03/02/07 - La petite usine

A 500 mètres au nord-nord-ouest de notre camp, sur un petit cap qui s'avance dans la Baie de l'Observatoire, on trouve deux fondoirs à graisse des phoquiers/baleiniers qui hantèrent les eaux des Kerguelen dès la toute fin du XVIIIème siècle. Quoi, le site de la Baie de l'Observatoire aurait-il aussi été fréquenté par les chasseurs de phoque et de baleine ? Et d'évoquer Moby Dick et ces baleiniers en quête de gras qu'ils faisaient fondre pour obtenir une huile nécessaire à l'industrie de l'ère nouvelle qui s'ouvrait alors.

Les vestiges de la "petite usine" des Rallier du Baty qui fut définitivement reconnue en 1993 grâce à une photo prise
à peu près sous cet angle et montrant l'Ile aux Moules en arrière plan. Les deux pièces de bois encore fichées en terre sont
les restes ultimes des poteaux d'angle du bâtiment.
Ce serait surprenant, car c'est un fait remarquable du lieu où nous nous trouvons que la faune si abondante partout sur l'île en est quasiment dépourvue. Les mammifères marins semblent éviter ce cul de sac dont ils se sentiraient vraisemblablement prisonniers !

Un des deux fondoirs surtout attirent l'attention. Bien qu'en partie écroulé, son foyer est composé de briques qui rappellent étrangement par la couleur et la texture celles que nous connaissons bien et que nous avons retrouvées un peu partout sur le site archéologique. Elles se trouvent principalement aux endroits où les astronomes anglais avaient édifié des piliers pour caler leurs instruments d'observation. Ici, les briques ont été enfoncées verticalement dans le sol. Elles sont juxtaposées de façon que la mise à tout touche de leurs petits côtés crée un dallage. Celui-ci est maintenu sur tout le pourtour par des piquets de bois fichés dans le sol et qui ont des sections rectangulaires de 2 x 4 cm. C'est une méthode de réalisation de dallage sur des terrains instables soumis à de gros poids et qu'on retrouve, par exemple, dans les zones à terrains meubles de la Hollande ou de la Frise allemande.

Ce que devait supporter un dallage si méticuleusement construit devait être bien lourd. Et en effet, c'est un énorme chaudron, presque une sphère de 130,5 cm de diamètre montée sur un piètement, dont on aurait coupé une calotte pour aménager l'ouverture de sa partie supérieure. Il présente deux pans coupés - un
Vue en direction du sud-est.
Dans le fond, les hauteurs
de la côte sud de la Baie du Morbihan.
artifice qui permettait de mettre en batterie ce type d'ustensile - et deux petites oreilles ou anses de préhension. Près de l'une d'elles, on lit l'inscription en bas relief suivante: « COALBROOKDALE », et immédiatement en dessous, la mention « 190 EX ». A hauteur de la base des oreilles, un feston ceint les parties pansues de l'objet, puis un deuxième qui lui est parallèle à quelques centimètres en dessous. Un troisième et semblable élément de décor apparaît à la base du contenant, au niveau des attaches des quatre pieds.

L'effondrement des parties hautes du foyer, en empâtant sa partie basse, ne permet plus d'apprécier avec précision l'emprise au sol de la structure, ni dans sa forme même, ni dans ses dimensions. Elle dessine aujourd'hui un cercle d'environ 5 mètres de diamètre. Sur la face nord-ouest, et malgré l'effondrement, on observe la présence d'une ouverture - sans doute la gueule du foyer - portant encore des traces de rouille sur l'intérieur de son pourtour rectangulaire. Effectivement, nous retrouvons à quelques mètres, dans l'acaena, un cadre en fer muni de deux gonds et dont les dimensions et la proximité du four lui même évoquent le dormant de la porte de ce four.

Sur cette même face nord-ouest, de part et d'autre de la zone d'effondrement, deux pieux en bois dépassent encore de la surface du sol d'une trentaine de centimètres. Un autre pieu de même dimension est également visible au sud sud-ouest de l'éboulis de briques. Tous ces pieux ont été visiblement cassés, peut être après avoir été rongés par les lapins. Alignés pour former deux côtés sensiblement égaux et se coupant à angle droit d'une figure dont manquerait au sud sud-est un des sommets, les trois vestiges verticaux évoquent la présence d'une superstructure disparue englobant le fondoir.

L'interprétation de l'ensemble serait difficile par la seule archéologie. Heureusement, le maître d' œuvre de l'ensemble est aussi un écrivain de talent qui nous a laissé un des plus beaux livres d'aventure que nous connaissions. Il s'agit de Raymond Rallier du Baty venu à plusieurs reprises en Baie de l'Observatoire, celui-là même qui retrouva la maison des Allemands dont nous venons d'achever la fouille et qui en 1908 la consolida. Laissons lui la parole :
« Nous y arrivâmes le soir du 15 octobre [1908.]. A la baie de l'Observatoire nous avions du charbon en abondance, car les Allemands en avaient laissé une bonne réserve près de la cabane que j'avais passé huit jours solitaires à remettre en ordre [...]. »
Des deux chaudrons apportés par les Rallier du Baty,
seul celui de gauche fut incorporé dans la "petite usine".
En arrière plan, on aperçoit le camp des archéologues.
Les marins du Jean-Baptiste Charcot se rendirent donc sur une île de la côte est des Kerguelen - un temps très fréquentés par les phoquiers -, pour y récupérer deux chaudrons. Puis il poursuit son récit :
« Nous [.] établîmes notre camp et construisîmes un abri pour notre fourneau que nous baptisâmes pompeusement "usine". C'était une structure primitive mais qui nous avait coûté plusieurs jours de dur labeur et nous n'en étions que plus fiers. Lorsqu'il fut terminé et prêt pour la fonte du lard de phoque, nous y hissâmes le drapeau français, et les mots me manquent pour dire avec quel plaisir et avec quelle fierté nous regardâmes le bleu, le blanc et le rouge de notre emblème national flotter dans la bourrasque au-dessus de nos têtes. Ce drapeau représentait les traditions et la gloire de la France, et tous les sentiments de race et de foi qui animent le cour des Français. Nous nous sentions un peu plus chez nous et moins isolés du monde lorsque nos couleurs étaient hissées. »
Notons enfin que nous n'aurions pu attribuer avec autant de sûreté le site à Rallier du Baty sans l'étude - sur le site même où nous avions par hasard emporté son livre - de la photo qu'il présente à la page 236 en bas à gauche.

Il reste pourtant une discordance entre l'observation actuelle des archéologues, et les sources écrites. En effet, l'auteur des « Aventures aux Kerguelen  », Rallier du Baty, revient pour la troisième fois à la Baie de l'Observatoire et à l'Usine sans doute un peu avant la mi-novembre 1908. Il note :
« Retournant à la baie de l'Observatoire et à notre "usine", nous nous attelâmes de nouveau pendant deux jours à cette tâche écœurante qu'est la fonte du lard [...]. Nous étions alors au début de décembre et nous partîmes, chargés d'un certain nombre de barils vides et de deux chaudrons , retrouver le capitaine d'Asté et sa Carmen dans la baie Weimock.  » (cf. Arnaud P. et J. Beurois, 1996)
Or le site de l'Usine conserve encore deux chaudrons dont l'un sur le fourneau construit par Rallier du Baty. Y aurait-il eu quelque confusion dans son esprit ?


Références
  • ARNAUD, Patrick M. et Jean BEUROIS , Les armateurs du Rêve - Les concessions Bossière et les sociétés françaises d'exploitation des îles australes de l'océan indien (1893 - 1939) , Marseille 1996, 116 p.
  • BROSSARD M.R. , (Amiral de), Kerguelen, T. II : Iles australes, chap III : 111-193, Editions France-Empire, Paris 1971.
  • DELEPINE, Gracie, Les Iles australes françaises , Editions Ouest-France, Rennes 1995, 213 p.
  • LE MOUËL, J.-F., (Chef de Mission), Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) - Programme Patrimoine - Rapport de la Mission du Patrimoine aux îles Kerguelen (campagne 1994) , Paris septembre 1994, 341 p.
  • LE MOUËL, J.-F., Les chaudrons de phoquiers, notice des collections philatéliques TAAF, année 2005.
  • RALLIER du BATY, Raymond, Aventures aux Kerguelen , Editions Maritimes et d'Outre-mer, Rennes 1991.




03/02/07 - The little factory

At 500 metres at North-North-West of our encampment, on a small headland that juts out into Observatory Bay , can be found two try-pots (cauldrons) for reducing blubber as used by the sealers and whalers who frequented the regional waters of Kerguelen from the end of the 18 th century. Could it be possible that seal and whale hunters visited the site at Observatory Bay also? It brings to mind 'Moby Dick' and those whalers searching for the blubber that they melted down to obtain the oil essential to the budding industrial era of that time.

The remnants of the Rallier du Baty "little factory"
which was positively identified in 1993 with the help of a photo
taken almost with the same angle showing the Ile aux Moules
in the background. The two wooden pieces still plugged into the ground are the last remains of the angle posts of the construction.
It would come as a surprise, since, as the animal life is so abundant everywhere else on the Island , it is remarkable that this fauna is practically non existent here. The sea mammals appear to avoid this cul-de-sac where most likely they would feel trapped!

One of the two try-pots especially attracts attention. Despite the fact that a portion has collapsed, the furnace is made up of bricks that resemble strangely, by their colour and texture, those we come across regularly on the archaeological site. They are to be found mainly around the positions where the British astronomers built the piers to support their observation instruments. In this particular case, the bricks are inserted vertically into the ground. They are juxtaposed in such a way that, shoulder to shoulder on their side, they form a platform. This is maintained in place all around it by rectangular wooden stakes of 2 x 4 centimetres plugged into the ground. This is a recognised technique for terracing instable terrain that will need to support heavy weights, in zones of light soil such as you find in Holland and German Friesland.

Such a carefully constructed platform must have been destined to support a very heavy weight. It was, in fact, an enormous try-pot, almost spherical, 130.5 centimetres in diameter, mounted on feet which would have had the top part removed to make an opening. The try-pots have two flat sides - designed in this way
A View towards SouthWest.
In the background, the summits
of the southern coast
of the Baie du Morbihan.
to allow the stacking of these utensils - and two small lugs or handle grips. Near to one of the handles we can read the following inscription in bas relief: "COALBROOKDALE" and immediately under is inscribed "190 EX". At the level of the bottom of the handles, a first festoon runs round the belly of the object, with a second a few centimetres under. A similar one decorates the base of the container at the level of fixture for the four feet.

The collapse of the upper part of the furnace, has cluttered up the lower half and prevents us from understanding precisely the shape and dimensions of the structure that occupied the spot. It forms today a circle of almost 5 metres in diameter. On the North-Western side, despite the collapse, a cavity can be noticed - most probably the opening of the furnace - still bearing traces of rust along the inner of the rectangular edges. Indeed, only a few metres away in the acaena, a metal chassis with two hinges, of the same dimensions of the furnace opening, indicate that this would be the frame to the door of the furnace.

Again, on the same North-Western side, to the left and right of the collapsed area, two wooden stakes project almost 30 centimetres out of the ground. Another stake of the same size is visible on the South South Western side of the rubble of brick. It is obvious that these stakes have been snapped off even, perhaps, after having been chewed on by the rabbits. The three vertical remnants, which appear to indicate three angles of a square that would be missing the South South eastern corner, suggest that an infrastructure surrounding the furnace existed and has since disappear.

Archaeology alone would find the site difficult to interpret. Fortunately, the master builder of the installation was also a talented author who left behind one of the best adventure books that is known. That of Raymond Rallier du Baty, who came several times to Observatory Bay, this same person who discovered the German dwelling that we have just finished excavating and who went to great lengths to restore it 1908. Here are his words:
"We arrived the evening of the 15th October [1908...]. At Observatory Bay we found an abundance of coal since the German had left an ample stock close by to the hut and I spent eight days on my own organising it all single handed [...] ".
Of the two try-pots brought by the Rallier du Baty brothers,
only the left hand one was integrated into the 'little factory'.
In the background, can be seen the archaeologists encampment.
The sailors of the ketch Jean-Baptiste Charcot, came then to an island on the eastern coast of Kerguelen - at the time frequently visited by the sealers -, in order to recuperate two try-pots. Then he continues:
"We [.] made our encampment and constructed a furnace which we pompously baptised 'the factory'. It was a primitive structure which took us several days of hard labour and of which we were not more than a little proud. Once it was completed and ready for the seal blubber to be reduced, we hoisted the French flag, it is impossible to express the pride and the pleasure we had in watching the Red, White and Blue of our national emblem flutter in the wind above our heads. [.] It made us feel a bit more at home and slightly less isolated at the end of the earth when the colours were raised."
The site could not have been attributed with so much assurance to Rallier du Bay without the study of a photograph which appears on bottom left on page 236 of his book - which we had by chance with us on the site.

There remains, however, a difference between the present observations of the archaeologists and the written source. In fact, Rallier du Baty, the author of '50,000 miles in a Ketch' returned for a third time to Observatory Bay and to the 'factory' probably shortly before the middle of November 1908. He notes:
"Returning to Observatory Bay and to our 'factory' we buckled down for two days to the disgusting task of reducing the blubber [.]. It was the beginning of December and we were to leave with a certain cargo of empty barrels and two try-pots , to rejoin the Captain d'Aste in the Carmen in the bay Weimock." (cf. Arnaud P. et J. Beurois, 1996).
Yet, today, at the emplacement of the 'factory' there are two try-pots which still remain with one on the furnace constructed by Rallier du Baty. Has there not been some confusion in the mind of our author?


References
  • ARNAUD, Patrick M. et Jean BEUROIS , Les armateurs du Rêve - Les concessions Bossière et les sociétés françaises d'exploitation des îles australes de l'océan indien (1893 - 1939) , Marseille 1996, 116 p.
  • BROSSARD M.R. , (Amiral de), Kerguelen, T. II : Iles australes, chap III : 111-193, Editions France-Empire, Paris 1971.
  • DELEPINE, Gracie, Les Iles australes françaises , Editions Ouest-France, Rennes 1995, 213 p.
  • LE MOUËL, J.-F., (Chef de Mission), Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) - Programme Patrimoine - Rapport de la Mission du Patrimoine aux îles Kerguelen (campagne 1994) , Paris septembre 1994, 341 p.
  • LE MOUËL, J.-F., Les chaudrons de phoquiers, notice des collections philatéliques TAAF, année 2005.
  • RALLIER du BATY, Raymond, Aventures aux Kerguelen , Editions Maritimes et d'Outre-mer, Rennes 1991.




03.02.07 - Die kleine Fabrik

500m nordwestlich von unseren Unterkünften kann man zwei Kessel sehen. Die Kessel stehen auf einer kleinen Halbinsel, die in die Beobachtungsbucht ragt. Sie wurden dazu benutzt um Walfischspeck zu reduzieren. Dieser Tätigkeit gingen Walfänger und Robbenschläger seit dem 18. Jahrhundert in den Gewässern um die Kerguelen nach. Ist es möglich, dass diese Menschen auch in der Beobachtungsbucht waren? Man wird hierbei an "Moby Dick" erinnert. Außerdem war dies die Zeit, als die gerade entstehende Industrie das Öl, das aus dem Walfischspeck gewonnen wurde, dringend benötigte.

Die Reste von der "Fabrik" der Rallier du Batys,
die 1993 gefunden wurden, als ein Photo mit der Insel Moules
im Hintergrund aus sehr ähnlicher Position gemacht wurde.
Die zwei Hölzer ragen immer noch aus dem Boden heraus
und sind wohl die letzten Reste der Konstruktion.
In der unmittelbaren Umgebung unseres Lagers leben ungewöhnlich wenige Meeressäugetiere im Gegensatz zum Rest des Meeres um die Insel herum. Es scheint, als ob die Tiere diese sackförmige Bucht nach Möglichkeit meiden, weil man sie hier sehr leicht fangen kann.

Einer der beiden Kessel erregt die Aufmerksamkeit besonders. Zwar ist er teilweise zerstört, es ist aber erkennbar, dass sein Fundament aus Ziegelsteinen besteht. Sowohl in Farbe als auch in Konsistenz sind diese Ziegelsteine den Ziegelsteinen, die wir hauptsächlich an den Stellen finden, wo die britischen Astronomen Fundamente gebaut haben um ihren Instrumenten einen festen Stand zu geben. Die senkrecht stehenden Ziegelsteine unter dem Kessel bilden eine Plattform. Pflöcke mit einem Querschnitt von etwa 2 cm x 4 cm sind um die Ziegelsteinplattform herum gesetzt worden. Diese Methode wird gerne beispielsweise in Holland oder in dem deutschen Teil Frieslands angewandt, wenn ein instabiler Boden gestützt werden muss, weil er schwere Lasten tragen soll ohne sich zu stark zu verformen.

Man sieht also, dass die Plattform sehr sorgfältig erbaut wurde. Daraus lässt sich schlussfolgern, sie eine große Last zu tragen hatte. Tatsächlich hat der dazu gehörende Kessel beeindruckende Ausmaße. Er ist fast rund und hat einen Durchmesser von 130,5 cm. Er steht auf Füßen und der obere Teil ist entfernt, damit
Blick Richtung Südwesten.
Im Hintergrund die Gipfel
der Südküste des Morbihangolfes.
man eine Öffnung erhält. Auf je zwei Seiten sind die beiden Kessel abgeflacht. Somit sind sie stapelbar. Zudem hat jeder Kessel zwei kleine Öffnungen. Bei diesen Öffnungen könnte es sich um eine Art Griffe handeln. In der Nähe eines dieser Griffe steht in Basrelief geschrieben: "COALBROOKDALE". Unmittelbar darunter steht: "190 EX". Ungefähr an der Unterkante der Griffe ist der Kessel mit einer Girlande, die einmal um den Kessel herumläuft, verziert. Eine sehr ähnliche Verzierung findet sich ein paar Zentimeter darunter sowie ungefähr auf der Höhe, wo die vier Füße angebracht sind.

Leider ist der dazu gehörende Ofen zusammengebrochen. Deswegen können wir seine Ausmaße nicht exakt rekonstruieren. Heute bilden die Reste einen Kreis von etwa fünf Metern Durchmesser. Trotz des schlechten Erhaltungszustandes kann man im nordwestlichen Bereich eine Öffnung in dem Ofen erkennen. Wahrscheinlich handelt es sich um den Zugang zu dem Feuer. An den Innenseiten der Öffnung haben sich bis heute Rostspuren erhalten. Einige Meter entfernt befinden sich tatsächlich zwei von Acaena überwachsene eiserne Scharniere, die von der Größe her genau zu den Rostspuren passen und die wohl an der Tür des Ofens befestigt waren.

Zwei hölzerne Pflöcke ragen fast 30 cm aus dem Boden rechts und links von der zerstörten Stelle im Nordwesten heraus. Ein weiterer ähnlicher Pflock befindet sich im Südsüdwesten des Ziegelschutts. Diese drei stehenden, aber sehr schlecht erhaltenen und wahrscheinlich von den Kaninchen angefressenen Reste bilden in gewisser Weise ein Quadrat, bei dem die südsüdöstliche Ecke fehlt. Man kann sich also vorstellen, dass eine irgendwie geartete Struktur die Öfen umgab. Leider ist heute davon kaum etwas erhalten.

Es wäre äußerst schwierig nur mit archäologischen Hilfsmitteln diese Stelle zu interpretieren. Glücklicherweise hinterließ der Bauherr dieses Gebildes uns eine der wohl unterhaltsamsten Abenteuergeschichten überhaupt, da er unter anderem auch ein begnadeter Autor war. Besagter Raymond Rallier du Baty besuchte im Jahre 1908 die Beobachtungsbucht mehrmals. Er entdeckte, renovierte und bewohnte das von den Deutschen erbaute Haus, das wir gerade ausgegraben haben. Hier sollen seine eigenen Worte sprechen:
"Wir kamen an am Abend des 15. Oktober [1908.]. Bei der Beobachtungsbucht fanden wir viel Kohle, die die Deutschen nahe bei der Hütte zurückgelassen hatten. Ich investierte die Zeit von acht Tagen um alles allein für mich zu organisieren. [.]"
Von den beiden Kesseln, die von den Brüdern Rallier du Baty stammen, war wohl nur der linke in die "Fabrik" integriert. Im Hintergrund sind
die Kabinen der Archäologen zu sehen.
Die Männer der Ketsch "Jean-Baptiste Charcot" fuhren dann zu einer Insel im Osten der Kerguelen, wo häufig Robbenschläger waren. Von dort holten sie zwei Kessel. An dieser Stelle setzt der Bericht ein:
"Wir [.] richteten uns ein. Wir bauten einen Ofen und nannten ihn in überheblicher Art `die Fabrik´. Es war ein unglaublich primitives Ding, dessen Errichtung uns einige Tage harter, mühevoller Arbeit kostete. Als es erst einmal fertig war und man den Tran darin kochen konnte, hissten wir die französische Flagge und wir waren richtig stolz auf uns. Als wir das Rot, Weiß und Blau auf dem Stoff sehen konnte, als er im Wind über unseren Köpfen flatterte, hatten wir das unbeschreibliche Gefühl des Stolzes in unseren Herzen. [.] So fühlten wir uns ein wenig zu Hause und weniger allein an diesem Ende der Welt als die Fahne gehisst war."
Dieser Text währe nicht vollständig, würden wir uns nicht auch dem Photo widmen, das Rallier du Baty auf der unteren Hälfte der Seite 236 seines Buches veröffentlicht hat.

Zwischen dem archäologischem Befund und den Schriftquellen verbleibt hier jedoch eine Differenz. Tatsächlich ist Rallier du Baty, der Autor von '50,000 miles in a Ketch' ein drittes Mal zur Beobachtungsbucht zur "Fabrik" zurückgekehrt. Wahrscheinlich geschah dies um die Mitte des Novembers 1908 herum. Er schreibt:
"Wir sind zur Beobachtungsbucht zu unserer "Fabrik" zurückgekehrt und haben zwei harte Tage mit der ekelhaften Arbeit des Kochens von Walfischspeck verbracht. [.]. Es war Anfang Dezember und wir mussten mit unserer nicht gerade unerheblichen Fracht, die aus zwei Kesseln und leeren Fässern bestand, uns zur Bucht Weimock bewegen um dort Kapitän d'Aste und sein Schiff "Carmen" zu treffen." (cf. Arnaud P. et J. Beurois, 1996).
Dort wo sich die "Fabrik" befand sind heute noch zwei Kessel und der Ofen, den Rallier du Baty baute. Hat es da vielleicht einiges an Konfusion, als das Buch geschrieben wurde, gegeben?


Literatur
  • P. Arnaud - J. Beurois, Les armateurs du Rêve - Les concessions Bossière et les sociétés françaises d'exploitation des îles australes de l'océan indien (1893 - 1939) . (Marseille 1996).
  • M. R. Brossard, Kerguelen, T. II : Iles australes, chap III. In: Editions France-Empire, (Paris 1971), 111-193.
  • G. Delepine Les Iles australes françaises , Editions Ouest-France (Rennes 1995) .
  • J. F. Le Mouël, Territoire des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) - Programme Patrimoine - Rapport de la Mission du Patrimoine aux îles Kerguelen (campagne 1994) (Paris 1994).
  • J. F. Le Mouël, Les chaudrons de phoquiers. In: notice des collections philatéliques TAAF , année 2005.
  • R. Railler du Baty Aventures aux Kerguelen . Editions Maritimes et d'Outre-mer (Rennes, 1991).


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