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24 mars 2015

Les TAAF célèbrent 60 ans de présence de Météo France sur l’île Tromelin

Vendredi 20 mars dernier était une date importante dans l’histoire récente de l’île Tromelin : lors de la relève de l’équipe permanente mise en place par les TAAF, un hommage solennel a été rendu aux équipes successives de Météo France qui ont occupé l’île au cours des 60 dernières années.

En effet, les agents de l’établissement public se sont succédé sans interruption sur Tromelin entre mai 1954 et début 2015, date de leur retrait définitif.
Dès 1953, pour répondre à une demande de l’Organisation Météorologique Mondiale, le service national de la météorologie entreprend l’installation d’une station météo permanente sur le récif de Tromelin. La création de cette station est confiée à l’ingénieur en chef de la météorologie Serge Frolow, qui lui laissera son nom.

Hommes et matériel sont débarqués dans des conditions difficiles, par voie de mer, depuis le « Marius Moutet », baliseur de la Direction Générale des Travaux Publics. La station est opérationnelle dès le 7 mai 1954 et fonctionne en continu depuis cette date, jouant un rôle névralgique dans la surveillance et le suivi des formations cyclonique dans la zone. Elle est elle-même provisoirement détruite par un cyclone le 22 mars 1959.
Au fil des décennies, elle est armée par des équipes de taille variable (un ou deux techniciens + 2 ou 3 manœuvres), pour des durées de séjour allant décroissant, en raison de l’âpreté de la vie sur place : 7 à 8 mois durant les 1ères années, 4 mois à partir de 1968, puis 45 jours à 2 mois dans la période récente.

Les conditions de vie sont difficiles, telles que décrites par François Neau, chef du service météorologique de La Réunion, dans les années 80 :

« Sur les îles*, l’eau douce est recueillie à partir d’impluviums, ou acheminée par bateau en période de sécheresse prolongée. L’électricité nécessaire au fonctionnement de la radio, du radar, de l’éclairage, des congélateurs, est fabriquée à partir de groupes électrogènes. Un projet d’aérogénérateur est envisagé, sans aboutir. Le logement est sommaire, la nourriture apportée par les bateaux est en majeure partie congelée ou conservée. Les ouvriers ont la charge de la cuisine, du nettoyage des bâtiments et des abords, de la fabrication de l’hydrogène pour les ballons sondes, de l’entretien général des tracteurs, des groupes électrogènes, des installations.
Ils sont recrutés localement à La Réunion, pour servir dans les îles*, parmi un groupe de volontaires ayant fait leurs preuves : aptitude médicale tenant compte de l’absence de moyens de secours, aptitudes aux différentes tâches, aptitude à la vie en groupe restreint.
L’isolement, l’absence de courrier, un seul contact radio hebdomadaire avec la famille, la vie en groupe restreint, les difficultés de rapatriement vu la distance et le coût des transports, l’absence de distraction, de vie en dehors du service, font que des séjours trop prolongés sont difficiles à supporter.
 »

*des stations météorologiques sont également installées et armées par Météo France sur les îles Eparses du canal du Mozambique (Grande Glorieuse, Juan de Nova, Europa).

Avec l’automatisation des stations, les équipes sont progressivement retirées des îles par Météo France. Les derniers manœuvres affectés sur Tromelin, en renfort des équipes TAAF, ont achevé définitivement leur mission entre novembre 2014 et janvier 2015.

Ils sont donc revenus une dernière fois sur l’île ce vendredi 20 mars, en compagnie de leurs épouses, pour recevoir l’hommage de la nation, rendu conjointement par David Goutx, directeur interrégional Océan indien de Météo France, et Cécile Pozzo di Borgo, préfet administrateur supérieur des TAAF.
Celui-ci a pris la forme de la remise du dernier livre d’or de la station à Météo France et du dévoilement d’une plaque commémorative.

Auparavant, les discours de circonstance ont permis de retracer l’histoire des missions météo et de rappeler opportunément le souvenir des agents de Météo France qui sont décédés sur les îles dans l’exercice de leur mission.
L’île Tromelin, comme les autres îles Eparses, accueille toujours des équipements de mesures météorologiques automatisés, ainsi que des équipes permanentes : détachements de 14 militaires + 1 gendarme dans le canal du Mozambique, équipes successives de 3 ouvriers TAAF sur Tromelin. Ces équipes sont complétées régulièrement par les missions scientifiques qui mènent sur place des travaux de terrain.