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14 mars 2011

Pascale Chabanet honorée pour la Journée de la femme et l’année des Outre-Mer

Choisie par le Préfet des TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises), Pascale Chabanet, chercheure à l’IRD, est invitée à Paris pour la journée internationale de la femme, mardi 8 mars, par la Ministre chargée de l’Outre-Mer, Marie-Luce Penchard. La ministre recevra ce jour-là, à son ministère, des femmes exemplaires de tous les territoires ultramarins qui agissent en Outre-mer au profit de cause pour la dignité de la femme.

Pascale Chabanet, spécialiste en écologie des récifs coraliens, a accepté de répondre à 3 de nos questions :

8 mars "Journée internationale de la femme", vous allez être reçue par la Ministre chargée de l’Outre-mer en tant que scientifique ultramarine représentant la Réunion et les Iles Eparses. Qu’est-ce que cette invitation représente pour vous ?

C’est un honneur pour moi d’avoir été choisie par le Préfet des TAAF [1] pour être "ambassadrice des Iles Eparses" [2] selon les mots du Préfet. Le Préfet voulait une scientifique et je perçois son choix comme une reconnaissance de mon implication aussi bien dans le domaine de la recherche que dans celui de la communication pour mieux faire connaître ces îles. Pour exemple, je citerai ici le film "Juan de Nova, l’île de corail" réalisé par Rémy Tézier en 2004.

Cette invitation sera un excellent moyen pour moi de parler du projet d’observatoire des milieux naturels aux Iles Eparses qui, en étant soumis à une faible pression humaine, sont des lieux privilégiés d’observation des changements globaux en milieu tropical. La mise en place d’un observatoire, en plus de son intérêt scientifique, permettrait également une présence permanente sur ces îles, présence assurée pour le moment par les forces armées de la zone sud de l’Océan Indien (FAZOI) sans garantie de perennité.

Quels seraient vos souhaits comme "femme scientifique pour les outre-mer" ? Si vous ne deviez en choisir qu’un (de souhait), quel serait-il ?

* Parler davantage des récifs coralliens Les récifs coralliens ne se développent qu’en milieu tropical et la France, grâce à l’Outre-mer, occupe le 4ème rang mondial de par la surface de ses récifs coralliens. Elle est le seul pays à y avoir accès dans tous les océans où ils se développent. La France a donc une place privilégiée pour faire entendre la cause des récifs coralliens qui ont un véritable rôle écologique et socio-économique qui va bien au-delà de la carte postale pour les touristes. Donc il faut en parler !

* Améliorer la circulation des informations scientifiques Ce souhait rejoint un peu le premier. Il faut parler des récifs coralliens non seulement en écrivant des publications scientifiques mais aussi en transmettant ces informations vers le grand public, les décideurs et surtout vers les enfants. La protection ne passe pas que par des lois. Pour protéger, il faut aussi faire aimer et on protège en priorité ce qui nous touche.

* Gommer les oppositions Nord-Sud à travers la science C’est un peu ce qui est fait à travers l’association WIOMSA [3] qui a pour objectif le développement, la promotion et la diffusion des sciences marines dans le sud-ouest de l’Océan Indien. Et c’est aussi en partie les objectifs de l’IRD sur l’ensemble de la planète.

* Créer un Pôle Mer Régional à la Réunion Le PRM est un beau projet qui permettra de regrouper tous les acteurs scientifiques et techniques intervenant dans le domaine marin et de renforcer la coopération internationale dans l’Océan Indien. L’observatoire des milieux naturels aux Iles Eparses pourrait très bien s’intégrer dans ce projet.

Si je n’avais qu’un seul souhait à faire, ce serait celui d’améliorer la coopération entre les hommes à tous les niveaux, entre la France et l’Outre-mer, entre les pays du Sud et les pays du Nord, entre les scientifiques et le grand public… L’union faisant bien sûr la force !

Dans votre parcours, quelle est l’étude qui vous a plus marquée ? et pourquoi ?

Il s’agit de ma première mission aux Glorieuses en 2002. Pourquoi ? Parce qu’il y avait tout à découvrir, aucune étude n’avait été faite avant sur les récifs coralliens… et pour un chercheur, c’est passionnant de travailler dans ces conditions !

Comme par magie, au cours de ma première plongée, j’ai fait une très belle rencontre, un mérou lancéolé (également appelé mérou géant) de 3 m de long qui est venu vers moi, curieux, étonné sans doute de rencontrer une drôle d’espèce sous l’eau. Il n’était pas du tout craintif et c’est moi qui ai sursauté en le voyant. Cette rencontre m’a bouleversée. Je n’ai jamais eu le bonheur de recroiser un mérou géant par la suite. Cette rencontre à la fois unique et magique contribue à l’énergie positive que j’accumule en moi … et qui me motive à parler des Iles Eparses pour tenter de protéger ces trésors de biodiversité.

Notes :

1.TAAF : Terres australes et antarctiques françaises formées par l’archipel de Crozet, l’archipel des Kerguelen, les îles Saint-Paul et Amsterdam, la terre Adélie et les îles éparses (depuis la loi du 21 février 2007) : Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India dans le canal du Mozambique et Tromelin au nord de la Réunion.

2. Iles Eparses : Iles classées en réserve naturelle. Leur accès est strictement contrôlé par les militaires et seules quelques autorisations sont données aux scientifiques dans le cadre de leurs recherches. Ces îles sont donc parmi les rares espaces insulaires de la planète ne subissant pas de pression anthropique directe et, de ce fait, elles représentent des écosystèmes de référence évoluant sans pression humaine.

3. WIOMSA : Western Indian Ocean Marine Science Association ( http://www.wiomsa.org/)

texte : IRD http://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/pascale-chabanet-honoree-pour-la-journee-de-la-femme-et-l-annee-des-outre-mer