26/01/07 - M.W.=15.-M. (II)

Dans notre dernier article, nous donnions deux interprétations possibles de l'inscription « M.W.=15.-M. » gravée sur l'une des Pierres du passage . Et nous expliquions en quoi ces deux paraissaient très improbables. Aujourd'hui, nous proposons une nouvelle interprétation qui n'est peut-être pas définitive, mais qu'aucun argument, à notre connaissance, ne vient contredire à ce jour.

Cette interprétation est la suivante :

Mittlerer Wasserstand=15 Meter

Au lieu de «  Mittlerer Wasserstand », on pourrait d'ailleurs  lire aussi bien « Mittleres Wasserlinie » ou même « Mittleres Wasserniveau » sans que le sens de cette inscription ne s'en trouve vraiment changé. Il s'agirait donc évidemment d'une inscription en allemand. A notre connaissance, le seul séjour prolongé d'allemands à la baie de l'Observatoire est celui de la première Expédition Sud Polaire Allemande de 1901 à 1903. Si notre interprétation est correcte, l'inscription aurait donc été gravée à cette époque.

Quels arguments ou indices peut-on avancer en faveur de cette hypothèse ?

Les Britanniques qui avaient apporté ces Pierres du passage avaient séjourné ici trente ans avant l'expédition allemande. Notre interprétation serait donc chronologiquement vraisemblable et sa signification élémentaire : la différence d'altitude entre le niveau moyen de la mer et la ligne gravée sur la pierre est approximativement de 15 mètres. Et le système métrique était bien sûr déjà en usage en Allemagne à cette époque.

Les scientifiques allemands avaient au moins deux bonnes raisons de devoir disposer d'une mesure précise du niveau de la mer à leur station de Kerguelen. D'abord, pour être certains de la précision des résultats de leurs tests de pendule, il leur fallait connaître la position exacte du pendule dans les trois dimensions, donc son altitude. Deuxièmement, ils avaient besoin de l'altitude d'un ensemble de points dans le voisinage de la station pour pouvoir dresser leurs cartes.

Comme on peut le voir sur les extraits des cartes allemandes présentées ici, une altitude de 15 mètres est spécifiée à l'emplacement exact des Pierres du passage.

Comme déjà indiqué plus haut, nous n'avons pas connaissance à ce jour d'objections sérieuses à cette interprétation. Il est vrai pourtant que les raisons pour les quelles cette inscription a manifestement été gravée avec un soin extrême, restent mystérieuses.

Les publications de l'Expédition Sud Polaire Allemande nous apprennent que les Pierres de passage furent aussi réemployées à d'autres usages, ainsi que le confirme d'ailleurs l'épannelage pratiqué au somment de celle que est encore dressée. Ces textes rapportent en effet que cette pierre avait été utilisée pour fixer fermement un télescope car les observations réalisées avec un télescope à trépied étaient imprécises à cause des perturbations dues au vent. Les observations astronomiques servaient à régler les horloges. Il était en effet indispensable de disposer d'une heure exacte car certaines observations et expériences de magnétisme devaient être conduites de façon synchronisée avec plusieurs autres stations dans le monde.

Enfin, les pierres durent être déplacées pour dégager de la place. Dans son journal, J.J. Enzensperger mentionne simplement à ce sujet qu'on devait effectuer un travail sur les Pierres du passage, sans donner plus de détails. Ce sont donc les Allemands qui, très vraisemblablement, ont transformé le sommet de la pierre pour des raisons qui nous apparaissent clairement.

Mais nous reviendrons sur cette question dans notre prochain articlle...


Références
  • J. Enzensperger, Reisebriefe und Kerguelen-Tagebuch. In: Akademischer Alpenverein München (Editeur), Ein Bergsteigerleben. Eine Sammlung von alpinen Schilderungen nebst einem Anhang Reisebriefe und Kerguelen-Tagebuch (München 1905), 211-276.
  • K. Luyken, Erdmagnetik. In: Deutsche Südpolar-Expedition Band VI
  • E. Werth, Die Kerguelen-Station. Bericht über den Stand der Arbeiten. In: Veröffentlichungen des Instituts für Meereskunde und des Geographischen Instituts 2, (1902) 68-71





26/01/07 - M.W.=15.-M. (Part II)

In the last article we talked about two possible interpretations for the inscription "M.W.=15.-M." on one of the Transit stones, both of which proved to be implausible. Today the article offers a new interpretation, which may not be the whole story, but no argument is available to date to contradict it.

We now offer the following interpretation:

Mittlerer Wasserstand=15 Meter

One could read as well "Mittlere Wasserlinie" or "Mittleres Wasserniveau", instead of "Mittlerer Wasserstand", without changing seriously the meaning of the inscription. Obviously, this signifies that it is an inscription in German. The only prolonged visit of Germans to Observatory Bay of which we know, is that of the first German South Polar expedition of 1901 to 1903 at their Kerguelen station. If this interpretation is correct, the inscription was engraved at this time.

What arguments and evidence exist to corroborate this assumption?

The British who brought these Transit stones were here thirty years before the Germans. This interpretation is therefore substantiated chronologically and is straight forward: the difference of elevation between the mean water level and the engraved line is about 15 metres and in Germany , the metric system was indeed already in use at that time.

For at least two reasons, the scientists of the German Kerguelen station needed readings of the precise sea level height. Firstly, in order to obtain correct results from their pendulum tests, they needed the exact three dimensional positions of the pendulum, and therefore the elevation. Secondly, the elevation of several points in the area around, was necessary to draw up a map.

As shown here on extracts from the German map, an elevation of 15 metres is visible at the precise location of the Transit stones.

As said previously, serious arguments against this interpretation are still not available. The reason why this inscription was engraved so carefully remains a mystery.

From of the publications made by the German South Polar Expedition, we know that the Transit stones were used also in another way as confirmed by the chiselling of the summit of the one still standing. According to these publications, this stone was used for securing an astronomical telescope, as observations made with a regular tripod telescope would be inaccurate due to disturbances caused by wind. Astronomical observations were required in order to adjust clocks. Precise time keeping was necessary as certain magnetic experiments and observations had to be conducted in a synchronised manner at several locations around the globe.

Eventually the other stone had to be displaced to gain space. J. J. Enzensperger simply mentions in his diary that some work had been carried out on the Transit stones, without going into any detail. Most probably, it is the Germans that are responsible for modifying the upper part of the stone and we understand why they did it. However, it is not clear why both stones were moved.

The next article will discuss further that question.


Références
  • J. Enzensperger, Reisebriefe und Kerguelen-Tagebuch. In: Akademischer Alpenverein München (Ed.), Ein Bergsteigerleben. Eine Sammlung von alpinen Schilderungen nebst einem Anhang Reisebriefe und Kerguelen-Tagebuch (München 1905), 211-276.
  • K. Luyken, Erdmagnetik. In: Deutsche Südpolar-Expedition Band VI
  • E. Werth, Die Kerguelen-Station. Bericht über den Stand der Arbeiten. In: Veröffentlichungen des Instituts für Meereskunde und des Geographischen Instituts 2, (1902) 68-71





26.01.07 - M.W.=15.-M. (Part II)

Nachdem im letzten Artikel zwei wohl am besten als unplausibel zu bezeichnende Theorien zur Interpretation der Inschrift "M.W.=15.-M." auf den Passagesteinen vorgestellt wurden, behandelt der heutige Artikel eine Theorie, die vielleicht nicht ganz endgültig ist, aber zumindest bis heute noch nicht schlüssig widerlegt werden konnte.

Man könnte die Inschrift mit

Mittlerer Wasserstand=15 Meter

auflösen. Hierbei ist anzumerken, dass man statt "Mittlerer Wasserstand" auch "Mittlere Wasserlinie" oder "Mittleres Wasserniveau" einsetzen könnte ohne den Sinn der Inschrift im Wesentlichen zu verändern. Eine Auflösung solcher Art würde bedeuten, dass die Inschrift von deutsch sprechenden Menschen angefertigt wurde. Der einzige bekannte längerfristige Aufenthalt von Deutschen in der Beobachtungsbucht war von 1901 bis 1903 als die Kerguelenstation der ersten Deutschen Südpolar-Expedition in Betrieb war. Wenn diese Theorie stimmt, so muss diese Inschrift in diesem Zeitraum angefertigt worden sein.

Welche Argumente und Indizien sprechen für diese Theorie?

Als erstes ist hier zu erwähnen, dass aus den diversen Schriftquellen zu erfahren ist, dass die Briten, die die Steine mitbrachten, knapp 30 Jahre vor den Deutschen hier waren. Dies bedeutet, dass hier bei dieser Theorie keine chronologischen Probleme auftreten.

Inhaltlich bereitet diese Interpretation ebenfalls kein Kopfzerbrechen. Die Höhendifferenz zwischen dem mittleren Wasserstand und der eingravierten Linie beträgt etwa 15m und das metrische System war in diesem Zeitraum in Deutschland in Gebrauch.

Für mindestens zwei Sachen brauchten die Bewohner der Kerguelenstation die exakte Höhe über dem Meeresspiegel ganz dringend. Zum einen kommt man bei den Pendelversuchen, die von den Deutschen durchgeführt wurden, nur dann zu sinnvollen und brauchbaren Resultaten, wenn die Position des Pendels in allen drei Dimensionen und somit auch seine Höhe über dem Meeresspiegel so exakt wie möglich bestimmt wurde. Als zweites brauchten sie die Höhe von verschiedensten Punkten in der Umgebung um eine genaue Karte zu erstellen.

Tatsächlich findet sich auf der von den Deutschen angefertigten und hier in Ausschnitten gezeigten Karte, die die Station und die Umgebung der Station zeigen soll, an der Stelle, wo sich die Passagesteine befinden eine Höhenangabe von 15m.

Wie bereits erwähnt sind plausible Argumente, die gegen diese Theorie sprechen, bisher unbekannt. Warum die Inschrift aber mit einer derart großen Sorgfalt und mit einem derartigen Aufwand eingemeißelt wurde, bleibt aber vorerst rätselhaft.

Aus den Publikationen der Deutschen Südpolar-Expedition erfahren wir von einer weiteren Verwendung der Passagesteine, die wahrscheinlich die Meißelarbeiten an dem oberen Bereich des noch aufrecht stehenden Passagesteins notwendig gemacht hat. Der Stein wurde laut den Publikationen als Fundament für astronomische Beobachtungen verwendet, da die astronomischen Beobachtungen mit Hilfe eines auf einem Stativ befestigten Fernrohres wegen der Bewegungen des Stativs bei starkem Wind zu ungenau waren. Diese astronomischen Beobachtungen waren notwendig um die genaue Zeit, die für einige magnetische Beobachtungen und Experimente, die an verschieden Orten auf der Welt zu exakt dem selben Zeitpunkt durchgeführt wurden, benötigt wurde, zu bestimmen.

Vermutlich wurde der andere Stein umgeworfen um Platz zu schaffen. Auch J. J. Enzensperger erwähnt in seinem Tagebuch Arbeiten an den Passagesteinen. Detaillierte Angaben macht er jedoch nicht. Man kann also nachvollziehen, dass höchstwahrscheinlich die Deutschen für die Veränderungen an der Spitze des noch aufrecht stehenden Passagesteins verantwortlich sind und warum sie den oberen Bereich dieses Steins bearbeitet haben. Nicht ganz nachvollziehen lässt sich aber, warum beide Steine bewegt wurden.

Über eben diese Frage, wer oder was die Steine aus ihrer ursprünglichen Lage entfernt hat, wird der nächste Artikel berichten.


Literatur
  • J. Enzensperger, Reisebriefe und Kerguelen-Tagebuch. In: Akademischer Alpenverein München (Hrs.), Ein Bergsteigerleben. Eine Sammlung von alpinen Schilderungen nebst einem Anhang Reisebriefe und Kerguelen-Tagebuch (München 1905), 211-276.
  • K. Luyken, Erdmagnetik. In: Deutsche Südpolar-Expedition Band VI
  • E. Werth, Die Kerguelen-Station. Bericht über den Stand der Arbeiten. In: Veröffentlichungen des Instituts für Meereskunde und des Geographischen Instituts 2, (1902) 68-71



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