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Journal de bord du Marion Dufresne - août/sept 2009 Visualisez la position du Marion Dufresne en temps réel Vendredi 21 août : Le Marion Dufresne à quai (Port Ouest). Une chaleur très agréable, des personnes qui montent, qui descendent, et qui remontent encore. C’est un peu cela le départ du Marion : de l’agitation et les derniers préparatifs. Le bateau a quitté le Port vers 16h30 après une petite réunion d’information avec l’équipe des Taaf à l’attention des passagers. Direction : l’île Maurice.
Photos : Johanna Fournier Samedi 22 août : La nuit a été quelque peu agitée. Ce ne sont pas les quarantiémes mais les mouvements du bateau qui ont créé quelques "malades". Le Marion à fait escale à l’île Maurice pour le ravitaillement en fioul. Une bonne occasion pour les personnes à bord de découvrir ou de redécouvrir l’île... Encore un peu d’exotisme avant de se rendre dans des contrées plus froides. Dimanche 23 août : Nos esprit sont enfin centrés sur les subantarctiques. La démarche chaloupée du navire se balance de babord à tribord dans un mouvement lancinant.
Il y a évidemment eu les incontournables instructions et exercices d’évacuation du navire.
En fin d’aprés-midi, un documentaire a été projeté sur l’histoire des îles Kerguelen. Photos : Madeleine Laverne Lundi 24 août : Une mer sombre mais calme qui laisse progresser le Marion à vive allure. Pour les personnes présentes à bord, la journée n’a pas été de tout repos. Des réunions de travaux pour les futurs hivernants, une formation théorique de secourisme, et une présentation sur la philatélie ainsi que sur les programmes scientifiques de Crozet pour les éco-touristes. Une journée bien remplie donc...Mais comme toujours, c’est le bateau qui impose son rythme. Mardi 25 août : On se rapproche des îles car certains signes ne trompent pas : les oiseaux ont commencé à apparaître derrière le Marion Dufresne. Damier du Cap, pétrel géant, albatros. Et puis il y a la mer aussi : sombre, intense, qui malmène le bateau.
La journée s’écoule entre présentations et conférence : présentation technique de la base et de la réserve naturelle des Taaf, études sur les oiseaux.
Chacun, qu’il soit futur hivernant ou passager, commence à prendre ses repères. L’arrivée sur Crozet est très attendue.
Photos : Madeleine Laverne Mercredi 26 août : Proche, de plus en plus proche des quarantièmes : une mer sombre, du vent, un bateau malmené. La journée a été rythmée par la mise en place de la nouvelle salle de sport, des présentations et de la séance de tamponnage philatélique.
Photos : Madeleine Laverne Jeudi 27 août : Qui l’eût cru ? Le passage des quarantièmes s’est fait dans une mer étrangement calme. Moment de plaisir que d’être sur un bateau qui ne bouge presque pas, et qui plus est, avec du soleil ! Présentation du programme prévisionnel des activités sur Crozet. On y est presque : demain si tout va bien, l’île se découvrira à nous. Attente, excitation, premiers préparatifs... Aprés cinq jours de navigation... Enfin. Vendredi 28 août : Crozet, enfin !
L’île de la Possession tient plus que ses promesses : une journée sans pluie, presque sans vent, des conditions idéales. Un accueil par le chef de district puis un petit tour de la base et un buffet mémorable. On passe l’après-midi entre les manchots de la baie du marin et les albatros du bollard.
Premiers pas dans un univers si particulier et trés agréable. Vivement demain et les ballades le long de la baie américaine ! Photos : J.M. Thornary Samedi 29 août : A la découverte de la baie américaine.
Aprés 5-6 minutes de survol de l’île en hélicoptère, nous voici sur la plage de sable noir de la baie U.S. Sensation particulière que de se retrouver au milieu de nulle part, dans une immense vallée glacière avec une lumière apaisante. Ballade jusqu’à la petite manchotière, en bordant le lac Sans Nom...Que du bonheur !
Photos : J.M. Thornary Dimanche 30 août : Un temps fabuleux, très rare à Crozet : ciel bleu, mer calme, pas de vent. Escapade jusqu’au sommet du Mont Branca avec vue imprenable sur la base et ses environs.
Paysage minéral et désolé, impression forte de début (ou de fin ?) du monde. Un agréable repas sur base avec un petit tour à la coop et à la gérance postale.
Et puis retour sur le Marion, direction la plus belle île du monde : Kerguelen ! Photos : J.M. Thornary Lundi 31 août et mardi 1er septembre : Entre deux îles, quitter pour découvrir. Un train d’union au rythme du bâteau, dans une mer calme tout d’abord, qui s’agite au fur et à mesure que l’on s’approche de Kerguelen. La vie sur le Marion défile entre discutions, présentations, séances de tamponnage philatélique et les moments en passerelle à contempler l’océan austral. Et puis l’Arche bien sûr...Vue au clair de lune. Ambiance magique des deux colonnes qui s’élèvent dans la nuit.
Aquarelle : Pierre de Chateau-Thierry Mercredi 2 septembre : Maître incontesté du lieu, le vent souffle sur Kerguelen. 35 voire 40 noeuds, et plus en rafale. Tout est en "standby" en attendant une accalmie. Enfin, en milieu d’aprés-midi, les futurs hivernants ont pu rejoindre leur base. Pour les autres, c’est l’occasion de vivre l’ambiance subantarctique dans toute sa splendeur : des paysages enneigés bordés par une mer sombre, crêtée de blanc. Des paysages dénudés, presque ascétiques. Demain, descente à terre... Escale à Kerguelen, journées du 2 au 6 septembre : Il n’y a pas que le vent : la pluie, la neige, le brouillard sont aussi de la partie. Descendra, descendra pas... Planning perturbé et logistique peu évidente. Grâce aux efforts de chacun, différents sites ont pu être visités. Ratmanoff : une nuit sur place, sa faune, une ballade le long de la plage et ses parties de pêche plus ou moins fructueuses.
Le plateau central, que ce soit le site de Laboureur - vaste succession de reliefs tabulaires sur lesquels viennent mourir les fjords, sensation forte d’isolement dans un paysage originel - ou bien le val Studer, vallée glacière remarquable au fond de laquelle serpente en multiples méandres une rivière calme et nonchalante.
Enfin, la base, avec un accueil sympathique et agréable. Photos : J.M Thornary Dimanche 6 septembre : Trente... Quarante... Cinquante noeuds. Le vent des Kerguelen force l’humilité. Un baromètre dépressif 964 mb. L’attente ... L’attente d’un créneau météo.
Des journées qui se suivent et qui se ressemblent : activités à bord, présentations scientifiques. Et puis le spectacle d’une mer sombre, torturée par le vent... Photo : J.M Thornary Lundi 7 septembre : Dernière journée à Kerguelen, vue du bateau... La météo reste la même : mauvaise. Une accalmie dans l’aprés-midi permet de récupérer les hivernants et de décharger le reste du matériel.
Photos : J.M Thornary et Madeleine Laverne Mardi 8 septembre : A droite, à gauche... Mouvement chaotique et mal de mer. Une mer toujours démontée. Décidément, les quarantièmes rugissent depuis une semaine et le temps commence à paraître long. L’activité sur le bateau se centre sur les présentations et les projections le matin et le soir...Vivement Amsterdam et les descentes à terre. Mercredi 9 septembre : Encore une journée à se faire malmener par un océan qui n’en finit pas de rugir... Une mer torturée qui prend son temps pour s’apaiser.
Présentations et repas rythment la journée.
Photos : J.M Thornary Jeudi 10 septembre : Terre ! Emergeant du brouillard, le cratère de Saint-Paul fait son apparition en fin de matinée. Impression étrange de cette île posée là, loin de tout... Comme par hasard, sur l’océan. Cap sur Amsterdam que nous atteignons en fin d’aprés-midi... Descente à terre et nuit en refuge. Escale sur Amsterdam, journées du 11 et 12 septembre : Réveil tôt aprés la nuit passée dans les cabanes, petit déjeuner sur la base et enfin, Amsterdam est à nous...
A tout seigneur, tout honneur : visite de la plage aux otaries - impression particulière d’animaux fascinants - puis direction le laboratoire d’analyse de l’air de pointe Bénédicte. Repas au cratère Antonneli, puis détour par le cratère du Venus inférieur pour voir la base de haut.
Une deuxième nuit dans les cabanes de l’île, cabane Ribaut et cabane Antonneli. Samedi matin, passage par le bois de philica et la cabane BMG. Et puis enfin, l’apéritif offert par le Disams et le tant attendu BBQ. Retour sur le bateau. Photos : J.M Thornary, Agnés Sournia pour la photo des cratères Dimanche 13 septembre : Comme un dimanche sur une mer calme. Les viennoiseries du petit-déjeuner, présentations et projection documentaire. Ambiance sympathique et agréable, des photos que l’on trie, des discussions... Lundi 14 et mardi 15 septembre : En mer... Toujours droit devant, le Marion nous ramène à notre point de départ : l’île de la Réunion. Un mois, ca passe vite, à peine le temps de poser le pied sur Crozet, et hop... On se réveille à Amsterdam. Les derniers jours de bateau passent au fil des présentations sur les îles Eparses (le cinquième district des TAAF)et du tri des photos... Mercredi 16 septembre : Voilà, nous arrivons demain à la Réunion : Le Port quai Ouest. La rotation subantarctique est dernière nous... On repense aux bons moments : les sites, les paysages, la faune, les cabanes, les moments à bord... Des moments de vie. Mais surtout, on repense aux rugissements des quarantièmes, parce que là, on peut le dire : on les a vraiment entendu rugir. Jeudi 17 septembre : La Grande Arrivée !
Après 27 jours de voyage en mer ponctué d’escales, nous voilà revenus à notre point de départ... Espérons qu’après le mal de mer ne vienne pas le mal de terre ! Une expérience unique, un voyage inoubliable... Sans aucun doute.
Texte : Luc Baudot
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