’île du même nom, face à la base Alfred Faure, qui fait figure d’île mystérieuse avec son éternel chapeau de nuages et ses brumes.
Nous longeons les falaises sombres de cette île inhospitalière classée réserve naturelle intégrale. On aperçoit au loin, ce qui semble être une grande manchotière. Nous longeons les dernières falaises de l’île de l’Est, puis c’est la pleine mer, nous naviguerons jusqu’au 15, jour de notre arrivée à Kerguelen.

Dimanche 13 Novembre

Toute la journée les grands oiseaux marins nous font une escorte rapprochée, pour le plus grand bonheur des photographes.
Mais un évènement inhabituel se prépare sur le Marion Dufresne, en effet un mariage sera célébré à Kerguelen lors de notre passage. La future mariée étant à bord, une surprise lui a été préparée pour fêter l’enterrement de sa vie de jeune fille. Ce soir à n’en pas douter il y aura de l’ambiance au forum.

Lundi 14 Novembre

Ce matin la mer est forte, depuis la passerelle le spectacle est saisissant, une houle puissante secoue le navire, personne à l’extérieur, ni dans les coursives d’ailleurs, mais il y a d’autres raisons à cela…
Après-midi séance philatélie au PC sciences, nous tamponnons les enveloppes venues du monde entier qui seront postées à Kerguelen.

Mardi 15 Novembre

Arrivée à Kerguelen, premier arrêt à 6 heures du matin le temps est superbe le soleil déjà haut dans le ciel, le spectacle est exceptionnel. Les premières rotations d’héliportage emportent le matériel dans la baie de la mouche, puis nous repartirons en direction de la baie du Morbihan et de Port-aux-Français, la base de Kerguelen.

Pour notre groupe le débarquement est prévu demain, si tout va bien, car ici la météo a toujours le dernier mot…

Textes et photos (12-15 Novembre) : Jean Claude


16, 17, 18 et 19 Novembre

Le MarDuf arrive sur l’archipel des Kerguelen, nous pouvons déjà observer les cimes des sommets enneigés. Une halte devant la baie de la Mouche et déjà l’hélicoptère commence ses rotations. La météo oblige le MarDuf à annuler les livraisons dans la baie de Greenland et se rend dans le Golfe du Morbihan où les dauphins de Commerson nous accompagnent jusqu’au mouillage devant la base du Port-aux-Français. Nous préparons nos sacs pour les excursions en cabane : Jacky et Laboureur. Nous serons en deux groupes pour ces nuits en cabanes.

Cabane Jacky

Nous sommes déposés par l’écureuil à proximité d’une magnifique cascade et entamons une marche sur un paysage lunaire. Des BLO* s’enfuient à notre approche, un chat noir en fait de même. L’eau descend des plateaux environnants et forme de curieux ruisseaux où diverses mousses se développent.
Nous observons les stries des pierres laissées par le gel et le vent. Des choux poussent sur les îlots inaccessibles par les BLOs. Après une sympathique soirée nous rejoignons la base par le rivage où nous croisons la faune locale (Manchots Papous et Royaux, Eléphants de mer avec leurs bonbons, Pétrels géants). Après un bon déjeuner à la base, nous la visitons ainsi que sa station météo et les installations du CEA.

Cabane Laboureur

Nous sommes héliportés à 10 mn de PAF où pendant le vol nous observons des paysages variés. Un couple d’Albatros Fuligineux perché sur le flan de la falaise nous accueille à notre arrivée. Deux jours auparavant, ce sont des manchots papous qui accueillaient l’autre groupe. Nous entamons une nouvelle marche qui traverse lac d’eau douce, falaise déchirée par le gel et le vent puis faisons un arrêt-déjeuner au bout d’un fjord. Pour certains, ces paysages évoquent la lune, pour d’autres, Mars. Nos guides nous encouragent à pêcher la truite ; celle-ci se révèle fructueuse.

Au retour, halte pour une observation des gorfous sauteurs. A l’arrivée à la cabane, ramassage des moules pour le dîner du soir : ici, elles se ramassent à la pelle.

PS : Nous tenons à remercier nos accompagnateurs.

* Bêtes à Longues Oreilles – son nom ne se prononce pas à bord.

Textes et photos : Diane, Olivier, Hélène

Saturday November 19 to Tuesday November 22 : Kerguelen to St Paul Island

Just in case you thought that this voyage to the remote French islands of the Sub-Antarctic (Crozet ; Kerguelen ; St. Paul/Amsterdam) was only open to French speakers – well it isn’t ! My wife Jenny and I are anglophone Canadians. We’ve been made most welcome on board and are greatly enjoying this trip of a lifetime. But we would say that you need a moderate command of spoken French to make the most of things.

We left Kerguelen on the afternoon of Saturday November 19, with the crew and passengers in high spirits : two of the young militaries on board had just celebrated what was only the fourth marriage ever to be held in the church at the Kerguelen base, and the crew had defied the odds and successfully towed off the rocks a self-propelled barge that had run ashore weeks earlier, leaving all the team at the base with drastically reduced options for getting around.

But we sailed straight into a fog bank, so before I resume the narrative I’ll make a few general comments before resuming the day-to-day narrative.

First, however well you speak French, you may be in for a few surprises aboard the Marion Dufresne. Mystifyingly, although a few days ago we sailed past the Ile des Pingouins, the French do not actually use the ‘P’ word to describe what are the most charismatic inhabitants of this frigid region : rather, the larger variety of penguins are Manchots, the crested varieties Gorfous. Confusingly, “pingouin” is applied instead to the now-extinct Great Auk and to other members of the Alcid family that are only found in the Northern hemisphere (where there are no penguins). And just when you have figured that one out (or not), you learn that the French Manchot Royal is not the English Royal Penguin, but the King…

A further puzzle for our first few days on board was the repeated use of the initials BLO to describe some kind of other sub-Antarctic beast. I was only partially enlightened when it was explained to me that this means “Bete a Longues Oreilles.” Overt mention of that small, long-eared and cuddly creature that resembles a hare is, it seems, taboo on all French seagoing vessels, on account of the damage it caused on several well-documented voyages in the era of sail –eating ropes, sails, the sailors’ clothes, whatever. You might wonder why it was that these creatures were allowed by the captain to roam at leisure below decks ; I am still working on this.

More seriously, English-speaking readers who may stumble on this blog may be interested to know how a voyage on the Marion is different from cruises made to the Antarctic Peninsula, to South Georgia, to the Sub-Antarctic islands of New Zealand and Australia. The principal point to understand is that the Marion Dufresne is a working vessel whose principal purpose is the re-supply of scientific bases, and the transport to and from those bases of scientists. Twelve paying passengers accompany each of the four annual month-long voyages, and a dedicated programme is established for them, but their needs are not the top priority. In my view, there have been many compensations for this admittedly subsidiary status : notably the chance to meet and sail with some of the leading experts in their respective fields ; to visit them at work at the bases ; to see this amazingly versatile vessel and its crew at work in the most hostile seas in the world (the Bridge is accessible at all hours) ; to stay ashore in remote cabins.

The crowd is a lot younger than on most cruise vessels : many of the scientists on board are young graduates involved in researching their theses or working as volunteers in the Natural Reserve. As you would expect on a French-flagged vessel, the cuisine is superb (French wine on the overnights ashore !) but there is no English-style Full Cholesterol option for breakfast, which is fresh baguettes, coffee and jam. Unlike on most cruise ships, nearly all the movements are by helicopter ; this sounds time-consuming, but the operation is very efficient ; what you do miss is Zodiac-based shoreline cruising.

Back to the blog….After leaving the lee of Kerguelen and setting our course to the NNW, we started to run into an increasingly heavy swell, coming in from the West. Most of Sunday we rolled heavily, and the wind steadily built. Late Sunday night the ship was pounding, with wind speeds as high as 58 knots ; one particularly large swell at 01:30 in the morning brought us briefly to a crashing halt. This rolling made life for the galley crew very challenging : the wine glasses disappeared to be replaced by more stocky tumblers, and at breakfast on Sunday morning we were advised not to use trays but gather up our baguettes and confiture individually. But everyone seems to have their sea-legs by now : the restaurant is as full as ever, and the Chef’s Plateau de Fromages is eagerly awaited.

For the first time, on Monday, access to the exterior decks was prohibited, with the exception of the wing off the port side of the bridge.

Here I spent much of the two days at sea engaging in my favourite pastime : watching the swooping of the albatrosses, the petrels, the tiny prions, around the stern and up and down both sides of the vessel, against a background of bright blue but stormy seas. It’s hard to photograph the fast-moving albatrosses in flight, but one of the great advantages of digital photography is that you can waste no end of shots in the hope of getting a few good ones. Some of the visitors today were the Wandering Albatross (“Grand” or “Hurleur” in French), the Light-Mantled Sooty, the Yellow-Nosed, the Giant Petrel and the Cape Petrel (whose French name – “Damier”/Checkerboard – is much more descriptive).

At anchor we had seen King Penguins frolicking around, also Commerson’s Dolphin – the latter only found in Kerguelen and, perplexingly, distant Patagonia ; I had some luck photographing the Kings, but none with the Commerson’s.
Two evenings at sea and two Vins d’Honneur : the first hosted by the captain as a thank-you to the crew in rescuing the beleaguered ‘Chaland” (barge) ; the second by the newly-weds, to the background of an amazing rock-video in their honour, put together by the entire crew. Then it was to bed early on Monday 21st, with the hoping of sighting the volcanic crater of St Paul Island at dawn the following morning.

But before I sign off : a warm thank you to all the crew and all the passengers, paying and non-paying, for having made these two foreigners so welcome on board your vessel, on your islands, and in your homes (for such are the three bases we are visiting). We feel very privileged. For any of you who might be interested to follow our adventures when we return home, please visit our blog at www.bosunbird.com.

Merci et Bon Voyage a tous !

Photo captions :

  • King Penguin/Manchot Royal
  • Light-mantled Sooty Albatross/AlbatrosFuligineux
  • Giant Petrel/PetrelGeant
  • Yellow-nosed Albatross/Albatros à Bec Jaune

22-25 Novembre

Mardi matin, 4h45. Le Marion Dufresne est immobile devant St Paul. Le soleil est levé depuis peu et le ciel est dégagé. Le paysage est irréel : le haut d’un cratère émerge de la mer. C’est féérique. C’est pourtant dans ce cratère que se trouvent les vestiges d’une conserverie de langoustes dont l’histoire se termine par le malheureux épisode des oubliées de St Paul en 1930.

Après les opérations à St Paul, départ pour Amsterdam. Nous aurons la chance de longer la falaise d’Entrecasteaux, haute de 700 m, le paradis des albatros d’Amsterdam.

Nous débarquons à Amsterdam avec les nouveaux hivernants et les scientifiques. Tous les hivernants sont présents pour un comité d’accueil chaleureux. C’est à Amsterdam que nous partagerons le plus la vie de la base ; petit déjeuner, déjeuner et diverses pauses.

Nous partons voir les otaries à la MAE (la mare aux éléphants) avec Marine, hivernante et spécialiste des otaries ; nous sommes tous équipés d’un bâton et nous marchons en groupe car les otaries peuvent être agressives quand elles sont à terre et qu’elles sont dérangées.

En fin de journée, certains iront à la cabane Antonelli, situé au-dessus d’un petit cratère. Dans le cratère, un prunier, un pommier, des cryptomerias et des cyprès qui ont poussés à l’abri du vent. Ce qui frappe dans ce cratère, c’est le silence.
D’autres dormiront à la cabane Ribault, nichée dans la falaise à 15 minutes de la base. Pour y arriver et pour en repartir, il faut faire son chemin au milieu des otaries, en leur demandant gentiment de nous laisser passer – un peu stressant quand même, rien à voir avec les éléphants de mer ou les manchots.

Les jours suivants démarrent sous la pluie ; rien de surprenant sur une île où il pleut 230 jours par an. Cela ne nous empêchera pas de profiter de l’ile : la pépinière de phylicas, un arbre endémique se trouvant exclusivement à Amsterdam ; chacun en plantera un. Puis la pointe Bénédicte où se trouvent des appareils pour la mesure du radon, CO2, CO, mercure et ozone dans l’atmosphère. Visite de l’installation d’eau : il n’y a pas de sources à Amsterdam ; l’eau de pluie est récupérée et traitée. Nous allons aussi à BMG, un site en haut d’une falaise, près d’un petit bois de Phylicas ; sieste dans les scirpes sous le soleil revenu.

Après trois nuits en cabane, il faudra quitter Amsterdam sous le soleil après un buffet de langoustes en guise de déjeuner. Nous quittons aussi les nouveaux hivernants et les scientifiques que nous avons côtoyés sur le bateau pendant trois semaines.

Hélène