08/03/07 - Le fil et la fibre

Les archéologues, confrontés au classement des vestiges matériels laissés par les hommes dont ils cherchent à reconstituer la vie, empruntent tout naturellement aux ethnologues les terminologies efficaces de classement qu'un de leur Maître dans les deux disciplines, André Leroi-Gourhan, avait mis au point pour les ordonner. Ce classement se fonde sur celui des matières qui composent les témoins matériels des activités humaines. C'est ainsi que selon cette grille - ici simplifiée - on distingue, entre autres, les solides stables (la pierre par exemple) des solides semi-plastiques (les métaux, et les matières qui peuvent être fondues, moulées, forgées,.) et des solides souples (la peau et les cuirs qui en sont issus, les fibres animales ou végétales, les fils qui permettent les tissus, etc.).

Le petit morceau de sergé
(environ 12 x 14 cm).
On conçoit aisément que dans la région où nous nous trouvons, la conservation des solides souples est moins bien assurée que celles des solides stables et/ou plastiques. Aussi, lorsque les archéologues les retrouvent, ils les entourent de soins particuliers eu égard, d'abord, à leur fragilité. Ces soins, sur le terrain même de leur exhumation, se résument à de sommaires mesures de nettoyage, de protection, voire de consolidation et de conservation temporaires. Ensuite, ils sont l'objet d'attentions qu'induit tout naturellement leur statut très particulier : ils sont comme encore « vivants », et ils établissent comme un lien singulier avec leurs utilisateurs aujourd'hui disparus. N'est-ce pas avec eux, en particulier, que ces utilisateurs se sont vêtus, se protégeant du froid et des intempéries ? Tout se passe comme si, par eux, l'archéologue entrait plus encore dans l'intimité des premiers occupants des lieux. Les psychologues eux-mêmes, ne considèrent-ils pas, par exemple, le vêtement comme une « seconde peau », une constatation générale et sans doute universelle qu'ils ont faite à partir des relations pathologiques déviées que certains de leurs malades entretiennent avec leurs vêtements ?

Cette semaine, les archéologues ont eu la surprise lors du passage en revue des milliers d'artefacts répandus sur leurs tables et leurs paillasses de découvrir deux objets qui rentrent dans cette catégorie - peu représentée - des solides souples.

Le premier d'entre eux ne s'était pas annoncé comme tel, loin s'en faut.

L'un des fouilleurs intrigué par une boule de sédiment d'où il avait vu émerger quelques fibres discrètes avait pourtant eu le « métier » de conserver cette chose informe et glaiseuse, d'en enregistrer la position - quelque part dans les vestiges de la maison des scientifiques allemands - et de la rapporter comme un
Macro photo d'un morceau de l'étoffe. On y distingue l'armure.
artefact. Qu'elle n'a pas été la surprise d'un de ses collègues de découvrir, au nettoyage, que de la boule infâme et à la limite peu ragoûtante émergeait sur sa périphérie, des fibres tissées ! C'était plus qu'il n'en fallait pour déclencher un intérêt immédiat et susciter les réflexes professionnels qui conviennent. La boule amorphe fut délicatement posée sur les grilles d'un tamis et, lorsque son degré d'humidité eut été réduit pour lui donner la consistance voulue, commença le dégagement de l'objet qu'elle était susceptible de receler. Par de petits tapotements imprimés à la grille du tamis la boule se dégagea d'abord de la gangue de terre. Avec des pincettes et des curettes de dentistes furent extraites les radicelles d'acaena qui s'étaient immiscée entre les mailles du tissage. Avec les infinies précautions qu'exigeait la fragilité du tissu on put le déplier. Alors apparut son armure. Si l'on attribue au fil de chaîne les lettres 1, 2, 3, 4,. et aux fils de trame l'ordre également séquentiel A, B, C, D. on trouve au premier rang A du tissage: deux pris les 1 et 2 de la chaîne), un laissé (le 3), deux pris (les 4 et 5) , un laissé (le 6) etc. Au rang suivant B, un laissé, deux pris (les 2 et 3), un laissé (le 4) deux pris (5 et 6) etc. Ce décalage qui se perpétue sur les rangs C, D, . crée un dessin en chevrons. Quel est donc le nom de cette armure de tissage bien connu ? Nous croyons nous rappeler qu'il s'agit d'un sergé . Un de nos internautes pourrait-il nous le confirmer ?

La fibre est encore indéterminée. Un micro échantillon en a été prélevé qui permettra - sous binoculaire et avec un échantillon de référence - de la déterminer. Sous toute réserve il s'agit d'une fibre végétale qui pourrait être du lin.

La couleur ocrée n'est sans doute pas celle de l'origine : elle est plutôt celle du sédiment qui a retenu le vestige pendant un siècle ou plus, sédiment qui s'est lui même coloré de la rouille des objets ferreux qu'il recèle en très grand nombre.

Notre petit morceau de tissu était-il partie d'un vêtement ? Difficile de le dire encore car nous ne possédons pas l'équipement optique de grossissement qui nous permettrait éventuellement de considérer des traces de coupe de ses fibres, encore moins celles de fils de couture. Et puis, son nettoyage devra être achevé par les spécialistes de la restauration qui prendront, en métropole, notre relais et pourront nous en dire plus.

Patience, patience !

Tige de botte en cuir.
En bas, la découpe pour recevoir l'empeigne.
Le second objet, beaucoup plus important par la taille, s'annonçait presque d'emblée comme rentrant dans la catégorie des solides souples. Le sédiment n'avait pu l'enfermer totalement à la perspicacité du fouilleurs : ici et là, quelques plaques laissaient apparaître un matériau de l'aspect et de consistance d'un épais carton.Il est cependant arrivé, sur la paillasse, presque entièrement nappé de cette boue très caractéristique de notre gisement archéologique. Un séchage contrôlé l'a mis en condition de supporter un premier nettoyage. Avec une curette de dentiste furent décollées les plaques de sédiment. On prit soin que l'acier de l'outil n'égratigne pas la surface fragile de ce qui est rapidement apparu comme un morceau de cuir. Cette opération terminée, on procéda à un nettoyage plus fin au moyen d'une brosse à poils souples. Enfin apparurent les découpes de la pièce et les perforations de coutures et de surpiqûres. Les dimensions, les traces des coutures, la découpe de ce qui pourrait être le dessus du pied où serait venue se positionner l'empeigne, tous ces caractères font penser à une tige de botte. Fleur à l'extérieur, croûte à l'intérieur, un vrai travail de bottier professionnel !

Sa paire, en un peu moins bon état, mais de mêmes dimensions se trouvait à quelques centimètres. Tandis que, à quelques mètres, les archéologues ont retrouvé pratiquement à la surface du sol ce talon d'une botte ou d'un godillot clouté. Sans doute ne pourra t-on jamais dire si les 3 objets appartenaient à la même paire de bottes. (quoique !).. Mais on pourra toujours affirmer que les occupants du site, qu'ils fussent britanniques, allemands, français ou autres s'étaient équipés en conséquence des intempéries du pays dans lequel ils étaient venus résider.

Talon (vue inversée) d'une chaussure
ou d'une botte cloutée.
D'autres analyses seront menées (la détermination des cuirs, les traitements de tannage subis, etc.). La radiographie du talon permettra de définir la longueur et la forme des clous de ferrage, etc.

Vous verrez, nous ne pourrons sans doute jamais vous dire quels furent les propriétaires nommés de ces éléments vestimentaires.(quoique !)

Mais nous prenons avec vous le pari qu'un jour nous pourrons vous révéler que leur(s) propriétaire(s) furent britanniques, allemands ou français, ou autres.

Patience, patience.

Vous sentez-vous maintenant une fibre d'archéologue ? Ne perdez pas le fil, nous avons partie liée.

Merci de nous donner les informations qui apporteraient quelques morceaux complémentaires au patchwork que nous tentons d'assembler devant vous.


Références
  • Leroi-Gourhan, André ; L'Homme et la Matière - Evolution et techniques, Albin Michel, 1943 (nombreuses rééditions depuis lors).
  • Leroi-Gourhan, André ; Milieu et Techniques - Evolution et techniques, Albin Michel, 1945 (nombreuses rééditions depuis lors).




08/03/07 - The yarn and the cloth

The archaeologists, in their endeavour to reconstruct the daily life of the human occupation with the material remnants during the task of cataloguing, borrow quite naturally from ethnology the efficient filing terminology developed by Andre Leroi-Gourhan, a leading authority in both those disciplines. This system of filing is based on the nature of the matter which makes up the materiel vestiges remaining from the human activity. It is with this system - simplified here - that we can distinguish, amongst other things, the stable solid substance (stone for example) from the semi-plastic solid substance (metal and substances that can be melted, cast or forged...) and from the soft solid substances (skins and the leather produced from them, animal and vegetable fibres, the yarns used for textiles etc.).

The small piece of twill weave
(approximately 12 x 14 cm).

It is easily understood that in region where we are at present the conservation of the soft substance is more vulnerable than that of the solid and/or plastic substance. Therefore, when the archaeologists do find them they give them particular consideration because of their fragility. This respect, starting in the field from where they are exhumed, boils down to basic cleaning and protecting measures, and possibly temporary consolidating and conservation. Afterwards they receive special attention due to their particular status: it is as if they were still 'alive', they create a kind of unique bond with the persons, no longer here today, who used them. Since, would it not have been with them that these persons were clothed in order to protect themselves from the cold and harsh weather conditions? It is as if by the intermediary of them the archaeologist now has some familiar contact with the first occupants. Is not true that, generally, psychologists themselves consider clothing as 'second skin', a general observation, likely universal, that they make based on deviant pathological relationships maintained by some of their patients with their clothing?

This week, the archaeologists had a surprise while reviewing the thousands of artefacts spread over their tables and benches, to discover two objects pertaining to this category - scarcely present - of soft solid substance.

In fact, the first object was far from announcing itself as such!

A lump of sediments from which emerged a few illusive fibers first intrigued one of the archaeologists. He had the professional reflex in retaining this shapeless and clayey 'thing', in recording its position - somewhere in the remnants of the Germans scientists dwelling - and in bringing it back as an artefact.
Macro photo of a piece of fabric, showing its weave.
Imagine one the colleagues' surprise in discovering, while cleaning it, that the surface of this vial slightly disgusting object revealed pieces of woven textile! Nothing more was needed to unleash an immediate interest et focus the appropriate professional reflexes. The shapeless clod was gently laid on the screen of a sieve. Once the level of moisture had been reduced enough to obtain a correct consistency, the archaeologist began to disengage the object that it was possibly concealing.

By lightly taping the screen of the sieve, the clod of earth fell away from the lump. The acaena rootlets that had infiltrated between the weave of the cloth were extracted with tweezers and dental scrapers. Due to the fragility of the material, infinite precautions had to be taken to unfold it, thus revealing the weave. Let's assign the digits 1, 2, 3, 4, etc. to the warp threads and the letters A, B, C, D, etc. to the weft threads. Then, will be found on the first line A: picking out 1 and 2, leaving 3, picking out 4 and 5, leaving 6, etc.; On the second line B: picking out 2 and 3, leaving 4, picking out 5 and 6, leaving 7, etc. This shifting picking scheme is repeated on line C, D and so on, thus creating a half herringbone pattern. What would be the name of this well known weave pattern? We seem to remember that it is called "twill" weave. Would there be a web visitor who could confirm this?

The actual yarn used, as yet unknown, will be established by comparing under the microscope the micro sample taken with reference samples. A fist assumption is that it is a vegetal fibre, maybe even linen.

Its ochre colour is probably not original. It rather looks like the colour of the sediment that retained it during a century or more. The many rusted object to be found in this sediment, in turn, caused it to be coloured in this way.

Was our small piece of material part of some clothing? Difficult to say yet, since we do not have the enlarging optical equipment which would allow us to find traces of the cut of the fabric, even less of the stitching. Moreover, restoration specialists will have to finish the cleaning in metropolitan France , and will eventually tell us more.

A little patience then!

Leather leg of a boot.
Below, the cut-out for the upper.
The second object was much bigger and was almost immediately announcing itself as belonging to the category of soft solid substance. Sediments failed to totally eclipse it from the shrewd eye of the archaeologists: here and there some pieces revealed a material with the consistency and aspect of thick cardboard.... It did however arrive on the bench almost entirely enrobed by the characteristic sod of our archaeological site. The technique of controlled drying prepared it for withstanding the first cleaning process. The layers were separated from the sediment with a dental scraper. We took care that the steel tool did not scratch the fragile surface of what quickly appeared to be piece of leather. This operation terminated we proceeded to finish the cleaning with a fine soft haired brush.... apparent at last was the cut-out of the piece, complete with the perforations for seams and stitching. The size, the traces of stitching, the cut-out, all of this led us to believe that it could be a part of a shoe (left of the photo) to which would be attached an upper. All this characteristics implied that it would have been in fact the leg of a boot. Smooth on the outside and rough on the inside, the work of an expert boot maker!

Its pair, in a less preserved state, but of the same measurements had been found a bit further away. While a few metres on, the archaeologists found lying on the surface of the ground, a heel to a shoe or studded boot. Probably we will never be in a position to affirm that these three objects belonged to the same pair of boots... (though you never know). But it is safe for us to say that the occupants of the site, whether British, French, German or others were obviously appropriately equipped for the harsh weather conditions of the country they were visiting.

Heel (reverse side) of a shoe
or studded boot.



Further analyses will be carried out (to identify the leather, the tanning treatment undergone, etc.). X-rays of the heel will reveal the length and the shape of the nails used for studding etc.

You will see that it most unlikely that we will be able to tell you the names of the persons who wore this clothing (but again you never know).

We can take a bet with you then that we will able to determine whether their owners were British, French German or others.

Just be patient just a bit more!

Do you feel now that you are experiencing, being 'in the skin' of an archaeologist? Don't lose the plot, we are in this together.

Thank you for any contributions and information that might help piece to together the patchwork that we are attempting to assemble here.


References
  • Leroi-Gourhan, André ; L'Homme et la Matière - Evolution et techniques, Albin Michel, 1943 (further re-editions).
  • Leroi-Gourhan, André ; Milieu et Techniques - Evolution et techniques, Albin Michel, 1945 (futher re-editions).




08.03.07 - Faden und Faser

Der Archäologe steht vor dem Problem der Klassifizierung des Materials, das die Menschen, deren Leben er rekonstruieren will, hinterlassen haben. Und ganz selbstverständlich übernimmt er da die Terminologien der Ethnologen, der Völkerkundler. Ein Meister in diesen beiden Disziplinen war André LEROI-GOURHAN. Er hatte Terminologien ausgearbeitet, die zur Klassifizierung sehr nützlich sind. Diese Klassifizierung beruht auf einer Unterscheidung der Materie, aus der die materiellen Hinterlassenschaften der Tätigkeiten der Menschen bestehen. Entsprechend dieses - hier vereinfachten - Rasters unterscheidet man u.a. zwischen festen Körpern (z.B. Steine), halb-plastischen Körpern (z.B. Metalle, also alle Körper, die durch Schmelzen, Giessen oder Schmieden verformt werden können) und geschmeidige Körpern (Häute und daraus gearbeitetes Leder, tierische und pflanzliche Fasern, Fäden und die daraus hergestellten Gewebe usw.).

Das kleine Stoffstück. Größe ca. 12 x 14 cm (Körperbindung?).
Man wird leicht verstehen, dass in dem Gebiet wo wir uns aufhalten, die Konservierung von geschmeidigen Körpern erheblich seltener ist als die von festen oder halb-plastischen Körpern. Eben deshalb finden sie bei den Archäologen, wenn sie sie finden, ganz besondere Zuwendung, eben wegen ihrer Zerbrechlichkeit. Bereits bei ihrer Bergung vor Ort besteht diese Sorgfältigkeit aus einer flüchtigen Säuberung, aus Schutzmassnahmen, und evt. aus einer vorläufigen Konsolidierung und Konservierung. Anschließend wird ihnen die ihrem Zustand angemessene Aufmerksam zuteil: denn in gewisser Hinsicht sind sie noch "lebendig" und stellen eine besondere Verbindung zu ihren Besitzern her, die ja nicht mehr sind. Es ist doch so: hatten ihre Besitzer sich nicht mit ihnen bekleidet, sich vor Kälte und Unwetter geschützt? Es ist als ob der Archäologe durch sie in den unmittelbaren, intimen Bereich der ersten Anlieger des Ortes rückte. Betrachten selbst die Psychologen nicht Kleidung als die "zweite Haut"? Eine generelle und allgemein gültige Feststellung, die sie anhand von pathologisch verzerrten Beziehungen ableiteten, die ihre Patienten mit ihren Kleidungstücken verbanden.

Als diese Woche die Archäologen die tausende von Artefakten durchgingen, die auf den Tischen und Arbeitsflächen ausgebreitet liegen, hatten sie die Überraschung, zwei Gegenstände zu finden, die unter die - wenig vertretene - Kategorie der geschmeidigen Körper fällt.

Der erste bot sich auf den ersten Blick kaum als solcher an - weit davon entfernt!

Einer der Ausgräber war bei einem Erdklumpen stutzig geworden, aus dem vereinzelte Fasern herausragten. Fachkundig hatte er dieses formlose und lehmige Ding aufgenommen, die Position registriert (er hatte inmitten der Überreste des Gebäudes der deutschen Wissenschaftler gelegen) und es als Artefakt
Detailaufnahme des Stoffstücks,
so dass es möglich ist,
die Webart zu erkennen.
eingetragen. Wie groß war da die Überraschung, als einer seiner Kollegen beim Säubern entdeckte, dass der hässliche, ja nahezu eklige Klumpen an seinem Rande gewebte Fasern aufzeigte! Mehr brauchte es nicht, um sofort aufgeregtes Interesse zu erregen und die angemessenen fachkundlichen Überlegungen auszulösen. Der unförmige Klumpen wurde vorsichtig auf ein Sieb gelegt, und sobald sein Feuchtigkeitsgrad soweit reduziert war wie es zur Handhabung nötig war, begann die Freilegung dessen, was er in sich barg. Durch vorsichtiges Klopfen gegen das Netz des Siebes löste sich zuerst die am Klumpen haftende Erde. Mit Pinzetten und Zahnarztstochern wurden die feinen Acaena-Wurzelhaare herausgezogen, die sich zwischen die Fasern des Gewebes geschoben hatten. Mit der unendlichen Vorsicht, die die Zerbrechlichkeit des Gewebes gebot, konnte er entfaltet werden. Jetzt erschien seine Bindung: Wenn man den Kettfäden die Nummern 1, 2, 3, 4,. gibt und den Schussfäden die Buchstaben A, B, C, D, ., dann sieht man auf dem ersten Schussfaden A des Gewebes folgendes: zwei drüber (1 und 2 der Kette), einer drunter (die 3), zwei drüber (4 und 5), einer drunter (die 6) usw. Auf dem zweiten Schussfaden B: einer drunter, zwei drüber (2 und 3), einer drunter (4), zwei drüber (5 und 6) usw. Diese Verschiebung, die sich auf Reihe C und D vorsetzt, führt zu einem Fischgrätmuster. Wie heißt doch noch diese wohlbekannte Art der Bindung? Wir glauben uns zu erinnern, dass es sich um die Köperbindung handelt. Kann einer unserer Internauten das bestätigen?

Die Faser ist noch nicht bestimmt. Eine winzige Probe ist entnommen worden. Sie wird die Bestimmung - unter dem Mikroskop und mittels einer Vergleichsprobe - gestatten. Mit Vorbehalt handelt es sich um eine pflanzliche Faser, wahrscheinlich Leinen.

Der Ockerton ist sicherlich nicht die ursprüngliche Farbe. Sie rührt eher von dem Sediment, in dem diese Stück während eines guten Jahrhunderts festgehalten wurde. Und dieses Sediment selbst hat die Farbe der großen Mengen rostender Eisenteile angenommen, die sich darin befinden.

War nun unser kleines Stoffstück Teil eines Kleidungsstückes? Schwer zu sagen. Denn wir verfügen nicht über die optischen Vergrößerungsinstrumente, mit denen wir eventuell Schnittspuren an den Fasern oder gar Spuren von Nähfäden erkennen könnten. Die vollständige Säuberung wird ja noch von Spezialisten vorgenommen werden. Sie werden im französischen Mutterland die Arbeit fortsetzen und uns dann mehr darüber sagen können.

Geduld - Geduld ist die Mutter aller Tugenden.

Lederner Stiefelschaft.
Am unteren Ende ist der Ausschnit
für das Spannteil zu erkennen.
Der zweite Gegenstand ist erheblich größer. Er fiel von vornherein in die Kategorie der geschmeidigen Körper. Das Sediment hatte ihn nicht gänzlich der Wachsamkeit der Ausgräber entziehen können: hier und dort ließen vereinzelte Flächen ein Material erkennen, das die Beschaffenheit von dickem Karton hatte. Als er dann aber auf dem Labortisch lag, war er fast vollständig von dem in unserer Fundstelle so typischen Schlamm bedeckt. Der Trockenvorgang wurde entsprechend kontrolliert, um eine erste Säuberung vornehmen zu können. Mit einem Zahnarztstocher wurde der Sedimentbelag abgehoben. Es wurde dabei aufgepasst, nicht mit dem Stahl dieses Gerätes die empfindliche Oberfläche dessen zu beschädigen, was sich dann schnell als ein Stück Leder entpuppte. Nach dieser Operation unternahmen wir eine weitere vorsichtige Säuberung mit einer weichhaarigen Bürste. Endlich lagen die Schnitte des Stückes vor uns, mit Einstichlöchern von Nähten und mit gesteppten Nähten. Die Maße, die Nahtreste, der Ausschnitt des Spannteils des Fußes dort wo das Oberleder eingesetzt worden wäre - all diese Einzelheiten lassen einen Stiefelschaft vermuten. Die Narbenseite außen, die Aasseite innen: wahrlich die Arbeit eines echten Stiefelmachers!

Sein Zwilling hatte wenige Zentimeter davon gelegen, von gleichen Maßen, aber in weniger gutem Zustand. Hingegen hatten die Archäologen einige Meter davon entfernt und fast direkt an der Oberfläche, den Hacken eines Stiefels oder eines derben, beschlagenen Schuhs gefunden. Vermutlich wird man nie sagen können, ob diese drei Gegenstände zum selben Stiefelpaar gehörten... (aber man kann nie wissen!). Aber man kann immerhin klar aussagen, dass die Anlieger unserer Fundstelle, seien sie nun Briten, Deutsche oder Franzosen, den miesen Wetterverhältnissen des Landes entsprechend, in dem sie verweilten, ausgestattet waren.

Hacken eines beschlagenen Schuhs oder Stiefels. Der Gegenstand steht auf dem Kopf.
Weitere Analysen werden vorgenommen werden: die Bestimmung der Lederarten, die Behandlung durch Gerbung usw. Eine Röntgenaufnahme des Hackens wird Aussage über die Länge und die Form der Nägel des Beschlags ausgeben können usw.

So ist es: wir werden Ihnen wohl nie sagen können, wer namentlich der (oder die) Besitzer dieser Bekleidungsstücke gewesen waren (es sei denn.!).

Aber wir gehen die Wette ein, dass wir Ihnen eines Tages verraten können, ob ihr(e) Besitzer Briten, Deutsche oder Franzosen oder anderer Herkunft waren.

Wie gesagt: Geduld.

Vielleicht spüren sie jetzt in sich so etwas wie eine "archäologische Faser" (oder lieber "Ader")? Verlieren Sie nicht den Faden, denn wir sind aufeinander angewiesen.

Auf jeden Fall sind wir Ihnen dankbar für die Informationen, mit denen Sie zu dem patchwork beitragen könnten, das wir versuchen vor Ihnen zusammenzustellen.


Literatur
  • Leroi-Gourhan, André ; L'Homme et la Matière - Evolution et techniques, Albin Michel, 1943 (mehrere Neuauflagen).
  • Leroi-Gourhan, André ; Milieu et Techniques - Evolution et techniques, Albin Michel, 1945 (mehrere Neuauflagen).


Généralités
 • Mission
 • L'équipe ArchaeObs
 • Contact ArchaeObs
 • Liens
 • Crédits

Articles de fond
 • Géographie et histoire
 • Les passages de Venus
 • "Archéologie" ?
 • Archéologie et topograhie

Article invité
 • Huis clos à la Baie de l'Obs.

Journal
 • 12/04/07 - Mission accomplie
 • 31/03/07 - Hilbert ou Wilson ?
 • 08/03/07 - Le fil et la fibre
 • 22/02/07 - Question de rythme
 • 13/02/07 - Histoire sensible
 • 07/02/07 - Bye bye Baie Obs' !
 • 05/02/07 - Absent Friends
 • 04/02/07 - Lueur archéo
 • 03/02/07 - La petite usine
 • 02/02/07 - J.J. Enzensperger
 • 01/02/07 - Archéo en manques
 • 31/01/07 - Outre-tombes
 • 30/01/07 - Responsable ?
 • 29/01/07 - M.W.=15.-M. (II)
 • 26/01/07 - M.W.=15.-M.
 • 25/01/07 - Les "obélisques"...
 • 24/01/07 - Quelle heure est-il ?
 • 19/01/07 - Interlude
 • 18/01/07 - Veni, vidi, vici
 • 17/01/07 - Pièce à conviction
 • 16/01/07 - Découvrir...
 • 15/01/07 - Avis de météo
 • 14/01/07 - Home, sweet home
 • 13/01/07 - Treppe
 • 12/01/07 - Inattendus et...
 • 11/01/07 - De combles en fond
 • 10/01/07 - Lucarne sur le passé
 • 09/01/07 - Du temps...
 • 08/01/07 - Des racines...
 • 07/01/07 - Topo à BO (2/2)
 • 06/01/07 - Topo à BO (1/2)
 • 04/01/07 - Archéologie en ligne
 • 03/01/07 - Amis ou ennemis
 • 30-31/12/06 - Pause
 • 29/12/06 - Isolement
 • 28/12/06 - In vino veritas !
 • 28/12/06 - Pour 2007
 • 27/12/06 - Fleurir le désert...
 • 26/12/06 - "Figgy Pudding"
 • 25/12/06 - On s'organise...
 • 24/12/06 - Vue du ciel




















  Haut de page
 © 2010 Taaf     Mentions légales     Plan du site