31/01/07 - Outre-tombes

La tombe J.J. Enzensperger (1903).
Ceux qui voyagent dans des endroits perdus, très éloignés de notre bonne Europe, ont parfois l'occasion de trouver la tombe d'un voyageur ou d'un aventurier venu terminer son périple terrestre là où personne ne viendra jamais déposer un bouquet de fleurs. Cela est toujours émouvant et amène de nombreuses questions. « N'aurait-il pas mieux fait de rester dans la tiédeur de sa douce Europe, au milieu de l'affection des siens ? »

Ainsi, dans la zone la plus reculée du désert tchadien, à Zouar dans le Tibesti, peut-on voir la tombe d'un soldat français mort là, le 15 février 1914. Ironie du sort, n'aurait-il pas pu se retrouver aussi, bien peu de temps après, dans l'anonymat de l'ossuaire de Douaumont, victime de l'une des grandes boucheries de la première guerre mondiale ? Mais peut-on encore se poser la question, car même sans guerre, il serait aujourd'hui mort ?

A Kerguelen, notre mission nous a amenés à quatre cas semblables.

A Port-aux-Français, près de l'église se trouve une tombe blanche orientée vers la Mecque. C'est celle d'un comorien qui n'est jamais revenu de son voyage austral. La plaque apposée sur la tombe, porte une épitaphe en arabe : « La Allah ila Allah », première partie de la Chahada , témoignage par lequel le musulman affirme qu'il n'y a pas d'autre Dieu que ce Dieu là.

A la Baie de l'Observatoire, une plaque funéraire de marbre noir nous rappelle la mort de Josef Enzensperger. météorologue et alpiniste. Il faisait partie de l'expédition sud polaire allemande qui resta sur
La tombe de John.
place du 9 novembre 1901 au 1er avril 1903. Il mourut du béribéri le 2 février 1903, six jours avant de fêter son trentième anniversaire. A l'époque, la cause exacte de cette maladie, due à une avitaminose consécutive au riz blanchi, était encore mal connue. Il nous reste une photographie de sa tombe prise à l'époque. Mais depuis, celle-ci a disparu. Le sol a changé, il y a eu des éboulements de la falaise qui domine le site et l'acaena a tout envahi. Les terriers de lapins ont aussi remodelé le sol. Nous ne savons qu'à quelques mètres près où repose Enzesperger, mais paix à son âme.

Il y eut aussi l'épisode des coolies chinois. Le Tanglin , navire qui amenait la mission allemande et son volumineux matériel, resta sur place du 9 novembre au 20 décembre 1901. Durant ce temps, quarante coolies chinois devaient aider au déchargement et à la construction des bâtiments nécessaires à la mission. Il s'avéra dès le début que dix de ces quarante coolies étaient atteints du béribéri. Les autres, très fatigués, ne purent remplir leur rôle. Deux d'entre eux moururent au bout de peu de temps. La carte sommaire établie par les allemands indique l'emplacement de leur tombe. Mais, elle est peu précise. Il nous fallut chercher avant de retrouver une seule tombe, à 500 mètres au sud-est du camp. Dans un rectangle de pierre se trouvait une croix en bois, renversée par le temps. Cette croix correspond, sans doute, à un pieux respect d'européens qui n'avaient pas voulu laisser une sépulture humaine sans signe distinctif.

La tombe d'un coolie chinois.
Autre tombe, 700 mètres au nord-ouest de notre lieu de fouille, celle de John, jeune marin du navire britannique HMS Volage qui avait amené la mission d'observation du passage de Vénus en 1874. Agé d'à peine plus de 20 ans, John, dont on ignore même le patronyme, mourut en cette terre lointaine. Une croix monoxyle marque l'emplacement de la tombe. Elle a fait l'objet d'un timbre des Taaf en 2004 et est actuellement en cours de restauration en métropole. Un moulage en sera effectué et replacé au même endroit, calée par les pierres à la tête de la sépulture. Reste un rectangle de pierres qui entoure la sépulture .

On se souvient qu'à cette époque, un homme mort en mer était jeté par-dessus bord et ses restes étaient perdus à tout jamais. Josef Enzensperger, les chinois, John, malgré leur sépulture perdue dans un lieu sévère du bout du monde, n'ont-il pas eu plus de chance ?

Quand on pense que l'aventure de la conquête de la lune en 1969-70 ne fit aucune victime, on reste rêveur. L'aventure réside-t-elle dans les dangers que l'on court où dans l'accomplissement d'un rêve hors du commun ?






31/01/07 - Tomb Raiders

J.J. Enzensperger's grave (1903).
Those of us who travel frequently to out of the way places, far from Europe , have occasionally come across a traveller or an adventurer who had ended his earthly journey where nobody would come to lay a wreath on his grave. This is always very moving and gives rise to the question. "Is it not better to stay safe and close to home surrounded by the affection of friends and family ?"

For example, in an isolated spot of the distant Tchadien desert, at Zouar in Tibesti, one can find the tomb of a fallen French soldier, who died the 15 February 1914 . It is ironic to think that he could most probably have ended up in the anonymous ossuary of Duaumont (next to Verdun ), victim of one of the worst butcheries of the World War I, just a short time after. Does the question, however, still arise, since today, even without the war, he would be dead?

During our mission in Kerguelen we discovered four identical cases.

In Port aux Français, next to the church, there is a white tomb oriented towards the Mecca . It is the tomb of a Comorian, whose journey to the Austral regions ended here. Engraved on the plaque fixed to his headstone is written in arabic: "La Allah ila Allah", the first verses of the Chahada, whereby   the muslin stands witness to his one and unique God.

At Observatory Bay , a black engraved headstone reminds us of the death of Josef Enzensperger. A meteorologist and alpinist who was part of the German South Polar Expedition which sojourned here from
John's grave.
the 9 th November 1901 until the 1 st April 1903 . He died of beriberi the 2nd February 1903 only six days before his thirtieth birthday. At this time the exact cause of this illness, now known to be a vitamin deficiency which results from starched rice, was ignored. We are in possession of a photograph of his grave but the grave itself has disappeared. The terrain has changed, there have been rock falls from the cliffs above and the vegetation has colonised the area. Rabbit warrens have also modified the ground. We only know to within a few metres where Enzesperger rests, but may he rest in peace.

There was also the chapter of the Chinese coolies. The steam ship SS Tanglin , which brought the German expedition and its bulky material, stayed at Observatory Bay from the 9 November until the 20 th November 1901 . During this time, forty Chinese coolies who came on the ship to assistance in the unloading and the construction of the buildings necessary for the expedition. Right from the start ten of the forty coolies were suffering from beriberi, the others were suffering from exhaustion and could not carry out their functions. Two of them died practically on arrival. A rough map drawn up by the Germans indicates the location of their graves. It is not very precise however and we had to search hard before finding a single grave, 500 metres to the South-East of the camp. In a rectangle of stones is a wooden cross, probably a pious gesture by Europeans that would not want to leave a human grave without a symbolic marker.

Another grave, 700 metres to the North-West of the fieldwork in progress, that of John, a young sailor from the British ship HMS Volage , the vessel that brought the expedition for the observation of the Transit of
The grave of a Chinese coolie.
Venus in 1874, Nearly twenty years of age, John, who's surname is unknown, died here, far from his home country. His grave is marked by a monoxyle cross. A stamp for it was issued in 2004. This cross is being restored in France . A cast will be made of it and then relocated in the same position, secured by the stones a the head of the grave. A rectangular plot of piled stones remains to mark his tomb.

In those days usually, a person who died at sea would have been cast into the sea so leaving nothing of his earthly remains. Despite their austere tombs lost at the other end of the earth Josef Enzensperger, the Chinese and John, are more fortunate don't you think?

When you remember that not a single loss of life was had when man landed on the Moon in 1969-70, it makes you think. The notion of adventure, is it in dangers we face of or in the fulfilment of a dream out of the ordinary?






31.01.07 - Tomb Raiders

J.J. Enzenspergers Grab (1903).
Wer sich häufig zu abgelegenen Plätzen begibt, die weit weg von Europa liegen, diesem Reisenden oder Abenteurer kann es passieren, dass er an einer Stelle stirbt und bestattet wird, wo niemand die Blumen auf seinem Grab gießen wird. Natürlich ist so ein Vorfall stets sehr bewegend und gibt Anlass zur Frage, ob es nicht besser wäre in der sicheren Heimat bei Freunden und Familie zu bleiben.

In einem abgelegenen Teil der Wüste des Tschads bei Zouar in Tibetsi kann man beispielsweise das Grab eines gefallenen französischen Soldaten, der dort am 15.2.1914 starb, finden. Natürlich ist es makaber zu denken, dass er unter Umständen kurz darauf im Beinhaus von Duamont bei Verdun, wo eine der größten und brutalsten Schlachten des ersten Weltkriegs stattfand, hätte enden können. Tot wäre er heute in jedem Fall.

Während unserer Arbeit auf den Kerguelen haben wir vier ähnliche Fälle kennen gelernt.

Ein weißes Grab, das nach Mekka hin orientiert ist, findet sich in der Nähe der Kirche von Port aux Français. Es handelt sich hierbei um das Grab eines Mannes von den Komoren, dessen Reise zu den australischen Gebieten hier endete. Auf einer Plakette auf seinem Grabstein steht auf Arabisch: "La Allah ila Allah!" Dies ist der erste Vers der Chahada, der besagt, dass der Moslem zu seinem einzigen und einzigartigen Gott steht.

Eine schwarze Gedenkplatte erinnert an den Tod von Josef Enzensperger in der Beobachtungsbucht. Enzensperger war Meteorologe und Alpinist. Er nahm an der ersten deutschen Südpolar-Expedition Teil, die
John's letzte Ruhe-Stätte.
zwischen dem 9.1.1901 und dem 1.4.1903 eine Zweigstation in der Beobachtungsbucht hatte. Nur sechs Tage vor seinem 30. Geburtstag starb Enzensperger am 2.2.1903 an den Folgen von Beriberi. Zu diesem Zeitpunkt hatte man die bisweilen tödlichen Folgen des Vitaminmangels noch nicht berücksichtigt. Wir sind im Besitz einer alten Photographie, die von dem Grab gemacht wurde. Von dem Grab selbst sieht man allerdings nichts mehr. Einerseits hat sich die umgebende Landschaft verändert, weil Steine von der Felswand über dem Grab herab gefallen sind, andererseits hat sich auch die Bodenoberfläche durch Pflanzenwuchs und durch die Erdarbeiten der Kaninchen verändert. Ungefähr kann man Enzenspergers letzte Ruhestätte, die nicht unnötigerweise gestört werden sollte, allerdings somit einkreisen.

Hier ist auch die Episode der Chinesischen Heizer zu erwähnen. Der Dampfer "Tanglin", der einige der Mitglieder der Kerguelenstation der ersten Deutschen Südpolar-Expedition und Material zu den Kerguelen brachte, war zwischen dem 9.11.1901 und dem 20.11.1901 in der Beobachtungsbucht. Die Besatzung des Schiffes bestand aus etwa 40 Chinesen, die auch beim Ausladen der Güter und beim Aufbau der Stationshäuser helfen sollten. Zwei der Heizer starben an den Folgen von Beriberi gleich u Beginn des Aufenthaltes. Ungefähr zehn der Chinesen litten ständig an Beriberi und die anderen waren körperlich nicht sehr belastbar und waren nur eine geringe Hilfe. Eine grobe Karte, die von den Deutschen gezeichnet wurde, zeigt den Platz der Gräber. Wegen der mangelnden Präzision der Karte musste lange gesucht werden, bis wenigstens ein Grab, das 500m südöstlich von unserer Station liegt, gefunden wurde. An dieser Stelle liegt ein hölzernes Kreuz, das von Steinen umgeben ist. Wahrscheinlich ist dies eine Geste von Europäern, die das Grab nicht unmarkiert lassen wollten.

Ein weiteres Grab befindet sich etwa 700m nordwestlich der Grabungsfläche. Dort wurde John, ein junger Seemann, der mit der "Volage", dem britischen Schiff, das 1874 die Expedition zur Beobachtung des Transits der Venus zwischen Erde und Sonne hierher transportiert hatte, in die Beobachtungsbucht gereist
Das Grab eines chinesischen Heizers.
war, beerdigt. John wurde fast zwanzig Jahre alt, aber sein Nachnahme ist heute unbekannt. Sein Grab war mit einem Kreuz, das aus einem Stück Holz geschnitzt worden war, markiert. Zurzeit befindet sich das Kreuz zur Restauration in Frankreich. Eine Briefmarke mit einer Abbildung des Grabes und des Kreuzes wurde im Jahre 2004 verkauft. Es ist geplant eine Replik des Kreuzes an der alten Position am Kopf des Grabes aufzustellen und mit Steinen zu sichern. Eine rechteckige Steinreihe markiert im Moment Johns letzte Ruhestätte.

In diesen Zeiten wurde eine Person, die auf hoher See starb normalerweise dem Meer übergeben. Obwohl am Ende der Welt bestattet, hatten Josef Enzensperger, John und die Chinesen doch wohl ein besseres Schicksal, oder nicht? Nachdenklich wird man, wenn man bedenkt, dass noch niemand auf dem Mond gestorben ist. Ist es die Gefahr oder eher die Erfüllung eines Traumes, die uns hierbei zu Abenteuern reizt?



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