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19 septembre 2011

Journal de bord du Marion Dufresne - Août 2011 (OP2)

Textes Dorothée Quincey, photos Pascal Legleye et Louis Duroulle

Vendredi 19 août

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17h45, la coupée est relevée et les amarres du Marion Dufresne sont larguées.

Nous commençons enfin notre grand voyage, à bord du Marion Dufresne, à destination de ces îles australes, terres de l’imaginaire et du réel.

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Comme signe de bienveillance, notre sortie du Port des Galets est éclatante : c’est sous la lumière d’un coucher de soleil que notre pilote d’hélicoptère, accompagné de son mécanicien nous rejoignent pour ce séjour dans les Terres australes et antarctiques françaises.

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Samedi 20 août

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Il est 7h00, quand nous nous présentons devant Port Louis à Maurice. Nous y accosterons brièvement afin d’y débarquer la vedette, « La Nouvelle Aurore » et d’y embarquer « L’Aventure », chaland de transport, essentiel au ravitaillement des Kerguelen et aux manipulations scientifiques dans le Golfe du Morbihan.

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Premier avant goût de la réalité de ces territoires, puisque ne nous y trompons pas, le Marion Dufresne se rend avant tout sur ces îles, afin d’y effectuer le ravitaillement (vivres, gazoles, etc. ) et la relève du personnel militaire.

Une fois en mer, les premières houles se font ressentir. Le secrétaire général maintient malgré tout sa présentation sur la collectivité des TAAF. La nuit sera plus calme nous laissant à tous le temps de nous amariner.

Dimanche 21 août

Le beau temps nous accompagne jusqu’à présent et les températures clémentes nous permettent d’en profiter. Quelques consignes nous rappellent à la réalité telle que l’instruction sécurité au rôle d’abandon. Dominique, passager touriste s’est porté volontaire pour nous montrer comment enfiler la combinaison de survie. Cette dernière nous permettra, en cas d’évacuation du navire de nous maintenir en vie jusqu’à l’arrivée de secours.

L’après midi, Pierre, philatéliste et représentant de l’AMAPOF, nous a présenté l’histoire des TAAF de leurs découvertes jusqu’à la création du territoire des Terres australes et antarctiques françaises. Cette passionnante présentation nous a permis d’en connaître davantage sur les périodes de chasse à la baleine, de phoquiers, des concessions Bossières, mais aussi sur ces corsaires allemands cherchant refuges dans ces iles pour ce refaire une peau neuve.

Lundi 22 août

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Après nous être amarinés au roulis, nous menons des journées soutenues entre conférences et documentaires sur les différentes missions et autres activités menées dans les Taaf.

Nous commençâmes notre journée avec le Commandant Garzon, qui nous reçut à la passerelle pour nous souhaiter la bienvenue à bord du Marion Dufresne. Ce fût également l’occasion de nous présenter les différents appareils de navigation et de nous faire part de son expérience de Commandant.

Puis nous continuâmes en compagnie de Pierre Couesnon, qui nous présenta l’histoire postale et la philatélie dans les Taaf. Cette conférence, riche en enseignement nous a permis d’avoir une première approche des premiers courriers et plis de ces îles jusqu’à l’émission des premiers timbres de la collectivité des ‘Terres australes et antarctiques françaises’.

Dans l’après midi, ce fut Nory El Kasby, scientifique au laboratoire de Chizé à Nantes, et partant sur Kerguelen pour y mener une étude sur les Eléphants de Mer, qui nous présenta son travail remarquable sur le suivi de ces mammifères marin.

Mardi 23 août

Ce fût Axel Falguier, directeur adjoint de la réserve naturelle des Terres australes françaises, qui nous présenta lord d’une conférence de 2h00, un état des lieux de la faune et de la flore présentes sur ces territoires et les actions mises en œuvre pour les préserver.

Dans l’après midi, nous eûmes l’occasion de découvrir les différents d’espèces d’oiseaux et mammifères marins, grâce à la projection d’un documentaire. Cette première familiarisation, nous permettra certainement de mieux les reconnaître lors de nos excursions futures.

Mercredi 24 août

Patrice Rannou, OPEA à bord du Marion Dufresne, mais aussi responsable énergie, sécurité, flottille nous présenta la base de Crozet. Cette présentation à vocation technique nous a permis d’imaginer quelque peu les différentes conditions de vie d’un hivernage, dont les astreintes liées au service médical ou encore liées aux interventions incendie.

Après le déjeuner, nombre d’entre nous vaquions à nos occupations lorsque l’officier de quart nous informa via une annonce générale de la présence d’un iceberg droit devant le Marion Dufresne.
Nous nous sommes alors tous dirigés à la passerelle, armés de nos appareils photos afin de l’immortaliser. Sa position étant lat 43°19’66 S, long 052°42’58 E, et sa dérive estimée aux 300 pour 0.5 nœud, nous nous sommes aussitôt empressés d’avertir le CROSS de la présence de cet Iceberg de 80m de long et de 40m de large.

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Ce fût lors de la séance philatélique, que nous nous sommes attachés, sous le regard bienveillant des futurs gérants postaux, à tamponner les cachets de courtoisie sur l’ensemble des plis et courriers, afin qu’ils soient oblitérés sur le district de Crozet.

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Après nous rejoignîmes Nous la salle de conférence afin d’y visionner un reportage sur les différentes activités scientifiques menées sur Crozet. A la suite de ce documentaire, ce fût enfin la découverte de notre programme sur l’île de la Possession.
Ce programme reste conditionné en premier lieu par la météo et les contraintes logistiques.
En l’occurrence, la météo attendue pour les 4 prochains jours d’escale n’est pas excellente. Nous devons alors adapter le programme pour se rendre dès le premier jour sur le Baie Américaine (BUS) afin de pouvoir bénéficier de la seule fenêtre météo acceptable.
Le programme des jours prochains reste qu’un prévisionnel. Impatients nous rejoignons aussitôt nos cabines pour y préparer au mieux nos sacs à dos pour le lendemain.
L’approche sur l’île de la Possession est prévue pour 7h00.

Jeudi 25 août

Le début des opérations est prévu tôt, 7h30.
Les premières rotations en hélicoptère sont réalisées pour la dépose du courrier, très attendu par les hivernants et par les autorités présentes, le secrétaire général et le futur chef de district de Crozet. Les hivernants sont les prochains.

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Après un petit retard lié à une couverture nuageuse, les passagers touristes décollent enfin en direction de la Baie Américaine (BUS).
La vue est dégagée. Le pilote nous offre un vol inoubliable.
Arrivée sur BUS, nous sommes aussitôt accueillis par un manchot royal. Seul. Curieux. Ce dernier se prête volontiers à une séance photo sur la plage de la Baie Américaine.

Nous empruntons la direction du Morne Rouge, en traversant la rivière Moby Dick à gué.

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Sur notre route, nous eûmes la chance de rencontrer un jeune albatros hurleur et une colonie de manchots papou en train de nidifier. Ce sera pour nous l’occasion d’immortaliser ce manchot papou nourrissant ses deux petits.

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Surplombant, la Petite Manchotière, nous observâmes la colonie de manchots royaux, offrant une pouponnière des plus confortables pour ces jeunes manchots attendant le retour du parent, parti pêcher en mer. Ce fût également le théâtre malheureux de la vie de plusieurs jeunes manchots attaqués par des Pétrels Géants subantarctiques.

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A notre retour sur la plage de la Baie Américaine (BUS), nous aperçûmes notre tout premier hôte, accompagné de quelques uns de ses congénères, en pleine concertation, tel un conseil d’administration se regroupant autour de problématiques fondamentales.

Nous assistâmes par la suite au combat de deux éléphants de mer se disputant très certainement le harem de la plage de BUS.

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Le plafond nuageux se couvrant, nous fûmes aussitôt ramenés à bord. Mais nous étions heureux. La nature et ses occupants nous ont livré de véritables spectacles naturels.


Vendredi 26 août

On nous parlait d’une mauvaise météo, mais cela était difficile de la concevoir vu le temps de la veille.

Ce matin, à travers les hublots, nous aperçûmes une nappe brumeuse entourant le bateau.
Les premiers diagnostics tombent. Le bateau est à la dérive, nous ne pouvons pas nous approcher pour le mouillage.

Une éclaircie s’installe, le Marion Dufresne mouille devant la Baie du Marin. Mais cette opération à peine finie, nous nous retrouvons de nouveau dans le brouillard.

A 11h30, le verdict tombe de nouveau. La base est de nouveau visible, mais le plafond nuageux et bas et les vents forcent jusque 50 nœuds (100 km/h). Ce sera une journée sans opérations, sans slings et sans débarquements de passagers. Nous nous reposerons, espérant l’accalmie prévue pour demain matin.


Samedi 27 août

6h30, le réveil sonne. Instinctivement, notre premier geste fût d’écarter les rideaux afin de regarder la météo. Cela semble de bonne augure, la mer est calme et l’horizon est dégagé.
Sur la DZ, nous sommes prêts à décoller. Le temps se confirme. Sur base, nous sommes reçus par Pierre Miollan, le nouveau chef de district de Crozet.
La transmission officielle des autorités a eu lieu la veille au soir.
Marianne Pussiau a durant 3 jours consécutifs effectué sa passation de consignes à son successeur Pierre Miollan.

Aussitôt arrivés, nous profiterons du temps clément, pour nous rendre directement à la Baie du Marin, à la rencontre des manchots royaux.
Laëtitia Kernaleguen, scientifique chargée de l’étude sur le comportement des manchots royaux, nous présente et commente les différents programmes scientifiques menés sur le manchot, les premières informations relevées et les premières conclusions de leurs recherches.

Nous décidons de nous rendre au Bollard. Le temps se maintenant, nous pourrons y apercevoir les jeunes albatros hurleurs attendant le retour du parent, et parfois même surprendre l’un deux nourrissant son petit.

Au repas, nous fîmes chaleureusement accueillis par l’ensemble des hivernants du district de Crozet, avec un buffet riche en dégustation. Nous avons pu y savourer notre premier carpaccio de légine, poisson des mers australes.

La visite s’est prolongée en début d’après midi par une visite de la base : la résidence du chef de district, l’hôpital, la coop et la gérance postale n’ont plus de secret pour nous.

15h00, nos prochaines aventures nous appellent. Après le rembarquement de tous les passagers, nous appareillons en direction de Kerguelen.
Nous contournerons l’île de l’Est au coucher du soleil.


Dimanche 28 août

Nous reprenons notre rythme avec des conférences en fin de matinée et la diffusion de documentaires dans l’après midi. Une tempête nous accompagnera tout au long de notre transit.

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Philippe Gahinet, responsable des affaires maritimes au sein de la Direction des affaires internationales de la mer et de l’Antarctique, nous présente l’activité pêche au sein des Taaf : le rôle joué, les problématiques rencontrées, les recettes financières liées à cette activité et les prochaines contraintes à venir. _ Ce fût très instructif.

Dans l’après-midi, nous assistâmes à la projection d’un documentaire sur la dureté de l’hivernage et des premières missions sur Kerguelen.

Lundi 29 août

Nous commençons notre journée avec l’OPEA, qui nous présentera la base de Port aux Français (PAF) sur Kerguelen.
Cette dernière a une obligation d’accueil plus importante (50 personnes y vivent pendant l’hiver et 120 personnes durant la campagne d’été). Elle nécessite l’usage de routes et véhicules pour se rendre d’un point à l’autre.

Dans l’après midi, nous réitérerons la séance philatélique. Nous y sommes de nouveau conviés, puisqu’elle est nécessaire pour l’envoi de nos plis, ainsi que celles de nos amis philatélistes.

La curiosité grandit dans nos esprits. Il est temps qu’on arrive.
Kerguelen, cette terre tant convoitée depuis plus d’un siècle, se dévoilera à nos yeux demain matin. Nous sommes impatients. Le mouillage est prévu sur PAF à 7h00.
Notre programme semble chargé, espérons que la météo nous permette de le réaliser.

Mardi 30 août

Nous sommes prêts dans les coursives et attendons notre tour pour rejoindre la DZ.
Comme à l’habitude, les autorités et le courrier débarquent en premier, puis les hivernants. Notre tour est enfin arrivé, mais plusieurs grains de neige nous coupent de toute visibilité et nous attendons patiemment une fenêtre. Ce sont les aléas de Kerguelen. Près des 50ème rugissants, il faut s’attendre à des conditions climatiques extrêmes.
Une fenêtre s’ouvre, nous en profitons et un premier groupe part. Un grain survient de nouveau.
Le second groupe nous rejoindra qu’en début d’après-midi.

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Après une rapide présentation de David, agent de la réserve naturelle des Terres australes françaises, nous partons en direction de la plage de Ratmanoff. Nous traversons de nombreuses zones humides, qui rendent parfois la marche assez pénible, surtout si nous tombons dans une souille d’Eléphant de mer. Arrivés sur la plage, nous sommes sans voix devant ce spectacle, les manchots royaux sont regroupés en crèches pour protéger les juvéniles des prédateurs.

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Nous longeons la plage, et nous rencontrons quelques Eléphants de Mer qui reviennent pour s’y reproduire. Nous avons également la chance de croiser une otarie de Kerguelen en train de se reposer. A la cabane du Guetteur, nous amorçons notre retour sur notre cabane, Manchot.

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Nous y passerons la nuit. Nous pressons le pas afin d’y arriver avant la nuit. Certains parmi nous sont des inconditionnels de la pêche et il semblerait qu’il soit facile de remonter de grosses truites dans la rivière longeant notre cabane. Nous verrons bien.

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Nous dînerons : un carpaccio de truite et du renne de Kerguelen. La soirée sera agréable.

Mercredi 31 août et Jeudi 01 septembre

8h00, nous sommes prêts à partir, mais la visibilité ne semble pas bonne sur PAF. Nous attendons les consignes à la cabane Manchot. Certains en profitent pour retenter leur chance avec la pêche.
Le temps se dégage, l’hélicoptère nous récupère pour nous déposer à notre prochaine étape, Laboureur.
Le vol sera magnifique, la neige très légèrement parsemée, dessine les reliefs de Kerguelen.

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Nous déjeunons à la cabane, puis nous partons aussitôt en excursion sur les hauts du Bras de Laboureur. Petit à petit les paysages se dessinent. Le plafond nuageux ne nous permet pas de voir tous les reliefs, mais cette vue nous suffit amplement.

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Nous rebroussons chemin pour rentrer à la cabane. La marée est basse. Nous en profitons pour y ramasser des moules. Ce soir, ce sera moules-frites, accompagnées d’un gigot d’agneau de Kerguelen.

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Le lendemain, nous nous tenons prêts pour l’hélicoptère. Un message du Bureau des Communications Radio (BCR) nous informe que le départ est reporté à 14h00. Nous profiterons de ce retard pour réaliser une dernière balade sur ce site. Ce sera l’occasion de goûter au Lapin de Kerguelen. Pour nous récupérer sur Laboureur, le Marion Dufresne naviguera dans le Golfe du Morbihan jusqu’à la Baie de l’Observatoire. La navigation retour jusqu’à PAF sera un émerveillement.

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Vendredi 02 septembre

Quelle chance nous avons ! Le temps couvert à l’aube, s’éclaircit au moment où nous nous rassemblons devant le hangar hélicoptère. Nous pouvons nous rendre à Val Studer. C’est notre dernière excursion au grand air programmée sur Kerguelen. Là encore les paysages sont bien différents de nos deux premières visites, mais tout aussi captivantes.

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De la cabane Studer, nous longeons le lac supérieur par la gauche. Le terrain n’est pas facile. De nombreuses zones humides nous ralentissent. Le vent teste notre détermination avec des rafales à plus de 50 noeuds de vents. Nous apercevons quelques rennes.

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Après deux heures de marche, nous atteignons le Lac des Truites. Beau prétexte pour nos amateurs de pêche qui s’empressent d’essayer.
Nous en ramènerons deux à bord.

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Samedi 03 septembre

C’est le dernier jour de notre escale à Kerguelen. Nous en profitons pour descendre sur PAF et y visiter la base.
Nous visitons les principaux lieux de vie et de travail : La Météo, la Gérance Postale, la Résidence, Totoche, le Restoker et la Chapelle.
Début d’après midi, la météo se recouvre. Le signal est lancé, nous remontons tous à bord pour appareiller vers notre dernière étape, le district de Saint Paul et Amsterdam.

Dimanche 04 et lundi 05 septembre

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Nous reprenons notre transit.
Notre traversée subira une nouvelle tempête, mais cette fois nous la vivrons à différents degrés :
Les vents, de Nord-Ouest, de 45 à 50 nœuds, avec des rafales allant jusque 65 nœuds, et une mer formée de 7 à 8 mètres. Nous réduisons notre allure à 5 nœuds, et nous changeons de cap pour épauler la houle, entraînant un retard sur notre arrivée à Amsterdam.

Lundi matin, la tempête a forci. La fatigue visible sur les visages au petit déjeuner annonce une nuit qui fût difficile.
Nous prenons trop de retard. L’arrivée sur Amsterdam est retardée de 24h00.
Nous ne passerons plus par Saint Paul.

Nous n’avons plus de visibilité à la passerelle. La houle se brise sur le Marion Dufresne : le bateau tangue et roule.
A la passerelle, les déplacements sont difficiles.
En cuisine, on entend la vaisselle se casser. Le Maître d’hôtel et ses commis font quelques ingénieuses acrobaties pour continuer le service à table.
En pleine nuit, le collecteur d’eau d’une cabine s’est rompu.
Deux cabines et des coursives ont été inondées. Le personnel de bord et certains occupants ont travaillé dur pour éponger les sols.

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Malgré tout, nous continuons à assister aux conférences et autres documentaires qui nous sont réservés. Axel Falguier nous explique les différentes actions menées sur Amsterdam pour réhabiliter la faune et la flore originelles.
Nous aurons également l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la vie d’un contrôleur de pêche lors d’une marée en mer ; ou sur la vie des cachalots et de leurs ennemis, les orques.

Mardi 06 septembre

La mer reste agitée, mais la ligne d’horizon s’illumine doucement. Nous pouvons espérer une bonne journée de mer. Nous avons pu remonter en allure et notre vitesse est de nouveau de 13 nœuds. Nous espérons arriver sur Amsterdam pour le lendemain 7h00.

Patrice, l’OPEA, nous présente la dernière base, Amsterdam. Nous sommes impressionnés par ces couleurs et ces petites parcelles de vert, à la différence des deux précédents districts. Amsterdam paraît comme un petit village gaulois.

Cette après-midi, nous nous rendons pour la dernière fois au PC scientifique afin d’y tamponner les plis philatélique. Cette séance sera suivie d’un documentaire sur les otaries d’Amsterdam. Nous assisterons une dernière fois à la présentation de notre programme d’escale.
Dernière île, derniers moments forts à partager. Nous dormirons en cabane les deux nuits successives.

Mercredi 07 septembre

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La brume est suspendue sur les hauts d’Amsterdam. La houle continue de faire subir des mouvements de plateforme au Marion Dufresne. Delphine a hâte de retrouver son frère, Stéphane. Ce dernier a débarqué en mars dernier pour une mission de 6 mois en qualité de médecin.
Aussitôt à terre, nous sommes accueillis par le chef de district d’Amsterdam, Jean-Louis Carré et l’équipe de la réserve naturelle, Jean-Baptiste, Romain, Jacques et Roald.
Aux vues des circonstances météorologiques, l’hélicoptère coupe juste après nous. Il lui est impossible de continuer les vols.

Après une rapide présentation de la base, nous nous rendons à la Mare aux Eléphants, pour y observer les otaries d’Amsterdam. Benjamin, ornithologue et scientifique étudiant le comportement de celles-ci, nous explique leur mode de vie et de reproduction, le principe du harem et l’éducation du jeune veau marin, communément appelé pups.

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Attendrissantes, nous devons rester vigilants. Car sous leur regard, ces otaries et plus particulièrement les mères, peuvent-nous laisser le souvenir amer d’une morsure difficilement cicatrisable.

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De retour sur base, Jacques, nous présente sa serre de Phylicas et les contraintes qu’il rencontre pour replanter cet arbre endémique de l’île d’Amsterdam.
Nous montons davantage dans la brume à la rencontre du bois de Phyicas dans son milieu naturel. Encore une fois les contraintes pour le préserver sont importantes. Autrefois protégé par une ceinture de Cyprès, les scientifiques se sont aperçus que sur le long terme, le bois de Phylicas était coupé du vent, réduisant son développement et favorisant la prolifération de champignons.

Pour la nuit, nous nous séparons en deux groupes :
Le premier se rendra à la cabane Antonelli, au bord du cratère portant le même nom.
Le second dormira à la cabane Ribault, près d’une colonie d’otarie d’Amsterdam.

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Jeudi 08 septembre

Nous nous retrouvons au petit déjeuner le lendemain matin. Toute la nuit, le vent a soufflé. Le temps est superbe. Égoïstement, nous nous en réjouissons et partons en direction de la coulée Heurtin. Egoïstement, car la houle se maintient rendant impossible les opérations de portière ou de gazole.
On nous promet une belle vue. Nous nous arrêtons prendre quelques photos. Romain nous montre le type de végétation qui se trouve sur le plateau des tourbières et Jacques nous prélève un champignon qui se développe sur le bois de Phylicas.

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Au déjeuner, nous revenons sur base. Francis, le cuisinier d’Amsterdam nous offre encore une jolie table au buffet.
Au menu de ces trois jours, nous aurons la chance de déguster la langouste de St Paul et Amsterdam, le poisson à la tahitienne, le Carpaccio de Fausse Morue, et des pâtisseries à n’en plus finir.

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Dans l’après-midi, nous nous dirigeons en direction de Pointe Bénédicte. Ce lieu de recherche isolé de la base Martin de Viviés, permet d’enregistrer différentes données de l’air. Julie, Aurélie et Anaïs nous expliquent que l’air d’Amsterdam est le plus pur du globe en raison de sa localisation géographique, soit loin de toutes terres habitées. Au fur et à mesure des données récoltées, nous pouvons très nettement constater un réchauffement de l’atmosphère. Les capteurs sont tellement précis, que tout évènement est repéré : Du barbecue organisé sur la base à l’explosion de la centrale nucléaire, suite au séisme qui eu lieu au Japon.

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Ce soir, nous dormirons tous à la cabane Ribault. Cette dernière nuit sur Amsterdam, marque également la dernière nuit sur les Terres australes et antarctiques françaises, avant notre retour sur La Réunion. Nous en profiterons pour nous remémorer les souvenirs et les moments forts de notre séjour sur les îles et sur le Marion Dufresne. C’est à la lumière de la bougie, avec en fond le Marion Dufresne que nous rejoindrons Morphée.

Vendredi 09 septembre

Le lendemain, nous partons au cratère d’Antonelli. Le sentier n’est pas difficile, mais il faut bien 40 minutes pour rejoindre le cratère au départ de la base Martin de Viviés.
Nous reviendrons sur base pour effectuer nos derniers achats souvenirs et profiter du barbecue traditionnel.

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Nous réembarquerons sur le Marion Dufresne après le déjeuner.
Avant d’appareiller pour l’île de La Réunion, nous aurons la chance de contourner les falaises escarpées d’Entrecasteaux, lieux de nidification des albatros à bec jaune et des albatros fuligineux.

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Samedi 10 au mardi 13 septembre

Nous reprenons la mer en direction de La Réunion.
Nous vaquons chacun à nos occupations, échangeant nos photos et nos souvenirs de ce séjour.
Des jeux concours se mettent en place : un tournoi de BabyFoot et un concours photos.

Nos journées restent toutefois ponctuées de conférences et autres documentaires, sur la pêche illicite, la logistique, le plan de protection pour l’Albatros d’Amsterdam et la visite des machines du Marion Dufresne. Nous avons également une première approche des îles Eparses avec des documentaires sur Tromelin, Glorieuses et Europa. Philippe, partagea même avec nous son retour d’expérience sur l’île d’Europa, lors de son détachement au sein d’un contingent de militaires.

Au forum l’OPEA a remercié l’ensemble des hivernants et des personnes ayant participé à la rotation, Un hommage a été rendu à son beau-père Henri décédé durant la rotation et à M. Peter Crunelle, décédé il y a quelques mois (ancien responsable des sites isolées des Taaf).

Ce pot offert par l’OPEA et l’ensemble des personnels siège, et le Traditionnel Barbecue sur la DZ resteront également des moments forts. Cette soirée sera pour nous l’occasion de partager un dernier moment de convivialité et de franche camaraderie avant de reprendre nos routes respectives.

Un grand merci à vous, Delphine, Catherine, Jacques, Pascal, André, Dominique, Nicolas et Jean-Pierre, d’avoir partagé pendant ce mois le quotidien de ces marins, militaires et agents de ces terres extrêmes.