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12 octobre 2010

Validation du plan de gestion de la Réserve naturelle des Terres australes par le conseil consultatif des Taaf

La réserve naturelle des Terres australes françaises a été créée par décret du 3 octobre 2006. L’objectif principal de cette réserve est la mise en protection et la gestion des espaces naturels en vue du maintien de la diversité biologique globale des Terres australes. Les îles subantarctiques françaises constituent, en effet, du fait de leur éloignement des centres d’activités humaines, des sanctuaires pour la faune et la flore. Le patrimoine biologique encore presque intact de ces îles océaniques est d’une richesse et d’une importance considérable.

Le décret portant création de la réserve naturelle des Terres australes françaises prévoit l’élaboration d’un plan de gestion. Ce document s’appuie sur une évaluation scientifique du patrimoine naturel de la réserve et de son évolution. Il décrit également les objectifs à atteindre pour la préservation de la biodiversité dans les années à venir.

Ce plan, après avoir reçu un avis favorable du Comité de l’Environnement Polaire (CEP), a été présenté ce 12 octobre 2010 par le préfet, administrateur supérieur Rollon MOUCHEL-BLAISOT et le directeur de la réserve naturelle Cédric Marteau au Conseil consultatif des Taaf, comité de gestion de la Réserve naturelle qui, réuni sous la présidence de Jean-Pierre Charpentier, vient de le valider officiellement.

Cette étape importante marque l’aboutissement positif d’un important travail effectué ces deux dernières années par l’administration des Taaf, en étroite liaison avec les organismes scientifiques au premier rang desquels l’institut polaire français Paul-Emile Victor. Il constitue donc pour l’administration des Taaf un nouveau défi à relever et, selon Rollon Mouchel-Blaisot, « révolutionnera certains modes de fonctionnement dans notre logistique de l’extrême et notre approche des derniers territoires vierges ». Dès maintenant, il a ou aura des traductions concrètes dans le management logistique des bases, la protection active d’une biodiversité unique, la lutte contre les espèces introduites, la mise en place de procédures de « biosécurité » pour tout accès aux îles, le rapatriement systématique des déchets, etc…

En termes de procédure, il va maintenant être soumis au Ministre en charge de l’Ecologie, qui le soumettra pour avis au Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN).

Ce premier plan de gestion sera ensuite arrêté pour une durée de cinq ans par le Préfet, administrateur supérieur des Taaf.

La plus grande réserve naturelle de France

La réserve naturelle nationale des Terres australes françaises couvre une superficie totale de 22 700 km2 dont 7 000 km2 de domaine terrestre et 15 700 km2 de domaine maritime, soit la quasi-totalité des espaces terrestres des Terres australes françaises, et 52,5 % de leurs eaux territoriales (12 miles nautiques des côtes). Elle constitue actuellement la plus vaste réserve naturelle de France représentant près de 80 % de la surface totale dévolue à ce type de protection en métropole et dans les départements et territoires d’outremer.

Ces îles sont des joyaux de biodiversité. Elles accueillent notamment, pendant la période de reproduction plus de 50 millions d’oiseaux marins (manchots, albatros), et de nombreuses espèces de mammifères marins (otarie, éléphants de mer, orques, baleines bleues…). Certaines de ces espèces, comme l’albatros d’Amsterdam, endémique à l’île du même nom, sont extrêmement menacées et doivent faire l’objet d’une attention particulière. Les « contraintes » liées à l’isolement de ces îles et à leur climat bien spécifique ont entraîné sur la flore et les insectes des adaptations uniques (mouches et papillon sans ailes…). La diversité biologique marine, moins connue, recèle également son lot d’espèces endémiques. Ce patrimoine exceptionnel représente, pour de nombreux scientifiques, un véritable laboratoire à ciel ouvert, notamment sur les thématiques du changement climatique et de la biodiversité.

Bien que relativement préservée, plusieurs catégories « d’agressions » menaçant la biodiversité de cette réserve naturelle, sont identifiées. Certaines relèvent de paramètres externes (changements globaux : diminution des précipitations, hausse des températures, pollution atmosphérique…), d’autres sont plus internes (impact des espèces introduites, pollution, déchets…).

Outre l’approche réglementaire, le statut de protection en réserve naturelle vise donc à préserver sur le long terme ce patrimoine naturel par la mise en place d’une gestion adaptée, et sur une superficie inégalée jusqu’à présent.