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9 janvier 2015

Les TAAF s’engagent aux côtés de La Réunion et de Mayotte pour sauvegarder des espèces menacées à l’échelle mondiale

5 ans pour mettre en œuvre un Plan national d’action en faveur des tortues marines du sud-ouest de l’océan Indien.

Les espèces de tortues marines du Sud-ouest de l’océan Indien : la Tortue verte (Chelonia mydas), la Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata), la Tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea), la Tortue caouanne (Caretta caretta L.) et la Tortue luth (Dermochelys coriacea) sont soumises, à moyen terme, à un haut risque d’extinction à l’échelle mondiale. Ce constat a amené les trois territoires français (Mayotte, La Réunion et les TAAF), où ces tortues s’alimentent, se développent et se reproduisent, à mettre en place un plan d’urgence pour leur sauvegarde.

Le Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie (MEDDE) a en effet missionné en 2013 les Directions de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement de Mayotte et de La Réunion (coordinatrice du projet) et la collectivité des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), pour rédiger un plan national d’actions PNA tortues SOOI.

Ce plan, établi pour 5 ans (2015-2020), fixe la stratégie à mettre en œuvre pour assurer la conservation et la restauration des populations de tortues marines présentes sur les territoires. L’ensemble des actions à mettre en œuvre est identifié sur la base des connaissances disponibles puis les actions prioritaires sont sélectionnées par un Comité de Pilotage regroupant experts scientifiques, gestionnaires et acteurs des différents territoires concernés par cette thématique. Les actions visent globalement à approfondir les connaissances sur la répartition des tortues, sur leurs dynamiques, leurs circuits migratoires et leur écologie en général mais ce plan comporte avant tout des actions de conservation de leurs habitats ou des tortues elles-mêmes.
Le PNA tortues SOOI se présente en quatre volumes :
• Volume 1 : une partie commune comportant le bilan des connaissances, la stratégie opérationnelle globale et un plan d’actions régional qui détaille les actions communes aux trois territoires et dont la portée est régionale ;
• Volume 2 : un plan d’actions en faveur des tortues marines de Mayotte qui détaille les actions spécifiquement retenues pour ce territoire ;
• Volume 3 : un plan d’actions en faveur des tortues marines de La Réunion qui détaille les actions spécifiquement retenues pour ce territoire ;
• Volume 4 : un plan d’actions en faveur des tortues marines des Iles Eparses qui détaille les actions spécifiquement retenues pour ce territoire.

Pour le volet îles Eparses, ce sont près d’un quart de siècle d’études scientifiques sur les tortues marines de ces îles (notamment conduites par l’Ifremer et le CEDTM Kélonia) qui ont permis d’identifier les actions à mettre en œuvre en priorité. Ainsi, sur les îles des TAAF, qui compte certains des sites de ponte les plus importants de tout l’océan Indien pour la tortue verte (Europa et Glorieuses), les actions suivantes seront conduites en priorité :
• Limiter les impacts de la pêche et prévenir le braconnage dans les eaux des îles Eparses : formation des pêcheurs autorisés à pêcher dans les ZEE, lutte contre le développement d’activités de pêche illégales près des côtes, etc. ;
• Préserver les habitats de ponte et d’alimentation : étudier le potentiel de restauration des plages colonisées par des espèces introduites (filaos, etc.) ; éviter la destruction des herbiers de phanérogames (détermination de zones de mouillage, etc.) et renforcer de manière globale le statut de protection des îles qui ne sont pas encore classées au niveau national (e.g. projet de Réserve naturelle nationale sur Europa) ;
• Approfondir les connaissances sur la biologie, l’écologie et les habitats des populations de tortues marines : suivi journalier des traces de ponte sur les îles, étude des dynamiques de migration des tortues (juvéniles de tortues vertes et imbriquées ; adultes imbriquées qui pondent uniquement sur Juan de Nova) notamment pour identifier un réseau de zone à protéger à l’échelle régionale, etc. ;
• Sensibiliser les usagers des îles aux enjeux de conservation des tortues marines et de leurs habitats.

La livraison du document final, déjà validé par le Conseil National de la Protection de la Nature le 14 octobre dernier, est programmée pour début 2015.
Avec l’imminente adoption de ce PNA tortues marines, la collectivité des TAAF se dote, pour la seconde fois d’un puissant outil de conservation pour préserver des espèces menacées sur son territoire (un PNA pour l’Albatros d’Amsterdam 2011-2015 est également mis en œuvre sur la zone australe). Les TAAF renforcent ainsi leur action environnementale sur les exceptionnels réservoirs de biodiversité dont elles portent la responsabilité.

Pour plus d’information sur le PNA tortues marines :