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Echouage et déséchouage du Cheminées Poujoulat A 18h30 dimanche 15 décembre, une reconnaissance en hélicoptère est effectuée vers pointe Suzanne avec à son bord Dominique Wavre. Bernard Stamm est alors aperçu à l’entrée de la passe Royale. A 19h, le bateau apparaît en visuel et au radar. A 19h30 Bernard Stamm répond aux appels radio, on lui explique comment contourner l’îlot Channer et ne pas se prendre dans les algues. Dominique Wavre lui explique quant à lui la manœuvre à réaliser. A 20h Bernard Stamm passe Channer, et affale ses voiles. La vedette tribord du Marion Dufresne est mise à l’eau puis le zodiac avec à son bord 3 personnes du Marion Dufresne et Dominique Wavre. A 20h 30, Dominique Wavre est à bord du Cheminées Poujoulat. Malgré ses voiles affalées en vent arrière, Bernard Stamm navigue encore à presque 7 nœuds. Bernard Stamm passe droit sur les bouées mais sa vitesse ne permet pas de capeler l’amarre sur le mouillage. Il tente un premier empannage sur bâbord puis un deuxième empannage sur tribord sans succès. Désormais, il est engagé dans les algues. La nuit est presque tombée. Une équipe de la base de Kerguelen avec des moyens d’éclairage réussit à baliser la position du voilier. A 20h45, le voilier touche, le zodiac tente de se rapprocher, mais les algues le bloquent. Le disker (chef de district de Kerguelen) demande aux plongeurs de se rendre sur place. A 21h, le vent est de 45 nœuds, avec des rafales à 50. Le zodiac remonte à bord du Marion Dufresne tandis que la vedette tente une dernière manœuvre avec le lance amarre, mais celle-ci échoue. Toujours en contact avec le Marion Dufresne et la base, les deux skippers préparent leur évacuation, les équipes à terre sont à poste, un groupe électrogène a pu être mis en fonction pour éclairer la zone, l’équipe médicale est positionnée sur la grève. Les plongeurs se tiennent prêts et effectuent une première reconnaissance pour sécuriser le périmètre. A 21h30, les skippers décident d’évacuer le bateau, gonflent le bib et montent dedans. Ils sont récupérés par les plongeurs. Peu avant 22h, les deux skippers sont à terre sains et saufs, le bateau est échoué.
L’opération de déséchouage commence alors le lendemain matin.
Ce matin premier constat : marée basse, le voilier est échoué couché sur son côté babord, la quille est légèrement engagée dans les rochers. Une réunion se tient sur le Marion Dufresne, réunissant le commandant du Marion Dufresne, son état major, le chef de district des îles Kerguelen, le responsable de la flotille de Kerguelen et le directeur de cabinet du préfet, responsable de la mission logistique du Marion Dufresne pour mettre au point une tentative de déséchouement. Cette tentative consitera à passer une aussière entre le Marion Dufresne et le voiler, en franchissant un banc d’algues et en profitant de la marée haute. Le zodiac du Marion Dufresne évoluant à petite allure franchira le banc d’algues avec l’aussière que le skipper installera sur son bateau, cette aussière sera reliée au Marion qui la mettra en tension avec un treuil, une vedette du Marion se tient prête à tracter le voilier dès que celui-ci sera à flot et sorti du champ d’algues. Le chaland l’Aventure est en soutien avec les plongeurs et une équipe médicale, l’hélicopère est prêt lui aussi en cas de problème . A 11h l’opération est entamée, le zodiac franchit à petite allure les algues et passe l’aussière à Bernard Stamm qui l’attache à son pied de mât et à un winch situé à l’avant du voilier. A 11h30 le Marion commence à actionner son treuil, le bateau bouge se positionne dans l’axe de traction et se bloque sur les rochers. Le Marion reste en traction et évolue latéralement pour changer l’axe de traction, le bateau ne bouge toujours pas et la marée atteint presque son maximum. A 12h30 décision est prise de changer de point de traction. L’aussière est attachée directement au pied du mât de manière à faire giter le bateau en le tirant. Progressivement le bateau se désengage et se redresse. Tout doucement il sort du champ d’algues maintenant directement tiré par le Marion qui évolue lentement vers le mouillage. A 13h le zodiac et la vedette reprennent l’amarre et viennent la capeler sur la bouée du mouillage. Le skipper peut commencer à faire un premier bilan de l’état de son voilier.
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