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27 novembre 2009

Les enjeux de Copenhague se mesurent aussi sur l’île Amsterdam, dans le grand sud austral

Les îles australes françaises (Crozet, Kerguelen, Saint Paul et Amsterdam) accueillent, depuis plusieurs décennies, des chercheurs des plus grands laboratoires. Depuis 2004, sous la direction de l’IPEV, plus de 900 scientifiques sont venus séjourner sur les districts des Terres australes et antarctiques françaises (Taaf) pour étudier, notamment, l’impact des changements climatiques sur ces écosystèmes fragiles, et sur leur biodiversité.

Le 7 décembre 2009, journée d’ouverture du sommet de Copenhague, le Marion Dufresne arrivera à l’île Amsterdam pour la relève des équipes scientifiques.

L’île d’Amsterdam, située à 3 000 km au sud de la Réunion, abrite une importante station de recherches sur la chimie atmosphérique. Elle est un poste d’observation de référence internationale pour le climat et permet de mieux comprendre le rôle de l’océan dans le changement climatique à l’échelle de la planète.

Téléchargez Amsterdam observatoire du climat

Cet observatoire est essentiel pour plusieurs raisons :

  • il constitue l’unique poste d’observation du CO2, l’un des principaux gaz à effet de serre, dans l’océan Indien,
  • situé sur l’une des îles les plus isolées au monde, il est éloigné de toutes activités humaines (donc de toutes contaminations locales ou régionales),
  • mis en place depuis 1981, il permet de disposer du suivi temporel des teneurs en CO2 de l’atmosphère parmi les plus longs de la planète.

En outre, cet observatoire scientifique est situé au cœur d’une zone majeure d’absorption par l’océan du CO2 de la planète. Les mesures de CO2 qui y sont collectées sont mises à disposition et utilisées par la communauté internationale et par les experts du GIEC pour établir leurs scénarios des modifications futures du climat. Yves Frenot, directeur scientifique de l’IPEV, souligne l’importance de ce site : « les mesures atmosphériques obtenues à l’île d’Amsterdam - aérosols et gaz à effet de serre – sont aujourd’hui intégrées dans les banques de données internationales qui servent aux experts du GIEC pour valider les modèles climatiques globaux ».

«  Les activités menées dans les TAAF, territoires exceptionnels pour la recherche scientifique, sont au cœur des préoccupations de la planète » précise le préfet, administrateur supérieur Rollon Mouchel-Blaisot actuellement à bord du Marion Dufresne, bateau océanographique et ravitailleur des Taaf en mission dans les îles australes, « … La France est dans le peloton de tête des nations qui œuvrent sur ces sujets majeurs grâce à la continuité et la qualité de ses recherches, et une action volontariste de protection d’une biodiversité unique au monde ».

Le Marion Dufresne effectue quatre rotations logistiques par an et constitue le lien unique entre ces terres extrêmes et la Réunion, port d’attache du bateau. A son bord pour la présente rotation, 70 scientifiques travaillant sous la direction de l’institut polaire français Paul Emile Victor (IPEV) dans des disciplines essentielles pour la compréhension du changement climatique et de son impact sur la biodiversité.

Pour le Député Jérôme Bignon, président du Conservatoire du Littoral et de l’Agence des Aires Marines Protégées, qui participe cette rotation « la gestion responsable de la ressource marine dans cette région du globe et les mesures de conservation exemplaires mises en place par les TAAF dans le cadre de la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises (plus grande réserve de France) doivent servir d’exemple pour la gestion durable des écosystèmes dans d’autres secteurs du monde ».

Patricia Ricard, présidente de l’Institut Océanographique Paul Ricard de l’île des Embiez, qui participe également à la rotation, souligne pour sa part que « le laboratoire vivant au sein de l’océan austral que représentent les TAAF apporte les réponses fondamentales aux questions posées par le changement global et confirme l’importance de soutenir et d’étendre la recherche scientifique pour faire face aux enjeux de demain ».