01/02/07 - Archéologie en manques

Lorsque le plancher se réduit
en fibres de bois...
Ça y est !

Les mètres cubes de bois qui formaient l'imposant mikado de la zone IV d'habitat - nous pouvons dire maintenant de l'habitation de la zone IV - ont été dégagés. Après avoir repéré les planches qui formaient les voliges du toit, puis celles qui, clouées sur les entraits avaient servi de faux plafond aux pièces de la maison, après avoir extrait les dormants effondrés des huisseries et les poteaux qui soutenaient la charpente, les archéologues arrivent au plancher de la maison. Là, ils s'attendent à trouver les vestiges laissés par les derniers occupants. D'autant qu'ils savent maintenant que la maison qu'ils ont fouillée fut celle des cinq allemands qui occupèrent le site du 9 novembre 1901 au 1 er avril 1903 et qui, en raison de la mort de l'un d'eux et de l'état de santé alarmant d'un autre durent précipitamment quitter la station. Une précipitation que, quelques années après (1908-1909), constata un marin, Raymond Rallier du Baty, capitaine du Jean-Baptiste Charcot . Il décrit avec beaucoup d'humour les vestiges qu'il y découvre. Aux patères pendent encore des vêtements évoquant des pendus au gibet, sur la table une soupière et des assiettes contenaient encore les reliefs nauséabonds d'un repas à peine entamé, etc. Dans son livre Aventures aux Kerguelen il décrit avec force détails ses découvertes.

Maison de la zone IV - Vue prise du NNW en direction du SSE.
Les solives de plancher reposaient directement sur le sol.
Entre les solives, du machefer, provenant d'un des navires à vapeur avait été jeté. Il n'y avait donc pas de vide sanitaire.
Les archéologues étaient donc fondés à retrouver certains vestiges mobiliers. Vous vous souvenez comment l'un d'eux, arrivé à hauteur du plancher, trouva une petite fiole jaune qui le plongea presque dans un état extatique. Mais à peu de choses près, ce fut le seul objet mobilier que les archéologues mirent au jour.

Ils trouvèrent toutefois également une petite boîte de conserve vide dont l'étiquette indiquait à la fois la qualité du contenu - des légumes - et l'origine française du produit.

Ces manques ne rebutent pas les archéologues dont vous savez qu'ils aiment les énigmes ! Mais, ils posent une nouvelle problématique. Les archéologues sont désormais amenés à s'interroger sur ceux qui, depuis un siècle, ont visité la Baie de l'Observatoire et pourraient être à l'origine de la disparition du mobilier.

Trouvez le bois... ou ce qu'il en reste.
Et ce ne fut pas là le pire des cas !
Très respectueux de la maison qu'ils restaurèrent même, les frères Raymond et Henri Rallier du Baty s'installèrent à plusieurs courtes reprises dans la maison des Allemands, leur ketch au mouillage à quelques encablures du lieu, près de la « petite usine » dont les vestiges ont été reconnus en 1994. Il est peu probable que, même s'ils ont pu de temps à autre varier leur ordinaire par quelques conserves allemandes, ils aient épuisé les stocks importants qui s'y trouvaient. Ils mentionnent aussi dans leurs écrits qu'ils n'avaient pas besoin de l'essence laissée par les Allemands - puisqu'ils ne possédaient pas de moteur à essence - mais que, toutefois, ils puisèrent dans les tonnes de charbon qu'avaient laissées aussi bien les Anglais que les Allemands.

Le baron Decouz et son compagnon Valérien Culet qui séjournèrent sur le site de février 1912 à février 1913 construisirent leur maison à quelques mètres du pignon ouest de la maison des Allemands. Nous aurons à revoir dans les quelques écrits qu'ils nous ont laissés s'ils donnent des éléments qui nous aideraient à répondre aux questions que nous nous posons. Dores et déjà nous avons entrepris la fouille de leur habitation.

Loin d'être frustrants pour les archéologues, les manques sont donc source de nouvelles quêtes dans leur tentative de reconstitution du passé.

Cependant ces manques peuvent être parfois plus invalidants pour la reconstitution d'une structure. Il existe, par exemple, quelques « vestiges-traces » que nous appelons « vestiges fugaces ». Nous en avons beaucoup rencontré lors de cette fouille. Ce furent ces traces de bois se réduisant en traînées de sciure brunâtre et qui n'avaient plus aucune consistance de bois. Une fouille très méthodique et attentive permet seule de les révéler. Impalpables, ils sont pourtant enregistrés sur les plans qui, mieux que la terre dans laquelle ils se sont fondus, peuvent en garder définitivement la trace.

Pour les archéologues les manques ne sont pas des absences définitives.



Références
  • ARNAUD, Patrick M. et Jean BEUROIS , 1996 - Les armateurs du Rêve - Les concessions Bossière et les sociétés françaises d'exploitation des îles australes de l'océan indien (1893 - 1939) , Marseille, 116 p.
  • CULET , Valérien, diaire manuscrit. Comm. Perso.
  • DECOUZ, baron Pierre; Un hivernage aux Kerguelen, Le Tour du Monde , 1914, 20 (2): 241-252.
  • DELEPINE, Gracie, Les Iles australes françaises , Editions Ouest-France, Rennes 1995, 213 p.
  • LE MOUËL, J.-F., ( Chef de Mission ), 1994, Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) - Programme Patrimoine - Rapport de la Mission du Patrimoine aux îles Kerguelen (campagne 1994) , Paris septembre 1994, 341 p.
  • DECOUZ, baron Pierre; Un hivernage aux Kerguelen, Le Tour du Monde , 1914, 20 (2): 241-252.






01/02/07 - Archaeology in need of a fix

What happens when the boards
are reduced to wood fibre...
Done!

The cubic meters of wood which formed the enormous Mikado game of the area IV - we can now mention it as the dwelling of the area IV - have been removed. The archaeologists first recognised the boards of the roof battens. Then they identified the boards that were nailed on the collars to serve as a ceiling. They extracted the collapsed door frames and the posts which supported the beam framework. And, finally, they reached the floor level of the dwelling. At that stage, they expected to find the remnants left behind by the last occupants. Especially since they knew that five Germans had lived in the dwelling from 9 th November 1901 to 1 st April 1903 and that they had left hurriedly, one of them having died and the health of another being in an alarming state... This hasty retreat was recorded a few years later (1908-1909) by the seaman Raymond Rallier du Baty, captain of the Jean -Baptiste Charcot. He described what he found there with a great deal of humour. Clothes were abandoned on pegs, like a man on a gibbet. On the table, a soup tureen and plates still contained festering leftovers of a meal just started, etc. In his book Aventures aux Kerguelen, this discovery is described in extensive detail.

Dwelling in zone IV - photo taken NNW in the direction of SSE.
The joists for the floorboards are directly in the earth.
Between the joists, boiler clinker from the steam ships has been used as hardcore. There is then no presence of any damp course.
Therefore, the archaeologists had good reason to believe they would come across some remnants of household items. You will remember how one of the archaeologists was ecstatic when he extracted a little yellow phial at the level of what was the floor. It is about the only household object that has been discovered.

They did find however a small empty tin can still bearing the label specifying its contents - vegetables - and the French origin of the product.

The absence of discoveries does not dampen the enthusiasm of the archaeologists who, as you know, are keen for enigmas. But it does give rise to a new set of problems. The archaeologists are now wondering who were the unknown people who were responsible for removing these household effects during successive visits to Observatory Bay over a century.

Looking for wood or what is left of it.
And this was not the worst!
Very respectful of this dwelling, the brothers Raymond and Henri Rallier du Baty went to lengths to restore it. They occupied the dwelling, originally built by the Germans, for several brief periods of time while their ketch was anchored across the bay, a short distance from their cauldrons for processing seal-fat, of which remnants were identified in 1994. It is unlikely, even if they supplemented their diet with some tins from the supplies found, that they exhausted these important stocks left behind by German. The brothers also mention in their journal that they did not have use of the petrol left by the Germans since they had no petrol driven engine but, they did however exploit the tons of coal left behind by the British and the Germans.

The Baron Decouz and his associate Valérien Culet who sojourned on the site from February 1912 to February 1913, built themselves a dwelling a few metres from the western gable of the German construction. We will see if by reading the written accounts they left whether it helps to understand and bring answers to our questions. The excavation of their dwelling has already begun.

Far from being a source of frustration for the archaeologists, the lack of substance is an instigation to search for new clues in their attempt to reconstruct the past.

However this lack of substance can be more of a handicap in the reconstruction of a structure. There exists, for example, some 'remnant-traces' that we call 'transient-remnant'. At lot have been encountered during this excavation. Particularly traces of wood that are reduced to a state of brown sawdust and no longer have the constancy of a piece of wood. A careful and methodical excavation is the only way to expose them. Though intangible, they are never the less recorded for posterity on the plan, that will now preserve them better than the earth into which they are disintegrating.

For the archaeologists the missing links are not necessarily final.





References
  • ARNAUD, Patrick M. et Jean BEUROIS , 1996 - Les armateurs du Rêve - Les concessions Bossière et les sociétés françaises d'exploitation des îles australes de l'océan indien (1893 - 1939) , Marseille, 116 p.
  • CULET , Valérien, diaire manuscrit. Comm. Perso.
  • DECOUZ, baron Pierre; Un hivernage aux Kerguelen, Le Tour du Monde , 1914, 20 (2): 241-252.
  • DELEPINE, Gracie, Les Iles australes françaises , Editions Ouest-France, Rennes 1995, 213 p.
  • LE MOUËL, J.-F., ( Chef de Mission ), 1994, Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) - Programme Patrimoine - Rapport de la Mission du Patrimoine aux îles Kerguelen (campagne 1994) , Paris septembre 1994, 341 p.
  • DECOUZ, baron Pierre; Un hivernage aux Kerguelen, Le Tour du Monde , 1914, 20 (2): 241-252.






01.02.07 - Fundarmut

So sieht Holz aus, wenn nur noch
die Fasern übrig geblieben sind...
Beendet!

Die Kubikmeter Holz, die das große Mikadospiel von Zone IV- wir können nun sagen, dass es sich um den Wohnsitz von Zone IV handelte - wurden entfernt. Die Archäologen beschäftigten sich als erstes mit den Dachlatten und dann mit denn Brettern, die wohl als erstes die Decke des Erdgeschosses gebildet haben. Sowohl ein eingestürzter Türstock, als auch die Balkenkonstruktion, die den tragenden Teil des Hauses bildete, konnten nachgewiesen werden. Nun konnte man sich mit dem Laufhorizont beschäftigen. Hier hoffte man auf viele Kleinfunde zu stoßen. Zwischen dem 9.1.1901 und dem 1.4.1903 wohnten hier meist fünf Deutsche. Es war zu erwarten, dass sie das Haus in einer überhasteten Weise verlassen hatten, weil einer darin gestorben war und es einem anderen gesundheitlich sehr schlecht ging. Dieses fluchtartige Verlassen wurde durch die Spuren, die Raymond Rallier du Baty, der Kapitän der im Jahre 1908 hier gelandeten " Baptiste Charcot " hier fand, bestätigt. Auf humorvolle Art beschreibt er in seinem Tagebuch, dass noch Kleidung an den Haken hing und beispielsweise niemand das Geschirr vom Tisch abgeräumt hatte. Sein Buch " Aventures aux Kerguelen" ist bei dieser Beschreibung sehr detailreich.

Das Haus in Zone IV - Blickrichtung nach Südsüdost.
Die Balken, auf denen die Dielen befestigt waren,
sind direkt in der Erde. Um das ganze trocken zu halten wurde dazwischen eine Ascheschicht angelegt
mit der Asche eines Dampfers.
Somit glaubten die Archäologen auf viele Funde zu stoßen. Das kleine gelbe von den Archäologen geborgene Fläschchen, über das bereits berichtet wurde, war allerdings nur eines von wenigen Gegenständen aus dem Hausrat, das geborgen werden konnte.

Außerdem wurde eine kleine leere Dose, die, wie man aus der Aufschrift erfahren konnte einmal französisches Gemüse enthielt, gefunden und geborgen.

Der Enthusiasmus der Archäologen wurde hier jedoch nicht geschmälert. Schließlich sind wir nicht fundgeil, sondern darauf aus, neue Zusammenhänge zu entdecken, Fragen zu beantworten und Rätsel zu lösen. Natürlich ergab sich hier eine neue Fragestellung. Wer hat diese Gegenstände in den letzten 100 Jahren aus der Beobachtungsbucht entfernt? Diese Frage stellen sich die Archäologen im Moment.

Auf der Suche nach den Resten.
Die Brüder Raymond und Henri Rallier du Baty versuchten dieses Gebäude weiter zu nutzen. Das ursprünglich von Deutschen erbaute Wohnhaus wurde während ihrer Tätigkeit als Robbenfänger zur Fettgewinnung zeitweise von ihnen genutzt. Die Anlagen zur Gewinnung des Robbenfetts sind nicht weit von hier entfernt und wurden 1994 untersucht. Dass sie sich dabei aus den deutschen Vorräten mit allem, was sie brauchten, eindeckten, gilt als gesichert. In den Schriftquellen findet sich auch, dass sie zwar Verwendung für die Tonnen an Kohle, die von den vorherigen deutschen und britischen Expeditionen zurückgelassen worden war, hatten. Das Petroleum aber konnte nicht genutzt werden, weil man keinen Brenner dafür hatte.

Baron Decouz und sein Diener Valerian bauten sich ein eigenes Häuschen zum Wohnen, das nur ein paar Meter vom Deutschen Haus entfernt war. Sie bewohnten die Beobachtungsbucht zwischen Februar 1912 und Februar 1913. Ihre Beschreibungen müssen erst noch überprüft werden um sagen zu können, ob sie eine große Hilfe sind. Zurzeit wird in dem Wohnhaus des Barons gerade gegraben.

Die Fundarmut frustriert zwar nicht die Archäologen, neue Wege die Vergangenheit zu rekonstruieren müssen aber gesucht werden.

Im Moment ist man aber eher von der schwierigen Aufgabe geplagt die Häuser zu rekonstruieren. Viele archäologische Befunde sind hier von eher vorübergehender Natur. Besonders das Holz hat die unangenehme Angewohnheit, dass es kurz nachdem es freigelegt wurde, spurlos verschwindet. Dies hängt mit dem teilweise äußerst schlechten Erhaltungszustand zusammen. Man muss also sehr vorsichtig graben um dieses Holz freizulegen. Sofort darauf muss ein Plan erstellt werden um das Holz zumindest virtuell für die Ewigkeit zu erhalten, was in der Erde hier, wie man sieht, nicht geschieht.

So ist die Beweiskette für die Archäologen zwar noch nicht vollständig, aber das kann sich ändern...




Literatur
  • P. M. Arnaud, Les armateurs du Rêve - Les concessions Bossière et les sociétés françaises d'exploitation des îles australes de l'océan indien (1893 - 1939) (Marseille 1996).
  • V. Culet, diaire manuscrit. Comm. Perso.
  • P. Decouz , Un hivernage aux Kerguelen, Le Tour du Monde , (o. O., 1914) 241-252.
  • G. Delepine Les Iles australes françaises , Editions Ouest-France (Rennes 1995).
  • J. F. Le Mouël, Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) - Programme Patrimoine - Rapport de la Mission du Patrimoine aux îles Kerguelen (campagne 1994) (Paris 1994).
  • R. Railler du Baty Aventures aux Kerguelen , Editions Maritimes et d'Outre-mer (Rennes, 1991).




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