25/01/07 - Les « obélisques » de la Baie de l'Observatoire

D'où que l'on arrive - par terre ou par mer - en Baie de l'Observatoire, elles marquent le paysage, ces deux pierres blanches. Par leur blancheur même, elles tranchent sur le sombre des roches d'alentour et révèlent leur origine exogène, un calcaire coquillier. Par leurs formes aussi, on voit bien qu'elles sont nées du travail de l'homme. Les marins ont fait de celle qui est dressée, un amer, un point remarquable en venant de la mer.

Elles sont deux. L'une debout, l'autre couchée. Sœurs ? Certainement ! Jumelles ? Plus tout à fait.

Les deux monolithes de la Baie de l'Observatoire :
deux blocs de calcaire venu d'ailleurs...
Celle qui est couchée, est brisée en deux morceaux. La cassure franche et nette, comme une blessure encore fraîche et encore à vif, a séparé la partie la plus volumineuse du monolithe (au sol 60,5 cm x 45 cm) de son fût. Remises bout à bout, les deux parties donnaient au monolithe une hauteur de 148 cm.

Celle qui est dressée accuse une hauteur moindre, de 144 cm. Elle diffère aussi de l'autre dans son sommet. Ce dernier, se présente en effet comme un pyramidon,  et il est séparé du fût et sur tout le pourtour par une rainure de 3 cm de large. Ce pyramidon se termine lui-même par une sorte de petit cylindre tronqué. Alors que le reste des deux pierres révèle un vrai travail d'homme de l'art, ce pyramidon semble être une œuvre assez fruste, le résultat d'un épannelage dont le caractère grossier est encore accentué par l'œuvre des vents et du gel.

Sur sa face exposée à la mer, à 87 cm du sol, a été soigneusement gravée une ligne parfaitement horizontale. Au dessus de celle ci, on peut lire l'énigmatique inscription « M.W.= 15.-M. »

Dès 1993, l'inventaire des sites du patrimoine historique des Taaf suggérait que ces deux monolithes avaient dû servir de pied à des instruments astronomiques qui demandaient une grande stabilité. En effet le galbe des monolithes suggérait un évidement pour laisser la place aux jambes de l'astronome tandis que le poids même - estimé à environ 500 kg - assurait précisément cette nécessaire stabilité.

Le sommet du pyramidon coiffant « notre » obélisque.
L'épannelage grossier a donné prise aux éléments
qui rongent le calcaire décidément trop tendre
pour résister aux intempéries de Kerguelen.
Les recherches entreprises tant en Angleterre qu'à l'île Rodrigue (Ile Maurice) - où on peut encore trouver deux monolithes exactement semblables à celui qui est aujourd'hui cassé en Baie de l'Observatoire -, ont permis d'attribuer ces monolithes à l'expédition des astronomes anglais venus en ce lieu en 1874 pour observer le passage de Vénus.

Et précisément, vous retrouverez dans notre article « Les passages de Venus » une image présentant, sans doute lors du montage avant le départ de la hutte du Passage (« Transit Hut »), deux monolithes semblables équipés de la lunette qui, par les visées répétées de la lune, permettaient le positionnement astronomique exact du lieu d'observation.

Mais alors, nous demanderez-vous, ces pierres, vu leurs poids, devraient être encore in situ  ?

Et puis, si ces pierres étaient semblables à celles qui étaient présentées sur notre photo, pourquoi l'une d'elle - celle que nous appelons « l'obélisque » - a t-elle été transformée ? Et par qui ?

Obélisque vous dites ? Le mot est impropre, n'est-ce pas ? Sauf si vous considérez avec nous que l'inscription « M.W.=15.-M. » s'apparente un peu à un hiéroglyphe... Patience ! Demain nous tenterons d'être vos Champollion ! Toute vanité mise à part, bien-sûr !


Références
  • Articles issus du Journal of the British Astronomical Association, vol. 115 N° 3 juin 2005: Mike Frost, A very curious Astronomer, pp. 132-137.
  • P.D. Hingley, The priest and the stuffed penguin, pp. 150-158 et 168-169.
  • Le Mouël (Chef de Mission), 1994, Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) - Programme Patrimoine - Rapport de la Mission du Patrimoine aux îles Kerguelen (campagne 1994), Paris septembre 1994, 341 p., dont 4 tableaux, 7 figures, 27 photos dans le texte et 10 plans h.t.
  • Zeimert Erick ; comm. perso. concernant les références à l'île Rodrigue (Maurice).






25/01/07 - The "obelisks" of Observatory Bay

From what ever direction you arrive at Observatory Bay , by land or by sea, the white stones are predominant in the landscape. The pale white oolitic limestone stands out from the dark rock surrounding and reveals origins that are exogenous. It is also evident that they have been fashioned by the hand of man by their shape. Sailors use the one still standing as a landmark, a point of reference when approaching from the sea.

There are two of them. One still standing, the other lying down. A pair? Certainly! Twins? Not any longer.

The two Observatory Bay monoliths:
two blocks of limestone from foreign parts...
The one lying down is broken in two pieces. The break is clean cut, and like a wound still fresh, separated from the larger section of the monolith (at the base 60.5 cm x 45 cm) from the shaft. Reassembled the two parts make a monolith of 1.48 m heigh.

At 1.44 m the one still standing measures slightly less. The shape at the summit differs from the other one. The latter has more of a pyramid shape, and it is separated from the shaft, with running around it, a gouged line of 3 cm in width. The pyramid end is itself, a sort of blunted small cylinder. But the remains of the two stones reveal the work of a mason, the pyramid appears to be quite crude, the rough chiselling accentuated now by the wind and the frost.

On the side facing the sea, at 87 cm from the ground, there has been engraved carefully, a horizontal line perfectly straight. Above this line, is the enigmatic inscription "M.W.=15.-M.".

In 1993, an inventory of the sites for the historic heritage of Taaf had suggested that these two monoliths had been used as a pedestal for the astronomical instruments that required great stability. In fact the curved flank of the stones suggest an indentation designed to leave space for the legs of the astronomer, while their weight -estimated at around 500 kilos - assured precisely the necessary stability.

The summit of the pyramid capping "our" obelisk.
Crude chiselling exposing the soft limestone to erosion,
which the inclement Kerguelen weather attacks incessantly.


Investigations undertaken in Great Britain as well as in Rodriquez Island (Mauritius) - where two monoliths resembling exactly the broken ones still to be found today at Observatory Bay - enabled the attribution of the monoliths to the British expedition of astronomers who came to this spot in 1874 to observe the transit of Venus.

In fact, you will find in our article "Transits of Venus" a photo representing - and most probably taken during a mock up of the Transit Hut before departure - two similar monoliths equipped with a telescope that permitted the calculation of their exact astronomical position by repeated lunar observations.

Would it be plausible to expect , given their weight, that these same stones could still be in situ ?

Finally, if these stones are the same ones as those to be found in our photo, why has one of them - the one we call the "obelisk" - been transformed? And by whom?

Of course, you might find the word obelisk inappropriate, but if you take into consideration the inscription "M.W.=15.-M." it takes on the appearance of a hieroglyph. Be patient since tomorrow we will endeavour to be a "Champollion" for you. Modesty permitting!


References
  • Articles from the issue of the British Astronomical Association, vol. 115 N° 3 June 2005 : Mike Frost, A very curious Astronomer, pp. 132-137.
  • P.D. Hingley, The priest and the stuffed penguin, pp. 150-158 and 168-169.
  • Le Mouël (expedition leader),1994 Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) - Programme Patrimoine - Rapport de la Mission du Patrimoine aux îles Kerguelen (campagne 1994). Paris Septembre 1994, 341 p, 4 tables, 7 figures, 27 photos in text and 10 maps plate.
  • Zeimert, Erick : personal commentary on references to Rodriquez Island (Mauritius).






25.01.07 - Die "Obelisken" der Beobachtungsbucht

Sofort stechen einem die weißen Steine ins Auge, wenn man zu der Beobachtungsbucht reist. Dabei ist es egal, ob man den Seeweg oder den Landweg wählt. Die weiße Farbe des Kalksteins ist von der Farbe der anderen Felsen in der Beobachtungsbucht und der Umgebung stark verschieden. Man kann zudem fossile Muschelschalen in dem Kalkstein erkennen Dies zeigt, dass diese Steine nicht von hier sind. Für die Seeleute dienen sie immer noch zur Orientierung, wenn ein Schiff in die Beobachtungsbucht einläuft.

Man sieht, dass es sich um zwei Steine gehandelt hat. Einer der beiden Steht noch, der andere ist umgefallen. Sicherlich gehörten sie zusammen. Sie gleichen sich jedoch nicht komplett.

Die zwei Monolithen in der Beobachtungsbucht:
zwei Blöcke aus Kalkstein, der nicht aus der Region ist...
Der, der am Boden liegt, ist in zwei Teile zerbrochen. Der Bruch ist sehr sauber und sieht relativ frisch aus. Das größere Bruchstück war wohl früher der obere Teil des Monolithen. Zusammengesetzt ergeben die Bruchstücke eine Höhe von 148cm bei einer Grundfläche von 60,5cm x 45cm.

Der aufrecht stehende Stein ist lediglich 144cm hoch. Der obere Bereich hat eine andere Oberflächenstruktur als die restliche Oberfläche der beiden Steine. Die Spitze hat etwa die Form eines Pyramidenstumpfes, auf dem ein flacher Zylinder aufgesetzt ist. Eine etwa 3cm starke Rille läuft knapp unterhalb der Pyramide einmal um den Stein herum. Der Pyramidenstumpf und der Zylinder sind sehr roh heraus gemeißelt und zudem stark erodiert durch Regen und Frost. Die restlichen Flächen sind dagegen sehr fein bearbeitet.

Auf der dem Meer zugewandten Seite des aufrecht stehenden Steins ist in 87cm Höhe gemessen von der heutigen Erdoberfläche eine Linie sehr sorgfältig horizontal eingraviert. Oberhalb der Linie befindet sich die rätselhafte Inschrift "M.W. = 15.-M."

1993 hatte man im Zuge einer Bestandsaufnahme aller Boden- und Baudenkmäler der TAAF die Vermutung angestellt, dass die Steine das sehr stabile Fundament eines astronomischen Instrumentes waren. Aufgrund der gekrümmten Form der Steine kann man vermuten, dass man mit dieser speziellen Form Platz für die Beine des Astronomen geschaffen hat. Das Gewicht von ca. 500kg sorgte wohl für die nötige Stabilität.

Das obere Ende des Pyramidenstumpfes "unseres" Obelisken.
Durch die rohe Verarbeitung ist der Kalkstein
besonders der Verwitterung ausgesetzt.


Nachforschungen in Großbritannien und in Rodiquez (Mauritius), wo zwei Steine vorhanden sind, die nahezu identisch mit dem umgefallenen Stein in der Beobachtungsbucht sind, ließen den Verdacht aufkommen, dass die Steine von der 1874 durchgeführten britischen Expedition zur Beobachtung des Transits der Venus zwischen Erde und Sonne stammen.

In unserem Artikel "Transit der Venus" kann man auf einem Foto, das höchstwahrscheinlich beim Probeaufbau der Transithütte kurz vor Abfahrt gemacht wurde, zwei Steine solcher Art erkennen. Auf diesen Steinen ist ein Teleskop montiert. Dieses Teleskop wurde dazu benutzt um durch die Bebachtung des Mondes den genauen Standort des Beobachters zu bestimmen.

Ist es zu erwarten, dass sich die schweren Steine immer noch in situ befinden? Dann müssten sie immer noch genau in Nord-Südrichtung orientiert sein, da das Teleskop genau in Nord-Süd ausgerichtet gewesen sein muss.

Die zweite Frage ist: Wer hat den einen Stein zu einem "Obelisken" umgeformt und warum?

Man kann nun sagen, das Wort Obelisk ist unangebracht, aber die Inschrift "M.W.=15.-M." ist wahrhaft hieroglyphisch. Theorien zur Interpretation der Inschrift würden heute zu weit führen. Morgen gibt es mehr darüber.

Literatur
  • M. Frost, A very curious Astronomer. In: Issue of the British Astronomical Association, vol. 115 N°(3.6.2005), 132-137.
  • P. D. Hingley, The priest and the stuffed penguin. In: Issue of the British Astronomical Association, vol. 115 N° (3.6.2005), 150-158 & 168f.
  • J. F. Le Mouël, Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) - Programme Patrimoine - Rapport de la Mission du Patrimoine aux îles Kerguelen (campagne 1994). (Paris 1994).
  • E. Zeimert, Personal commentary on references to Rodriquez Island (Mauritius).




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