16/01/07 - Découvrir pour mieux. découvrir !

Il y a de quoi être perplexe devant un tel mikado géant. Pourtant à gauche de la photo on aperçoit le sommet d'une ferme (la ferme n° V) qui semble en bon état. C'est cet ensemble que nous allons sauver.
Le géomètre-topographe aidé par les archéologues ayant terminé le levé de la charpente, on pouvait désormais s'atteler à son démantèlement de façon à libérer les couches inférieures et à procéder à leurs fouilles.

Là, nous étions arrivés au point de rencontre d'une opération purement archéologique à une conception patrimoniale du sauvetage. Alors que la fouille archéologique est « dévoreuse de sites » - nous verrons que, après une fouille, les témoins matériels sortis de leur contexte spatial ne retrouvent vie que dans la mémoire des fouilleurs et des ordinateurs - la conception patrimoniale fait obligation de sauver l'intégrité physique de l'artefact composite pour, éventuellement, le montrer quelque jour.

En soi, l'opération de démantèlement de la charpente ne posait pas de problèmes de conception, mais des questions pratiques tout simples.Il fallait dégager les éléments les uns après les autres, sans les abîmer. de façon à pouvoir les remonter ailleurs. Or, l'état de nombreux éléments de ce mikado géant était alarmant...

Facteur rendant plus délicate encore l'opération, on était en présence d'une charpente qui n'était pas une pure ossature bois aux assemblages francs en tenons, mortaises, mi-bois, chevillages, etc. Ici et là, les occupants avaient consolidé l'ensemble par des bricolages utilisant des tiges de fer boulonnées. Celles-ci, totalement rouillées avaient gonflé dans les pièces de bois qu'elles assemblaient et il était impossible de les en chasser.


Les deux arbalétriers (3) sont encore en place sur la panne faîtière (1).
Ils reposent sur des sablières (2) qui semblent encore en bon état.
En bas l'entrait (4) moisé supporte le poinçon (6) et deux jambettes (7)
qui sont elles-mêmes maintenues par un faux entrait (5) également moisé.
Trop rouillées, les tiges boulonnées ne pouvant être dévissées,
elles vont servir d'axe autour duquel on fera jouer l'arbalétrier (3)
de haut en bas pour le désolidariser de la panne faîtière (1).

Des sept fermes qui avaient constitué la charpente originelle, celle qui portait le n° V était pratiquement la seule qui pouvait être sauvée dans son intégrité. Elle se composait des deux arbalétriers (3) reposant à leurs sommets sur la panne faîtière (1) parfaitement conservée et encore assujettie à l'entrait (4) par un poinçon (6) Les deux jambettes (7) étaient encore en place. Nous avions de la chance puisque l'excellent état de la panne faîtière (1) et de l'entrait (4) nous donnaient la longueur (6,92 m) et la largeur (5,50 m) de la construction originale.

Les opérations


La sablière étant dégagée, on creuse
sous l'extrémité basse de l'arbalétrier
pour augmenter son débattement vertical
et faciliter son désengagement
de la panne faîtière.


A l'autre extrémité, les archéologues
s'emploient à désolidariser un arbalétrier
du sommet de la panne faîtière.


Les deux arbalétriers étant dégagés,
on extrait la faîtière dont une mortaise
s'encastrait dans le tenon
de la partie sommitale du poinçon.


Comme pour une épure de charpentier,
les éléments de la charpente sont posés au sol
et partiront pour Port aux Français
lors de la prochaine rotation du chaland.
Là, ils recevront les soins nécessaires
à leur conservation, en attendant d'être,
quelque jour peut-être, remontés
et exposés dans un musée...


L'opération patrimoniale a parfaitement réussi. La fouille peut reprendre.
Nous étions dans les combles,
nous sommes désormais dans l'enchevêtrement
des témoins du volume intérieur de l'habitat.






16/01/07 - Hats off to discovery

A mikado game of these proportions could leave one extremely perplex. However, to the left of the photo can be seen the summit of a truss (truss n° V) which appears to be in good condition. It is this group that we are going to save.
Assisted by the archaeologists, the topographer-surveyor, having finished the survey of the construction, could now tackle the dismantlement in order to free the under layers and proceed with its excavation.

At this stage we had arrived at a junction between a pure archaeological operation and the heritage preservation. While the archaeological excavations literally "gobble up sites" - after the excavation, the material evidence, out of its spatial context can only find life in the collective memory of the archaeologists and computers -, the heritage preservation concept obliges the protection of the physical integrity of a composite artefact for possible exhibition some day.

In itself, the dismantling of the beam framework created no particular conceptual problems, only simple practical questions. It was going to be necessary to untangle the elements one after the other, without damaging them and in such a way as to be able to reassemble them elsewhere. But the condition of many elements of this giant game of mikado, was alarming.

Making even more delicate this operation was the fact that we were confronted with a structure that was not just a wooden framework with regular joints, mortise and tenon, plugs, etc. Here and there, the occupants of the dwelling had made an improvised botch for consolidating the framework using metal rods and bolts. These, totally rusted, had swelled in the pieces of wood and were impossible to extract.


The two common rafters (3) are still in position on the ridge purlin (1).
They are resting on the wall plates (2) that appears to still be in good condition.
Further down, the collar (4) supports a king post (6) and two struts (7)
which are themselves maintained by a collar (5).
Too rusted, the bolted rods can not be unscrewed, they will serve as the axe
around which the common rafter will rotate (3) from top to bottom to disengage the ridge purlin (1).

Of the seven trusses that had made up the original structure, that marked with the number V was practically the only one that could be saved completely. It is made up of two common rafters (3) nestling at the summit on the ridge purlin (1) in a perfect state of conservation and still secured to the collar (4) by a king post (6). The two struts (7) were still in place. We were lucky since the excellent condition of the ridge purlin (1) and of the collar (4) gave us the length (6.92 m) and width (5.50 m) of the original construction.

The dismantling process


The wall plate thus disengaged,
we dig under the lower extremity
of the common rafter in order to increase
its vertical leverage space which enables us
to disengage it from the ridge purlin.


At the other extremity, the archaeologists attempt
to disengage a common rafter
from the summit of the ridge purlin.


The two common rafters are disengaged.
One extracts the ridge purlin in which a mortise
held the tenon of the upper part of the king post.


Like in a finished drawing of a beam framework,
the different elements of the structure are laid out
on the ground and will be sent back
to Port aux Français on the next rotation of the barge.
There the framework will receive the necessary treatment
for its conservation, while waiting to be, one day perhaps,
reconstructed and exhibited in a museum ...


The heritage operation has been successfully accomplished.
The excavations can get started again. We were in the attic, from now on
we will be in the muddle of traces of the interior of the dwelling .







16.01.07 - Abrissarbeiten

Ein Gewirr dieses Ausmaßes macht einen erst einmal stutzig. Der obere Teil des gut erhaltenen Hängewerks Nummer V ist in der linken Hälfte des Fotos zu erkennen. Wir versuchen es zu retten.
Die Reste des Gebäudes wurden in situ vom Topographen unter tatkräftiger Hilfe der Archäologen vermessen. Nun konnte mit dem Abriss dieser Reste begonnen werden. Nur nach dem Abtragen der Gebäudereste war es möglich an die tieferen Schichten zu gelangen.

Diese Arbeit hat mehr mit Denkmalpflege als mit Archäologie zu tun. Normalerweise wird durch eine archäologische Ausgrabung der Fundzusammenhang gestört. Dies ist ein Vorgang, der nicht wieder rückgängig zu machen ist. Deswegen versucht man die Grabung so gut wie möglich zu dokumentieren. Die Denkmalpfleger jedoch versuchen den Zusammenhang zwischen den einzelnen Fundstücken so gut es geht zu erhalten. Prinzipielle Fragen gab es zum Abbau der Balkenkonstruktion nicht. Man musste nur einige technische Details lösen. Ohne Beschädigungen zu verursachen, musste man die einzelnen Teile voneinander lösen. Die Bedingungen erinnerten an ein großes Mikadospiel, bei dem man jedoch nur einen Versuch hat.

Die ganze Prozedur wurde durch ungewöhnliche Verbindungen zwischen den einzelnen Balken erschwert. Nicht nur Nut- und Federverbindungen, Verzahnungen und Verzapfungen wurden verwendet. Manchmal sind auch provisorische eiserne Bolzenverbindungen und Verschraubungen zu finden. Natürlich ist das Eisen stark korrodiert und hat deswegen sein Volumen vergrößert. Somit ist es komplett mit dem Holz verbacken, was eine Lösung der Verbindung unmöglich macht.


Zwei Sparren (3) und der Firstbalken (1) sind immer noch in Position.
Ein Deckenbalken (4) und ein Stützbalken (6) sowie weitere Streben (7) sind auch zu erkennen.
Zudem sieht man weitere Teile des Dachstuhls (5) und die Traufbalken (2).
Die Muttern sind sehr stark korrodiert. Es ist daher nicht möglich sie vom Gewinde zu lösen.
Es war daher nötig die Sparren (3) um die Gewinde zu drehen um den Firstbalken (1) zu lösen.

N.B. Dies ist eine vorläufige Übersetzung des französischen Textes.
In Kürze wird eine verbesserte Übersetzung nachgereicht.
Für Hilfe, besonders bei der Übersetzung der Fachausdrücke sind wir dankbar. Unsere Adresse:
ArchaeObs@archaeobs.org

Aus sieben Hängewerken bestand wohl die ursprüngliche Struktur. Nur Nummer V konnte fast komplett geborgen werden. Die Sparren (3) sind immer noch in Position auf dem Firstbalken (1). Dieser befindet sich in einem sehr guten Erhaltungszustand. Mit einem Stützbalken (6) ist er auf einem Deckenbalken (4) befestigt. Auch zwei weitere Streben (7) sind in Position erhalten. Durch den 5,50 m langen Deckenbalken und den 6,92 m langen Firstbalken konnte ermittelt werden, dass das Haus wohl ähnliche Abmessungen gehabt hat.

Der Abbauprozess


Die Traufbalken müssen abgesenkt werden
um die Hauptsparren drehen zu können.
So kann man den Firstbalken lösen.


Am anderen Ende versuchen
die Archäologen die Sparren
vom Firstbalken zu lösen.


Die zwei Hauptsparren sind nun lose
und abtransportiert. Die Verzapfung
zwischen Firstbalken und Stützbalken
kann nun gelöst werden.


Wie auf einer zum Verkauf liegen
die einzelnen Teile nun da
und warten darauf nach Port aux Français
zurückgebracht zu werden. Dort wird das Holz eingelagert.
Vielleicht erfolgt irgendwann eine Rekonstruktion
und Ausstellung des Materials in einem Museum...


Die Rettungsaktion war erfolgreich.
Nun können die Schichten in beziehungsweise
unter dem Gebäude ausgegraben werden.
Dies ist unsere Aufgabe für die nächste Zeit.




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