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9 avril 2014

Journal de bord du Marion Dufresne - avril 2014 (OP-Eparses)

Dimanche 6 avril 2014

"OP-E = « OP Eparses » ou « OP Exceptionnelle », En effet c’est seulement la troisième fois de l’Histoire que les TAAF envoient leur navire ravitailleur des terres extrêmes dans ces contrées tropicales où se cachent des trésors préservés du monde – les îles éparses – soigneusement protégées, militairement parlant, par les FAZSOI (Forces Armées de la Zone Sud de l’Océan Indien).

Ces joyaux secrets de l’Océan Indien recèlent bien des richesses. Environnementales d’abord car leur quasi virginité les élèvent au rang de sentinelles de la biodiversité tropicale insulaire, géostratégique ensuite dans un canal du Mozambique en pleine mutation.
Elles éclatent surtout par leur beauté idyllique car si le paradis n’est pas terrestre, il existe certainement des miettes d’or tombées du ciel, peut-être éparpillées dans l’océan indien, c’est alors certainement les îles éparses.

Réserve Naturelle, Aire Marine protégée, PNM… Pourrait-on également les classer dans notre cœur comme Parc Naturel de la Beauté… ?
A vous d’en juger au vu des témoignages des passagers touristes présent sur cette rotation exceptionnelle."

Philippe M.

"Le Marion Dufresne dit MARDUF a quitté le Port de la Réunion, avec 18h de retard… Cap au NW pour passer au Nord de Madagascar dont, j’espère, nous apercevrons les côtes… ?
C’est un bonheur de se retrouver sur ce bateau dans une ambiance très sympathique retrouver des personnes connues, de découvrir des inconnus presque tous d’emblée très sympathiques… Il y a surtout des français, mais aussi 2 grecs, 1 italien, 1 américain… plusieurs photographes, un cinéaste…

Nous sommes 20 "passagers-touristes " bien heureux d’être sur cette exceptionnelle "rotation" prometteuse de découvertes en milieux naturels…. presque vierges …

La mer est belle il fait beau et nous avons au moins 3 jours de navigation avant notre 1ère escale : Les
GLORIEUSES. Pour ce 1er jour visite du bateau, présentation des personnels par Philippe notre accompagnateur et démonstration de sécurité incontournable cette fois c’est Marie-Christine qui doit enfiler la combinaison de survie…
Un tour à la passerelle (poste de commandement du bateau) nous sommes très bien accueillis, le commandant nous donne volontiers tous les éléments sur la marche du bateau : route suivie, météo…."

Michèle R.

"Le départ était prévu la veille mais un retard logistique nous oblige à décaler. On quitte le port à midi.
Emue, c’est tout. La Réunion s’éloigne derrière nous jusqu’à disparaître dans la brume. Ça bouge, on dirait que j’ai bu une bouteille de vin blanc, mais non, je m’amarine. Le repas a tenu ses promesses. Un repérage du bateau, où vais-je installer mon transat ?? La chanson s’appellera « à l’ombre des bouteilles de gaz » ; pas très romantique je vous l’accorde mais à l’abri du vent et du soleil, j’attaque un bouquin de Murakami « sommeil », je m’endors presque, sur ce pont avant tribord. Je trouve une cachette pour mon relax. Le roulis, toujours, la houle nous prend de travers… Avec un nouveau cocktail pour célébrer ce voyage, le Cointreau Tonic ! Avec tellement de glaçons qu’on pourrait couler le Titanic… mais c’est surtout pour se donner bonne conscience il paraît. Je suis soulagée de voir écrit sur mon portable « réseau indisponible », la seule bonne excuse de nos jours pour ne pas être réactive et disponible. Enfin, je suis libre. J’ai donné mes consignes au capitaine : « prévenez moi immédiatement quand vous aurez des orques en vue ! », il est peu confiant, tout comme Clément, le conservateur des îles Eparses, mais moi j’y crois. Les épaulards sont aussi curieux que moi, il se peut qu’ils s’approchent du Marion, pour voir, pour savoir. Un mâle solitaire en quête d’un nouveau groupe pourrait croiser notre route. J’écoute du Yann Tiersen à l’heure où j’écris, il est 23h53. J’ai rencontré des gens formidables, nous nous considérons tous les uns les autres un peu hors du commun. Je me sens dans mon élément, comprise par les gens qui m’entourent, des voyageurs au long cours ou des travailleurs mais qui aiment leurs métiers, pas courant de nos jours. Tous ont le sourire et une certaine bienveillance dans le regard. Je suis dans mon lit il est tard et le bateau parle, il gémit, se confie, ses mouvements de va et vient s’emboitent dans de petits grincement, on dirait une femme qui gémit de plaisir pour un amant qu’elle attend désespérément. Nous sommes dans l’océan indien, le plus petit du monde, nous remontons le long de la côte malgache jusqu’à Glorieuse, nous y serons mardi soir il paraît."

Elodie T.

Lundi 7 avril 2014

"Tandis que le bateau trace sa route à 15Nds sur une mer calme et bleue et sous un ciel de même nous sommes invités à une conférence sur les TAAF et en particulier sur les Eparses…

Iles Eparses : "poussières de la République" comme l’administrateur des TAAF les a nommé… inhabitées mais "gardées" par 14 militaires +1 gendarme (relevés tous les 45 jours) car le sous-sol est prometteur de ressources… pétrole… nodules… ????
Pour nous, passagers touristes c’est le côté réserve naturelle qui nous intéresse : oiseaux, tortues…
Moustiques aussi parait-il à la tombée du jour…mais là on s’en moque un peu car le soir, retour au bateau.
Nous avons embarqué un Hélicoptère (comme pour les iles australes) nous aurons donc le grand privilège de survoler un peu les iles avant de débarquer."

Michèle R.


"Pas beaucoup dormi, pourtant je suis bien, un grand sentiment de sérénité m’emplit. Le petit déjeuner est partagé avec Théo, de la commission européenne, et Olivier, un « partenaire » comme il se nomme, un bailleur de fonds en fait. Je ne suis pas la seule à ne pas avoir beaucoup dormi on dirait… c’était l’anniversaire de Marion, la directrice des Services Techniques… Nous continuons notre remontée le long de la côte malgache par l’Est. La journée est chargée… exercice et consignes avec Pascal le pilote d’Hélilagon pour optimiser les transports, une conférence du Secrétaire Général des TAAF, un bon repas, une vidéo sur Glorieuse et ses tortues, un exercice de sécurité « abandon du navire » (j’ai quand même pris le temps de me doucher et de me maquiller pour être prête à laisser de beaux restes à la postérité ou au mieux à être secourue dans les meilleurs conditions possibles..), puis un tour de transat avec toujours le Sommeil de Murakami… On dirait que mon spot « bouteille de gaz » a plu à Camille, reporter à bord, il décide de me filmer et de me poser des questions, on rigole…
Ensuite c’est séance de tamponnage, ambiance studieuse dans le labo scientifique transformé en bureau de poste pour l’occasion. L’OPEA ou « chef d’expédition », notre régisseur général comme on dirait dans mon corps de métier, veille au grain pour que tout se passe bien. Son visage inspire confiance et sa voix un respect naturel, la bienveillance du bonhomme est manifeste. Il me fait penser à mon tonton Jean-Louis, un beau gosse instituteur de classe unique dans les collines provençales, qui malgré sa sévérité était aimé de tous. A 18h45 nous sommes conviés au « pot de l’amitié » du Commandant. La soirée se déroulera donc sous le signe du planteur maison. Diner en bonne compagnie, puis on traine au bar. Les discussions de fin de soirée sont animées dans l’air frais de la coursive tribord. On se rend plusieurs fois à la proue pour regarder le reflet de la lune dans l’eau et jouer les ombres de la nuit, on prend des photos, on a des têtes pas possibles mais ce n’est pas grave… on rêve, on rit, peu importe nos différences d’âges, nos statuts sociaux et même la raison de notre présence sur ce bâtiment, nous partageons la magie du Marion Dufresne."

Elodie T.

Mardi 8 avril 2014

"Il est 5h30, j’ai rdv à la passerelle pour guetter la terre. La pointe Nord de Madagascar s’offre à nous dans la pénombre. On peut voir les phares de Diego Suarez et du Cap d’Ambre. À tribord, le soleil se lève doucement."

Elodie T.

"C’est le Grand Jour !
Au lever du jour, vers 6 heures, sur bâbord nous apercevons la terre. Après deux jours en pleine mer c’est un événement. On a une petite pensée émue pour les navigateurs qui restent parfois longtemps sans apercevoir la terre. Nous sommes nombreux, enfin assez nombreux, à être sur le pont pour distinguer les côtes de Madagascar que nous contournons par le nord pour rejoindre Glorieuse.
Chemin faisant nous avons la chance d’apercevoir un paille en queue, bel oiseau blanc à longue queue et même, de loin, des baleines (3 en tout).
Nous avons à peine le temps de déjeuner que déjà, droit devant le Marion Dufresne, on aperçoit au loin une langue de terre : Glorieuse est en vue !!!
On la voit approcher rapidement, avec son couvert de végétation et surtout dans son prolongement vers la droite, pardon : tribord, une langue de sable blanc et juste derrière une étendue turquoise : le plateau corallien. Une pure merveille digne des plus belles cartes postales. Nous avons tous hâte d’y débarquer mais ce sera pour demain car cet après-midi l’hélico est réservé au déchargement du fret pour ravitailler les quelques militaires gardiens de l’île.
Nous avons passé un bon moment sur le pont supérieur à admirer la dextérité avec laquelle le pilote de l’hélicoptère effectuait ses rotations emportant chaque fois des bidons de gazole, des madriers et du ravitaillement divers, sans perdre une seconde et en maitrisant sa machine avec un grand talent.

Donc rendez-vous après notre visite de l’île, je pense qu’on aura des choses à vous raconter !!!"

Maurice P.

"Ce mardi matin, réveil à l’aube car nous approchons du but… vite sur le pont supérieur : La mer est d’huile le Marion file toujours à 15-16Nds, le ciel est magnifique, le scorpion au zénith la croix du sud vers le SW… Dans l’air tiède une odeur de terre que l’on sent proche sans la découvrir encore, un halo de lumière, un phare par travers et devant celui de la pointe…
Vers 6H 30 alors que le jour se lève et que les passagers se réveillent nous sommes passés à 6Milles
(11KMS) au Nord du cap d’Ambre, (pointe Nord de Madagascar), j’ai pu voir quelques hauteurs tandis que l’hélico retrouve ses pales démontées pour la navigation, et que les premières personnes débarquent sur l’ile, nous les passagers touristes rejoignons la salle de réunion pour la présentation du programme voyageurs par Philippe puis présentation par Cédric Marteau, directeur de l’environnement aux TAAF du district des Eparses « terres d’avenir » … Cadre de développement d’activités de recherche,… Îles quasi vierges servant de référence mondiale… Projet de parc naturel marin… Exposé passionnant très dense et accompagné de photos et vidéos magnifiques.
Pendant le déjeuner nous changeons d’heure. A 13h00 il est à nouveau midi. Mais nous ne recommençons pas le repas pour autant et RDV sur le pont supérieur car Les Glorieuses sont en vue. Le Marion continue sa route jusqu’au point de « station » non de mouillage car les fonds sont de 100- 130m.
Au soleil, le sable blanc farine fait ressortir le turquoise de l’eau… Un petit air de Tuamotu… Envie de plonger une tête, d’y aller à la nage, l’ile semble si proche ! Mais un peu de patience nous débarquerons demain matin. Michèle sinon "la glorieuse" du moins "la Bienheureuse""

Michèle R.

"En 1980 je fus détaché comme militaire du 2ème RPIMA à Glorieuse. Jamais je ne pensais pouvoir revenir un jour ici. Je viens de rajeunir de 34 ans à la vue de cette si belle île, je languis d’y poser les pieds, demain sera un grand jour pour moi."

Eric R.

Mercredi 09 avril

"C’est aujourd’hui que nous débarquons sur Grande Glorieuse.
Il y a pas mal de nuages mais, comme dit le Commandant : ça fait toujours un peu d’ombre !
Nous faisons la queue pour prendre l’hélicoptère et nous embarquons 5 par 5 avec nos sacs à dos bien garnis avec le pique-nique, les bouteilles d’eau, la crème de protection solaire et les appareils photo. Nous sommes accueillis par le Capitaine ALLIOT, l’officier île qui nous fait un discours d’accueil dans le foyer : une grande terrasse couverte avec vue imprenable sur la mer…


Puis nous retournons tous en bordure de la piste d’atterrissage (recouverte de 8 cm de sable, à la main par les 14 légionnaires du camp) pour attendre un Transall qui vient leur livrer un groupe électrogène pour remplacer le précédent détruit par un coup de foudre. L’arrivée en approche du Transall au-dessus de la mer avec le Marion Dufresne dans le champ, c’est assez exceptionnel.

Au moment de partir pour la traversée de l’île, un militaire nous avertit qu’une tortue s’est coincée sous des branches. On va bien sûr tous pour lui porter secours, et en route grand débat : doit-on intervenir ou laisser faire la Nature. Je ne me hasarderai pas à retranscrire ici les propos échangés sur le sujet… Quand nous arrivons la tortue s’est dégagée et repart vers la mer accompagnée par les militaires vigilants.

Et c’est enfin le départ pour la traversée de l’île par la cocoteraie magnifique, sous des arches de cocotiers gigantesques. On en prend plein les yeux. Arrivés de l’autre côté nous pouvons enfin plonger dans une eau turquoise à 28°, sur un fond de sable blanc.

Visite ensuite du vieux cimetière de l’ile avec une quinzaine de tombes du 19° et 20° siècle, très simples mais très bien entretenues par les légionnaires. Les plus courageux regagnent le point de départ par la plage les autres reprennent par la cocoteraie.
Par la plage on croise de nombreuses traces de tortues qui sont allées pondre dans leurs cratères, on rencontre quelques crabes fantômes tout étonnés de nous voir là.
Nous passons le reste de l’après-midi à nous baigner, à chasser les oiseaux ou les bernard l’ermite avec nos appareils photos, et à enregistrer dans nos mémoires auxiliaires des images pour donner envie à nos amis restés en Métropole."

Maurice P.

"L’archipel des Glorieuse situé à l’entrée nord du canal du Mozambique s’étend sur une plate-forme de corail de 17km de long. Sur l’ile principale, la Grande Glorieuse, moins de 4km2 de superficie est installé un camp militaire où vivent 1 gendarme et 14 militaires de la Légion Etrangère de Mayotte, assurant la souveraineté française. C’est sur cette ile que nous avons été déposés par hélicoptère pour la journée.

Après une visite détaillée du camp par le Capitaine Alliot, nous avons pu assister à l’atterrissage du Transall provenant de La Réunion, sur une piste volontairement ensablée à une épaisseur idéalement comprise entre 5 et 8cm compatible pour ce type d’avion. Nous avons ensuite emprunté la piste de l’Ouest à travers la cocoteraie planté par Hyppolyte Caltaux à partir de 1885 pour nous rendre à la plage Caltaux. Un paysage paradisiaque s’offrait alors à nous : le Marion Dufresne II à l’horizon sur une mer de couleur turquoise, bordant une plage de sable blanc sous un ciel agréablement nuageux !

Ce fut alors l’heure de la baignade et du casse-croute, pour ensuite enchainer sur une visite du cimetière comprenant une dizaine de tombes joliment installés sous les cocotiers. Puis nous avons entamés une balade le long de la plage, qui nous a permis de voir des tortues vertes, attendant l’heure propice pour venir pondre. Cependant, même dans ces lieux protégés, la pollution de l’homme reste visible. En effet, apportées par les marées, parmi les morceaux de corail et de coquillages broyées par la force de l’eau, on trouve parfois une bouteille, une chaussure, un sachet plastique qui vous rappellent que l’Océan, malgré son immensité et sa puissance, reste fragile."

Hélène R.


"Glorieuses est à marcher sur la tête, tellement belle…"

"Disciplinés comme les militaires des Glorieuses, nous attendons de nous envoler en hélico pour embarquer sur le Marion Dufresne avec notre capitaine à nous, Philippe en premier plan."

Eric R.

Jeudi 10 avril

"Le bateau vient de remettre en route après un stop près des côtes de Mayotte pour déposer le Capitaine de la base des GLORIEUSES. Hier nous avions débarqué en hélico sur l’ile principale, très bien accueillis, avons eu droit à une visite de la base militaire (gestion de l’eau douce, installation sanitaire …) Sur la piste d’atterrissage, recouverte de sable blanc, nous assisterons à l’arrivée d’un transall de l’armée… livreur d’un groupe électrogène ayant grillé lors d’un orage.

Puis séquence émotion : une tortue sera aidée à retrouver le chemin de la mer par deux militaires qui l’arrose régulièrement car il fait déjà chaud. Nous partons pour une ballade sur l’ile sous une cocoteraie tandis que l’hélico continue sa ronde entre le Marion et l’ile pour ne s’arrêter qu’à la nuit.

Tandis que nous arriverons sur la plage Baignade conseillée !!! Le sable est blanc éblouissant et fin comme de la farine (du coup rien à voir dans l’eau trop trouble) pique-nique, visite d’un petit cimetière puis ballade sur la plage jusqu’au site des beach-rocks.

De nombreuses traces sur le sable témoignent du passage des tortues nombreuses à venir pondre ici.
L’eau est délicieuse la baignade plus qu’agréable mais… rien à voir… que du sable. Remontée à bord en fin de journée avec un peu de frustration car envie d’en voir plus. Faire partir d’un groupe de 20 personnes comporte des contraintes et des limitations dans les déplacements."

Michèle R.

"Gueule de bois et rouli, je n’en mène pas large, je ne me sens pas bien, je dors une grande partie de la journée. C’est la journée « contre-coup ». Au matin je profite quand même de la vue sur Mayotte. On la verra s’éloigner petit à petit jusqu’à de nouveau se trouver dans un désert d’eau. Nous y avons déposé le Capitaine Alliot au petit jour. Un sacré Monsieur."

Elodie T.

Vendredi 11 avril

"Dès jeudi soir c’est l’effervescence sur le Marion Dufresne après que Philippe nous ait annoncé le programme de notre journée sur Juan de Nova. Notre programme devait intégrer une intervention du Colonel Alexandre en plein milieu de nos visites et la nouvelle a suscité quelques remous dans l’assistance qui tient beaucoup à sa « liberté », même dans des zones aussi particulières que les Eparses.
Finalement une modification des impératifs du Colonel a remis les choses en ordre, on a été accueillis dès notre arrivée sur l’ile à 09h30 et nous avons pu ensuite « crapahuter » tout à notre aise.
Juan De Nova, plus grande que Glorieuses (5km²) se distingue par un immense lagon d’un bleu turquoise à faire rêver quiconque.

Nous avons commencé par la partie la plus allongée de l’ile à travers des bois de filaos et de cocotiers. La faune, sans être abondante est plus importante qu’à Glorieuses. De nombreux corbeaux pie (les pires ennemis des jeunes tortues qui viennent d’éclore), des perdrix et d’autres races d’oiseaux que je suis incapable de nommer. Nous avons aussi vu 2 hérons en bordure de plage, quand nous avons débouché, à l’extrémité de l’ile sur une plage de sable d’un blanc immaculé bordant la mer turquoise : une vraie carte postale.

Baignade dans une eau à 28-30°, de quoi faire rêver plus d’un « métro ». Après le pique-nique, nous sommes revenus vers le camp par la plage. Chemin faisant nous avons vu dans l’eau transparente, quelques tortues, un petit requin, deux raies et quelques poissons non identifiés…

J’ai trouvé un vieux sac (à riz !) et on s’est attelés à son remplissage avec des déchets plastiques rejetés par la mer (on est des super écolos, nous !!) Arrivés au camp, petite pause avec café, eau fraiche et sirop de menthe (les militaires nous ont très bien accueillis, c’était très sympa), puis nous sommes repartis pour visiter l’autre partie de l’ile.
Nous avons visité la maison « Patureau » du nom de l’ancien exploitant de guano sur l’ile, les deux cimetières, l’ancienne station météo, le phare et retour par la plage avec le crevettier échoué sur la plage et dans les filaos, et plus loin les énormes filaos déracinés et couchés sur la plage.
Retour au camp par la plage du « faret » et son espace ombragé et aménagé pour la détente et le pique-nique avec barbecue, tonnelles, fauteuils et tables taillés dans des rondins de bois…
Nous reprenons finalement l’hélicoptère vers 17h30 avec des images plein les yeux, et heureux d’avoir fait cette visite de privilégiés.
Merci les TAAF !!!!!!!!"

Maurice P.

"6h00 du matin. Le Marion est stationné depuis peu devant Juan de Nova, côté Sud où un charbonnier rongé par la rouille est échoué. L’ile parait lointaine car le lagon est très étendu offrant des nuances de bleu magnifiquement variés allant du bleu turquoise au bleu roi des mers profondes, le tout relevé par les couleurs blondes du sable corallien agrémentées du blanc de l’écume des vagues. Bref, un patchwork de couleurs qui confirme les paroles du lieutenant-colonel Debray, en supervision du commandement de la base : « ici, le paysage est paradisiaque ».
Cependant, au-delà de ce cliché, il ne faut pas oublié qu’on est loin de toute assistance sanitaire immédiate. Par conséquent, chacun doit savoir être polyvalent et savoir mesurer et maitriser les risques encourus pour chaque intervention aussi bénigne soit-elle. C’est pour cela que durant leur mission (45 jours en moyenne), la baignade est interdite aux 14 militaires et à l’unique gendarme, représentant le préfet des TAAF. Dur, dur !
Ce ne fut pas notre cas : en effet, nous avons pu patauger dans le lagon mais aussi nous avons pu observer quelques requins juvéniles, des tortues vertes, des carangues, des aiguillettes (poissons allongés) tandis que des crabes se faufilaient sous le sable ou des bernard-l’ermite se recroquevillaient dans leur coquille dès notre approche. A l’intérieur de l’ile, on retrouve la végétation de Madagascar mais les quelques bâtiments en ruine comme la maison Patureau et la présence de cimetières rappellent que cette ile est chargée d’histoire et que la
vie n’était pas aussi paradisiaque, malgré ce décor de toute beauté…"

Hélène R.

"Je vois le soleil se lever depuis mon sabord, une lumière rouge emplie ma cabine. J’ai enfin bien dormi et me sens toute neuve. Le bateau s’est arrêté. Le vent tourne et lorsque je prends ma douche (la porte ouverte car vue sur la mer..) je vois apparaître Juan de Nova dans le petit matin. Rituel du petit déjeuner, puis l’hélicoptère nous dépose à terre.
L’accueil de la végétation est moins chaleureux qu’à Glorieuses et j’ai de nouveau le mal de terre (pas si désagréable en fin de compte, une sensation légère de ne plus s’appartenir). Nous sommes reçus par le directeur de cabinet du préfet Sébastien Mourot, le Lieutenant- Colonel Debray des FAZSOI et le Capitaine Cuny (Officier Île) ; tous ces officiels sont arrivés par le Transall la veille avec la relève des 15 militaires du 2°RPIMA de St Pierre qui occuperont l’île pendant les 45 prochains jours. Seuls les 15 militaires resteront sur place. Le Transall redécollera vers 14h avec en plus à son bord Messieurs Charpentier, Marteau et Saramandis, les adieux sont chaleureux et leurs regards sincères malgré la position élevée de leurs fonctions. Ils nous quittent prématurément pour des raisons professionnelles bien sûr. Apres une rapide visite du « Camp Séga » c’est parti pour la balade : nous traversons l’île de Juan de Nova pour arriver au Trou Bleu, baignade exceptionnelle toujours avec le Marion Dufresne qui nous rassure de sa présence au large. Le débat est enflammé, nous comparons nos expériences et nous nous demandons qu’elles sont les plus belles plages du Monde, les Eparses rivalisent-elle avec les Maldives, les Seychelles et la Polynésie ? Verdict : OH OUI !

Ensuite, après avoir déjeuné, nous longeons la côte et coupons à travers champ pour une rapide pause au Camp. Direction une autre partie de l’île, la maison Patureau et son obscur passé, les cimetières – qui nous renseigne un peu sur la vie de ces habitants du bout du monde ; puis la station météo, l’ancienne gendarmerie, le phare. Nous descendons ensuite sur une magnifique plage de sable blanc longue de plusieurs centaines de mètre. Le rêve est au rendez-vous.

Un navire est planté là, enchevêtré dans les racines du rivage, rouillé à l’extrême, imposant et plein d’Histoire. La marche est agréable, on se sent légers les pieds nus et la tête vide. Seule la sensation que me procure le sable sur la plante des pieds a de l’importance. Nous arrivons au Faret, le coin aménagé pour les BBQ des militaires, du bon travail… Nous profitons de ces derniers instants, la marée est haute, l’eau frôle les 29°, nous avons tous le sourire, nous sommes prêts à regagner le Marion Dufresne. C’est la fête ce soir, nous fêtons les anniversaires de Pascal, notre pilote d’hélicoptère et Thierry, un bosco (le nom pour un maître de manœuvre). La nuit sera longue et joyeuse."

Elodie T.

"Sable blanc, eau turquoise et cocotiers = une publicité pour le loto. Dès le débarquement c’est une explosion de couleurs, papillons et guêpiers. Et un repos bien mérité dans ces eaux claires. La baignade ici n’a rien à voir avec les plages de la mer du Nord."

Suzanne B.

Samedi 12 avril

"Journée relâche consacrée à la navigation. On peut cependant voir tous les personnels de bord s’affairer à l’entretien du navire, le gaillard arrière est bruyant aujourd’hui. Je retrouve mon transat. Ce matin je parcours le paquebot dans tous les sens, besoin de me dépenser ; les coursives, escaliers et passerelles n’ont plus de secret pour moi. Le Commandant est maintenant habitué à mes visites régulières et se plaît à répondre à toutes mes questions. Aurélien Prudor, scientifique, spécialisé dans l’ornithologie nous fait un exposé sur ses recherches au cours des deux dernières années sur le territoire d’Europa, très intéressant car il rattache le comportement des animaux avec les données du changement climatique. Sa passion transpire dans son discours et on le sent heureux de partager son expérience avec nous. Une bonne sieste après un bon repas et c’est au tour de Clément Quétel, agent de la DCPN (Direction de la Conservation du Patrimoine Naturel), de nous faire un exposé sur Bassas da India, notre prochaine destination et sur Europa. Puis vient la présentation de notre programme touristique pour les prochaines 48 heures. C’est Philippe Mistral, notre dévoué guide qui s’y colle. Ce soir, ce sont les touristes qui offrent le pot de l’amitié à l’ensemble des équipages et personnels des TAAF. Nous serons sages. Une longue journée nous attend demain."

Elodie T.


Dimanche 13 avril

"Depuis plus de 5 siècles, un récif fantôme hante les esprits des navigateurs au long court. C’est le sommet d’un ancien volcan, aujourd’hui englouti et transformé en un atoll circulaire aussi sublime que redoutable. D’une dizaine de kilomètres de diamètre, il n’émerge qu’à peine de l’océan lorsque la marée est basse. Il devient alors un danger invisible à marée haute lorsque les eaux le recouvrent.

Cet anneau corallien, vierge, fascinant et unique au monde se nomme Bassas da India. Tapi quelque part entre l’Afrique et Madagascar ce récif redouté par les navigateurs a été le théâtre de centaines de tragédies et de naufrages. D’un positionnement cartographique longtemps erratique, les marins qui croisaient son chemin finissaient inexorablement dans sa gueule.

Cet endroit hors du monde semble tout droit sorti d’une mythologie perdue. En pleine mer, un étrange cercle turquoise apparait subitement à la surface de l’océan. Couronné d’écumes blanches et serti de pierres précieuses coralliennes et multicolores, il ressemblerait presque à un immense organisme vivant, totalement aquatique, telle une hydre marine qui respirerait sous l’eau au rythme des marées.

Nous sommes aujourd’hui en positionnement dynamique devant cet immense atoll de légende devenu français en 1897. C’est le 13 avril 2014, le jour se lève et c’est la deuxième fois seulement que l’homme va pouvoir survoler Bassas da India en hélicoptère. Un moment extraordinaire, rare et précieux."

Philippe M.


"Nous arrivons à Bassas da India, cet écueil mythique du canal du Mozambique, certainement le plus redouté des navigateurs car invisible. Cet anneau corallien immergé la plupart du temps est un immense cimetière à ciel ouvert. Je monte dans l’hélicoptère vers 6h45 pour un survol de cette beauté de la nature, de ce sommet de volcan englouti. Le sous-préfet, représentant des Terres Australes et Antarctiques Françaises à bord, vient d’effectuer un survol de souveraineté.

Nous appareillons pour Europa vers 8h00. Et nous y débarquons vers 13h00. La plus grande et la plus riche île éparse tant au niveau de la faune que de la flore. Nous sommes accueillis royalement par le lieutenant-île dans le camp Robinson, qui a plus des allures de petit village grec avec ses peintures blanches et bleues que de camp militaire. C’est dommage, contrairement aux autres camps, la peinture fraîche a recouvert les stigmates du passé, la mémoire des habitants successifs a été effacée. Effectivement à Glorieuse et à Juan de Nova, l’île et les murs sont emplis de totems ou de dessins représentant chaque détachement envoyé sur ces îles. Les noms de chacun y sont inscrits, et les nouveaux se sentent surement moins seuls à leur contact. On nous sert un pot de bienvenue, thé glacé et gâteau aux pommes maison. Nous entamons une randonnée en direction de la plage. Le climat est bien plus aride que sur les autres îles. De retour, vers la station météo, c’est l’heure de la baignade. C’est marée haute, l’océan indien me berce dans ses flots. Je suis tirée de ma rêverie par un attroupement de frégates digne des « Oiseaux » d’Hitchcock, elles tournoient dans le ciel de façon concentrique à quelques mètres du rivage.
Une seule explication s’offre à moi : une émergence de tortues, la naissance plutôt d’une centaine de petites tortues. Je sors donc de l’eau et me mets à courir pour observer cet événement unique. C’est merveilleux et morbide à la fois car, on le sait, une naissance de jour ne laisse aucune chance à ces petits êtres d’atteindre l’océan. L’instant est tout de même magique et dame nature fait ce qu’elle a à faire. Nous regagnons le Marion avec des étoiles dans les yeux."

Elodie T.

"A l’approche des iles le sommeil reste léger… Ce dimanche 4h00 du matin, le Marion roule, vent de face 20-25Nds, (vent frais du sud) mais le bateau ne stoppera devant Bassas da india qu’à 6h00. Pour les volontaires un survol d’un petit bout de l’atoll en hélico nous permettra en prenant de la hauteur de voir l’étendu du lagon mais les épaves sont loin… La luminosité n’est pas très bonne, cependant le bleu lagon est un spectacle enchanteur.

Départ pour EUROPA à 130kms dans le Sud Est. Nous débarquerons vers 14h00 pour une balade découverte, séparés en 2 groupes la ballade est plus fluide et chacun peut à sa guise observer, photographier… Les oiseaux sont nombreux : frégates, fous à pieds rouges, et surtout les élégants pailles en queue. Un tout petit oiseau « à lunettes » blanches endémique d’EUROPA parmi les euphorbes arborescentes, le zosterops, de belles toiles d’araignées parmi les branches et de nombreuses chèvres dans les sous-bois. Nous assisterons à une querelle de boucs sous les ramures.
Changement de décor en arrivant sur la mangrove de Palétuviers qui couvre 5% de la surface de l’ile mais nous n’en apercevrons qu’une petite partie tant elle est impénétrable. Une sorte de prairie de « sansouire » (espèce de « gazon » adapté au manque d’eau…).
Nous arrivons à une lagune qui donne accès sur l’océan, occasion de voir quelques poissons et au loin une tortue en pleine eau. Retour au camp par un chemin de sable. De retour à bord que la douche est bonne !!!"

Michèle R.


"EUROPA la dernière ile des Eparses que nous visiterons. La plus grande 30 km2.
Arrivés vers 13h30 ce Dimanche après 5h00 de mer depuis l’atoll de Basas da India avec un vent de 30 nœuds et des creux de 4 à 5 mètres : une pure merveille de voir l’étrave du Marion fendre les vagues dans des flots d’écume.
A notre arrivée le vent diminue d’intensité à 17 nœuds et la mer s’apaise quelque peu, ce sera mieux pour les rotations de l’hélicoptère. A 14h00 nous sommes sur la terre ferme et nous partons rapidement pour une grande boucle vers le Nord-ouest, en longeant d’abord la piste d’atterrissage ou nous commençons à voir de loin nos premiers oiseaux, puis on entre dans une zone de végétation typique de petits arbres, les euphorbes.

Et là on voit des centaines d’oiseaux : des frégates, des fous à pieds rouges, des pailles en queue, sans compter ceux que je ne sais pas nommer. On entend un chevreau qui bêle, puis on l’aperçoit sous les arbres. Une frégate vient se poser pas très loin et semble se faire admirer, les ailes déployées, un peu plus loin c’est un jeune fou à pied rouge perché sur une branche en bordure du chemin qui nous regarde passer sans manifester la moindre peur pour cette « bande de touristes ».

Un peu plus loin on entend des chocs sourds, sous les arbres deux boucs se battent pour une femelle.
Les chèvres ont été importées par l’homme et ont proliféré. Et les militaires présents sur l’île ont interdiction de les manger par souci sanitaire, dommage pour le militaires, un bon cabri massalé les changerait de leur ordinaire. Un peu plus loin nous arrivons à la mangrove et au petit bras de mer qui remonte jusqu’au milieu de l’ile. Eau limpide sous les arbres, parterre de sansouire (espèce de plantes endémiques rares et protégées qui ressemblent à notre salicorne) de couleurs différentes du vert tendre au brun-rouge en passant par des nuances de vert.

Dans l’eau un poisson chasse, plus loin une tortue remonte respirer à la surface, un héron vient se poser et attrape des petits poissons. Tout est calme, on est sous le charme. En progressant on arrive sur une plage qui suit le bras de mer jusqu’à l’océan et là c’est la valse des Bernard l’ermite de toutes tailles qui courent dans tous le sens sur la plage. Il faut maintenant rentrer, on a encore un bon morceau de chemin à faire jusqu’au camp militaire, pour reprendre l’hélico et rallier le Marion pour la nuit. On reviendra demain matin pour visiter l’autre côté de l’ile."

Maurice P.

"Europa. Des oiseaux, enfin. Là, la frégate précise, ici le fou à pattes rouges, plus loin les pailles en queue et la sterne qui défend âprement son nid à grand renfort de cris et de vols piqués sur le crâne de l’inopportun. Au détour de l’euphorbée, au milieu de sa sansouire, le héron délicat chasse, pas totalement rassuré de cette foule de curieux.

Beach-rocks à marée basse, une carapace ne fuit pas à mon approche, elle suspend juste son repas. Je me pose. Face à face d’yeux totalement différents mais qui se jaugent et se comprennent. Fière, sans me quitter des yeux, elle continue son repas. « Toi, va ou reste, qu’importe, ici, je suis chez moi. De nous deux, il n’y a que moi qui ne survis pas ici. ». Et c’est moi qui rebrousse chemin.

Ici, la nature est sans pitié et aveuglante, pour qui ose l’aventure. Elle brule la peau, dessèche les rétines, coupe le souffle. La nature n’offre qu’un refuge précaire pour les intrus. Le crabe et le héron mangent, la caravane de touristes passe.
Les Éparses, les éparpillés, des éparses pillées. Poussières de la République, mais joyaux de la Nation. Je touche avec les yeux, j’emporte dans ma carte mémoire, je ne prends que les déchets dans mon sac, collecte misérable devant l’étendue du chantier. Comment pourrais-je seulement passer à côté et les ignorer ? Ils sont du monde auquel j’appartiens, alors je les soustrais à ce monde qu’ils souillent. Derniers instants éparses dans le camp Robinson, la devise militaire « Qui ose Gagne ». Gagné."

Véronique R.

Lundi 14 avril


"Lever tôt, départ en hélico 6h15 pour avoir le temps de visiter la deuxième partie de l’île.
Le soleil est levé depuis peu, la lumière est belle. Dès l’arrivée des derniers de notre groupe, on démarre et on tire droit vers la plage. C’est marée basse le platier est découvert en laissant des petites cuvettes pleines d’eau et de poissons en tous genres, des crabes, des ophiures…
Une petite murène se faufile entre les pierres et chasse les petits poisons prisonniers par la marée basses.

Eric et Hélène un peu plus loin, ont vu une tortue en difficulté. Elle était venue pondre sur la plage à marée haute et elle est en difficulté sur le platier, elle est loin de la mer libre, il fait très chaud en plein soleil. Ils l’arrosent, elle reprend lentement sa progression, ils l’accompagnent jusqu’à la mer libre et elle peut s’éloigner de la cote.
Tout au long de la plage, on scrute les trous d’eau du platier pour repérer les poissons, les crabes, les coraux et autres étoiles de mer pendant que les frégates, fous et pailles en queue font leur sarabande au-dessus de nos têtes. Le temps est suspendu. Si ce n’est pas le Paradis, ça lui ressemble étrangement. Nos derniers moments sur les Eparses resteront longtemps dans nos mémoires. On va maintenant penser à s’inscrire sur la liste d’attente pour les rotations dans les australes…
A bientôt !!!!!"

Maurice P.

"Europa toujours, mais en route cette fois vers la fabuleuse mangrove, écosystème unique et incroyable. Nous devons d’abord parcourir les 1,3 km de piste d’atterrissage pour atteindre le sentier. C’est un peu surréaliste mais tout le monde a le sourire. Nous croisons quelques chèvres sauvages et une végétation hors du commun. Cette île est bien plus grande que les autres, son caractère est très particulier, il flotte dans l’air comme une odeur de mystère. Nous ne restons malheureusement pas assez longtemps pour percer ses secrets. Il est environ midi lorsque je regagne le paquebot.
Après une douche rapide, je me dirige vers le bar et commande un Ricard. Je suis seule sur la plage arrière, je vois l’hélicoptère se poser quasiment au-dessus de moi. Le son des turbines s’essouffle, puis s’arrête complètement. Je sais à cet instant que tout est terminé. Je ne saurais dire par quelles émotions je suis submergée mais je sens une larme rouler sur ma joue.

J’ai été rejoint par plusieurs personnes et il y a quelque chose d’invisible mais palpable qui nous relie tous, que l’on soit sous-préfet, mécano, touriste ou lieutenant de vaisseau, nous savons que ce voyage est unique et cette harmonie éphémère. Nous nous mettons en marche et la sirène retentit. Europa restera visible pendant longtemps durant le repas. Puis le bateau prendra des allures de vaisseau fantôme, c’est l’heure de la sieste."

Elodie T.

"Matin, départ à 8h00 pour le 2ème volet de la découverte d’EUROPA. Côté platier du lagon, profitant de la marée basse nous découvrons un décor très dénudé, des blocs de corail noir comme des griffes acérées, des trous d’eau dans lequel la vie foisonne de petits poissons, de nombreuses murènes, d’étoiles de mer, tandis que de toutes parts les bernard l’ermite tissent sur le sable des impressions sans fin…

Il y aura aussi la rencontre avec une tortue verte qui regagnait la mer avec difficulté (nous a-t-il semblé) et de nombreux petits cadavres de tortues victimes des prédateurs, frégates, crabes…
Des traces récentes de pontes, des épaves déchiquetées, posées très haut sur le sable, victime d’une avarie ou d’un gros coup de vent, imagine t’on…
Après un petit temps de baignade pour certains et repos à l’ombre pour d’autres, retour à la DZ pour embarquement immédiat ! A 13h00 tandis que nous passons à table le Marion fait retentir sa sirène
pour saluer EUROPA et sa garnison puis prend le cap du retour vers la Réunion.
Rotation EPARSES terminée, déjà 10 jours trop vite passés, mais belle découverte que celle de ces poussières d’iles de l’Océan Indien."

Michèle R.

Jeudi 17 avril

"Nous avons fait le tour de Madagascar, l’OP se termine, déjà les téléphones se remettent à capter et leurs sonneries électroniques nous extirpent de ce rêve que l’on vient de réaliser. L’OP-Eparses est toujours une expédition bien particulière. Intense parce qu’entre autre elle était courte, exceptionnelle puisqu’elle est véritablement rare.
Nos « passagers touristes » qui nous ont accompagné dans cette OP prioritairement logistique ont été les spectateurs privilégiés de ce monde à part que sont les TAAF : Marion Dufresne, slings, FAZSOI, camp, environnement, transall…
Tout cet univers n’a plus de secret pour eux et nous retiendront que sur ces ilots paradisiaques, sanctuaires de la biodiversité, où la nature est restée presque intacte, la richesse de la faune frappe et nous semble extraordinaire.
Une réflexion s’impose donc, et si c’était ça l’ordinaire mais que l’extraordinaire était de ne plus retrouver cette vie foisonnante chez nous, dans le monde des hommes ?

Sur le pont extérieur du navire, certains essaient de voir les côtes réunionnaises, d’autres laissent encore le regard s’évader de l’autre côté. Tous par contre rentreront avec des images plein la tête, des étoiles dans les yeux, et bien des choses à raconter."

Philippe M.