26/01/07 - M.W.=15.-M.

Les archéologues aiment les énigmes. Sans doute parce que c'est un peu leur raison d'être. C'est, du moins, ce que tentent d'accréditer certains livres de vulgarisation ou certaines bandes dessinées les mettant en scène. Après tout, c'est tant mieux si les Black et Mortimer de la Marque Jaune ou les Tintin, Haddock et autres frères Loiseau du Secret de la Licorne  ont pu susciter des vocations !

Le monolithe que les membres d' ArchaeObs ont appelé « l'obélisque » porte donc l'énigmatique inscription « M.W.=15.-M. ». Depuis le premier inventaire du patrimoine historique, les archéologues cherchent à lui donner une signification. Leur présence actuelle sur le terrain et les découvertes qu'ils ont faites aussi bien au cours de leurs recherches archivistiques que lors de cette campagne de fouilles, leur permettent de proposer un décryptage. S'il n'est pas définitif, il vaut peut être d'être présenté, ne serait-ce que pour apporter des éléments aux internautes de plus en plus nombreux qui visitent notre site et correspondent avec nous.

De quels faits dispose t-on aujourd'hui ? Quelles découvertes récentes permettent-elles d'avancer et de proposer une solution à cette énigme ?

Nous devons considérer comme acquis que les deux monolithes ont été apportés par les astronomes britanniques pour servir de support particulièrement stable à une de leurs lunettes astronomiques. Précisément, ce sont ces monolithes qu'ils appelaient « Transit stones » (« pierres du passage »).

Dans notre article sur les passages de Vénus, nous avons montré combien étaient méticuleux les astronomes d'alors. On sait, par exemple, les infinies précautions dont ils s'entouraient pour protéger la douzaine d'horloges qu'ils avaient emportées. Ils les avaient même synchronisées une dernière fois en quittant la ville du Cap, le dernier point du globe sur leur parcours à être relié par télégraphe avec l'horloge astronomique de Greenwich.

Ne pouvait-on penser que ces précisions dans le temps - nécessaires à une localisation spatiale précise de leur lieu d'observation - devaient être complétées, par exemple, de la plus grande précision possible de l'altitude de ce même lieu d'observation ? Si, en raison des distances astronomiques manipulées par ces savants, cette précision pouvait raisonnablement paraître négligeable, à nous pauvres archéologues, nous ne devions pas en écarter l'éventuelle importance pour eux. Et nous étions d'autant plus fondés à le supposer qu'un trait parfaitement horizontal est gravé au dessus de notre énigme et doit donc lui donner sens. Ce trait ne pouvait-il être celui d'un niveau donnant l'altitude du monolithe ? Mais comment, à l'époque et dans un lieu si éloigné, définir un niveau sinon par rapport à celui de la mer ?

Lors de l'inventaire de 1993, le topographe Eric Hervé avait relevé des altitudes correspondantes à ce trait comprises entre 14,90 m et 15,12 m - selon les marées les plus basses données par les éphémérides des jours où il se trouvait sur place. L'altitude de ce repère se trouvait donc à 15 mètres au dessus d'un niveau moyen de la mer. On proposa alors de lire cette inscription comme :

Mean Water(s)=15 Meters

Le rébus semblait parfaitement et définitivement élucidé. lorsque l'un d'entre nous vint rabattre la joie de tous en faisant remarquer que « les Britanniques n'étant pas métriques (sic !) ». Il fallait revoir l'interprétation !

La remarque était d'importance ! Cependant, il y eut encore une voix pour sauver momentanément l'interprétation si difficilement concoctée : « les Britanniques de 1874 n'étaient pas « métriques », mais peut-être, leurs astronomes l'étaient-ils ? ». Ce nouvel argument valait d'être pris en considération.

Dans l'épopée scientifique internationale qu'avait constituée l'observation du passage de Vénus, les astronomes britanniques avaient-ils pu rester, seuls, dans leur système de mesure, abscons pour la plupart des autres observateurs, Français, Allemands, Néerlandais, Russes ? Les recherches confirmèrent qu'ils y restèrent en effet. C'est que les astronomes de l'époque, privés de nos moyens de calcul modernes, ne devaient sans doute pas renâcler devant les conversions d'un système à un autre. Qu'on pense aux pages de calculs du professeur Calyste de l'Etoile mystérieuse  !

Notre énigme redevenait donc entière.

L'un de nous s'engagea dans une autre interprétation. Les textes nous apprennent que les Britanniques de la Baie de l'Observatoire et leurs collègues américains - établis également aux Kerguelen en un lieu dit Molloy - avaient mis au point une procédure de calage de leurs horloges respectives. Ils tiraient des fusées éclairantes à certaines heures convenues. N'était il pas important pour les Britanniques de connaître la distance exacte qui séparait leurs observatoires respectifs ?

Une autre lecture de l'énigme fut donc proposée :

Molloy Westward=15 Miles

On l'abandonna vite. Une lecture de la carte I.G.N. d'aujourd'hui nous donne bien très exactement une distance à vol d'oiseau de 15. mais il s'agit de kilomètres et non de miles ! Il y avait plus définitif pour anéantir cette interprétation trop vite proposée : on a beau se trouver dans l'hémisphère sud, le nord reste le nord, le sud, le sud. et Molloy se trouve à l'est de la Baie de l'Observatoire.

L'énigme restait donc encore entière...


Références

  • Hergé ; Le Secret de la Licorne et l'Etoile mystérieuse dans les albums des aventures de Tintin.
  • Jacob, B., La Marque Jaune.





26/01/07 - M.W.=15.-M.

Archaeologists enjoy enigmas, probably because it is their stock in trade. At least this is what the vulgarised pseudoarchaeology of comic strips (Tintin, Indian Jones) would have us believe. After all, so much the better if archaeology has profited from these portrayals and inspired many to enter the field.

Our monolith that the members of the ArchaeObs team call 'the obelisk' bears the enigmatic inscription "M.W.=15.-M.". Since the first cultural heritage inventory, archaeologists have offered up interpretations. Due to their presence on the site and facts revealed during research work in the archives as well during their fieldwork in progress, the archaeologists can now propose theories for deciphering the inscription. Although not final, it is worthwhile mentioning, if only for the numerous internet users who visit our web site and correspond with us.

What facts are available to us today? What recent discoveries have allowed us to analyse and offer up a solution to this enigma?

It is an established fact that the two monoliths were brought here by the British astronomers to supply an especially stable base for their astronomical telescopes. It is these monoliths that the British called "Transit stones".

In our article on the Transits of venus , we saw just how meticulous the astronomers were. We know, for example, the infinite precautions that were taken to protect the twelve clocks that they brought with them. They even went to lengths to synchronise them, one last time before leaving the Cape , the last post on their outward journey which had a telegraph link with the astronomical clock at Greenwich.

Could we not then deduce that these exactitudes in time keeping - necessary for locating their exact place of observation - would be complemented by, for example, a great deal of precision for an elevation reading at the same place of observation ? Since the scientist were there for the manipulation of the astronomical distances, this precision could appear pointless to us mere archeaologists, but we should not ignore the evenutal importance it had for them. We have grounds for this believe in fact, as a perfectly horizontal line is engraved above the enigmatic markings which would make sense. This line could it not be a mean level giving the elevation of the monolith? But how to, in this era and so far away, define this level, if not in relation to that of the sea?

At the time of the 1993 inventory, the topographer Eric Hervé, recorded the elevations corresponding to this line, ranging from 14.90 m and 15.12 m - according to lowest tides given by the ephemeredes during the time he was there. The elevation of this location is then to be found 15 metres above sea level. We can therefore suppose that the inscription reads as this:

Mean Water(s)=15 Meters

The enigma appeared finally to be totally clarified until someone squashed our satisfaction by remarking that the British at this time had not gone metric! Back to the drawing board!

The observation was of importance! However, an opinion was voiced which could save this precarious interpretation, for the moment at least, the British in 1874 were not "metric" but their astronomers were perhaps? This new theory was worth taking into consideration.

As the Transit of Venus represented an important joint international scientific effort, was it really possible that the British astronomers remained isolated in their own non-metric system, ignored by all the other participants, Dutch, French, German and Russian? Research work confirms that they did indeed. Astronomers of that time, not having our modern calculation means, were indeed not afraid by conversions from one system to the other.

So the enigma remains unsolved.

One of us had another interpretation. The archives informed us that the British at Observatory Bay and their American colleagues - also with a base in Kerguelen at Molloy - had established a procedure for adjusting their respective clocks. They launched flares at certain appointed hours. Would it not be important for the British to be aware of the exact distance that separated them from the other base?

Another interpretation for the enigma could then be offered:

Molloy Westward=15 Miles

The theory is hastily abandoned. A reading of today's I.G.N (Institut Géographique National) map gives us exactly, as the bird fly's, a distance of 15. but kilometres not miles! As soon as it was proposed this interpretation was squashed. We might be in the southern hemisphere, never the less, north is north and south is south and Molloy is to be found to the east of Observatory Bay.

And so the enigma still remains unsolved.





26.01.07 - M.W.=15.-M.

Rätsel zu lösen gehört zum Alltag der Archäologen. Zumindest ist es das Bild, was einem von den Medien in pseudoarchäologischen Sendungen wie Tintin oder Indiana Jones vermittelt wird. Immerhin wird somit die Popularität dieser Wissenschaftsdisziplin gefördert und mehr Leute beschäftigen sich damit.

Auf unserem "Obelisken", wie er hier vom ArchaeObs Team genannt wird, ist eine rätselhafte Inschrift. Sie lautet "M.W.=15-M." Seit der ersten Bestandsaufnahme an kulturellem Erbe wurden mehrere Interpretationsversuche durchgeführt. Durch Ausgrabungen und Arbeiten in Archiven sind nun Erklärungsversuche zur Bedeutung der Inschrift möglich. Auch wenn die Theorien noch teilweise etwas unausgegoren sind, so sollten sie doch auch über das Internet der breiten Öffentlichkeit zugänglich gemacht werden.

Über welche Informationen verfügen wir heute? Was nützen uns neuere Forschungsergebnisse um dieses Geheimnis zu lüften?

Als gesichert kann gelten, dass die zwei Monolithen von den Briten hier her gebracht worden sind. Sie dienten den britischen Astronomen als Fundament für das Teleskop, das für die astronomischen Beobachtungen vorgesehen war. Natürlich sind diese "Passagesteine", wie sie später von den Deutschen genannt wurden, eine sehr stabile Basis zur Beobachtung astronomischer Ereignisse mit Hilfe eines Teleskops.

In einem unserer Artikel , in dem über die Beobachtung des Transits der Venus zwischen Erde und Sonne berichtet wurde, kann man nachlesen, dass die Astronomen sehr exakt zu arbeiten hatten um zu brauchbaren Ergebnissen zu kommen. So wurden beispielsweise zwölf Uhren, die das letzte mal in Kapstadt, von wo eine direkte telegraphische Verbindung zur astronomischen Uhr in Greenwich bestand, synchronisiert worden waren, mitgenommen um die Zeit exakt messen zu können.

Kann man aus der Genauigkeit, auf die bei der Zeitbestimmung so großer Wert gelegt worden war um den Ort genau zu bestimmen, schließen, dass es genauso wichtig war die absolute Höhe zu kennen? Wer den Abstand zwischen Erde und Sonne bestimmen will, hat es nicht nötig sich um diesen Wert zu kümmern, könnte man als Archäologe meinen, weil der Wert völlig bedeutungslos sein würde im Verhältnis zu der zu messenden Distanz. Trotzdem sollte man diesen Gedanken nicht außer Acht lassen. Weil die Linie horizontal eingraviert wurde, würde diese Theorie Sinn machen. Könnte diese Linie nicht eine bestimmte Höhe über dem Meeresspiegel markieren? Eine andere sinnvolle Bezugslinie gibt es hier mitten im Nirgendwo wohl kaum.

Der Topograph Eric Hervé war hier während der Bestandsaufnahme von 1993. Er maß einen Höhenunterschied von 14,9m bis 15,12m zwischen dem Wasserspiegel und der Linie auf dem Monolithen. Dabei wurden die Ephimeriden hergenommen. Man kann also mit ausreichender Genauigkeit sagen, dass die Linie 15m über dem Meeresspiegel liegt. Man kann die Inschrift also mit

Mean Water(s)=15 Meters

auflösen.Diese Theorie hat die entscheidende Schwachstelle, dass zu dieser Zeit in Großbritannien das metrische System nicht in Gebrauch war. Man steht also wieder ganz am Anfang.

Man kann jetzt einwenden, dass vielleicht der gewöhnliche Brite das metrische System nicht gebrauchte, es aber bei den britischen Astronomen aber schon üblich war. Hier hat man so sofort eine neue Theorie, die es wert ist, dass man sich mit ihr näher beschäftigt.

Ist es vielleicht möglich, dass Großbritannien sich ausnahmsweise dem Rest der Welt etwas annäherte und das metrische System für so ein wichtiges Ereignis wie der Transit der Venus zwischen Erde und Sonne wenigstens für kurze Zeit übernahm? Tatsächlich findet man, wenn man nachforscht, dass die Briten durch die Weigerung das metrische System zu übernehmen die Zusammenarbeit mit Wissenschaftlern beispielsweise aus Russland, Frankreich oder Deutschland zwar nicht gerade erleichterten, ohne moderne Hilfsmittel zum Rechnen war es für Astronomen der damaligen Zeit wohl kein Problem zwischen den unterschiedlichen Längeneinheiten umzurechnen.

Somit bleibt das Rätsel ungelöst.

Es wurde eine weitere Theorie entwickelt. Durch Schriftquellen sind wir darüber informiert, dass zur Synchronisation der Uhren zwischen der amerikanischen Station in Molloy (ein Platz auf Kerguelen) und der britischen Station in der Beobachtungsbucht zu bestimmten vorher abgesprochenen Zeiten Leuchtpistolen abgefeuert wurden. Wäre es also nicht interessant zu wissen, wie weit es von Molloy zur Beobachtungsbucht ist.

Also könnte man die Inschrift folgendermaßen interpretieren.

Molloy Westward=15 Miles

Zwei große Schwachstellen hat auch diese Theorie. Zum einen beträgt die Entfernung zwischen Molloy und der Beobachtungsbucht nicht 15 Meilen Luftlinie, wenn man die Karte des IGN (Institut Géographique National) zu Rate zieht. Die Entfernung beträgt lediglich 15km. Das andere Problem ist, dass Molloy ziemlich genau im Osten von der Beobachtungsbucht liegt. Auch wenn die Himmelsrichtungen auf Grund des anderen Laufs der Sonne hier auf der Südhalbkugel ungewohnt erscheinen, so kann man diese Theorie bestenfalls als unplausibel bezeichnen.

Somit bleibt das Rätsel ungelöst.



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