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19 avril 2011

Journal de bord du Marion Dufresne - Avril 2011 (EPARSES)

Du 1er au 26 avril 2011, les Terres australes et antarctiques françaises (Taaf) ont organisé pour la deuxième fois une expédition exceptionnelle dans les îles Éparses (Europa, Bassas da India, Juan de Nova, Glorieuses et Tromelin) à bord du navire logistique et océanographique le Marion Dufresne.

La recherche

Les îles éparses sont qualifiées de « sanctuaires océaniques de la nature primitive », disposant d’un patrimoine biologique terrestre et marin remarquable. L’isolement géographique, le caractère insulaire et une occupation humaine historiquement très limitée ont en effet protégé ces territoires. De nombreux programmes scientifiques se sont montrés intéressés pour mener dans ces îles, considérées comme de véritables laboratoires naturels, des programmes de recherche. Cette année, les Taaf ont souhaité accorder un maximum de places sur cette rotation dans les îles éparses pour les programmes scientifiques. Ainsi, 72 scientifiques représentant 17 programmes de recherche concernant aussi bien les sciences de la terre que de la vie ont embarqué à bord du navire.

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Les équipes scientifiques au départ

La suite et fin de l’enlèvement des déchets

En 2009, les Taaf ont mis en place une rotation exceptionnelle du Marion Dufresne dans les îles Éparses, afin de nettoyer l’ensemble des îles. Cette intervention s’était soldée par la collecte, l’évacuation et le retraitement de centaines de tonnes de déchets métalliques et de certains déchets, classés industriels dangereux » (batterie, etc.). A l’issue de cette opération, il subsistait cependant (notamment sur l’île Juan de Nova) des déchets réclamant un traitement spécifique : principalement une série de fûts hydrocarbonés, résidus de la construction d’une piste d’aviation. En partenariat avec la Fondation Veolia, les Taaf ont pu évacuer ces déchets par le Marion Dufresne, seul navire équipé des moyens nécessaires (hélicoptère, grue, annexe maritime) pour effectuer ces opérations.

Une activité éco-touristique

Seize éco-touristes ont embarqué à bord du navire aux cotés des scientifiques et des logisticiens. Deux guides naturalistes confirmés ont organisé les activités à bord du bateau (conférences, projection de films, rencontres avec les scientifiques) mais également à terre avec la découverte des îles et de leurs richesses. En dehors des rotations à bord du Marion Dufresne organisées par les Taaf, aucune activité touristique dans ces îles n’est autorisée.

1er avril : départ de la Réunion

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Préparation du départ à la Réunion © Catherine Sauvin

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Arrivée de l’hélicoptère à bord © Catherine Sauvin

2 avril : En mer

Préparation du matériel scientifique © Roger Venturini

3 avril : En mer

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Le Marion Dufresne en mer, en direction d’Europa © Catherine Sauvin

4 avril : Arrivée à Europa

L’île d’Europa est située à 600 kilomètres au sud de Juan de Nova, 300 kilomètres au sud du cap de Saint-Vincent (Madagascar) et 550 kilomètres des côtes du Mozambique. La ZEE (zone économique exclusive) autour d’Europa représente une surface de 127 300 km².

Le diamètre de ce grand atoll d’origine volcanique est de 6 à 7 kilomètres, pour une superficie d’environ 30 km². L’île, de forme pentagonale, est basse et sablonneuse. Elle possède une ceinture de dunes dont le point culminant se situe à 7 mètres de haut. Europa est entourée d’un « récif frangeant » presque continu, interrompu par des plages de sable. Sa mangrove couvre le cinquième de l’île. Europa est l’île la plus préservée des îles Éparses.

5 avril : Escale à Europa

6 avril : Escale à Europa

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Le Marion Dufresne devant les côtes d’Europa © Roger Venturini

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Oblitération des plis philatéliques © Roger Venturini


7 avril : Escale à Europa

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Europa © Catherine Sauvin / Émergence de tortues vertes © Roger Venturini

Europa le plus important site de ponte de tortues vertes de l’océan Indien.

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Frégates © Taaf et Roger Venturini

L’île d’Europa abrite 8 espèces d’oiseaux marins nicheurs et 2 sous-espèces endémiques : un passereau, le zosterops ou oiseau-lunette de Voeltzkow, dont la population atteint environ 1000 individus et un oiseau marin, le paille-en-queue à brins blancs d’Europa. La population de paille-en-queue à brins rouges est la plus importante de toutes les populations de l’océan Indien. Les colonies de fous à pieds rouges, de frégates ariel et de frégates du pacifique sont les colonies les plus importantes de l’océan Indien, après celles de l’atoll d’Aldabra.

8 avril : Escale à Bassas da India

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Bassas da India © Hendrik Sauvignet

Bassas da India est un atoll madréporique en formation dont la superficie récifale est de 86 km2. Celui-ci est constitué d’un cercle presque parfait et totalement dénudé. La couronne de madrépores isole de la grande mer un lagon intérieur peu profond. Entièrement immergé à marée haute, cet atoll a provoqué au cours des siècles de nombreux naufrages comme en témoignent les épaves encore présentes.

Cette zone est particulièrement vulnérable et nécessite une forte vigilance contre la pêche et les activités nautiques illicites. Environ 340 espèces marines, tous embranchements confondus, ont été recensées. Du fait de l’immersion de l’atoll à marrée haute, il n’existe ni plantes vasculaires, ni reptiles, ni mammifères terrestres. Il n’y a pas non plus de pontes de tortues marines. On peut y apercevoir des oiseaux marins mais ils n’y nichent pas.

9 avril : Escale à Bassas da India

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Bassas da India © Catherine Sauvin & Roger Venturini

10 avril : Arrivée à Juan de Nova

Juan de Nova est située au milieu d’un vaste récif émergé à marrée basse et qui, tout comme l’île, est en forme de croissant. Elle est ainsi protégée par la barrière de corail qui l’entoure. Le récif est prolongé à l’est et à l’ouest par des hauts-fonds qui accentuent cette forme.

Sa découverte en 1501 est attribuée à un noble galicien prénommé Juan de Nova. Il l’aurait découverte lors d’un voyage sur la route des Indes, en direction du Mozambique.

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Arrivée du Marion Dufresne devant l’île de Juan de Nova © Taaf

11 avril : Escale à Juan de Nova

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Côte ouest de l’île et Mise à l’eau des zodiacs © Catherine Sauvin

12 avril : Escale à Juan de Nova

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L’équipe des services techniques des Taaf et l’enlèvement des déchets ©Taaf & Catherine Sauvin

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Ballade sur la plage de Juan de Nova © Roger Venturini

13 avril : Escale à Juan de Nova

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Prises de vues naturalistes © Catherine Sauvin

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Maison Patureau © Roger Venturini

En mars 1952, une première concession d’une durée de 15 ans est accordée à la Société française des îles malgaches (SOFIM), alors présidée par Hector Patureau. Suite à l’indépendance de Madagascar en 1960, la concession de la SOFIM est reconduite pour une période de 25 ans. L’île est alors habitée par des ouvriers mauriciens et seychellois qui exploitent le gisement de guano pour le compte de la SOFIM, dans des conditions souvent difficiles. Cette période marque un important développement des infrastructures présentes sur l’île : un premier phare est édifié entre 1965 et 1966 (il a depuis été reconstruit par une équipe de la Direction départementale de l’Équipement de la Réunion en 2001). A la suite d’une révolte des ouvriers et de la chute du cours du phosphate (1968), la SOFIM est dissoute à Juan de Nova.

Catherine fête son anniversaire à Juan de nova, entourée du groupe d’écotouristes et de leurs guides

14 avril : En mer, direction Mayotte

15 et 16 avril : Escale à Mayotte


Entre grande terre et petite terre © Roger Venturini


Dauphins © Roger Venturini

17 avril : Escale à Glorieuses

L’archipel d’environ 7 km² est principalement constitué d’un banc de sable et d’une plate forme de corail qui affleurent et s’étendent sur 17 kilomètres de long.

La Grande Glorieuse s’étend sur 2,3 kilomètres de long et 1,7 kilomètres de large. Le point le plus haut culmine à 14 mètres. C’est une île de sable, d’environ 2 kilomètres de diamètre. Elle est plate et sablonneuse : la côte ouest étant plus basse que la côte est, parsemée de grandes dunes de sable. La Grande Glorieuse est bordée par un récif corallien découvert lors des grandes marées basses.

L’île aux Crabes, presque attenante à la Grande Glorieuse, est composée de grosses têtes de coraux, couvertes d’une couche de calcaire contenant des débris coralliens.

L’île du Lys (ou Petite Glorieuse), située à 10 kilomètres au nord est de la précédente, possède un diamètre d’environ 600 mètres. Elle est entourée de larges bancs sablonneux asséchés à marée basse. Cet îlot culmine à environ 15 mètres de haut.

Les Roches Vertes, quant à elles, sont de minuscules terres basses qui émergent 2 mètres au-dessus des eaux et se situent entre les deux principaux îlots. Ces différentes formations sont entourées par un banc sablonneux émergeant plus ou moins à marée basse.

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Plage © Roger Venturini

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Cocoteraie © Roger Venturini

18 avril : Escale à Glorieuses

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Plages de Glorieuses (en arrière plan de la photo de gauche, l’île du Lys)© Roger Venturini

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Départ pour la randonnée du jour © Roger Venturini

19 avril : Escale à Glorieuses

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Base © Roger Venturini

Aujourd’hui, 1 gendarme et 14 militaires du détachement de la Légion Étrangère de Mayotte (DLEM) assurent la souveraineté française sur l’île.

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Un femelle tortue rejoint l’océan après avoir pondu dans le sable © Roger Venturini

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Une jeune tortue verte tente de rejoindre l’océan © Catherine Sauvin

20 avril : Mouillage du Marion Dufresne devant l’île du Lys


21 avril : Entre Glorieuses et Tromelin

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Présentation des activités du Département de recherche archéologique subaquatique et sous-marine par le responsable du programme © Catherine Sauvin

22 avril : Entre Glorieuses et Tromelin

23 avril : Escale à Tromelin

Il semblerait que Tromelin soit un ancien banc récifal, aujourd’hui émergé, qui s’est probablement développé sur un haut fond d’origine volcanique. Cette île ovale et sablonneuse, de presque 1 km² de surface, mesure environ 1 600 mètres de long (du nord-ouest au sud-est) sur 700 mètres de large. Cependant, cette longueur varie en fonction de la pointe sablonneuse de l’extrémité nord-ouest dont la taille est modifiée par le courant de dérive superficielle. L’île est constituée de sable blanc, issu du récif corallien, qui lui a valu le surnom d’ « île de Sable ». Le plus haut point de l’île culmine à 7 mètres. Ce socle corallien comprend une partie nord un peu relevée, bordée vers l’est de plages et de petites dunes. On trouve à l’ouest une bande de récif corallien qui entoure la plage, à laquelle fait suite, au sud, une zone ceinturée d’une muraille de blocs de coraux. Celle-ci est probablement le fait de fortes houles. Tromelin est entourée par un fond abrupt d’environ 4 000 mètres de profondeur.

Un accord cadre de cogestion de l’île de Tromelin entre la France et l’île Maurice a été signé le 7 juin 2010. Cet accord porte sur la gestion durable des ressources halieutiques, la protection de l’environnement et la recherche archéologique.

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Vue aérienne de Tromelin © Hendrik Sauvignet

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Fous masqués © Catherine Sauvin

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Fou à pieds rouges © Roger Venturini

L’île est principalement recouverte de veloutiers dans lesquels nichent les fous à pieds rouges, seule population de la région à être polymorphique (2/3 de la population avec un plumage blanc et 1/3 avec un plumage brun et une queue blanche), ce qui illustre son unicité et son isolation biogéographique. Les fous masqués nichent à même le sol, sur une végétation rase composée essentiellement de Boerhavia.

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Lancement d’un ballon sonde à la station météo © Roger Venturini

24 avril : Entre Tromelin et l’île Maurice

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Barbecue de fin de rotation sur la DZ © Roger Venturini

25 avril : Escale à l’île Maurice

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La Marion Dufresne à Port Louis © Roger Venturini

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Port Louis © Roger Venturini


26 avril : Arrivée à la Réunion