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20 novembre 2017

« La douceur perméable de la rosée », spectacle de Paco Dècina à La Réunion

Proposée par l’administration supérieure des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) et le ministère de la culture et de la communication / direction des affaires culturelles - océan Indien (DAC-OI), avec le soutien du Fonds Régional d’Art Contemporain (FRAC) et d’Air France, la deuxième édition de la résidence artistique de "l’Atelier des ailleurs" s’est déroulée dans l’archipel Crozet pour Paco Dècina et les îles Kerguelen pour Christiane Geoffroy du 6 décembre 2013 au 4 avril 2014.

Une résidence exceptionnelle

Cette initiative vise à inscrire l’art contemporain dans le contexte des derniers territoires éloignés de l’activité humaine. La préservation de la nature et du climat sont aujourd’hui un enjeu essentiel et une source d’inspiration pour l’art et la création. Occasion unique de renouer avec la conception séculaire du voyage initiatique, « l’Atelier des Ailleurs » permet à deux artistes de délocaliser leur pratique dans des conditions de création et de recherches inédites. Plus généralement, il offre l’opportunité aux scientifiques et aux artistes d’interroger leurs démarches respectives.

Embarqué le 6 décembre 2013 à bord du Marion Dufresne au Port Est de La Réunion, Paco Dècina, artiste lauréat de la 2ème édition de « l’Atelier des ailleurs » s’est intégré rapidement à la communauté taafienne.
A bord du navire, il a présenté son travail et son projet artistique en animant une conférence lors de la traversée jusqu’à Crozet et il s’est également pris au jeu du tamponnage philatélique. Après avoir parcouru les 2 812 km, il a découvert l’archipel Crozet et s’est installé sur la base d’Alfred Faure (île de la Possession) où il a partagé son temps entre recherches artistiques et sonores et la vie des hivernants :

  • les sorties sur le terrain avec les scientifiques ;
  • la découverte des actions de la réserve naturelle (Crozet concentre la plus forte population d’oiseaux marins au monde (≈ 25 millions d’oiseaux) : pétrels, prions, gorfous, océanites, albatros… Ces îles hébergent près de la moitié des manchots royaux de la planète) ;
  • les tâches quotidiennes et collectives de la vie sur base…

La contemplation des paysages si particuliers et de la faune si surprenante, a distillé une nouvelle inspiration qu’il a voulu immédiatement partager en organisant des séances de DAO YIN avec les hivernants (forme de gymnastique douce qui permet une prise de conscience progressive de dimensions de plus en plus subtiles du vécu du corps).

C’est après 3 mois de résidence artistique, unique et atypique, comme la collectivité des Terres australes et antarctiques françaises, sur ce territoire isolé que Paco Dècina, rentré le 4 avril 2014, a créé un spectacle à l’image de ce territoire extrême, qui raisonne avec puissance des éléments, en mettant en scène trois danseurs qui interrogent ce qui nous lie à la nature à travers ses souvenirs visuels et sonores.

Après avoir présenté son spectacle un peu partout en métropole et en Italie, Paco Dècina est venu présenter son travail à La Réunion dans le cadre du Festival Total Danse avec trois représentations. Le 14 et 15 novembre derniers au Teat Champ Fleuri à Saint-Denis et le 17 novembre au Théâtre Luc Donat au Tampon.

En première partie, c’est avec le récit d’un voyage au bout du monde par Paco Dècina, lui-même, que le spectateur plonge dans l’univers des Terres australes et antarctiques françaises. Le chorégraphe raconte, au travers des images filmées de son journal de voyage, son expérience australe dans l’archipel Crozet et le processus de création de son spectacle.

Paco Dècina se définit comme un chorégraphe de l’épure et de l’harmonie.
Son projet original sur l’archipel Crozet est une méditation philosophique entre l’écriture chorégraphie et le contexte au travers de captations sonores qui composeront la musique de la pièce chorégraphique. Passionné par la relation entre l’homme et la nature, la circulation des énergies, l’étude des fréquences et des rythmes, cette résidence à Crozet a été un territoire de recherches et d’expérimentations pour cette chorégraphie intitulée La douceur perméable à la rosée, témoin de cette expérience australe… Carnet d’un long voyage dans l’archipel Crozet, ce trio masculin mêle puissance et douceur pour évoquer les beautés d’une nature vierge et primitive.

Un travail superbe avec le corps comme paysage !

L’expérience du chorégraphe Paco Dècina à Crozet

3 février 2014 - http://taaf.fr/Atelier-des-ailleurs-2-Premieres-impressions-des-artistes-sur-leur-residence-dans-les-Terres-australes-francaises
Ses premières impressions recueillies lors de sa résidence :

"Quoi de plus excitant pour quelqu’un comme moi passionné par la relation entre l’homme et la nature, la circulation des énergies, l’étude des fréquences et des rythmes, de pouvoir faire retour à ce jardin non contaminé et d’écouter la force de son silence, enrichi par l’absence de toute pollution humaine.
Depuis mon arrivée à l’île de la Possession, dans l’archipel de Crozet, le temps et l’espace me semblent avoir changé de densité. Les cieux, toujours changeants, recouvrent avec leurs nuages lenticulaires, une terre non contaminée, qui semble nous ramener sans cesse, au début du temps, quand la spontanéité brutale et généreuse de la nature n’avait pas encore été apprivoisée.
C’est dans ce cadre que mes journées se déroulent tranquillement au rythme des vents subantarctiques, qui viennent scander les tâches quotidiennes en permettant ou pas, l’aboutissement des activités que nous avons à faire.
L’île est magnifique, sublime ! J’ai pu me promener sur des sites de rêve, avec des vues imprenables, loin de tout, en accompagnant les différents programmes scientifiques le long de leurs opérations ou « manip », suivant le jargon des districts des TAAF.
J’ai pu contempler les beautés inlassables de la nature, des animaux sauvages, apprendre leur comportement, leurs habitudes et les différentes approches pour pouvoir les étudier. J’ai pu assister aux travaux de laboratoire, participer aux réflexions sur les différentes méthodes d’éradication des espèces invasives, m’appliquer aux travaux de la vie commune et partager un peu de mes savoirs en proposant des séances de DAO YIN (guider, conduire, diriger et entraîner, attirer, étendre le souffle).
Ancêtre des actuels QI GONG, le DAO YIN est une forme de gymnastique douce qui permet une prise de conscience progressive de dimensions de plus en plus subtiles du vécu du corps, conçu ici, comme une manifestation lente et lourde de l’esprit.
Dans ces paysages de rêves je contemple. Mes notes, mes traces, mon journal de bord ne sont que des images vidéo, des photos ou des prises de sons. Cela pour essayer de ne pas interpréter et préserver ainsi un peu de ce mystère qui semble nous habiter lorsque nous nous abandonnons aux mouvements spontanés du souffle de la nature. Je thésaurise ainsi, sans trop vouloir savoir comment tout ce vécu va prendre forme. La graine créative est désormais plantée, il faut juste lui laisser le temps de pouvoir germer."

« L’Atelier des ailleurs » 4

Les artistes lauréats de la 4ème édition de « L’Atelier des ailleurs », Simon ROUBY pour un projet préparatoire à la réalisation d’un long-métrage d’animation dans les îles Kerguelen et Pome BERNOS pour un projet de roman graphique à Crozet, embarqueront le 6 décembre 2017 à bord du Marion Dufresne.
Ils rentreront avec la première rotation logistique de l’année du navire ravitailleur en avril 2018.