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3 septembre 2014

Nouvelle espèce nicheuse découverte à Tromelin

A l’occasion d’une escale du Marion Dufresne le 24 août 2014 à Tromelin la présence d’une nouvelle espèce nicheuse d’oiseau marin, la sterne blanche ou gygis (Gygis alba) a été confirmée.

Un patrimoine naturel fragilisé

L’île de Tromelin* a jadis abrité une grande diversité d’oiseaux marins nicheurs - d’après les récits de navigateurs et les fouilles archéologiques, 7 à 8 espèces venaient se reproduire sur l’île – mais les populations d’oiseaux ont rapidement décliné au moment de la colonisation humaine de l’île (18ème siècle). Des navigateurs, les esclaves abandonnés sur l’île (« les oubliés de Tromelin »), des rats accidentellement introduits ont en effet progressivement eu raison des populations d’oiseaux saisonnièrement résidentes de Tromelin. Les frégates sont les dernières espèces en date à avoir disparu de l’île (dans les années 1970). Il ne subsistait depuis cette date que deux espèces nicheuses à Tromelin, le fou à pieds rouges et le fou masqué, dont le maintien demeurait toutefois fragilisé par la présence sur l’île de rats surmulots (Rattus norvegicus), prédateurs redoutables d’œufs et de poussins.

Restauration écologique, premiers bénéfices…

Les TAAF entreprirent donc avec succès une opération de dératisation de Tromelin en 2005 pour maintenir ce fragile patrimoine subsistant et souhaiter que des espèces localement disparues recolonisent l’île, ce qui constitue un évènement exceptionnel chez les oiseaux marins. Cette restauration a rapidement bénéficié aux populations de fous dont les populations reproductrices se sont accrues au cours des 10 dernières années. L’île étant enfin débarrassée de ses rats, d’éventuels signes d’une recolonisation étaient patiemment guettés et secrètement espérés.

…et évènement rare

Et puis, courant juillet 2014, des observations de la part de personnels techniques des TAAF présents à Tromelin font soudain état de la présence d’un petit oiseau blanc couvant un œuf à proximité de la base, laissant penser qu’une espèce a fait son retour sur l’île. Le 24 août, avant de continuer sa rotation vers les districts austraux, le Marion Dufresne II, venu faire une courte escale à Tromelin, a permis aux agents de la direction de la conservation du patrimoine naturel de confirmer cette information majeure. Au cours d’une prospection non-exhaustive de l’île, ils ont validé alors cet évènement rarissime de recolonisation en dénombrant trois poussins de Gygis alba protégés à l’abri de veloutiers en différents points de l’île, et plusieurs dizaines d’adultes (entre 30 et 50 individus) appliqués à éloigner tout intrus de leur progéniture et ravissant par leur vol élégant les quelques passagers du Marion Dufresne qui ont pu faire escale.

La recolonisation d’une île par un oiseau marin – ici la sterne blanche - constitue un évènement écologique exceptionnel à l’échelle de la planète et récompense l’effort de restauration écologique entrepris par les TAAF à Tromelin il y a maintenant près de 10 ans.

* Très isolée géographiquement des autres îles Éparses, Tromelin est la seule à ne pas être située dans le canal du Mozambique. Cet îlot corallien plat d’à peine un kilomètre carré, balayé par les alizés, abrite une faune principalement composée d’oiseaux marins et de tortues.