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> L’île Tromelin

L’île Tromelin (1 km²) est une petite île corallienne plate, entourée de fonds de 4 000 mètres. Elle se situe à environ 600 km dans le nord-est de Tamatave (Madagascar) et 535 km dans le nord de La Réunion. Ses dimensions sont d’environ 1 600 m de long par 700 m de large.

Très isolée géographiquement des autres, l’île est recouverte de sable et présente de nombreux blocs coralliens d’origine probablement volcanique. La flore, pauvre, se compose principalement d’herbes grasses et d’arbustes peu denses. La faune est constituée d’une colonie très intéressante d’oiseaux de mer et de tortues.

Le climat est de type tropical maritime, avec des températures mensuelles comprises entre 23,55°C et 27,95°C. Durant la majeure partie de l’année, les alizés du sud-est soufflent à une vitesse de 15 à 35 km/heure. Les précipitations représentent environ 1 106,4 mm d’eau en moyenne par an, dont près de la moitié de janvier à mars. Aucune culture n’est possible par manque d’eau et en raison des alizés qui soufflent presque toute l’année. On distingue deux saisons :
=>La période de sécheresse, qui va de septembre à novembre.
=>La saison chaude (décembre à août). On y observe des périodes de vent calme, interrompues par le passage de dépressions et de cyclones. On surnomme d’ailleurs cette île « l’île aux cyclones ». La fréquence y est à peu près de 10 cyclones en 28 ans.

(ZEE : 280 000 km²).

Historique

Le 31 juillet 1761, l’Utile, une flûte de la Compagnie française des Indes Orientales, fait naufrage sur l’île alors qu’il transporte les esclaves provenant de Madagascar destinés à l’île Maurice. L’équipage laisse alors les 60 esclaves sur l’île, regagne Madagascar dans une embarcation de fortune, promettant de venir les rechercher. Cette promesse ne fut jamais tenue. En raison des vents violents, l’île était soigneusement évitée à l’époque. L’accès est très difficile par la mer : l’île ne peut être atteinte que par des embarcations légères aux époques d’affaiblissement des alizés (avril-mai-octobre-novembre).
Ce n’est que quinze ans plus tard, le 29 novembre 1776, que le chevalier de Tromelin récupérera huit esclaves survivants : sept femmes et un enfant de huit mois. Le pavillon français fut planté sur l’île qui fut ainsi nommée Tromelin en hommage à ce chevalier.

Si l’on considère les rattachements administratifs de l’île à cette époque, il est à noter qu’elle fut administrée par l’île de France (aujourd’hui l’île Maurice) en 1810, puis par l’île Bourbon (actuelle île de la Réunion) en 1814. Finalement, c’est un texte de 1960 qui rattache l’île à la France.

En novembre 1953, une expédition de reconnaissance fut menée par la Marine Nationale française sous la responsabilité de Serge Frolow. Puis, le 7 mai 1954, conformément aux résolutions de l’Organisation météorologique nationale, une station météorologique permanente fut implantée sur l’île. Dans le même temps, une piste d’atterrissage de 1 050 mètres de long fut construite en sable durci.
On effectue maintenant à la station météorologique des observations de vent par radiothéodolite. Depuis sa création, elle s’est avérée d’un intérêt capital pour la détection des formations cycloniques dans le sud-ouest de l’Océan Indien. En effet, la plupart des perturbations menaçant Madagascar ou les Mascareignes (île de La Réunion – Ile Maurice) se forment ou passent au voisinage de cette île.

Reportage sur Tromelin, issu du Carnet de route TF1 sur les îles Eparses réalisé en avril 2012 :