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Activités du laboratoire ECOMAR dans les îles éparses Préambule : ce résumé concerne les activités du laboratoire ECOMAR en relation avec les oiseaux marins et leurs habitats. Pour une présentation des travaux menés sur les milieux récifaux des îles éparses, se reporter à Henrich Bruggemann ou Pascale Chabanet. Présentation Le laboratoire mène depuis 2001 des activités de recherche orientées sur l’écologie et la conservation des oiseaux marins des îles éparses et de leurs habitats. Ces activités sont dans la continuité des travaux initiés entre 1993 et 1998 par le Muséum d’Histoire Naturelle de La Réunion et le CEBC-CNRS dans le cadre de la thèse de M. Le Corre. Plusieurs missions ont lieu chaque année à Europa, Juan de Nova et plus rarement Glorieuses et Tromelin. Plusieurs programmes sont menées en parallèle à chaque mission, afin d’optimiser le temps passé sur les îles. La vie des oiseaux marins est caractérisée par l’alternance d’une phase marine pendant laquelle les oiseaux prospectent en haute mer pour rechercher leurs proies et une phase terrestre pendant laquelle ils se reproduisent, généralement sur des îles isolées et normalement à l’abri des prédateurs terrestres. Les îles éparses abritent 11 espèces d’oiseaux marins sur les 24 qui nichent dans l’océan Indien occidental et 3 millions de couples, sur les 7 millions de couples de cette vaste région. Ces îles représentent donc des sanctuaires d’intérêt international pour les oiseaux marins tropicaux. 1° Etude de la phase marine de la vie des oiseaux marins. Il s’agit dans ce programme d’étudier les interactions existant entre les oiseaux marins et leur environnement océanique. Nous nous intéressons notamment aux stratégies comportementales de recherche alimentaire, à l’aide de balises Argos, GPS et autres marques archives miniaturisées (télémétrie). Nous étudions également l’écologie alimentaire d’une part par l’analyse simple des régurgitats d’autres part, par l’utilisation de marqueurs chimiques que sont les isotopes stables et les métaux lourds. Ces recherches permettent en outre d’étudier le niveau de bioaccumulation de ces prédateurs marins et donc d’avoir une indication précise de la pollution éventuelle de cette partie de l’océan. Nous étudions également les paramètres de la reproduction et de la croissance des poussins, car ces données sont fortement corrélées à la quantité de nourriture apportée par les parents et donc à la productivité océanique locale. A terme l’objectif est d’utiliser les oiseaux marins comme bioindicateurs de variations naturelles où anthropique de l’environnement marin. Les 2 facteurs le plus susceptibles d’altérer l’environnement océanique des oiseaux marins sont 1° la pêche thonière industrielle et 2° le réchauffement climatique. Nous avons donc intégré ces travaux à un réseau plus vaste d’étude et de surveillance des oiseaux marins et d’autres prédateurs supérieurs dans l’océan Indien. Ce réseau comporte des îles des Seychelles, La Réunion ainsi que les îles subantarctiques françaises. Ces programmes sont financés d’une part par la Western Indian Ocean Marine Science Association (WIOMSA) dans le cadre du programme « Marine Science for Management » ; et d’autre part par l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR) dans le cadre du programme « Biodiversité » (ANR REMIGE). Les recherches sont menées en collaboration avec divers laboratoires (isotopes stables et métaux lourds : Université de La Rochelle ; télémétrie : CEBC-CNRS ; écologie des thons tropicaux : IRD UR THETIS ; océanologie : LEMAR, station de télédétection IRD de La Réunion). 2° Etude de la phase terrestre de la vie des oiseaux marins Nous nous intéressons ici aux facteurs qui influent sur le succès de la reproduction des oiseaux marins lors de leurs séjours à terre. En particulier, les îles éparses, bien qu’elles soient encore en très bon état de conservation, ont subit des invasions biologiques dont certaines ont des effets catastrophiques pour les oiseaux marins. Des rats ont été introduits dans toutes les îles et s’attaquent aux oeufs ou aux poussins. Des chats ont été introduits à Juan de Nova et aux Glorieuses pour lutter contre les rats. Bien entendu cette introduction n’a eu aucun effet sur les rats, en revanche elle est catastrophique pour les oiseaux marins et le reste de la faune. Les chats sont en effet des prédateurs redoutables de poussins mais aussi d’adultes d’oiseaux marins. Des souris ont été introduites à Tromelin et Juan de Nova. Leurs effets sur les oiseaux marins sont inconnus dans les îles éparses, mais les souris sont connues pour s’attaquer aux poussins d’oiseaux marins dans d’autres îles. Enfin des chèvres ont été introduites à Europa par les premiers découvreurs de l’île, peut-être dès le 17ième siècle. Nos travaux portant sur les effets de ces animaux introduits se déroulent en 3 phases : 1° étude de l’état initial des interactions entre les mammifères introduits et les oiseaux marins et leurs habitats (végétation), avant toute opération de réhabilitation 2° action de réhabilitation par éradication ou contrôle des mammifères introduits. Ces opérations sont soit menés par le laboratoire lui-même (dératisation de l’île du Lys aux Glorieuses, contrôle des chats de Juan de Nova) soit par les TAAF (dératisation de Tromelin) 3° étude des effets de ces opérations sur les oiseaux marins et leurs habitats mais également sur les autres animaux introduits (mise en évidence d’éventuels effet « surprise » Ces travaux sont donc réalisés en étroite collaboration avec l’administration des TAAF. Ils accompagnent toutes les opérations de réhabilitation en cours ou prévues dans l’avenir. Les méthodes utilisées pour réaliser l’état initial (1) sont variées : piégeage systématique dans différents habitats pour évaluer la densité, analyse des contenus stomacaux et des fécès, analyses isotopiques. Afin d’optimiser les opérations d’éradication ultérieure, une étude de la biologie de la reproduction des mammifères introduits est également réalisée : variations saisonnières de la densité, de la reproduction, ou de la structure par classes d’âge des population, étude de la fécondité, etc…
3° Publications Les travaux succinctement décrits ci-dessus ont donné lieu à 23 publications scientifique entre 1996 et 2007. Les fichiers PDF sont disponibles sur simple demande au laboratoire ECOMAR
Etudes sur les tortues marines des îles Eparses, Kélonia et Ifremer Deux espèces se reproduisent sur les îles Éparses : la tortue verte Chelonia mydas est la plus abondante et fréquente les plages d’Europa, Juan de nova, Glorieuses et Tromelin. La tortue imbriquée Eretmochelys imbricata plus rare se reproduit sur Juan de nova. Ces espèces migratrices ont une maturité sexuelle tardive (15 à 40 ans) et effectuent tous les trois ans en moyenne, des migrations qui les font quitter leurs habitats d’alimentation situés sur les côtes malgaches et Est africaines, pour rejoindre les plages d’îlots isolés où les femelles déposeront leurs oeufs dans le sable. Depuis plus de 30 ans, l’Ifremer auquel s’est ensuite associé Kélonia, étudie les tortues marines sur les îles Éparses. Les données recueillies sur le terrain par les personnels présents sur les îles (météorologues et gendarmes) assistés ponctuellement par les équipes de Kélonia, et d’Ifremer, continuent d’alimenter une base de données parmi les plus importantes sur les tortues marines. Le programme le plus ancien est le suivi de la reproduction des tortues marines. Il s’appuie sur le comptage quotidien, depuis le milieu des années 80, du nombre de traces laissées par les femelles lorsqu’elles montent pondre sur les plages. Ce suivi montre que la préservation des sites de ponte sur les îles Éparses, participe grandement à la préservation de ces reptiles menacés. En effet, le nombre de femelles venant pondre sur ces îles est en augmentation constante, avec cependant des évolutions différentes largement liées à l’histoire de chacune des îles. Europa et Tromelin, qui ont peu ou pas été exploitées par l’homme ont conservé des populations importantes de tortue, qui restent stables. Sur Juan de nova et surtout Glorieuses, les femelles en ponte presque décimées, augmentent régulièrement depuis l’arrêt de l’exploitation de ces îles et leur classement en réserve au début des années 70. Compte tenu de la complexité du cycle biologique de ces espèces, de son caractère saisonnier et de son étalement dans le temps, il est indispensable de disposer de séries de données suffisamment longues (sur au moins quinze ans) pour suivre l’évolution des populations nidifiantes. En effet, ces séries longues sont importantes car elles permettent de masquer ces cycles complexes qui de surcroît varient selon les îles. Un nouveau programme utilisant un outil moderne d’analyse des populations a été mis en place depuis 2005 : la caractérisation génétique des femelles en ponte sur ces îles. Ce programme a d’ors et déjà montré une grande variabilité génétique sur les îles au Nord du canal du Mozambique, qui confirme un bon état de santé des populations, et surtout l’existence de plusieurs colonies génétiquement différentes et indépendantes avec un récent flux de gènes atlantiques par le cap de Bonne Espérance. Enfin des dernières missions ont mis en évidence que les lagons entourant ces îles, comme la mangrove d’Europa constituent des habitats de développement importants pour les stades juvéniles de tortues vertes. La caractérisation génétique de ces jeunes tortues, dans le cadre de la thèse de Coralie Taquet doctorante à l’Université de La Réunion, complète les connaissances acquises sur les femelles.
photo Kélonia Téléchargez un article paru dans le magazine "endangered species research" sur les résultats d’une étude sur la reproduction des tortues marines Chelonia mydas intitulé " Reproductive seasonality and trend of Chelonia mydas in the SW Indian Ocean : a 20 yr study based on track count" (version anglaise uniquement) Etudes sur les Hydraires des Îles Eparses (Cnidaires, Hydrozoaires) Nicole GRAVIER-BONNET et Chloé BOURMAUD, Labo ECOMAR, Université de la Réunion Articles scientifiques GRAVIER-BONNET N. & C. BOURMAUD, 2005. Cloning by releasing specialized frustules in a successful epiphytic zooxanthellate halecid (Cnidaria, Hydrozoa, Haleciidae), with comments on stolonization and frustulation. Invert. Repro. Develop., 48 (1) : 63-69. GRAVIER-BONNET N. & C. BOURMAUD, 2006. Hydroids (Cnidaria, Hydrozoa) of coral reefs : preliminary results on community structure, species distribution and reproductive biology in the Îles Glorieuses (Southwest Indian Ocean). Proceed. 10th ICRS, Okinawa, Japan, pp 188-196. GRAVIER-BONNET N. & C. BOURMAUD., 2006. Hydroids (Cnidaria, Hydrozoa) of coral reefs : preliminary results on community structure, species distribution and reproductive biology in Juan de Nova island (Southwest Indian Ocean). Western Indian Ocean J. Mar. Sci., 5(2) : 123-132. Résumés de communications et de posters (congrès internationaux) GRAVIER-BONNET N. and C. BOURMAUD, 2004. Reproductive strategy by budding and cloning in a halecid species (Cnidaria, Hydrozoa, Haleciidae), 10th International Conference on Invertebrate reproduction and Development (ICIRD), Newcastle, UK, 18-23/07/2004. GRAVIER-BONNET N. and C. BOURMAUD, 2004. The Glorieuses Islands in the SW of the Indian Ocean : a « Paradise » for Hydroids (Cnidaria, Hydrozoa), 10th International Coral Reefs Symposium (ICRS), Okinawa, Japon, 28/06-02/07/2004. GRAVIER-BONNET N. & C. BOURMAUD, 2005 – Coral reef hydroid fauna (Cnidaria, Hydrozoa) of Juan de Nova Island (Mozambique Channel, Indian Ocean) : preliminary results on community structure, species distribution and reproductive biology. 4th WIOMSA Scientific Symposium, Grand Baie, Mauritius, 29/08-03/09/2005. GRAVIER-BONNET N. & C. BOURMAUD, 2006 – Hydroids (Cnidaria, Hydrozoa) of coral reefs of small oceanic islands of the SW Indian Ocean : common trends on community structure, species distribution and reproductive biology. ISRS meeting 2006, Bremen, Germany. GRAVIER-BONNET N, SLOBODOV S.A. & BOURMAUD C. A-F, 2007. Hydroids (Cnidaria, Hydrozoa) of coral islands : the case of Europa and Bassas da India, two isolated islands of the Mozambique Channel. 5th WIOMSA Scientific Symposium, Durban, South Africa, octobre 2007. Communications orales (congrès internationaux) GRAVIER-BONNET N., 2004. The Glorieuses Islands in the SW of the Indian Ocean : a « Paradise » for Hydroids (Cnidaria, Hydrozoa), 10th International Coral Reefs Symposium (ICRS), Okinawa, Japon, 28/06-02/07/2004. GRAVIER-BONNET N., 2005. Coral reef hydroid fauna (Cnidaria, Hydrozoa) of Juan de Nova Island (Mozambique Channel, Indian Ocean) : preliminary results on community structure, species distribution and reproductive biology. 4th WIOMSA Scientific Symposium, Grand Baie, Mauritius, 29/08-03/09/2005. Affiches (congrès internationaux) GRAVIER-BONNET N. & C. BOURMAUD, 2004. Reproductive strategy by budding and cloning in a halecid species (Cnidaria, Hydrozoa, Haleciidae), 10th International Conference on Invertebrate reproduction and Development (ICIRD), Newcastle, UK, 18-23/07/2004. GRAVIER-BONNET N, SLOBODOV S.A. & BOURMAUD C. A-F, 2007. Hydroids (Cnidaria, Hydrozoa) of coral islands : the case of Europa and Bassas da India, two isolated islands of the Mozambique Channel. 5th WIOMSA Scientific Symposium, Durban, South Africa, octobre 2007. Rapports GRAVIER-BONNET N. 2005. Inventaire, distribution et biologie des espèces d’Hydraires des îles Glorieuses. Rapport de mission, Mission Auracea 2003 Les Îles Glorieuses, Daniel Jouvance ed. : 40-45. GRAVIER-BONNET N., BOULLET V., BOURJEA J., CICCIONE S. & R. ROLLAND, 2006. Mission Europa, 22mai-6juin 2006, Rapport de mission, 20pp. LECLÈRE L., 2004. Etude taxonomique d’hydraires thécates (Leptoméduses) des îles Glorieuses. Mémoire de stage dirigé par N. Gravier-Bonnet, hors cursus, 40 pages. MASSé L., 2005. Initiation à l’étude taxonomique des coraux et des hydraires ainsi qu’au comptage des traces de tortues durant la mission Auracéa 2003, Muséum National d’Histoire Naturelle et Université de la Réunion, stage hors cursus, 22pp (co-direction). Missions 2003 : île du Lys, 17-25/05 (mission pluridisciplinaire Ecomar-Muséum St Denis, direction Matthieu Le Corre) 2003 : Glorieuses, 21/11-06/12 (mission Auracéa, direction Mireille Guillaume, MNHN Paris) 2004 : Juan de Nova, 22/04-17/05 (mission scientifique Ecomar-Arvam + tournage film Rémy Tézier) 2006 : Europa-Bassas, 22/05-06/06 (mission pluridisciplinaire Kelonia-Ifremer-UR, direction Stéphane Ciccione) Films « Juan de Nova, île de corail » de Rémy Tézier, 2005, Tec-Tec production, médaille d’argent à Antibes « Paradis en sursis » de Nicolas Jouvin, 2004, production Les Films du Rêve « La mangrove mystérieuse », 2007, production du Centre Multimédia de l’Université de la Réunion Sites « Les hydraires à la Réunion et dans l’Océan Indien » : http://etic.univ-reunion.fr/hydraires/
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