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7 octobre 2013

Résultats de la 4ème campagne de fouilles archéologiques à Tromelin

Tout juste rentrés de la 4ème campagne de fouilles archéologiques à Tromelin, les archéologues ont livré les premiers résultats le samedi 5 octobre 2013 à la Maison Orré en présence du préfet des TAAF.

Après quarante-cinq jours passés sur l’îlot de Tromelin, l’une des îles Éparses placées sous la juridiction du préfet administrateur supérieur des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF), la quatrième mission archéologique "Esclaves oubliés" vient de s’achever le 4 octobre 2013.

Cette mission qui venait après les trois premières campagnes effectuées en 2006, 2008, 2010, visait à élucider les conditions de survie matérielles, psychologiques et sociales des esclaves malgaches abandonnés sur l’île en 1761, après le naufrage de L’Utile, une flûte de la Compagnie française des Indes orientales.

Cette mission était co-dirigée par le Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN) et l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) avec le soutien de la Direction des affaires culturelles océan-indien, la participation d’un chercheur mauricien et d’une archéologue malgache. Le laboratoire « Préhistoire à l’actuel : culture, environnement, anthropologie (PACEA / Université de Bordeaux 1 – CNRS) et le Muséum national d’histoire naturelle ont collaboré à cette opération.

La fouille de cette année a permis de terminer l’étude de l’ensemble de l’habitat, lorsqu’il restait accessible. Ce travail a toutefois été malaisé, à cause des destructions provoquées par l’installation de la station météo, et celles datant de l’époque des naufragés. Outre la conception d’ensemble de ce véritable hameau regroupant une dizaine de bâtiment, la campagne 2013 a permis de mettre en lumière quatre stades d’occupation, impliquant des remaniements importants et démontrant la maitrise par cette population de son habitat et de son environnement. La découverte d’un nombre important d’outils : burins, grattoirs, gouges, hache, souligne une activité manuelle importante que révèlent par ailleurs les innombrables fragments de cuivre découpé. Deux nouveaux briquets et six fragments de silex très usés illustrent pour leur part l’importance du feu dans la vie quotidienne mise en évidence par la localisation de plusieurs foyers. La mise au jour d’objets de la vie courante est venue compléter l’importante collection issue de la mission 2008.

L’étude de la faune consommée a cette année été réalisée en temps réel, permettant une meilleure analyse spatiale et fonctionnelle de l’habitat. Des prélèvements de sédiment permettront enfin d’étudier l’état des ressources disponibles dans l’environnement et les modifications induites par la présence des naufragés.

L’équipe de fouille disposant cette année d’une mini-pelle mécanique, mise à disposition par les TAAF et passée par avion, les archéologues ont cette année pu explorer un vaste terrain : si près de 150 m² ont été fouillés à la main, 200m² l’ont été à l’aide de l’engin.

De nombreux sondages ont été effectués à la fois pour évaluer l’espace occupé par les naufragés autour de leurs habitats et localiser les tombes. Ces dernières n’ont cependant pas été trouvées, ce qui accroît la probabilité qu’elles aient été recouvertes par les bâtiments du XXème siècle.

Cette campagne a permis d’explorer la totalité des vestiges archéologiques accessibles sur l’île de Tromelin.
Le travail de terrain s’achève donc et commence les missions d’étude, de conservation et de restitution de ces découvertes.

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