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11 décembre 2010

Retour de la mission archéologique de Tromelin

Après un mois passé sur l’île de Tromelin les membres de la mission archéologique viennent de rentrer à La Réunion. Les premiers résultats de cette campagne ont été présentés à la presse ce samedi 11 décembre en présence de M. Christian Gaudin, préfet des Taaf, M. Max Guérout, chef de la mission, M. Thomas Romon, archéologue de l’INRAP et Mme Bako Rasoarifetra – (archéologue de l’institut de civilisations/Musée d’art et d’Archéologie d’Antananarivo).

La troisième mission de recherche archéologique sur l’île de Tromelin dirigée par le Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN) avec le concours de l’Institut national de la recherche archéologique préventive (INRAP), vient de se terminer après un mois de fouille (8 novembre – 10 décembre).

Après les deux missions précédente, l’une en 2006 et l’autre en 2008 dont le succès inespéré a permis de dégager trois bâtiments construits par les naufragés, deux squelettes et un grand nombre d’objet ; la mission 2010 avait pour objectif d’essayer de mieux comprendre à la fois l’occupation de l’espace par les naufragés, leur organisation pratique et sociale, ainsi que la découverte de tombes observées en 1851 à proximité des bâtiments érigés par les naufragés.

Les résultats de cette troisième mission sont étonnants.

Alors que les résultats obtenus en 2008 faisaient penser que l’essentiel de l’habitat des esclaves avait été découvert, trois nouveaux bâtiments ont été mis au jour et les amorces des murs d’au moins trois autres décelés. Ces découvertes complétées par des sondages périphériques, ont amené les archéologues à réévaluer l’espace occupé par les naufragés, bâtiments et périphérie, évalué à environ 1800 m².

Thomas Romon au dessus des batiments dégagés.

Une autre observation importante a été la mise en évidence de profonds remaniements dans les bâtiments construits, ils attestent une gestion raisonnée par les naufragés de leur espace de vie. Les causes initiales de ces remaniements ne sont pas connues, mais sont sans doute à mettre en rapport avec des évènements climatiques violents qui auraient pu détruire tout ou partie de certains bâtiments.

Une analyse fine de la stratigraphie sur tout le site a également permis de déterminer l’ordre de construction des bâtiments.

Max Guérout dessine le secteur nord.

Parmi les nombreux objets mis au jour, plusieurs outils : trépied, marteau, grattoir, et surtout deux briquets ont été mis au jour. Cette dernière découverte ainsi que la mise au jour de trois fragments de pierre à feu, apporte un élément de réponse à l’importante question de savoir comment, selon les déclarations de rescapés, les naufragés avaient maintenu le feu pendant 15 ans.

Dernière sensation de cette mission, il est apparu que le troisième bâtiment découvert n’avait selon toute évidence pas été construit par les naufragés de l’Utile, mais après leur départ et avant l’installation de la station météo en 1954. Pour l’instant le mystère reste entier, s’agit-il d’un naufrage non identifié ou bien un abri construit par les bénéficiaires de concessions d’exploitation du guano délivrée par l’île Maurice ?

Cette opération était placée sous l’autorité du préfet des TAAF (Terres Australes et Antarctiques Française, chargé de l’administration des îles Éparses de l’océan Indien ), a reçu le parrainage de l’UNESCO et de la Commission nationale pour l’histoire et la mémoire de l’esclavage, avec le financement de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de La Réunion et du Conseil Régional de La Réunion. Elle a en outre reçu l’aide du Ministère de la Défense (Commandant supérieur des forces armées dans la zone sud de l’Océan Indien) et de Météo France La Réunion qui ont apporté leur soutien logistique pour le transport et le séjour de l’équipe de fouille sur l’Ile.